Soutenir SOS Méditerranée : une mobilisation vitale

« Au-delà des milliers de vie en jeu en Méditerranée, au-delà des attaques contre l’Aquarius / SOS Méditerranée, c’est l’obligation d’assistance à personnes en détresse qui est bafouée« . – Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée

L’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée/l’Aquarius lance un appel urgent aux gouvernements européens afin qu’elle puisse poursuivre ses missions en Méditerranée centrale. Une opération de mobilisation citoyenne (pétition, rassemblement) est aussi mise en place. Créée en mai 2015 pour sauver les personnes migrantes en détresse, elle intervient dans une zone considérée comme la plus meurtrière (déjà 1549 morts depuis début 2018, pour le chiffre connu, près de 17 000 depuis 2014).

• Une action humanitaire entravée
Pourtant, sous la pression du nouveau gouvernement italien, lequel refuse de laisser débarquer toute personne migrante secourue en mer depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018, le Panama a annoncé qu’il allait retirer à l’ONG le pavillon accordé quelques semaines plus tôt. Rappelons que SOS Méditerranée agit systématiquement dans le respect le plus strict du droit maritime international et intervient chaque fois en collaboration avec le MRCC (centre de coordination des secours en mer). C’est ce dernier qui doit désigner un port sûr et le plus proche possible pour le débarquement des personnes rescapées.

• Un port « sûr » : de quoi parle-t-on ?
La définition de lieu et donc de port sûr est parfaitement claire :
– La vie et la sécurité des personnes secourues n’y est plus menacée ;
– il est possible de subvenir à leurs besoins fondamentaux (abris, vivres, soins médicaux).
De plus, je cite, il y a  » La nécessité d’éviter le débarquement dans des territoires où la vie et la liberté des personnes qui affirment avoir des craintes bien fondées de persécution seraient menacées est à prendre en compte dans le cas de demandeurs d’asile et de réfugiés récupérés en mer » (6.17 de la Résolution MSC.167).

• La Libye : un « lieu sûr » pour personne
En ce sens, les ports de la Libye sont exclus. D’une part, car Lire la suite de « Soutenir SOS Méditerranée : une mobilisation vitale »

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Deng Thiak Adut : itinéraire d’un enfant soldat

– Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

Unlimited, la campagne intelligente de la Western Sydney University valorise des parcours d’étudiants que l’on qualifie d’exception. Découvrez celui de Deng Thiak Adut, ancien enfant soldat au Soudan, aujourd’hui avocat reconnu dans l’un des cabinets (AC Law group) les plus respectés en Australie mais aussi hors frontières, notamment pour son engagement pour le respect des droits des migrants et contre la criminalité, la corruption, les trafics (humains, drogue…). Un cabinet dont il est cofondateur et associé. (le texte continue sous la 1ère vidéo…)

Ce parcours de réussite – au sens non élitiste du terme – pourrait être, peut être celui de tout enfant arrivé dans des conditions d’urgence dans un autre pays, notamment le nôtre. Pourvu qu’on lui en donne/laisse la possibilité. Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*.  Et plus de la moitié des réfugiés sont des enfants**.

Dans ces contextes de déséquilibres géopolitiques et humains croissants, permettre l’accès au sol, à un toit, à des soins, à l’éducation pour les enfants déracinés, ainsi qu’à la formation et à l’emploi pour leurs parents quand ils sont encore en vie est fondamental. Pourquoi ? Pour le présent et l’avenir de chacun. Pour la sécurité individuelle et collective VS rejet, injustices et précarité toujours sources d’instabilités locales et internationales. De cette sécurité et de cette équité qui permettent aux hommes de vivre « en paix » dans tous les sens du terme, dans un univers protégé, stable pour mieux grandir, s’épanouir, vivre en un mot. Autant de conditions d’égalité, non pas des « chances » mais des droits, qui concernent les enfants venus d’ailleurs comme ceux nés sur chaque territoire.

Je vous invite à écouter attentivement l’intervention de Deng Adut lors de l’Australia day address (ci-dessous), qui évoque son enfance, ce qu’il avait perdu, ce qu’il a pu retrouver. Ce que d’autres pourraient retrouver si… Ce que d’autres pourraient éviter de perdre si…

* sources *UNICEF et **UNHCR

Les temps modernes.9 / Mobilité

Mobilité, frontières, liberté, voyage, réfugiés, migration, vacances, emploi, économie, famille, politique, tolérance, société, vivre ensemble, éducation, échanges, codéveloppement, ouverture, mondialisation !

©Virginie de Galzain

A lire dans les archives de ce blog :
– L’enquête de Fabrizio Gatti  Bilal, sur la route des clandestins
– Migrations et droits de l’homme De quoi parle-t-on ?
Sans oublier cet ouvrage de référence : Pour un autre regard sur les migrations, construire une gouvernance mondiale, éditions La Découverte .