A (re)voir : ‘I’m not your negro’, le documentaire de Raoul Peck

* 25 mai 2020, George Floyd meurt étouffé par un policier à Minneapolis. Pour mémoire. Pour acte !

« On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. L’Histoire n’est pas le passé, c’est le Présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes notre histoire. » – James Baldwin

À voir absolument si ce n’est déjà fait : I’m not your negro/Je ne suis pas votre nègre, de Raoul Peck est rediffusé sur Arte du 5 au 23 juin 2020. Inédit dans sa démarche et dans sa forme, ce film documentaire exceptionnel offre un nouvel éclairage sur un combat fondamental et sur des acteurs de ce combat : celui d’hommes et de femmes afro-américains violemment déniés jusque dans leur condition humaine, qui ont lutté pour le droit de vivre à égalité, qui sont morts pour avoir accès aux mêmes droits – civiques et humains, sociaux et politiques – que les Blancs d’Amérique. Racontées via l’écrivain engagé James Baldwin, les luttes de Lire la suite de « A (re)voir : ‘I’m not your negro’, le documentaire de Raoul Peck »

Enfance en danger : on peut tous agir

© Virginie de Galzain

Violences physiques, psychiques, sexuelles, négligences, inceste. En ces temps de confinement, les enfants sont encore plus exposés et n’ont plus personne d’extérieur vers qui se tourner, à qui parler. Le risque est d’autant plus élevé dans les foyers/familles où existent des violences conjugales.

Pour Nora Darani, responsable de communication engagée du Groupement d’Intérêt Public de l’Enfance en Danger (GIPED/119 : « Rester en veille, vérifier que les enfants vont bien, signaler une situation grave est un acte citoyen qui peut sauver une vie ». Si vous avez Lire la suite de « Enfance en danger : on peut tous agir »

En quelques mots…

« Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve, quand on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. L’utopie partagée est le ressort de l’histoire ». – Helder Camara.

Puisqu’il est encore temps, je vous souhaite à tous une année pleine de moments de douceur avec vos proches, de santé et de projets enthousiasmants. Je nous souhaite aussi de rester clairvoyants pour mieux défendre et préserver nos droits et libertés ; de déployer nos énergies pour plus de bienveillance et d’humanité, d’équité et de paix.  Une année menée par ces utopies concrètes qui permettent d’avancer, d’un avenir incertain vers de meilleurs futurs

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ONG ‘More than me’ : l’enquête

Investigation : à voir et à lire « UNPROTECTED », une enquête du TIME et de ProPublica sur l’ONG américaine « More Than Me », engagée pour la scolarisation des filles. Une ONG dont le cofondateur, aujourd’hui décédé, a commis pendant plusieurs années des viols répétés sur des filles scolarisées dans leur école (bidonville de Monrovia, Liberia). Une ONG qui savait et dont la fondatrice et plusieurs de ses membres ont refusé d’admettre la vérité et d’agir en conséquence. Et ce n’est pas tout.

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Présenté lors du festival du film d’investigation Double exposure, le documentaire pose la question de l’immense responsabilité des personnes qui agissent au nom de l’amélioration des conditions de vie, de la protection de vies humaines tout en laissant commettre / commettant l’irréparable. Elle interroge aussi sur la nécessité de rester vigilant vis à vis de ceux qui se disent « humanitaires » sans en avoir les compétences ni l’éthique et semblent investis à tout prix d’une mission de sauveur en faveur de populations fragiles : « A lot of time, people come from outside and they underestimate the power of Liberians. They think that we are all stupid people with little or no education. Our system is fragile and they can get away because their skin is white  » (Iris M., infirmière à MTM).

Il interpelle par extension sur le fait que partout dans le monde, la lutte contre toute forme de violence doit être poursuivie ; que chacune de ces violences, particulièrement les violences sexuelles commises à l’encontre des enfants, par qui que ce soit (notamment les humanitaires, militaires, dignitaires, enseignants, éducateurs, ecclésiastiques, médecins, parents au sens large… NDLR) doit être fermement punie par une loi. La protection physique et psychologique des enfants, la garantie de leur accès aux droits fondamentaux et au bien-être afin qu’ils grandissent dans de bonnes conditions sont une priorité absolue.


• Lire l’enquête sur le site du TIME : http://time.com/longform/more-than-me-investigation/
• En savoir plus sur ProPublica : https://www.propublica.org/about/
• Double Exposure : https://doubleexposurefestival.com/

#saveaquarius ! Retour sur un rassemblement citoyen

Paris, place de la République. En réponse à l’appel à mobilisation citoyenne #saveaquarius, des milliers de personnes sont venues manifester leur soutien à SOS Méditerranée et à la poursuite des missions de sauvetage en mer de l’Aquarius. À leurs côtés, plusieurs personnalités et acteurs phares d’ONG et d’associations sont intervenus.

#saveaquarius paris ©Virginie de Galzain

En images et en textes, retour sur le rassemblement parisien du 6 octobre, un diaporama à voir et à partager. Extrait d’un travail sur l’importance de la mobilisation au sein d’une société, d’une démocratie.


> Signez et partagez la pétition > soutenir l’Aquarius et sa mission de sauvetage en mer

Réunion : le RSMA-R sur tous les fronts

Lutte contre la dengue à La Réunion : les jeunes volontaires du régiment du Service militaire adapté de la Réunion (RSMA-R) en renfort pour informer la population, prévenir et enrayer l’épidémie.

Chaque année, près de 6000 jeunes Ultramarins suivent une formation professionnelle et citoyenne de 6 à 12 mois au sein de ce dispositif militaire d’exception présent dans 7 régiments d’Outre-Mer. En collaboration étroite et permanente avec les acteurs locaux, la réussite du SMA associe l’expertise et l’engagement fort de ceux qui le composent, une connaissance de long terme des spécificités (sociale, éducative, économique, environnementale, sanitaire…) et des capacités d’emploi de chaque DOM et COM. Ce, en proposant un cadre de vie structuré exigeant et à forte valeur humaine. Plusieurs régiments du SMA seront à l’honneur et défileront cette année le 14 juillet sur les Champs-Élysées.

©Virginie de Galzain

Le site du reportage https://unenjeudavenirs.wordpress.com
Le site du SMA http://www.le-sma.com

David Goldblatt

I think we must never forget that the price of liberty is very high and you have to keep at it all the time. You can’t not keep watching‚ you’ve got to keep watching because otherwise the rot creeps in.
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En hommage au photographe David Goldblatt qui nous a quittés hier : la mémoire humaine, sociale, documentaire de 60 ans de l’histoire des Sud-Africains et de l’Afrique du Sud. Photo prise à Paris, en février 2018, lors de la présentation de son exposition rétrospective au centre Pompidou.

david goldblatt, paris fevrier 2018

david goldblatt, paris fevrier 2018©Virginie de Galzain

REVOIR :
– David Goldblatt in conversation http://www.tate.org.uk/context-comment/video/david-goldblatt-conversation
Activisme visuel https://www.arte.tv/fr/videos/053284-000-A/activisme-visuel/

Éclat d’obus : récit d’une blessure de guerre

À l’occasion de la Journée nationale des blessés de l’armée de de Terre, réédition de ce témoignage.

« J’ai bien failli y passer. J’étais en opération extérieure (Opex) en Afrique subsaharienne. Ça tirait de partout. Des cris. Des balles qui sifflent. Et puis plus rien. J’ai pris un éclat d’obus derrière la tête. Heureusement, j’avais mon casque ; sinon je ne serais plus là pour te parler.

Quand je me suis réveillé, je me souvenais de tout. Parfois, c’est le trou noir, le vide. Mais pour moi, tout défilait devant mes yeux comme si j’y étais. C’était une sensation terrible d’être conscient… Conscient de ce qui s’était passé. Conscient d’être là, « vivant », les yeux ouverts, allongé dans un lit. Conscient qu’on n’a peut-être plus que ses yeux pour regarder. Et pour voir quoi ? Et le reste ? Tu es « là », mais tu ne sens pas ton corps. Je me souviens de violentes douleurs à la tête… J’avais l’impression qu’elle allait éclater.

Tu te demandes : « Est-ce que je suis entier ? Est-ce que j’ai perdu un membre ? Deux ? Peut-être plus ? » C’est terrible. Tu ne peux pas imaginer…. Se dire que tout est possible, surtout le pire… Pour l’instant tu ne sais pas…

Alors tu pars à la recherche de toi-même.

Les jambes d’abord :  » Est-ce que j’ai ma jambe droite ?  » Tu y vas doucement parce que tu ne sais pas dans quel état c’est, si c’est encore là, ou pas. Et tu arrives à bouger un peu la jambe droite. Tu sens qu’elle est là et qu’elle semble entière. En tout cas, c’est ce que tu te dis. Tu t’accroches à ça…Puis tu passes à la gauche, avec une appréhension épouvantable. Lentement, tu te concentres et soulagement, la deuxième jambe est aussi là… Tu attends… Tu veux savoir pour les bras. Et si…

Tu préfèrerais ne pas y penser mais impossible de Lire la suite de « Éclat d’obus : récit d’une blessure de guerre »

A lire : Enfance, au cœur des souffrances

À lire absolument, le dossier du quotidien La Croix réalisé avec la Brigade de protection des mineurs. Pousser la porte de l’intime et lire les mots d’enfants victimes de violences et de maltraitances inacceptables. Une urgence absolue : les protéger, prévenir et faire connaître très largement cette réalité massive, invisible et taboue pour mieux agir.

Extrait : « Du haut de ses 7 ans, Enzo se raconte volontiers : l’école, les bagarres avec son cadet et « papa qui gronde ». Comment ? « Parfois ça fait mal. Parfois moyen mal », lâche-t-il, refusant d’en dire plus, « sinon mes parents disent que ça va faire toute une histoire ». Et puis, sans prévenir, il devient intarissable. Et raconte ce père qui lui « cogne la tête contre le mur quand la chambre est trop en désordre », les « coups de chaise » lorsqu’il est trop bruyant. Et « les mains de papa qui serrent très fort le cou », ajoutant dans un rire forcé : « Il dit toujours qu’il va m’étrangler mais il ne le fait jamais ! » Dehors, le ciel hésite entre le bleu parme et le gris cendre. « Tu ne diras rien, hein ? Sinon, ça va recommencer », s’inquiète- t-il, en fin d’audition. « 

Une LA croix 190618

Pour la paix à Gaza

Extrait d’archives, série « Pour la paix à Gaza« . Manifestation de soutien aux Palestiniens face à l’opération israélienne « plomb durci », janvier 2009.

manif_pour la paix gaza_virginie de galzain
Paris, 10 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Madagascar : ’47, portraits d’insurgés’, de Pierrot Men & Raharimanana

47. 1947. 29 mars 1947 : le point de départ d’une insurrection anti-coloniale dont la répression, les tortures, massacres et exécutions sommaires ont meurtri des familles entières et causé plusieurs dizaines milliers de morts à Madagascar.
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Art, Histoire et Mémoire. Quand Raharimanana, écrivain et dramaturge, s’associe au photographe Pierrot Men, cela donne 47, portraits d’insurgés, un projet images / textes d’une force inédite, unique mémoire des survivants de l’insurrection de 1947. Sensible et pédagogique, politique et engagée, cette œuvre – présentée à plusieurs reprises sous forme d’exposition depuis 2009 – est pérennisée par l’ouvrage du même nom(1). Aperçu et extraits de longs entretiens très privilégiés.

extrait de 47, portraits d'insurges_Raprosy et l'enfantRaprosy ©Pierrot Men

47. 1947. 29 mars 1947 : le point de départ d’une insurrection anti-coloniale dont la répression, les tortures, massacres et exécutions sommaires ont meurtri des familles entières et causé plusieurs dizaines milliers de morts à Madagascar. Une période méconnue aux frontières de l’horreur et de la civilisation, restée dans l’ombre de l’histoire coloniale française. Pour Raharimanana,  « les gouvernements actuels (français et malgache) ne veulent pas parler de 1947, car ce serait une forme de compromission, reconnaître et endosser toutes les erreurs de leurs devanciers, et reconnaître que leurs pouvoirs se basent aussi sur cette occultation de la mémoire.  »
(NDLR : ces propos ont été recueillis en 2009. En 2016, lors du sommet de la Francophonie qui se tenait à Madagascar, le président François Hollande a reconnu pour la première fois les crimes commis par la France coloniale en 1947 : une reconnaissance, non des excuses).

extrait de 47, portraits d'insurges_Henriette Vita
Henriette Vita, survivante, est décédée trois mois après cette rencontre ©Pierrot Men

À la rencontre du silence
Ce projet est une histoire de rencontres. Celle de deux artistes qui placent l’homme au centre de leur démarche, dans un monde où les enjeux économiques et politiques sont rois. Et celles de deux hommes Lire la suite de « Madagascar : ’47, portraits d’insurgés’, de Pierrot Men & Raharimanana »

‘March for our lives’ : la jeunesse américaine mobilise

 »We have the power to change the worl around us.
We cannot change the past. But we can fight to build a better future
 ».

Mobilisation exceptionnelle et courage de la jeunesse américaine initiatrice et actrice de la March for our lives pour un meilleur contrôle des armes et contre la violence armée de masse. À ses côtés, des familles, des citoyens engagés de la société civile et militaire et de nombreuses personnalités.
Le point de départ de ce mouvement : la tuerie de masse de trop, dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland (Floride) le 14 février dernier. En moyenne, une fusillade a lieu chaque semaine en milieu scolaire aux États-Unis (en lissant), soit près de 300 depuis 2013.

Voir le direct-la rediffusion de la manifestation / Live scenes from the march against gun violence in Washington >

 


À VOIR / ÀSUIVRE :
• Le site du mouvement March for our lives
• Le site du projet « Veterans for gun reform« , du réalisateur et vétéran de l’armée américaine Kyle Hausmann-Stokes
#neveragain #enoughisinough

Monde : les enjeux de l’accès à l’eau

En marge du Forum mondial de l’eau, en cours jusqu’au 23 mars au Brésil, le point sur les enjeux de l’accès à une eau potable et assainie pour tous.

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, environnementaux, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

• XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, environ 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,1 milliards de personnes (30 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’accès domestiques à cette eau potable et environ 2,3 milliards de personnes (33 % de la population mondiale) n’ont pas d’installations sanitaires de base*. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

• Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra, …) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : Lire la suite de « Monde : les enjeux de l’accès à l’eau »

10 ans de Médiapart : le colloque en ligne

Pour ceux qui n’ont pas pu être là aux 10 ans de Médiapart, quelques images prises en passant lors du samedi après-midi « marathon » : Écologie VS inégalités, Liberté et indépendance de la presse, Photojournalisme et numérique, et en avant-première : les coulisses du projet Zéro impunity et la projection du documentaire Depuis Mediapart.

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À voir : la rediffusion intégrale du colloque du 16 mars (également disponible en séquences individuelles sur ce lien). Les thèmes abordés : Quelle vérité ? ; Les défis du journalisme d’enquête ; Le numérique comme arme. Comment trouver la vérité ? ; Informer en milieu hostile ; Digitalisation et démocratisation : qui est le gardien du savoir ? ; Le mensonge à l’ère numérique et Pourquoi la vérité ?.

• Le site de Mediapart

RSMA-R* : portrait de femme.5

extrait du reportage ©Virginie de Galzain

Moment de repos après les exercices de la matinée ; journée d’aguerrissement adaptée au centre d’entraînement commando de La Réunion. Extrait du photoreportage Le SMA, un enjeu d’avenirs

*Régiment du Service militaire adapté de la Réunion

Syrie : L’appel de Raphaël Pitti

À écouter en intégralité.
Syrie : Raphaël Pitti, médecin humanitaire et ancien médecin militaire, entre autres, rappelle à nouveau l’urgence d’agir : « La population est affamée, des enfants meurent, tous les crimes de guerre ont été perpétrés en Syrie. Le peuple syrien souffre depuis 7 ans. Chacun fait sa guerre sans se préoccuper de la population. Nous sommes devant une crise humanitaire d’une terrible horreur. Et je suis encore effondré devant l’absence et le silence du monde libre par rapport à ce qui se passe. »

> À lire aussi sur ce blog : Paroles d’enfants syriens

Cinéma : Eriq Ebouaney

L’acteur français Eriq Ebouaney est actuellement à l’affiche d’Une saison en France, du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun*.

eriq ebouaney_virginie de galzain
©Virginie de Galzain

Aux côtés de Sandrine Bonnaire, il y incarne le rôle d’Abbas. Au quotidien, un homme, professeur de français, tente de reconstruire sa vie et celle de ses deux enfants en France après avoir fui la République Centrafricaine. Le visage d’une réalité faite d’errance et d’incertitudes angoissantes suspendues à l’attente du statut de réfugié ; de rencontres porteuses d’espoir et d’amour aussi. Ce destin d’une famille déracinée fait écho à celui de millions d’autres en sursis, qui tentent de continuer à vivre comme tout le monde, avec la mémoire de ce qu’elle a violemment éprouvé.


* Mahamat-Saleh Haroun, notamment réalisateur de Un homme qui crie, Grigris et Hissein Habré, la tragédie tchadienne a accepté d’être ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat depuis février 2017

7 janvier, tous avec Charlie : pensées pour…

Tous avec Charlie, Paris, pl. de la République, 7 janvier 2015 ©Virginie de Galzain

3 livres coup de cœur

livres engages

Beaux et poignants, ces livres sont pour tous. Si certains doutent encore de certaines réalités, ces ouvrages relaient des témoignages d’une vérité incontestable :
celle des violences (sociales, physiques, psychiques) faites aux hommes y compris chez nous ; celle du courage de celles et ceux qui les vivent et les surmontent dans l’espoir, simplement, d’une vie meilleure.

Spéciale dédicace à Lire la suite de « 3 livres coup de cœur »

Stanley Greene : hommage

ON DOIT PRENDRE DES PHOTOS AVEC LE CŒUR, PAS AVEC LA TÊTE.

L’immense photographe Stanley Greene nous a quittés cette nuit. Un homme qui a tout donné et tout sacrifié pour témoigner et informer. Un homme sans concession, révolté par l’inhumanité. Un combattant engagé dans une démarche éthique fondée sur la vérité, la réalité, la mémoire, l’homme. Quelqu’un que l’on aimait autant voir qu’écouter.

Né en 1949, photographe dit “ de guerre ”après avoir été notamment photographe de mode, Stanley Greene était surtout un photographe de la vie. D’une certaine vie, qui un jour dérape pour sombrer, faire sombrer dans le chaos, la douleur, la violence, la domination, la soumission, la mort. Au-delà du pire scénario. Car là, c’est bien le monde réel qui s’affiche, un monde contemporain “ plus d’actualité que jamais ” selon la dérisoire formule consacrée : celui d’êtres humains déchainés de haine, de pouvoir, ou soumis à la barbarie la plus insupportable, la plus inimaginable. Ce monde rempli ici ou là d’atrocités, de celles qui deviennent paradoxalement, ironiquement historiques.

Cofondateur de NOOR images, récompensé par de nombreuses distinctions photographiques, Stanley Greene a couvert les conflits pendant près de 30 ans, guidé par cette insatiable quête – “ Essayer de comprendre pourquoi les humains se comportent de cette façon (…), aller où c’est en train de se passer pour comprendre.”  – et cet état extatique dans lequel on se retrouve quand on sait que c’est là qu’on doit être. C’est ça la photo. S’oublier, faire corps avec ce qui vous entoure, prendre des photos, vivre. Et garder vivant ce que d’autres aimeraient mieux cacher, oublier. Quitte à y perdre chaque fois un peu de soi-même. La vérité exige du courage. La vérité, quelle qu’elle soit, a toujours un prix.

Pour mieux comprendre, il faut regarder encore et encore ses photographies en noir et blanc (pour la plupart), celles qui traversent Black Passport par exemple. Un carnet de bord publié en 2009 avec, en fil rouge, les questionnements, les sentiments de Stanley Greene, et des repères personnels toujours intenses, perturbés ou perturbants, justes et honnêtes. Trente ans de vie en textes et en images traversée par ses débuts, la mode, San Francisco ; ces femmes lumineuses qui ont compté et surtout ces conflits qui marquent au fer rouge. Sud Soudan, Caroline, Zaïre, Tchétchénie, Asya, Moscou, Anna, Irak, Afghanistan… composent 26 scènes de vie, d’amour, de photographie. Parce que le photographe de guerre n’est pas un héros, mais avant tout un homme ; “ un papillon de nuit – je le cite – qui se jette dans les flammes.

Stanley Greene a tout donné et tout sacrifié pour informer, plaider, être auprès de ceux qui vivent des violences inouïes. Lors d’un entretien très intense paru dans Polka magazine en septembre 2016, il confiait à Dimitri Beck : « C’est comme si j’avais passé un pacte avec le diable pour essayer de mener à bien ma carrière. Mais il m’a dépouillé, a pris mon argent, ma vie personnelle, ma santé. Tout. (…) Mais je ne regrette rien. »

Référence absolue de la photographie, et une des miennes, il était d’une présence sensible, généreuse et magnétique. II nous laisse un héritage photographique et moral exceptionnel ; des images qui nous  » collent au mur » ; cette nécessité impérative pour nous, photographes, de « savoir pourquoi on prend les photos » et des étincelles de passion à partager pour résister encore.


> Stanley Greene/NOOR images
http://noorimages.com/photographer/greene/
> Black Passport. Schilt Publishing (édition originale) & Textuel (version française). 170 x 225 mm. 288 p. 45 €.

 VOIR, ÉCOUTER : EYES ON SYRIA’S SHATTERED LIVES

L’Expo ‘Le droit d’apprendre’ à la Maison de l’Europe

Bonne nouvelle : après Bordeaux en 2016, l’exposition « Le droit d’apprendre »* est à la Maison de l’Europe, à Paris, jusqu’au 1er avril 2017. Un projet photographique dont je signe les photos et les textes, destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible.

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Lutte contre le chômage, égalité des droits, responsabilité sociale et éducative… Quels sont les enjeux de la formation tout au long de la vie ? Comment consolider ses compétences, évoluer, sécuriser les parcours ? Comment apprenants et formateurs construisent-ils ensemble un parcours d’autonomie et de réussite ?

“ La notion de formation continue, telle un mouvement, est inhérente à Turbulences !, à l’image de l’intermittence du spectacle. C’est fondamental pour maintenir une dynamique, consolider et explorer. C’est ce qui permet le maintien et l’évolution des niveaux de qualification de la structure et des personnes. ” – Philippe Duban (Turbulences!)

Extraites de plusieurs reportages, les photographies – légendées de nombreux témoignages de formateurs et d’apprenants – mettent en lumière l’engagement d’organismes de formation pour adultes et d’entreprises d’insertion auprès de personnes parfois fragilisées. Elles valorisent les apprenants dans leur démarche d’apprentissage. Elles évoquent la diversité des pratiques des formateurs. Elles humanisent un droit qui participe à l’amélioration des compétences et au bien-être de chacun ainsi qu’à la stabilité et à la qualité de vie de l’entreprise.

Du 3 au 30 mars 2017
Exposition « Le Droit d’apprendre » : Maison de l’Europe. 35-37, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris. Tous les jours, week-ends inclus, de 14h à 18h : entrée libre. D’autres expositions sont à suivre en 2017 en France.

*Avec le soutien de l’agence Erasmus+France Éducation Formation/EPALE, qui m’a confié ce beau projet collectif dans le cadre de ses actions liées à la l’éducation et à la formation des adultes. En collaboration avec Turbulences!, Langues Plurielles et la Table de Cana, sujets au sens plein du terme de ce travail que je remercie tout autant. Tirages Picto Paris.


Coulisses : la lutte contre l’illettrisme et exclusions associées et l’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi pour tous est un nombreux enjeux sur lequel je travaille depuis plusieurs années. L’exposition « Le droit d’apprendre » résulte de nombreuses semaines de travail collectif, tant pour sa préparation que pour – la réalisation des prises de vues pour valoriser au mieux chaque structure, les liens humains entretenus, les ateliers et actions mis en œuvre, – les recueils de témoignages pour incarner et donner la parole aux personnes impliquées – le choix et la préparation des images – la synthèse des textes – la réalisation des maquettes photos/textes et le suivi de fabrication enfin.

10 ans et un site photo

10 ans ! C’est l’âge de ce blog. Merci à tous de vos passages, commentaires ou soutiens. Pour l’occasion, et pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, voici le lien vers mon site photo à jour : vdegalzainphoto.wordpress.com. Vous y trouverez des reportages, portraits, parutions et actus. Ce blog reste actif bien sûr. Bonne visite !

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« Handicaps, faire face » : l’expo

Nouveau : j’ai le plaisir de vous annoncer que le projet Handicaps : faire face, réalisé avec le CASVP, a été inauguré. Il commence sa diffusion sous la forme d’une exposition en mars (me contacter pour le lieu). En images et en témoignages, des agents du CASVP s’exposent et livrent leur regard sur le handicap, notamment au travail. Des visages reflet d’une vraie noblesse du cœur. Des mots sensibles et lucides qui nous permettent d’en apprendre plus sur une nécessité d’adaptation permanente, des souffrances contenues et une envie de partager pour avancer ensemble, à égalité. Pour en savoir plus > cliquez ici.

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© Virginie de Galzain

Justice : le barreau de Paris en campagne !

Abordons les sujets urgents qui nous concernent en lieu et place de l’anecdote médiatique qui dévie de l’essentiel ! Le barreau de Paris lance une campagne d’alerte et d’information frontale. Objectifs : dénoncer une justice à bout de souffle et inciter 5 candidats à la présidentielle de 2017 à s’engager de façon concrète en faveur d’une justice plus efficace, plus adaptée aux besoins et aux situations des citoyens et plus juste.

Comment ? Via le pacte Justice 2017, 6 propositions détaillées portant notamment sur une augmentation des moyens humains, la réforme du financement de l’aide juridictionnelle, le renforcement de la justice de proximité et bien évidemment un accès au(x) droit(s) renforcé et réellement possible pour tous.

Candidats et citoyens : TOUS sont invités à lire, signer et transmettre le pacte Justice 2017 : http://pacte-justice.org
Lire la suite de « Justice : le barreau de Paris en campagne ! »

Bonne année !

Rêver, vivre, agir.

Derrière ces trois invitations à…, de nombreuses autres parmi lesquelles aimer, partager, accueillir, accompagner, protéger, se préserver, réfléchir, mais pas trop, se dépasser, essayer, imaginer, innover, concevoir, y croire… et résister, tenir bon quoi qu’il arrive.

Je vous souhaite, autant que possible, une bonne année 2017, pleine de santé, de sérénité et de moments heureux. Je nous souhaite aussi, de façon collective, beaucoup de clairvoyance et d’humanité dans les choix présents et à venir, dont ceux qui nous engagent les uns vis à vis des autres. Ce, pour plus de paix et de justice, d’égalité et de solidarité, de solutions de vie meilleure pour le plus grand nombre. À suivre

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Exposition ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ à Périgueux

Le 1er décembre 2016, le Détachement du Service militaire adapté (DSMA) fêtait ses 20 ans au musée d’art Vesunna de Périgueux sous le haut patronage d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-Mer.

Pour accompagner cet événement, je suis très heureuse de vous annoncer que l’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs* est présentée à Périgueux pendant 5 semaines !
• Du 29 novembre au 4 décembre 2016 : Musée d’art Vesunna, parc de Vésone, 20 rue du 26e régiment d’Infanterie, Périgueux. • Du 7 décembre 2016 au 3 janvier 2017 : Hôtel de Ville 23 rue du Président Wilson, Périgueux. Entrée libre. (*tirages à l’agrandisseur : Andres Romero)
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‘Paroles d’enfants syriens’ de Bernie Bonvoisin

À voir sur LCP, « Paroles d’enfants syriens «  n’est pas un film documentaire comme les autres. Ce sont…

… Des enfants qui (nous) font face
51 minutes « brutes » à suivre des enfants syriens en exil dans leur quotidien. 51 minutes d’expression de leur vérité : celle de ceux qui savent, qui vivent ce qu’est la guerre, l’exil, la mort violente, la destruction de sa/la vie, les parents qui ne sont pas là, la terreur et la misère. Puis la lente reconstruction ‘à l’étranger’ avec des personnes bienveillantes qui luttent avec eux jour après jour pour leur intégrité et leur dignité ; pour leur éducation, face au risque de haine de l’Autre et d’autodestruction ; pour qu’ils retrouvent un semblant d’enfance et de petits moments d’insouciance. Des enfants qui ont connu le pire, sont passés du jour au lendemain dans un horrible monde d’adultes et font face avec courage dans une hyper conscience du monde :

« Est-ce que je vais vivre toute ma vie dans une tente de réfugié ? Ou bien je vais mourir loin de mon pays ? Ils ont tué nos souvenirs. Ils ont même tué des humains. Ils ont détruit ma maison. Ils ont détruit mon pays. Où est la solution ?  »
(− Chaïma, 12 ans)

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D’autres ont leur projet

« Je vois la verdure en face, les fermes et la bananeraie. J’aimerais aller là-bas. J’irai là-bas. Je construirai ma maison et j’aurai ma propre société. » (− Qussai, 11 ans),

sont comme Imane, malheureux, ou rêvent de retourner en Syrie comme Marwan qui travaille jusqu’à 4 mois d’affilé à ramasser des pommes de terre pour 4 dollars par jour pour Lire la suite de « ‘Paroles d’enfants syriens’ de Bernie Bonvoisin »

Pour mémoire

Il s’appelait Étienne. C’était un homme cultivé et engagé pour les autres. Il était aussi demandeur d’asile. Je l’avais rencontré lors d’un reportage réalisé sur et avec France terre d’Asile en avril 2015. J’ai appris son décès hier.
Il tenait à raconter son histoire, pour mémoire, pour que l’on sache. Il voulait qu’on le nomme, et il avait été difficile de lui expliquer que « pour le moment » sa sécurité primait. Car même loin de chez eux, de nombreux demandeurs d’asile demeurent en danger. Comme beaucoup d’autres, il avait connu la dure nécessité de quitter son pays et les siens ; puis la rue. Comme beaucoup d’autres, il était en attente d’un statut de réfugié dont la réponse tardait. Trop. Toujours trop. Pendant ce temps, généreux et digne, il s’engageait pour les autres. Les mots qui suivent (cliquer sur l’image pour lire) sont extraits de l’entretien que nous avions eu ensemble.

temoignage Etienne, avril 2015

*le premier magazine national d’information et de prévention santé pour les personnes migrantes primo arrivantes originaires d’Afrique subsaharienne

Liberté, humanité, solidarité

Rester unis. Paris place de la République, novembre 2015 © Virginie de Galzain

Dernier retour en arrière… Paris, place de la République, novembre 2015. Je viens de terminer des prises de vues de Dominique A. rue Saint Maur avec Aurélie S., qui réalisait l’interview. Toujours chaleureux, Eric M. « fait comme si » mais il est très marqué ; certains de ses proches ont perdu un des leurs au Bataclan. Je rejoins la place de la République par la rue de la Fontaine au Roi où j’ai vécu, où je passe régulièrement, où j’étais la veille des attentats du 13 novembre.

L’ambiance est surréaliste. Des équipes de télévision de Rédactions de différents pays ceinturent la place. Des projecteurs rompent une intimité dont on aurait besoin. J’ai subitement l’impression d’arriver dans une arène ; ce décalage m’est difficilement supportable. Nul doute que l’impossibilité de NOUS rassembler massivement en raison de l’état d’urgence a concentré les chocs et traumatismes ressentis. Chacun encaisse comme il peut pour garder un semblant d’équilibre. Je m’avance près de la statue pour me joindre à ceux, nombreux, venus se recueillir, témoigner de leur soutien ou dire un dernier « au revoir ». Le temps est suspendu. On entend à peine les bruits urbains. Avant de repartir, je sors mon appareil pour prendre quelques photos. Juste quelques images, pour mémoire, pour eux, pour moi. Les seules que j’ai réussi à faire.

Je n’aurais pas pu répondre à la moindre commande sur ces événements. La vie continue

USA : where is your mind ?

Donald Trump est officiellement président des États-Unis. Tout candidat peut remporter une élection. Ouvrons enfin les yeux et agissons en conséquence pour la France sans attendre le 2e tour. Pour les États-Unis, c’est trop tard cette fois. Bad day for US.

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New York, Guggenheim © Virginie de Galzain

Éclat d’obus : témoignage d’une blessure de guerre

« J’ai bien failli y passer. J’étais en opération extérieure (Opex) en Afrique subsaharienne. Ça tirait de partout. Des cris. Des balles qui sifflent. Et puis plus rien. J’ai pris un éclat d’obus derrière la tête. Heureusement, j’avais mon casque ; sinon je ne serais plus là pour te parler.

Quand je me suis réveillé, je Lire la suite de « Éclat d’obus : témoignage d’une blessure de guerre »

Denis Mukwege, prix de la paix de Séoul 2016

Depuis plus de 15 ans, le Dr Denis Mukwege opère et répare physiquement et psychologiquement des femmes, jeunes filles et bébés victimes de violences et tortures sexuelles, au péril de sa vie, dans son hôpital de Panzi (Sud-Kivu/République démocratique du Congo). Le 6 octobre prochain, il recevra un nouveau prix en reconnaissance de ses actions et de ses engagements pour le respect des droits humains : le prix de la Paix de Séoul 2016. Mais pendant ce temps, certains de ses proches sont arrêtés à Kinshasa. Pendant ce temps, des violences qui dépassent l’entendement se poursuivent en RDC, notamment dans le Kivu, depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps, la création d’un Tribunal pénal international (TPI ) au Congo contre le viol comme arme de guerre ne voit pas le jour.

Quid des actes concrets de la part de ceux qui pourraient aider son pays à se stabiliser sur le long terme, à faire reconnaître le viol de guerre comme crime de guerre et respecter les droits et l’intégrité des femmes, au-delà des mots et des beaux discours ?

Le 9 mars dernier, lors du colloque ‘Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République Démocratique du Congo » qui se tenait à la mairie de Paris, Denis Mukwege rappelait ceci :

« Le viol est une arme destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté.


Il est pratiqué de façon méthodique, pour donner des souffrances, humilier, traumatiser. Parfois, il l’est en public, en associant les proches, le mari, le frère, les fils ! Les femmes concernées, depuis leur plus jeune âge parfois, ne peuvent plus avoir de vie privée ou ne peuvent plus avoir d’enfants. D’un point de vue sanitaire, elles ont souvent été contaminées lors de ces actes par des infections sexuelles qu’elles peuvent à leur tour, sans le savoir, transmettre à un homme, à un bébé.

Il faut être très conscient que ces conséquences sont issues de la volonté de détruire un peuple et se portent sur plusieurs générations.

Ces femmes deviennent des parias et fuient leur terre. Leurs enfants sont rejetés. Il y a une destruction du tissu social, des repères, de tout ce qui est sacré dans la communauté. Et c’est celui qui désorganise la société qui domine alors cette société. Aujourd’hui, nous sommes des survivants, elles sont des survivantes. »


Pour en savoir plus sur le Dr Mukwege, il est important de voir/lire ces documents, les seuls qui permettent de réaliser de façon très concrète qui il est et les conditions dans lesquelles il vit et se bat au quotidien aux côtés de celles et ceux qu’il défend, soigne et protège :
– le documentaire L’homme qui répare les femmes,
de Thierry Michel et Colette Braeckman ;
– le livre Panzi : de Guy Bernard-Cadière et Denis Mukwege (éd. du Moment).

Prison insider : le site de référence sur les prisons

10,2 millions de personnes incarcérées dans le monde. Des conditions de détention globalement indignes à inhumaines selon les pays. Une situation qui tend à se dégrader par endroit avec des mesures qui permettent d’enfermer et d’exclure plus encore au lieu de trouver/appliquer des solutions complémentaires ou en amont. Et des microcosmes sur lesquels on ne sait à peu près rien faute de pouvoir y entrer. Des vies dont on ne peut appréhender, ressentir la réalité faute de les connaître/de chercher à les connaître.

C’est pourquoi Bernard Bolze (notamment fondateur de l’Observatoire international des prisons) et son équipe  ont décidé de « mettre un pied dans les portes » et d’ouvrir, peu à peu, cet autre monde, invisible et clos. Comment ? En créant Prison insider, le premier site d’information grand public sur les prisons dans le monde, lancé le 20 septembre 2016 à la maison des Métallos, à Paris.

ÉCHANGER, PARTAGER, FAIRE SAVOIR
Actuellement disponible en 3 langues, l’objectif est ambitieux : collecter, compléter, analyser et retranscrire avec beaucoup de persévérance et de rigueur des données très peu accessibles voire falsifiées ou inexistantes. Un travail engagé titanesque, pour mieux informer et sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de détention des personnes enfermées où qu’elles le soient, sur le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité, sur les bonnes pratiques enfin, quand elles existent.

Fort de 9 permanents et de bénévoles stables aux compétences complémentaires (droit français et international, rédaction, traduction, développement, iconographie, partenariat…), Prison insider dispose déjà de 30 correspondants experts dans les 5 continents, et de nombreux acteurs relais de l’information dans leur pays d’exercice. Indispensable, ce maillage est développé de façon régulière mais très vigilante pour assurer l’information locale la plus juste possible. Une condition sine qua none pour garantir la crédibilité du site sur un sujet particulièrement difficile tant les écueils et enjeux sont nombreux et pour continuer de fédérer à ses côtés ceux qui agissent.

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INFORMER DE L’INTÉRIEUR, RENDRE VISIBLE
« Fiches pays », « Que faire en cas d’arrestation », « Ressources » (enquêtes, reportages, analyses, travaux universitaires…) sont autant de points d’entrée qui permettent à chacun de puiser ce qui l’intéresse ou le concerne, de réfléchir, prévenir voire agir.

Fondamental et rare, le site valorise et donne la parole aux personnes détenues ou anciennement détenues, à leurs proches, à leur famille ; des témoignages intimes sur ce qu’est la prison, la notion d’enfermement, la réalité du quotidien, la violence des relations humaines et de l’environnement, les effets collatéraux. En complément, des portfolios extraits de reportages existants de photographes professionnels (à ce titre, je remercie chaleureusement Judith de m’avoir sollicitée pour un portfolio extrait de Prisons de Madagascar), de créations théâtrales, éditoriales et graphiques participent à compléter sur le long terme ce puzzle mondial. À montrer, concrétiser, rendre visible ceux qui ne le sont pas.

SOUTENIR PRISON INSIDER
Pour être viable, de façon indépendante et se développer, Prison insider a besoin de nous/vous. Sur le plan matériel d’abord, car sans moyens, plus de contenus (et le bénévolat a ses limites !). Vous pouvez donc choisir d’être donateur ponctuel ou donateur régulier.

Sur le plan du contenu ensuite : les informations sur les prisons et conditions de vie des prisonniers dans le monde demeurent tellement parcellaires ou cachées que toute participation sérieuse et pertinente pour enrichir le site est non seulement bienvenue mais nécessaire (témoignages, relais professionnels locaux…). Pour savoir comment procéder : contact@prison-insider.com

À CONSULTER, DIFFUSER, TRANSMETTRE SANS MODÉRATION
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L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite de « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Remise à niveau et lutte contre l’illettrisme

TÉMOIGNAGE (*). Apprendre et améliorer ses compétences à tout âge, c’est un droit pour tous et c’est possible. Denis suit une formation collective de remise à niveau Français compétence professionnelle avec Langues Plurielles sur son lieu de travail :

« C’est la première fois que je fais quelque chose pour moi. J’ai arrêté l’école en CM2 pour me mettre à travailler. À la maison, on avait besoin d’argent. J’ai commencé dans le bâtiment comme manœuvre. Depuis, j’exerce tous ces métiers dont on peut avoir besoin couramment dans une maison de retraite, où je suis salarié : entretien, peinture, électricité, réparations, plomberie… Je vais avoir 50 ans l’année prochaine et je veux évoluer (…).

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© Virginie de Galzain/Erasmus+/EPALE

Ce n’est pas facile de demander de l’aide. Pour vous dire les choses franchement, j’avais vraiment honte de me sentir différent à ce point. On a peur de s’exposer devant les autres. Le premier jour de formation, je n’étais pas à l’aise mais j’essayais de ne pas le montrer. C’est important d’être à plusieurs car on se retrouve ensemble, à égalité. Aujourd’hui, c’est ma quatrième séance : je suis ravi. Je sens que je commence à m’ouvrir. Mes enfants sont heureux pour moi, je crois qu’ils sont fiers de ce que j’entreprends ».


(*) Extrait du reportage réalisé pour Erasmus+ / EPALE : « La formation des adultes : un bien commun » (Langues Plurielles, octobre-novembre 2015) et de l’exposition « Le droit d’apprendre ». A voir également, le reportage/exposition Illettrisme : droit de savoirs

Un seul combat : la paix !

 » La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » – Albert Camus (Combat)

L’horreur, tous les jours quelque part dans le monde. À quand des manifestations mondiales pour plus de paix et d’égalité ?! Tout ce qui se passe ailleurs a eu, a et aura des répercussions sur tous : on ne peut plus rester autocentrés !

La guerre, les violences sont toujours le résultat de difficultés non résolues voire causées. Autrement dit, elles sont l’incarnation d’échecs humains, sociaux, politiques, stratégiques, diplomatiques.  Tous les moyens doivent être concentrés sur plus de justice sociale et de respect des droits ; sur la redéfinition des priorités, choix et alliances politiques (plan national et international) qui privilégient aujourd’hui trop souvent le pouvoir, la puissance, la supériorité et la force dans tous les sens des termes en lieu et place du service en faveur du bien commun. Cela vaut pour tous les États à différents niveaux, et plus encore pour les États dits démocratiques dont la responsabilité est d’autant plus importante.

(publié le 29 juin, mis à jour le 15 juillet)