A toutes fins utiles

À toutes fins utiles, je rappelle que tout ce qui est sur ce blog depuis 2007 relève de motivations et de choix personnels, sans aucune influence ni demande extérieure et moins encore avec une quelconque contrepartie.

J’invite par ailleurs les personnes qui copient des extraits de contenus publiés sur ce blog à en citer la source, plutôt de les signer en leur nom propre.

Tous avec Charlie.5

 » L’utopie partagée est le ressort de l’Histoire  » − Helder Camara

Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie hebdo 2

Paris 7 janvier 2015. La Rédaction de Charlie Hebdo est victime d’une fusillade meurtrière au cours de laquelle plusieurs de ses dessinateurs sont abattus : Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que deux de ses chroniqueurs : Elsa Cayat (psychanalyste) et Bernard Maris (économiste). Cinq autres personnes, dont deux policiers, perdent la vie.

En fin de journée, de nombreux rassemblements spontanés de soutien ont lieu en France, dont place de la République, à Paris. Un rassemblement simplement motivé par l’envie et le besoin « d’être là », unis face au choc, à la violence de la disparition d’hommes et de femmes qui faisaient ce en quoi ils croyaient.

paris, place de la republique, tous avec charlie hebdo, 7 janvier 2015Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

François Cheval quitte le jury du prix Carmignac

 »  La photographie ne se soumet pas à des règles préétablies. La pertinence de l’objet photographique ne s’acquiert que par sa capacité à s’éloigner de l’attendu et des présupposés de départ. « 

Extrait de la lettre de François Cheval, conservateur du musée Nicéphore Niépce et démissionnaire du jury du prix Carmignac. Publiée ce jour et à lire sans attendre sur L’oeil de la photographie.

En cause, la violation d’indépendance et de démarche photographique soulevée par la photographe iranienne Newsha Tavakolian. La lauréate du prix 2014 avait initialement refusé la dotation de 50 000 euros pour avoir vu son reportage remis en cause et travesti (intervention sur l’éditing et les textes notamment) par le mécène. Elle a finalement obtenu gain de cause, et des aménagements au règlement du Prix ont été faits pour les prochaines éditions. L’éthique, la liberté d’expression et l’indépendance ne s’achètent pas !

Paolo Pellegrin : 100 photos pour…

Le nouvel album 100 photos pour la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) est en kiosque. Avec le photographe italien Paolo Pellegrin à l’honneur, impossible, en toute partialité (!), de passer à côté. L’occasion de découvrir 100 images pleines pages, extraites d’un projet indépendant réalisé avec 4 autres photographes de l’agence Magnum : Postcards from America. Une vision composite introspective et décalée des États-Unis d’aujourd’hui.

De la frontière mexicaine à l’état de New York
Au fil des pages, on traverse El Paso, San Antonio, Miami entre autres et surtout Rochester et son périmètre de quartiers défavorisés : The crescent. Insécurité, pauvreté, enfants sans enfance, zones de non droit, chômage, criminalité élevée, détention d’armes incontrôlée, trafics de drogue… sont le fil rouge d’une autre Amérique. Une Amérique en rupture avec ses habitants, y compris dans les endroits les moins « attendus », et dont beaucoup tentent de survivre dans l’urgence, sans repères ou presque.

Frontales, sombres, tranchées, puissantes, les photos présentées sont autant de révélateurs ultra réalistes de vies brutales que l’on croit « connaître », mais dont on ne sait franchement rien tant qu’on ne les a pas approchées ou éprouvées. Des regards aussi, tour à tour pénétrants ou verrouillés, des visages confondus dans leur environnement, remplis de ces existences injustes vécues trop vite, trop mal, trop durement. L’envers de ce que l’on appelle le « rêve américain » ? Plutôt l’endroit de nombreuses sociétés Lire la suite « Paolo Pellegrin : 100 photos pour… »

Photo : défiance, indépendance, confiance

Ce post est à l’attention de ceux que j’ai croisés/abordés ces derniers temps dans le cadre d’un nouveau photoreportage indépendant que j’espère mener avec eux SI… Seule je ne peux rien. Ils ont ma carte, ils se reconnaîtront s’ils passent sur ce blog.

▪ Un photoreportage indépendant est un projet pensé et initié de façon personnelle, sans commande, sans influences autres que ses propres repères, analyses, connaissances, ignorances, questionnements. La première motivation est l’intérêt pour le sujet et toutes les richesses mais aussi toutes les difficultés qu’il comporte. La seconde est le soucis d’informer – cela n’engage que moi -, d’aller au-delà d’une étiquette derrière laquelle on peut à la fois tout et rien mettre puisque l’on ne sait pas, concrètement, de quoi l’on parle. Par « concrètement », j’entends « vivre les choses » de la façon dont les autres les vivent ou du moins les approcher. On ne peut se mettre à la place de chacun ; on peut en revanche saisir ce que l’on vous donne pour mieux le relayer : en photographies illustratrices ou évocatrices et en recueil de témoignages.

▪ Pourquoi est-ce important ? Parce que la société a globalement les moyens matériels de s’exprimer, mais l’individu ne peut le faire ouvertement. Peur du regard des autres, manque de soutien ou de liens, conditionnement/contexte éducatif ou social, pression financière ou professionnelle : l’hypocrisie est totale et influe sur les libertés et la sensibilisation aux dysfonctionnements. Résultat ? La matérialisation, la conceptualisation des situations participent à les rendre abstraites car elles se substituent aux hommes. On ne touche personne avec de l’abstraction : on risque en revanche d’anesthésier, de travestir voire de manipuler et de l’être (manipulé).

▪ Aller au cœur des réalités pour mieux les comprendre, les retranscrire, les relayer est ce qui me fait avancer, ce qui me passionne aussi. En un mot : humaniser. Ce qui implique du temps, des mois mais aussi un engagement mutuel, un respect et une confiance réciproque. Les doutes font partie du parcours car on se demande tous à un moment donné « ce qu’on fait là » et « pourquoi on le fait », si « cela a du sens » ! Pour arriver à cette conclusion que « oui cela a une raison d’être, sinon nous ferions autre chose » !

▪ La diffusion prendra le temps qu’elle prendra, par des modes qui privilégient le long terme (exposition, diaporama…) et surtout la place nécessaire pour que chacun s’y retrouve : autant de formats qui permettent à ceux qui les découvrent de se poser au lieu de subir une image, des mots. D’être face aux autres, avec leurs préoccupations, leurs parcours de vie, leurs projections. D’être face à soi aussi puisqu’il y aura toujours un détail, une situation, une image qui fera écho à quelque chose de vécu, de vu et qui induira une proximité inattendue. Cette diffusion est mesurée, choisie, particulièrement au regard du temps passé et des implications humaines inhérentes ou consécutives.

En attendant, la priorité est avant tout de « faire », de pouvoir commencer :
cela dépend de vous, j’attends de vos nouvelles.

MEDIAS : Rue89 lance son mensuel

Rue89.com, le site indépendant d’information et de débat sur l’actualité fête déjà ses trois ans d’existence. En complément d’une plateforme au contenu renouvelé au quotidien, le premier numéro du mensuel papier vient de paraître. Mais pourquoi ? Explications ce matin avec Pierre Haski, co-fondateur et Lire la suite « MEDIAS : Rue89 lance son mensuel »