
© Virginie de Galzain
Flash surgi tout droit de l’enfance… Sans savoir pourquoi, aujourd’hui… Sublime et marquant Cria cuervos de Carlos Saura. Entêtant Porque te vas, propulsé BO du film. Inoubliable Ana, troublante de maturité, de lucidité et de fragilité. Grandir trop vite. Échapper au réel. À la violence du monde adulte et de la mort. S’inventer des rêves. Prolonger des instants de bonheur. Au lendemain de la mort de Franco. Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 1976.
En attendant… les vacances… En attendant… du temps… En attendant… de poster autre chose. Éloge d’une certaine paresse ;)

© Virginie de Galzain
À découvrir, si ce n’est déjà fait (L’île aux fleurs, 1989).
Le premier Festival International de l’image environnementale s’ouvre au public le 15 mai au Parc de Bercy à Paris. Quel regard les artistes portent-ils sur la problématique environnementale ?
Photographies, projections, videos et installations offrent à voir leurs points de vue sur des enjeux reconnus comme essentiels à la survie planétaire. Egalement, des ateliers, documentaires et conférences. A voir ou à revoir enfin, An inconvenient truth, de Al Gore et The 11th hour, de Leonardo Dicaprio.
www.fiie.fr
PS : Soleïman Badat fait partie de la sélection ;)
Le photo reporter américain Burt Glinn nous quitte aujourd’hui. Membre de l’agence Magnum, il nous laisse des images qui racontent le monde en couleur et noir et blanc. Entre événements phares de l’Histoire (prise de pouvoir de Castro à Cuba, débarquement américain à Beyrouth, construction du mur de Berlin, élections américaines, …), et portraits de société et de civilisations dans les années 60 notamment (Russie, Italie, îles du Pacific Sud, etc), il s’est attaché à témoigner de ce qui fait “the essential truth of the situation”, comme autant de points de vue sur la vie.
A voir : albums photos & Revolution, La Havane 1959
A Paris, rendez-vous à 14h30 à l’Opéra.
Pour les autres actions en France www.agirpouringrid.com
Utatane. Du 4 avril au 3 mai. Art 77 Antoine de Vilmorin. 77 rue des archives, 75003 Paris. Du mardi au jeudi de 14h à 19h, nocturne jeudi jusqu’à 21h.
Petite pause dans mon week-end studieux, je vous invite à lire cet article de Joseba Elola paru dans El Pais ce jour. China limpia las calles de ‘indeseables’ ante los Juegos.
Dans les grandes lignes, la Chine nettoie les rues plus que jamais à l’approche des J.O. Exit les indésirables : chauffeurs de taxis sans permis, marchands ambulants, prostituées et drogués, sans oublier les paysans (note perso) qui font “tache” comme on dit ici; et comme on pouvait s’y attendre la répression et les persécutions des pacifistes ont été renforcées. Direction les centres de “rééducation” et de “détention”. Sans oublier la situation au Tibet, laquelle loin d’être nouvelle, aggrave le cas. En attendant, des visites guidées sont orchestrées pour les médias en guise de bonne volonté… Un air de déjà vu. Bonne lecture.
En route vers les J.O 2008, la flamme olympique démarre aujourd’hui son périple de plus de 130 000 km direction Pékin. Héritage antique et sportif, porteuse d’histoires, de victoires et de messages, pour qui brillera-t-elle ?
Nuit des temps
Fascination, vénération et peur, vie et mort, le feu tour à tour confère pouvoir à qui le détient, incarne la lumière et la vie, la purification des âmes impures, jusqu’aux guerres et tortures les plus odieuses. On repense rapidement à Prométhée, supplicié pour avoir défié Zeus en rapportant aux hommes le feu divin. Aux célébrations païennes et aux sacrifices humains. Aux J.O antiques où la flamme représentait la pureté. A des siècles d’Histoire ponctués par sa quête puis ses usages. Un livre ouvert passionnant qui continue d’être écrit…
24 mars 2008
Que reste-t-il de la flamme olympique, emblème de liberté, de paix, du rassemblement des 5 continents signifiés par les 5 anneaux conçus par Pierre de Coubertin - et revisités pour l’occasion par les Fùwa, les mascottes officielles ? Que reste-t-il des Jeux, de tant de belles valeurs et de fraternité sportives ? Les J.O embrasent le monde. Les J.O. soulèvent et enthousiasment les foules. Les J.O. sont vecteurs d’émotions intenses. L’homme se dépasse aux J.O. Les J.O. sont universels. Les J.O. sont un spectacle, mais quel spectacle ?
Instrumentalisation politique
Rien de neuf sous le soleil : le voile se lève une fois de plus sur le totalitarisme, la violation des droits de l’homme, l’exploitation, la corruption et la répression. Ce, dans un climat de délation et de censure exacerbées et pour cause. Comment isoler un pays sous le coup de condamnations internationales, organisateur d’un événement parmi les plus populaires, suivis et couverts du monde et prochainement envahi par des centaines de milliers de dangereux spectateurs venus d’ailleurs ?
Faut-il boycotter les J.O. ?
A qui cela profitera-t-il ? Et surtout à qui cela nuira-t-il le plus ? A supposer que cela fasse très momentanément reculer le gouvernement chinois, il y a fort à parier que la situation empirera ensuite. Peut-être est-ce une des seules occasions pour certains Chinois de s’informer et d’informer, ne serait-ce qu’un peu plus, le monde extérieur ? On peut surtout se poser la question du crédit accordé par le CIO aux autorités chinoises, qui s’étaient engagées à améliorer la situation interne de leur pays ! De la flamme olympique au leurre politique, il n’y a qu’un pas.
AU CHOIX
Le site des JO 2008 http://fr.beijing2008.cn
Le site de Reporters sans frontières http://www.rsf.org
Mad in China, Tendance Floue www.tendancefloue.net/livres/mad.php
Le prochain Pierre Haski : La Chine, Internet, la censure. Le Seuil (mai 2008)
La journée mondiale de l’Eau 2008 est célébrée dans le contexte de l’Année internationale de l’assainissement. Une question prioritaire qui conditionne l’équilibre et la durabilité de notre planète et de ses habitants.
Près de 2,5 milliards de personnes sur les 6,68 milliards que compte le monde ne bénéficient pas d’installations sanitaires assainies, et 1 milliard n’a pas accès à de l’eau potable. Une situation qui constitue une grave menace pour la santé et cause notamment chaque année la mort de 1,6 million d’enfants. Sur les 3% d’eau douce qui composent la Terre, à peine 0.5 % est utilisable par l’homme. Côté consommation, on estime la moyenne annuelle à 1500 m3 par habitant dans un pays riche, contre 100 m3 par habitant dans un pays pauvre. Des quantités et une qualité très inégalement réparties, qui ne répondent pas pour beaucoup au minimum vital, et dont les ressources, épuisables, diminuent un peu plus chaque année.
La raréfaction d’une ressource vitale
L’accès à l’eau potable conditionne la santé, et par extension l’égalité, la dignité et le développement social de l’homme, le maintien et la stabilité de son environnement. À des échelles différentes, chaque pays est concerné. Les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux problèmes de rejets de produits chimiques et des eaux usées, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et à une activité humaine négligeante (gaspillage, surconsommation, installations luxueuses).
Quant aux pays pauvres et en voie de développement, ils n’ont pas accès, pour la plupart, à une eau potable et saine, tant en quantité qu’en qualité, et ne disposent pas de moyens suffisants pour l’acheminer, s’approvisionner ou la purifier. D’autre part, leur gestion de l’eau est freinée par des infrastructures et des réseaux défectueux, voire une méconnaissance de son utilisation dans le cadre d’activités de production par exemple. Enfin, l’eau est au cœur d’enjeux politiques stratégiques, devenant un véritable outil de pression et une arme de guerre, dont les premières victimes sont comme toujours les populations civiles, particulièrement dans les zones défavorisées et fragiles.
Le réchauffement climatique
On en parle, on en parle. Mais de la prise de conscience à l’action, du chemin reste à parcourir. Le constat est pourtant sans équivoque et irréversible. Jean Jouzel, directeur de recherches au CEA et vice-président du groupe scientifique du GIEC rappelle l’urgence de la situation : ” Il est acquis que le réchauffement climatique des dernières décennies a déjà des conséquences perceptibles. (…) Les impacts sont très susceptibles d’augmenter dans tous les secteurs, ressources en eau, santé humaine entre autres, et de forcer des populations entières à devenir des réfugiés climatiques. “
Hausse des températures, assèchement progressif des sols, intensification des cyclones, élévation du niveau des mers, vagues de chaleur, etc, le processus est enclenché, et risque de remettre en question la vie et la survie de millions d’hommes supplémentaires.
Une responsabilité collective
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose de le rendre possible ! Ce qui dépend des hautes instances, dirigeantes et décisionnaires dont chaque action conditionne davantage l’équilibre ou le désordre mondial. Cela passe aussi par chacun d’entre nous ; avec des réflexes simples au quotidien (prévenir les fuites d’eau, adapter sa consommation, limiter le gaspillage, recycler, récupérer l’eau, limiter l’usage de produits polluants pour protéger l’environnement, etc) : le moindre geste compte.
Santé, habitat, industrie, économie, environnement, ressources, etc, tous les domaines liés de près ou de loin à la vie de l’homme sont menacés par une détérioration de la qualité de l’eau et une diminution de ses réserves. Loin d’un catastrophisme clinique, cet état des lieux avéré est un défi que l’humanité se doit de relever maintenant. ” Future ” ou ” no future ” ? Là est la réponse.
www.unesco.org/water & www.who.int/topics/water/fr
Voir aussi post 22 mars 2007
La nouvelle, comme tant d’autres, circule depuis une petite semaine : “300 000 dollars pour bien manger et voir des pauvres“. Où? À Bangkok, au Mezzaluna, un restaurant pas très typical comme son nom le confirme, situé au 65e étage d’un hôtel cinq étoiles. Quand? Le 5 avril. Comment? Un dîner princier préparé par trois chefs étoilés français, invités pour l’occasion. En guise d’amuse-bouche, 50 des 100 et quelque clients annoncés se rendront dans la province de Surin, considérée comme une des plus pauvres du pays, pour voir un camp d’éléphants et les difficultés de la vie dans cette région. Pourquoi? On se le demande!
Couac : Michel Trama, Alain Solivérès et Jean-Michel Lorain ont décliné l’invitation après avoir appris qu’aucune somme ne serait versée à aucune organisation caritative. Certes, c’est un lieu commun, partout dans le monde le luxe borde souvent la misère sans jamais l’approcher pour autant. Et nombreux sont ceux qui voyagent en ne voyant que ce qu’ils veulent bien voir. Certes, la question du développement et de la sous-traitance - plus que précaire - dans les pays dits pauvres ou en voie de développement ne date pas d’hier et ne peut que s’accentuer.
Alors, rien de tel après cette visite d’affaires, ou exotisme déplacé c’est selon, tellement banal finalement et bien contrariant au demeurant, qu’une bonne langouste et de délicates truffes noires pour faire passer la pilule et signer quelques contrats bien juteux? Ainsi va le monde. Show must go on.
” Our lives begin to end the day we become silent about things that matter. “
Martin Luther King
L’opération de vente de photos APOROS au profit du Comité Ingrid Betancourt débutée le 4 février se poursuit.
Du 1er au 23 mars 2008. Du lundi au samedi, de 12h à 20h. Dimanche, de 14h à 19h. Galerie en-tout-cas : 157, rue Saint Martin. 75003 Paris. Tel.: 01 42 71 44 70.
Ingrid Betancourt est en danger. Six ans que ses proches se battent jour après jour pour sa libération. Six ans qu’ils attendent un signe d’espoir, un geste politique. Six ans de mobilisation incessante pour faire revenir parmi eux une femme d’un courage et d’une volonté de fer, enlevée pour son intégrité et son combat pour la liberté et les droits de l’homme.
On attend quoi ?!
Si demain nous apprenions la disparition d’Ingrid Betancourt, les rues et les églises se rempliraient, des centaines de milliers, voire des millions de personnes sortiraient manifester leur indignation, leur émotion aux côtés de sa famille. Et pourquoi pas maintenant? Avant qu’il ne soit trop tard? En organisant une manifestation mondiale?
Vingt quatre heures d’actions planétaires, un post sur chaque blog, le portrait des otages diffusés sur les chaînes du monde entier, un appel lancé de façon unanime par l’opinion publique et chaque état démocratique, une ultime tentative pour faire pression sur les dirigeants concernés et les Farcs. Est-ce si difficile? Tout, sauf dire oui à ce qui se passe, tout sauf l’indifférence! Faites passer, surtout.
Ingrid Betancourt et les otages détenus avec elle doivent être libérés !
Actions en faveur de, et pétition Ingrid Betancourt www.agirpouringrid.com
La vente de photos du collectif APOROS au profit du Comité de soutien à Ingrid Betancourt et tous les otages en Colombie est en cours; elle se poursuit jusqu’au 16 mars. Plus vous serez nombreux à participer, plus l’opération sera un succès. Une expo vente est en cours d’organisation près de Beaubourg. Merci à ceux qui ont déjà acheté des photos et relayé l’information!
Prix : 65 € (papier photo), 150 € (contrecollage) + frais d’envoi (partout) -
Format 76×76, 60×90 et 30×90 -
BLOG http://aporosblog.canalblog.com Infos : vdegalzain@gmail.com
Signez la pétition : www.ingridbetancourt-idf.com/base
Jour J + 1 pour le lancement officiel du blog de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). De l’info, de l’info et rien que de l’info, transversale, rythmée de vidéos, photos, bonnes et beaucoup moins bonnes nouvelles.
Composée de 155 organisations à travers le monde, la FIDH lutte pour le maintien ou l’acquisition de tous les droits et libertés fondamentales énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.
Enquêtes, témoignages, investigations et actions sont menés pour obtenir des preuves des violations des droits humains aux quatre coins du monde. Dénoncer, informer et protéger sont au coeur des engagements de la FIDH, là où tortures, enlèvements et violences, disparitions, exécutions sommaires et traite des humains sont un quotidien d’une banalité terrifiante.
Plus que jamais, “gardons les yeux ouverts”. Réagissons en citoyens concernés, sans auto-censure, tant les acquis sont fragiles, les démocraties parfois instables ou équivoques et les combats toujours aussi nombreux.
http://blog.gardonslesyeuxouverts.org
L’association et le collectif APOROS s’engagent aux côtés du Comité de soutien* à Ingrid Betancourt et tous les otages en Colombie.
Une sélection de magnifiques photos signées Nicolas Baret, Jacques Kuyten, David L., Vincent Meurin, Nelson Navin et Antonio Prianon est ainsi mise en vente jusqu’au 16 mars 2008. Les bénéfices seront intégralement reversés au Comité de soutien à Ingrid Betancourt et tous les otages en Colombie.
Prix 65 € (76×76, 60×90 et 30X90). Précisions et contact info http://aporosblog.canalblog.com/archives/2008/02/14/7880344.html et dans la vidéo. Faites passer! La quantité de tirages est limitée.
Signer la pétition du Comité de soutien* www.agirpouringrid.com
*Un engagement validé par un protocole, signé avec le Comité Betancourt
http://agirpouringrid.com/base/article.php3?id_article=487
François Picard, 30 ans, est journaliste. Après des années de voyage à travers le monde, il décide de créer l’association Culture-Aventure dont le festival du même nom se tient ce week-end à Paris à la Maison des Cultures du Monde. Rencontre.
Culture Aventure, deux mots clés pour une association : votre définition ?
François Picard : à l’origine, Culture-Aventure devait être une petite structure administrative pour récolter des financements pour le voyage à vélo de quatre amis à travers l’Ukraine, la Russie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Nous n’avons finalement pas eu de subventions, mais l’association est devenue un carrefour de passionnés de voyages, avec de nombreux bénévoles !
Son objectif ? Mettre en avant la diversité du monde en donnant la parole à ceux qui l’explorent. Nous diffusons ainsi des films de voyageurs lors du festival annuel et au cours de projections publiques chaque lundi, à Paris. - Des projections privées sont également organisées pour les CE, centres d’animations. - Et nous avons mis en place une « librairie nomade » grâce à laquelle les voyageurs qui sortent des sentiers battus peuvent faire découvrir leurs productions DVD ou leurs livres. La plupart de ceux que nous soutenons ne sont pas forcément des « baroudeurs professionnels ». Ils sont aussi bien profs, bûcherons, retraités ou comédiens, etc. En revanche, ils ont tous décidé un jour d’assouvir leur curiosité en osant larguer les amarres, quelques mois voire quelques années.
Quels seront les temps forts de ce week-end festival?
F.P. : samedi à 13h15, nous partons à cheval à la rencontre d’un peuple méconnu de la Patagonie argentine, les Mapuches. Ce film est un vrai bijoux ! Olivier Soudieux et Carole Soubiran nous feront vivre une année de traversées de l’Himalaya à pied ! Une aventure incroyable qui nous mène au devant de Tibétains, de Népalais, de Maoïstes entre autres. Quant à l’écrivain-voyageur Christophe Cousin, il nous fera partager ses rencontres avec les nomades kirghizes. Dimanche à 16h15, nous présenterons un film inédit sur une traversée en canoë du Kamtchaka (extrême Est russe). Guillaume Julian, un amoureux de la nature, évoquera sa rencontre avec des braconniers.
En réalité, nos coups de cœurs sont nombreux : traversée du Groenland à ski, traversée duTénéré à pied, de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud à vélo sans oublier un tour du monde sur le thème du théâtre. Tout est l’occasion d’un fabuleux voyage et de découvertes inoubliables.
Comment participer aux projections et au festival?
F.P. : il suffit de nous envoyer un film. Qu’il nous raconte un voyage, ses rencontres. En 2009, nous allons poursuivre le développement des projections du lundi. Une fois par semaine à Paris, nous organiserons une projection-rencontre sur le thème du voyage : un vrai rendez-vous de voyageurs au cours duquel certains pourront exposer leurs photos, dédicacer leurs livres, parler de leur association. Avant la diffusion, nous donnerons la parole aux invités, pour donner un côté très convivial à chaque soirée.
À titre personnel enfin, je sors un livre sur ma traversée de la Chine à vélo chez Artisans-Voyageurs, en mai. En 2009, j’espère avoir fini un récit sur mon périple au fil du Pakistan, de l’Inde et du Bengladesh, toujours à deux roues ! C’est beaucoup de travail et en ce moment plus que jamais, le festival est un bénévolat à temps plein. Venez nombreux !
Festival Culture Aventure : les 16 & 17 février (de 11h30 à 21h30). Maison des Cultures du monde : 101, bd Raspail, Paris 6e. Tarif : 5,50 €. Pack 4 projections : 18 €. www.culture-aventure.fr
Hier après-midi, se tenait à Sciences Po une conférence animée par Fabrice Delloye, Florence Aubenas et Anne Proenza. L’occasion de revenir sur la situation en Colombie et l’urgence d’une mobilisation sous toutes ses formes, pour la libération d’Ingrid Betancourt et des otages. Détenus pour certains depuis près de 10 ans.

Conférence Sciences Po 23 janvier 2008 © Virginie de Galzain
Sans revenir sur les détails de l’Histoire, voilà près de 15 ans que la Colombie est rongée par l’industrie des enlèvements. Des années rythmées par des affrontements, des déplacements de population, plus de 25 000 morts de mort violente par an, par un commerce inhumain qui gangrènent peu à peu le pays le plongeant dans l’inégalité, l’horreur de la menace et de la peur, un immense sentiment d’injustice et plus un mot, plus un geste de soutien ni de solidarité. “Peu à peu, tout le monde est devenu coupable, précise Fabrice Delloye, et le silence s’est installé.” Et les prises de position se radicalisent au détriment de toute possibilité de réflexion, d’ouverture et de négociation.
“Il n’y a pas de mode d’emploi dans cette lutte” dit Florence Aubenas, grand reporter détenue en otage cinq mois en Irak de janvier à juin 2005. Pas de mode d’emploi dans un contexte où le maître mot est la non négociation en lieu et place d’une nécessaire politique de conciliation; mais des pistes, des évidences, comme se mobiliser.
Pourquoi se mobiliser? D’aucuns diront que ce n’est pas cela qui va libérer les otages. Qu’une issue favorable dépend seule de l’action des politiques. Certes, le lien de cause à effet n’est pas direct, ni évident. Et pourtant, se taire, c’est masquer, renier la vérité, renier le dialogue, la réconciliation. C’est prendre le risque de sacrifier des vies sur l’hôtel de l’indifférence ou de l’inaction, exacerber l’injustice et activer la spirale du pire.
Alors “médiatiser la gravité de la situation, parler d’Ingrid Betancourt, c’est donner aux citoyens les moyens de comprendre ce qui se passe en Colombie à travers son combat pour les droits de l’homme et la vie d’un peuple, et la situation des otages,” poursuit Florence Aubenas. C’est donner les clés pour agir en connaissance de cause. Une façon essentielle de lutter contre le chantage, l’isolement, de faire tomber le mur construit entre les otages et le reste du monde. Et de construire un mouvement mondial de solidarité, reflet concret d’une opinion publique active, concernée et influente.
Se mobiliser est aujourd’hui la seule façon pour les citoyens de lutter contre cette forme du terrorisme, parmi tant d’autres. C’est essayer, rendre visible, dire qu’on n’oublie pas, que tout est possible ou du moins qu’il faut y croire. C’est offrir une scène politique et médiatique à tous les acteurs de la libération, montrer aux dirigeants l’impérieuse urgence de la négociation, de la solidarité, de mettre l’être humain au centre de tous les enjeux et de toutes les décisions. Se mobiliser, c’est transmettre son soutien aux otages et à leurs familles, et redonner toute sa dimension humaine à une démarche odieuse de menace permanente et de mise à l’écart de la vie, qui nous concerne tous.
“Si nous continuons à assister à la dégradation des otages, ajoute Fabrice Delloye, s’ils ne sortent pas de cette situation insupportable, (…), cela va en plus créer une tache indélébile, et une rupture qui sera extrêmement difficile à porter dans les relations avec la Colombie comme avec les autres nations du monde.”
A venir, un zoom sur la conférence-débat qui s’est tenue à Sciences Po ce jour, consacrée à la mobilisation pour la libération d’Ingrid Betancourt et des otages en Colombie. Avec la participation de Fabrice Delloye, Florence Aubenas et Anne Proenza (voir post ci-dessus).
“L’homme a toujours besoin d’un toit. (…) Même ceux qui sont SDF ont besoin de se mettre sous les ponts ou un carton sur la tête.“
(Christine Boutin, hier sur France Info).
Et même les animaux d’ailleurs ! L’habitat étant une nécessité pour tous les êtres vivants. Outre la nécessité, c’est aussi une question fondamentale de justice, un devoir pour les pouvoirs publics en place et à venir, et un droit ; lequel est énoncé dans la trop théorique Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que dans la loi n°90-449 du 31 mai 1990 : “Garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation”.
Répondre aux urgences
Certes. En attendant, la dernière étude INSEE établit que près de 1,86 million de logements sont vacants* aujourd’hui en France - dont 901 000 sont collectifs (dans des immeubles) – soit près de 6 % du parc des logements.
D’un autre côté, on estime à 1 million le nombre de personnes sans domicile personnel – dont 100 000 sans abri - et 3,2 millions de personnes mal logées en France – dont plus de 2 millions vivent dans des conditions indécentes c’est à dire indignes (absence de chauffage ou de sanitaire, surpeuplement…). Un véritable scandale!
Même en partant du principe que certaines transactions en cours font de logements vacants des logements occupés potentiels, il n’en demeure pas moins que la France dispose d’ores et déjà largement de quoi répondre aux urgences. En plus d’envisager, comme le disait hier matin Madame Boutin, de “construire, construire et encore construire” - qui est en effet indispensable pour offrir davantage de logements sociaux, et de logements ‘tout court’ pourvu qu’ils soient accessibles… - commençons par “loger, loger et encore loger.”
Corriger les lois du marché
Comment se fait-il que des appartements de 90 m2 soient occupés par 2 personnes pendant que des familles s’entassent à 6 dans des 35 m2? Que des personnes de milieux dits “aisés” aient accès à des logements réservés en principe aux plus démunis? Comment se fait-il que la France recense 2 millions d’enfants pauvres? Des enfants souvent ballottés de squat en chambre d’hôtel à 550 euros minimum par mois!, qui mangent le contenu de boîtes de thon ou de sardines et des croissants en guise de repas car évidemment, il n’y a pas de quoi réchauffer le moindre plat? Comment se fait-il qu’il y ait de plus en plus de jeunes dans la rue (un tiers des “SDF” auraient entre 18 et 29 ans) et de nombreux adultes avec des enfants, précisément? Comment se fait-il qu’une nation riche, forte d’une devise solidaire, en soit arrivé à un tel point de honte et d’indignité? D’indifférence?
La réponse est notamment de corriger les lois du marché; de repenser la notion de droit social, d’égalité et de dignité; de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent aussi pour éviter d’autres morts de froid et de faim, de plus en plus d’exclus et de marginaux, le présent et l’avenir d’enfants condamnés avant même de savoir ce que c’est que vivre, normalement et “décemment”?
“S’il te plaît, dessine-moi une maison”, dirait le Petit Prince aujourd’hui.
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*Selon la définition de l’INSEE, un logement vacant est un logement inoccupé se trouvant dans l’un des cas suivants : 1) proposé à la vente, à la location ; 2) déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d’occupation; 3) en attente de règlement de succession ; 3) conservé par un employeur pour un usage futur au profit d’un de ses employés ; 4) gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire (exemple un logement très vétuste…).
“L’homme a toujours besoin d’un toit. (…) Même ceux qui sont SDF ont besoin de se mettre sous les ponts ou un carton sur la tête.“
(Christine Boutin, ce matin sur France Info).
“On est foutus, on mange trop”… et mal surtout. 1,7 milliard d’individus sont en surpoids dans le monde, dont 300 millions atteints d’obésité. 2,5 millions de décès liés par an. Et ça ne s’arrange pas avec le temps!
A venir prochainement en ces lendemains de fêtes gargantuesques pour certains, et de Journée de dépistage de l’obésité infantile pour tous (la journée pas l’obésité, quoique…), quelques idées reçues sur une maladie chronique ravageuse. Une épidémie mondiale, véritable enjeu de santé public à prévenir de toute urgence.
En attendant, un peu de lecture (cliquer sur l’image).
http://aporosblog.canalblog.com© Droits photos réservés APOROS
“Bienvenue dans l’ère des dictatures web 2.0
from http://www.rsf.org/IMG/pdf/rapport_fr_bd-2.pdf
Il y a dix ans, les opposants politiques vietnamiens ou tunisiens imprimaient des tracts dans leurs caves. Ils distribuaient ensuite leur prose à quelques poignées de compagnons de lutte lors de réunions clandestines. Les journaux indépendants se limitaient à des photocopies agrafées à la hâte et distribuées sous le manteau. Aujourd’hui, les informations “subversives” ou “contre-révolutionnaires” circulent sur Internet. Les dissidents et les journalistes sont devenus des “cyberdissidents” et des “cyberjournalistes”. Ils savent monter un blog, organiser un chat, téléphoner par Internet ou utiliser un proxy pour contourner la censure. Les nouvelles technologies leurs permettent de recevoir et de partager des informations en s’affranchissant du contrôle des autorités. Le Web est également une bénédiction pour les organisations spécialisées dans les droits de l’homme. Alors qu’il fallait des semaines, parfois des mois, pour documenter le cas d’un prisonnier d’opinion, les informations s’obtiennent désormais en quelques clics. Internet facilite la création de réseaux, pour les adolescents comme pour les militants politiques. Malheureusement, si ces derniers progressent et se saisissent des nouvelles fonctionnalités offertes par Internet, les dictateurs eux aussi sont entrés dans l’ère du Web 2.0…
Soixante personnes sont actuellement emprisonnées pour avoir publié sur le Net des textes critiques envers les autorités. Avec cinquante personnes derrière les barreaux, la Chine reste de loin la plus grande prison du monde pour les cyberdissidents. Mais la méthode chinoise a fait des émules : quatre personnes sont détenues pour les mêmes motifs au Viêt-nam, trois en Syrie, une en Tunisie, en Libye et en Iran. Les législateurs de ces pays, et leurs cyberpolices, suivent attentivement les évolutions technologiques. Lorsque les messageries instantanées, de type MSN messenger, sont devenues populaires, la Chine a demandé aux entreprises qui les commercialisent de bloquer certains mots-clefs. Impossible de parler du Dalaï Lama ou de l’indépendance de Taïwan en utilisant ces outils, car les messages sont automatiquement censurés. De même, face au succès de YouTube, la Chine et l’Iran ont rapidement affiché leur volonté de filtrer les vidéos diffusées sur la Toile. Trop de contenus “subversifs” pour le premier, ou “immoraux” pour l’autre. Au Viêt-nam, ce sont dans les “chat rooms” que dissidents et policiers jouent désormais au chat et à la souris. Trois internautes ont ainsi été arrêtés, en octobre 2005, pour avoir parlé de démocratie sur Paltalk - un site américain permettant d’organiser des réunions à distance. L’un d’entre eux, Truong Quoc Huy, était toujours incarcéré au 1er janvier 2007.
Des logiciels espions qui filtrent les e-mails
Internet est un réseau qui n’a pas été conçu pour protéger la confidentialité des communications. Cet outil est rapide et relativement fiable, mais il est également facile à surveiller et à censurer. Au premier clic sur la Toile, l’internaute laisse des traces et dévoile des informations sur son identité, ses goûts, ses habitudes. Ces informations sont précieuses pour les sociétés, qui les décortiquent pour mieux cibler leurs publicités. Elles le sont aussi pour les services de police. Pour surveiller un journaliste il y a encore quelques années, la méthode la plus efficace était de poster un agent en civil devant chez lui. Aujourd’hui, la mise sous surveillance se fait à moindre coût. Ce sont des machines qui épient, produisent des rapports et bloquent automatiquement les conversations subversives. C’est moins cher et plus efficace. A Cuba, des logiciels espions sont installés sur les ordinateurs des cybercafés. Lorsqu’un internaute a le malheur de taper des mots interdits dans un e-mail, comme par exemple le nom d’un dissident connu, il reçoit un message d’alerte lui indiquant que son texte est considéré comme une “menace pour la sécurité de l’Etat”. Quelques secondes plus tard, son navigateur Web se ferme automatiquement…
Les géants de l’Internet complices
Certes, les prédateurs de la liberté d’expression ne sont pas tous égaux devant Internet. La Chine exerce un contrôle implacable sur les informations produites et téléchargées par les internautes. Elle dispose en effet d’énormes moyens financiers pour produire ou acheter des technologies de contrôle d’Internet et s’offrir les services de bataillons de mouchards et de cyberpoliciers. Ce pays dispose surtout du poids nécessaire pour imposer ses vues aux entreprises étrangères travaillant dans ce secteur. Yahoo !, Google, Microsoft et autre Cisco Systems ont tous accepté de censurer leurs moteurs de recherche pour faire disparaître les sites trop critiques envers Pékin. Ce faisant, elles facilitent immensément la tâche des autorités chinoises, car leurs outils sont les principales portes d’entrée sur le Web. Si un site d’informations n’est pas référencé par ces moteurs, ses articles seront autant de bouteilles jetées à la mer. Tous les Etats n’ont pas les moyens de dicter leurs règles aux multinationales américaines. Mais tous les régimes autoritaires s’attellent aujourd’hui à la mise en place de systèmes de censure du Réseau. Même des pays d’Afrique subsaharienne filtrent désormais Internet. Le gouvernement de Meles Zenawi, en Ethiopie, bloque depuis mai 2006 les sites et les blogs qui le critiquent trop ouvertement. Le Zimbabwe de Robert Mugabe discute d’une loi qui donnerait aux forces de sécurité la possibilité d’intercepter les communications électroniques hors de tout contrôle judiciaire. En Thaïlande, l’une des premières décisions prises par les militaires, suite à leur coup d’Etat, en septembre 2006, a été de censurer les sites d’informations, même étrangers, qui critiquaient l’attitude de l’armée.
Et lorsqu’un dictateur n’a pas les moyens de censurer efficacement Internet, il peut opter pour une méthode plus radicale : en Corée du Nord ou au Turkménistan, personne, ou presque, n’accède au Réseau. D’ailleurs, lorsque le despote local décède, comme ce fut le cas, fin décembre, de Separmourad Niazov, son successeur entame son règne par une déclaration concernant l’avenir d’Internet. Signe des temps, c’est du Web que parlent les autocrates lorsqu’ils veulent démontrer le caractère progressiste de leur régime.
Face à ces dictatures 2.0, les internautes s’organisent et redoublent d’imagination pour contourner les filtres et protéger leur anonymat. Ils s’approprient ou créent de nouvelles technologies, codent leurs e-mails, utilisent les outils qui passent encore sous le radar des cyberpolices. Le développement de Skype, par exemple, a très certainement facilité les communications entre les journalistes et leurs sources, y compris pour Reporters sans frontières. Ce système est particulièrement efficace parce qu’il est crypté et donc, a priori, difficile à mettre sur écoutes. Mais la Chine a déjà passé un accord avec cette société pour qu’elle bloque certains mots clefs. Dans ces conditions, comment être certains que nos conversations restent confidentielles ? Comment savoir si Skype n’a pas, ou ne va pas permettre à la police chinoise d’épier ses clients. Passer les nouvelles technologies au crible de la morale, en comprendre les effets secondaires, est devenu une nécessité. Si les entreprises et les Etats démocratiques continuent de se renvoyer la balle, chacun se défaussant sur l’autre de ses responsabilités éthiques, nous entrerons bientôt dans une ère de surveillance généralisée des communications.”
En 2007, 2 600 sites Internet et blogs ont été fermés.
www.rsf.org
Pas de leçon de morale, pas de lourdeur idéologique, juste Persepolis, un point de vue subjectif assumé dès le début par une petite fille pleine de tempérament, d’humour et de lucidité, comme le film. Sans caricature ni réduction. Une claque !
Pourquoi ? Parce que nous allons et venons libres de nos mouvements, pouvons exprimer nos opinions, etc, etc. Parce que ce n’est évidemment pas qu’un film mais le quotidien de nombreux hommes et femmes remis à une certaine place. Parce que Marjane Satrapi dans son histoire pas ordinaire n’en est pas moins accessible et ” comme tout le monde “.
Une claque aussi car ce film d’animation est un film indépendant, qui a vu le jour ” juste ” grâce à l’envie partagée de ses auteurs (Vincent Paronnaud et…), pied de nez à tous les blockbusters et autres (super)productions sans fin, sans fond ! Enfin, parce la dernière phrase du film ” La liberté a un prix ” est le début, la clé de tout. En substance, un réel plaisir ! Vivement le prochain “vrai” (ce serait en cours) film donc.
ET AUSSI
Le DVD : 21.99 € environ
Le site : www.myspace.com/persepolislefilm
& surtout la BD : en 4 tomes (à partir de 14 €/tome) ou en monovolume (32 €)
} Toute aventure humaine (…) engage l’humanité entière. ~ Sartre
Les clichés ont la vie dure. Il n’y a pas que les casseurs et les brûleurs de voitures dans les quartiers et banlieues “sensibles”. Il y a aussi et surtout ceux qui réussissent, qui cherchent à réussir, à travailler, à aider, à construire au quotidien. Ceux qui souhaitent vivre comme tout le monde, et ceux qui les soutiennent.
En attendant une interview qui ne vient décidément pas, le blog de l’association Quartier Sans Cible casse les idées reçues. Initiatives locales, implications de jeunes citoyens des quartiers dits “difficiles”, événements, dossiers, reportages, conseil auprès des acteurs et partenaires phares de la Jeunesse et de l’Education, … : une vision positive pour contribuer à changer l’image de la banlieue.
http://quartiersc.canalblog.com

© Quartier Sans Cible
} La Déclaration universelle des droits de l’homme a d’abord été l’initiative de gouvernements. Aujourd’hui, c’est une entreprise commune pour tous les habitants de la planète.

Iran, 2007 © Halabisaz/AP/PA Photo
Tous les êtres humains ont des droits. Telle est l’essence même de notre humanité. Cette condition nous impose le devoir de lutter, pas simplement pour nos droits, mais également pour ceux des autres. Voilà l’esprit de la solidarité internationale. Voilà ce que signifient réellement des droits humains universels et indivisibles. ~
Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International.
“ C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs ”

Christine Aaron & Philippe Starck©Patrick MESSINA_TBWA Paris*
Estimations 2007
▪ 33,2 millions de personnes vivent avec le sida en 2007
▪ Près de 2,5 millions de nouveaux cas d’infection virale en 2007
▪ 2,1 millions de personnes sont décédées en 2007 des suites de maladies liées au SIDA
▪ Près de 30 millions de morts depuis 1981
Des traitements mais
▪ Pas de vaccin
▪ Pas de guérison
En un mot : protection !Sources chiffres : Onusida, OMS
*Campagne AIDES www.aides.org/www.sijetaisseropositif.com
Voir aussi posts et liens Sida(ction), destigmatisation et prévention & Sida(ction): les enfants aussi! (Archives Mars 2007).
de poster quoi que ce soit… Un focus sur une initiative positive pour/dans les banlieues - à venir dès que j’ai un instant.
Pendant quatre ans, les journalistes du collectif Argos* ont partagé le quotidien d’hommes et de femmes qui vont être poussés à l’exil à cause du réchauffement climatique.
Près de 5 000 photos, 200 heures d’enregistrement et plusieurs séjours dans neuf régions du monde ont été nécessaires pour donner naissance à leur premier ouvrage : Réfugiés climatiques. Retour sur une aventure humaine peu ordinaire, avec Laurent Weyl, photographe et Guy-Pierre Chomette, rédacteur.

© Collectif ARGOS_Tuvalu
√ Comment est né le projet Réfugiés climatiques ? Comment l’avez-vous préparé ?
Laurent WEYL : Depuis sa création en 2001, le collectif est engagé dans une démarche documentaire liée aux mutations et enjeux sociaux et environnementaux. Il nous est apparu nécessaire d’humaniser un concept qui demeure essentiellement scientifique, - particulièrement ici, en France : le réchauffement climatique, et de mettre en avant ses conséquences humaines. Il a fallu près d’un an de préparation sur la base d’avis d’experts (Giec, IRD, AEE, etc) pour choisir les destinations, avoir une caution scientifique, prendre conscience de tous les enjeux. Selon l’ONU, près de 150 millions de personnes vont devoir quitter leur lieu de vie en raison des dérèglements climatiques liés d’ici à 2050. 150 millions de vies en danger de mort.
Guy-Pierre CHOMETTE : La première difficulté résidait dans l’ampleur du sujet. Il aurait été impossible de traiter de tous les aspects liés à l’environnement. Peu à peu, nous nous sommes recentrés sur le réchauffement climatique, la question de la responsabilité des pays développés dans l’augmentation de l’effet de serre. La responsabilité de l’activité humaine sur la vie de millions d’hommes et de femmes.
La deuxième difficulté consistait à consolider le projet, puisque nous abordions un sujet très sensible tant d’un point de vue scientifique que politique. Nous avons par exemple du renoncer à partir au Brésil et dans les Andes… Il nous fallait aussi définir les origines des déplacements de populations : montée des eaux, désertification, intensification des cyclones, etc, pour montrer leur caractère universel. Tout le monde est concerné aujourd’hui !

© Collectif ARGOS_Bangladesh
√ Neuf destinations, quatre ans de travail et une organisation à toute épreuve…
L.W : Il a fallu faire un choix parmi les nombreuses destinations touchées par le réchauffement climatique : les îles Tuvalu, les Maldives, les deltas du Bangladesh et Hallingen concernés par la montée du niveau des eaux ; le Tchad et la Chine par la désertification ; mais aussi la fonte des glaciers au Népal, les cyclones dévastateurs aux Etats-Unis ou le dégel en Alaska.
Ensuite, nous avons fonctionné en tandem rédacteur/photographe, et sommes retournés dans l’ensemble au moins deux fois sur place à environ six mois d’intervalle. Chaque fois, nous avons passé de 5 à 9 semaines au sein d’une famille ou d’un quartier, d’un village pour partager leur quotidien, nous imprégner de la vie locale et la comprendre. Nous avons tous été frappés par la conscience que les futurs réfugiés avaient des modifications climatiques et des incidences sur leur vie. Même au fin fond du Bangladesh, les habitants ont reçu une formation sommaire sur les conséquences du réchauffement climatique. Et ce qu’ils veulent par dessus tout, c’est s’adapter. Pour rien au monde ils ne veulent partir, car ils savent qu’ils ne reviendront jamais.
G.P.-C : Nous avons du franchir quelques difficultés d’ordres administratif, politique et langagier bien sûr (Maldives, Chine notamment). Mais ensuite, l’idée était en effet de rester le plus longtemps possible avec les mêmes personnes pour gagner leur confiance, enlever toutes les barrières jusqu’à être liés à leur univers et devenir invisibles. Il était nécessaire d’avoir des regards parallèles et complémentaires pour couvrir le maximum de choses, être confrontés à des situations différentes et recueillir de nombreux témoignages. Pour enfin parvenir à décrypter les conséquences du réchauffement climatique aux quatre coins du monde.

© Collectif ARGOS_Shishmaref
√ Votre approche est à la fois narrative et iconographique. Un enjeu clé pour sensibiliser le grand public…
L.W : Tous les membres du collectif sont journalistes. Notre approche est donc volontairement axée sur les aspects narratifs ET photographiques. En fonction des destination, les textes abordent des extraits du quotidien des réfugiés climatiques au travers de citations, d’une histoire, de destins ordinaires parfois tragiques. Les images que nous avons rapportées sont moins des regards que des informations photographiques. C’est là que réside toute la force du projet. Il y a aujourd’hui une conscience du problème puisque tout le monde est informé. Mais il manque une vraie prise de conscience qui se concrétise par l’action. Chacun doit agir individuellement pour éviter l’aggravation de la situation, y compris en France.
G.P.-C : Les déplacements de populations liés au réchauffement climatique sont irréversibles et vont avoir des conséquences dramatiques sur des millions de vies, déracinées de leur environnement, de leur repères de vie et même de survie. Ce qui est en jeu également, c’est la disparition à terme de cultures, d’expressions artistiques, d’identités et de modes de vie ancestraux broyés par l’obligation de s’adapter à d’autres lieux résolument différents. La négation sociale et culturelle.
Au Tchad, la hauteur du lac est aujourd’hui de 1,50 mètre, contre 6 mètres dans les années 60. A Shishmaref (Alaska), la banquise cède de plus en plus souvent sous le poids des motoneiges, mettant la vie des hommes en danger et compromettant la survie des phoques, base de l’alimentation et de la culture des Inupiaks. En Polynésie, la montée des eaux menace Tuvalu. ” Si je devais m’en aller loin de l’océan, je perdrais mon énergie et mon désir ” déclare un habitant.
Lié à la nature, l’homme subit ses bouleversements de plein fouet et va devoir s’adapter parfois sans transition. Riches ou pauvres, en milieu rural ou urbain, le problème est universel.
Réfugiés climatiques, Collectif ARGOS, Ed. Infolio, 356 pages. 39 €
www.infolio.ch & www.collectifargos.com
*Guy-Pierre Chomette, Guillaume Collanges, Hélène David, Jérômine Dérigny, Cédric Faimali, Donatien Garnier, Eléonore Henry de Frahan, Aude Raux, Laurent Weyl, Jacques Windenberger.
**Remerciements : Laurent Weyl & Guy-Pierre Chomette pou
















