10 ans et un site photo

10 ans ! C’est l’âge de ce blog. Merci à tous de vos passages, commentaires ou soutiens. Pour l’occasion, et pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, voici le lien vers mon site photo à jour : vdegalzainphoto.wordpress.com. Vous y trouverez des reportages, portraits, parutions et actus. Ce blog reste actif bien sûr. Bonne visite !

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L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite de « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Hommage à Camille Lepage : 2 ans déjà

Il y a deux ans, la photojournaliste Camille Lepage était assassinée en République centrafricaine où elle réalisait plusieurs reportages. Une terre d’oubliés qui était devenue son lieu de vie après plusieurs années au Sud Soudan. Une seconde patrie alors plongée dans des violences intercommunautaires extrêmes entre la Seleka et les anti-Balaka, où elle partageait le quotidien de celles et ceux dont elle révélait les réalités en images. À 26 ans, elle était talentueuse et engagée, informée et professionnelle. Passionnée par l’image, elle était guidée voire obsédée par la nécessité de témoigner au nom de ceux qui souffrent et que le monde délaisse, ignore ou condamne au silence et à l’oubli, du moins tant que cela ne fait pas vendre.

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Ses parents et son frère ont créé l’association portant son nom, notamment pour la faire vivre au travers de ses reportages et diffuser son travail au plus grand nombre. Un prix photographique destiné à soutenir chaque année le travail d’un photojournaliste a aussi vu le jour. Courageuse, Camille Lepage a été au bout de ses rêves et de ses convictions. Elle laisse des photographies sensibles, humaines et fortes que je vous invite à découvrir sur son site si ce n’est déjà fait, voire à vous procurer le livre République centrafricaine : on est ensemble. L’œuvre éternelle d’une belle personne et d’une excellente photographe.

À SUIVRE/À VOIR
– Le site de Camille Lepage : camille-lepage.photoshelter.com
– L’association Camille Lepage-On est ensemble www.camillelepage.org
– Le livre : République centrafricaine : on est ensemble, CDP éditions, 10 euros (un cadeau)

Formation et insertion : Le régiment du SMA de La Réunion fête ses 50 ans

Le régiment du SMA de La Réunion fêtait officiellement ses 50 ans le 8 avril. Il y a un an, j’y réalisais plusieurs semaines de reportage, en photographies et recueil de très nombreux témoignages. Un reportage en immersion qui s’inscrit dans un travail de long terme sur l’accès à une éducation et une formation égalitaire pour tous initié fin 2011.

Pendant ces semaines, j’ai pu suivre la vie au sein des 3 sites du régiment (Saint-Pierre, Saint-Denis et Bourg Murat), découvrir la diversité des parcours de vie individuels et des apprentissages communs à différents stades de la formation des jeunes. Le RSMA accueille en effet en flux tendu 100 nouveaux jeunes par mois pour 6 à 12 mois : ceux qui arrivent côtoient ceux qui partent comme ceux qui sont à mi-parcours. J’ai pu observer, photographier, m’entretenir avec des cadres et des jeunes volontaires. Que l’on ne s’y trompe pas, le RSMA ne forme pas de futurs militaires, mais il met tout en œuvre pour permettre aux filles et garçons qui le souhaitent d’apprendre un métier qu’ils pourront exercer dans le civil ; des jeunes qui se donnent les moyens de faire des choix de vie dans des contextes personnels ou conjoncturels parfois difficiles.

Reportage et montage ©Virginie de Galzain

Mon objectif était de comprendre, au-delà des mots et des chiffres qui décrivent ce dispositif, qui sont les volontaires et les cadres militaires qui le composent, où ils en sont au moment où je les rencontre et comment et pourquoi c’est une réussite humaine. Car entre l’arrivée des jeunes et les 75% dits d’insertion, il y a des mois de partage et de vie collective inédite en internat, de travail intensif et de détente, de doute et de découragement, de petites et de grandes victoires. Rien ne va de soi, rien n’est gagné d’avance. Appréhender de l’intérieur ce microcosme très exigeant « qui ne lâche rien » est le seul moyen d’informer, de donner à voir l’organisation et les moyens mis en place pour former en interne à des dizaines de métiers dans les meilleures conditions possibles ; l’encadrement humain existant et nécessaire jour et nuit ; les compétences et l’investissement à tous les niveaux en lien avec de nombreux acteurs de la vie civile. Et surtout : les liens qui se tissent au fur et à mesure que les jours et les semaines passent qui participent à renforcer confiance et détermination,  envie de réussir et conscience que c’est possible.

> Le site du reportage : ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’

Expo en cours de fabrication !

Les tirages de l’exposition extraite du reportage réalisé au régiment du Service militaire adapté de La Réunion sont prêts. Magie du baryté traditionnel, à l’agrandisseur… (par Andrès Romero !). Étape suivante : scan chez I-labo…

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Lire la suite de « Expo en cours de fabrication ! »

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour Lire la suite de « A voir : l’expo ‘Paris Magnum’ »

Le petit gardien de zébus

Victor, les yeux fermés le temps d’un rêve…
Extrait du reportage Opération sourire, pour Médecins du Monde, à Madagascar.

victor_madagascar_virginie de galzainReportage Madagascar 2012 © Virginie de Galzain/MdM

François Cheval quitte le jury du prix Carmignac

 »  La photographie ne se soumet pas à des règles préétablies. La pertinence de l’objet photographique ne s’acquiert que par sa capacité à s’éloigner de l’attendu et des présupposés de départ. « 

Extrait de la lettre de François Cheval, conservateur du musée Nicéphore Niépce et démissionnaire du jury du prix Carmignac. Publiée ce jour et à lire sans attendre sur L’oeil de la photographie.

En cause, la violation d’indépendance et de démarche photographique soulevée par la photographe iranienne Newsha Tavakolian. La lauréate du prix 2014 avait initialement refusé la dotation de 50 000 euros pour avoir vu son reportage remis en cause et travesti (intervention sur l’éditing et les textes notamment) par le mécène. Elle a finalement obtenu gain de cause, et des aménagements au règlement du Prix ont été faits pour les prochaines éditions. L’éthique, la liberté d’expression et l’indépendance ne s’achètent pas !

Témoignage :  » Se retrouver à la rue : il suffit de pas grand chose « 

Le témoignage que je vous invite à lire est celui de Jean, 51 ans. Nous sommes alors le 15 mai 2009 (voir extraits du reportage). Les enfants de Don Quichotte ont installé des tentes quai des Tuileries et appelé à une nouvelle mobilisation en faveur des personnes sans-abri, mal logées, des personnes en situation de précarité. En un mot : exclues. La nuit tombe, Jean raconte. C’est lui qui décide du début et de la fin.

Ces mots sont les siens, de façon intégrale, au fil de sa pensée, chaotique mais lucide et solide. Je les ai retrouvés ce matin en relisant des carnets de reportages noircis de témoignages. 5 ans déjà. Et le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter : plus de 140 000 en 2014 (100 000 en 2009). Celui des personnes mal logées ou en situation de fragilité locative : près de 10 millions, sur 66 millions de Français. Comment est-ce possible ?! Les différences et blessures invisibles guident, en partie, mon travail depuis 2007. La déshumanisation chronique des personnes en difficulté m’est insupportable. 

Avec les enfants de Don Quichotte
Extrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain.

 » J’ai été presque 3 ans à la rue. Il y a 7 mois, les Enfants du Canal* m’ont proposé une chambre contre un petit forfait par mois. Pour la première fois, on m’a dit : « Tu es chez toi« . Je me suis refait une santé et j’ai décidé de remonter la pente. Sans toit, c’était impossible. Il faut comprendre.

J’ai passé un examen de conducteur de poids lourd et suis devenu chauffeur du Bus-abri qui accueille les personnes qui n’ont pas de toit. En 6 mois, j’ai pu avoir tout cela, grâce à l’association.

Je suis d’Orléans. J’avais un emploi, un appartement. Et puis un jour, tout a commencé. Perdre son travail. Son logement. Se retrouver à la rue. Il suffit de pas grand chose. On finit par se dire qu’on s’en fout. On va dans les assos. On est envoyé de foyer en foyer. On ne mange pas. On ne dort pas. On voudrait juste savoir où on va. Et puis on peut tomber dans l’alcool : on a beau refaire le monde, on est rejeté de la société.

Je suis arrivé à Paris rue Saint-Denis. J’ai commencé à traîner. Quand tu n’as rien, tu dois malgré tout faire quelque chose. J’avais une tente que je démontais tous les matins : on s’y cache. On ne veut pas que les gens nous voient comme ça. On a notre fierté. Je me suis fait quelques copains. On passait la journée ensemble : Armée du Salut, Restos du cœur, Charonne… et puis on se séparait. Aujourd’hui, certains ont retrouvé un travail, d’autres…

Avec les enfants de Don QuichotteLa personne qui parle n’est pas représentée sur les photos © Virginie de Galzain.

J’ai une famille. Beaucoup en ont une. Mais tu te débrouilles tout seul dans ces cas-là. J’ai tenu grâce à mon chien. Il faut se battre. C’est dur la rue. On nous balade comme des bestiaux, on nous dit :  » Tu dors là « . S’il y a à manger on mange sinon on dort. Et à 6 heures, on doit  » dégager « . Tu parles d’une vie. Alors on se met à boire, pour oublier, parce que quand tu ne dors pas, il faut oublier.

Hommage aux morts dans la rue, 48 ans d’espérance de vie, en France…

Et puis un jour, tu « t’installes » dans la rue : tu laves tes fringues, tu prends un rythme, enfin celui que tu te donnes ; une bière ; plusieurs bières ; tu es bourré ; et ainsi de suite. Tu penses à la maladie. À la mort. On continue de te balader. Tu es fatigué. Tu laisses tomber. Ou tu te suicides. Ou tu attends que quelque chose t’emporte loin de tout ça.

L’Abri-bus des Enfants du Canal, les personnes à la rue connaissent. Elles savent qu’on est là. On discute avec elles. On mange un morceau. Il y a des gens qui sont dehors depuis 10 ans, 20 ans, avec leur vie dans un sac. On fait des maraudes, on donne un café ou un chocolat chaud et on discute. C’est très important, c’est ce que je préfère. Car quand tu as ramé, que tu t’en es sorti, tu fais envie de façon saine. Ca n’empêche pas certains de ne pas aimer voir les autres émerger. Mais ceux que tu rencontres voient que c’est possible et ils ont envie de prouver qu’ils peuvent y arriver aussi. « 

Avec les enfants de Don QuichotteExtrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain
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> Le site des Enfants du Canal : https://www.lesenfantsducanal.fr
> La page Facebook des Enfants de Don Quichotte : https://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Enfants-de-Don-Quichotte
> Le site de l’association Droit au logement/DAL : https://www.droitaulogement.org

Se faire soigner
: quelques pistes
> les PASS (permanence d’accès aux soins de santé, plus de 400 en France)
> les centres de soins de Médecins du Monde (CASO)
> la Croix Rouge et le SAMU social…

Se renseigner auprès des associations, centres d’action sociale… pour avoir une domiciliation (adresse ou recevoir du courrier gratuitement), un repas, un hébergement d’urgence , savoir où se laver, s’habiller (vestiaires solidaires), se faire accompagner pour retrouver un logement, connaître ses droits, s’il existe des transports accessibles gratuitement, reconstruire un projet personnel entre autres. Le contact humain est fondamental et vital dans tous les sens du terme.

Prisons de Madagascar, suite 2

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Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Sortie des « dortoirs » pour la distributions du 2e et dernier repas de la journée.
Dans les prisons de Madagascar, la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité des détenus. Faute de financements réguliers et suffisants, les directeurs d’établissement ne peuvent pas toujours payer les fournisseurs immédiatement, et se retrouvent parfois avec un niveau insuffisant de nourriture. Le nombre de repas peut alors tomber de 2 à 1 par jour.

L’expo Illettrisme : droit de savoirs au forum Défense/Illettrisme

Post un peu tardif faute de temps (!)… Pour sa 4e diffusion, l’exposition extraite du reportage Illettrisme : droit de savoirs est présentée le 20 juin au forum Défense/Illettrisme qui se tient aux Invalides, salle Turenne. Sous le haut patronage de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration (SGA), il est organisé par la direction du service national (DSN) – que je remercie – en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale/DEPP.

Télécharger le pdf de l’exposition

Prisons de Madagascar, inside.3

Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Des espaces surpeuplés datant pour la plupart de la colonisation, des odeurs de toilettes qui vous prennent à la gorge et vous imprègnent à peine la porte franchie, la menace récurrente de la peste en raison d’une forte présence de rats et de puces, un nombre important de décès faute d’alimentation suffisante, des droits humains non respectés… Telle est la situation insupportable des prisons de Madagascar et de nombreux pays du monde. Même si de nombreuses ONG et associations œuvrent pour l’amélioration des conditions sanitaires, juridiques et humaines, la tâche est titanesque.

Avec plus de 20 000 détenus dans l’île, le nombre de prisonniers a explosé depuis la chute de Ravalomanana (2009) dépassant de plus de 50% les « capacités » d’accueil. Notons, s’il est besoin de le rappeler, que l’aide internationale est quasi interrompue depuis cette période ! Le pays traverse une crise totale depuis 5 ans, et le parti pris a été de bloquer plus encore la situation d’habitants isolés dont le monde n’a que faire. Notons aussi qu’à ce jour, Madagascar fait partie des pays mis au banc du sommet États-Unis/Afrique qui se tiendra à Washington en août prochain. Conséquence, les budgets nécessaires pour l’alimentation, la santé, le droit, l’éducation, l’entretien et la rénovation des bâtiments, déjà largement sacrifiés au regard des besoins de la population, le sont plus encore pour les prisons.

Les « chambres » des détenus comprennent un ou plusieurs niveaux de lattes superposées souvent moisies et disjointes. Dans celles-ci, les toilettes sont au fond (un « luxe » façon toilettes « à la turque » loin d’être ainsi présent dans toutes les prisons, mais toilettes sans intimité et papier hygiénique absent). La photo montre le deuxième niveau d’une pièce étroite en comprenant 3. La hauteur ne permet pas de s’asseoir. Et la longueur ne permet pas de s’allonger. Dans ces dortoirs fermés de 17/18 heures jusqu’au lendemain matin, des dizaines à centaines de prisonniers sont entassés les uns contre les autres .

PHOTO : Pep Bonet. Continuer à témoigner.

 » A child is marked by his place of birth » (Pep Bonet*, photographe). L’endroit où nous naissons conditionne nos vies. C’est tellement évident que nous l’oublions souvent. C’est source de tant d’injustices qu’il convient de ne pas l’oublier (et nul besoin d’aller loin pour s’en rendre compte). Mais au Tchad, pour ne citer que ce pays, un enfant sur deux demeure non immunisé contre des infections évitables, et plus de 40% souffrent de malnutrition chronique. En clair : ces enfants ont faim, ne peuvent pas bénéficier de vaccinations ni de soins élémentaires, n’ont pas assez d’eau ni d’eau potable, n’ont parfois plus de parents pour s’occuper d’eux. Ce n’est pas seulement surréaliste : c’est totalement inhumain et scandaleux. Le taux de mortalité infantile avant 5 ans y est de 20%.

C’est là que le photographe Pep Bonet a réalisé The most beautiful hell I know/El infierno mas bonito que conozco, un documentaire qui vous plonge au cœur d’un service de pédiatrie infantile. En attendant sa diffusion complète, un trailer de plus de 3 minutes est d’ores et déjà visible : ces images renvoient aux pires crises humanitaires des années 70, notamment, mais elles sont nécessaires pour témoigner de la réalité de vie de très nombreuses familles sur cette planète. Elles engagent aussi celles et ceux qui s’investissent au quotidien, qui ne baissent pas les bras. Bien au-delà d’un constat, le sens de ces reportages tient dans une volonté tournée vers l’avenir : voir, savoir, croire et agir. C’est ce qui nous mène !

Nous sommes au XXIe siècle. Si le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans baisse régulièrement dans le monde depuis les années 1990** – seulement – (amélioration convergente de l’économie + accès aux soins + sensibilisation des familles + éducation + veille au respect des droits humains…), il demeure encore bien trop élevé, notamment dans certains pays d’Afrique et d’Asie du sud. Chaque année, plus de 7 millions d’enfants meurent avant cet âge : soit plus de 19 000 par jour ! En question : une alimentation insuffisante en quantité et en qualité, des maladies prévenues voire éradiquées dans certaines parties du globe qui continuent pourtant de tuer par manque de moyens matériels et sanitaires de base (maladies respiratoires, diarrhées, paludisme, vih-sida) ! Des facteurs régulièrement aggravés par une mortalité importante des mamans à la naissance, l’insécurité mondiale, les migrations forcées massives, les épidémies (choléra, rougeole…) entre autres.

En question aussi, ne nous leurrons pas, des volontés et implications bien insuffisantes de la part des décideurs quels qu’ils soient et où qu’ils soient. L’argent va à l’argent.

Nous sommes au XXIe siècle : l’histoire se construit et se déconstruit de façon vertigineuse, de plus en plus incontrôlable. Et Pep Bonet fait partie de ceux qui croient en la transmission du virus de l’espoir. Et c’est primordial.

*membre de l’agence Noor images (référence absolue avec Magnum)_** Sources UNICEF

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

Prisons de Madagascar : détail

Quartier Mineurs : détail. Extrait d’un reportage réalisé avec Médecins du Monde
dont vous pouvez voir d’autres images dans ce diaporama

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Prisons de Madagascar
©Virginie de Galzain/Médecins du Monde

Droits humains : prisons de Madagascar

Diaporama extrait d’un des 2 reportages que j’ai réalisés à Madagascar pour Médecins du Monde : la mission Prisons. Quelques photos à voir sur ce lien.


© Virginie de Galzain/Médecins du Monde 2012

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Exposition « Illettrisme : droit de savoirs ».2 !

Pour la 2e diffusion, c’est la la Ville d’Aubervilliers qui accueille l’exposition Illettrisme : droit de savoirs* du 17 novembre au 14 décembre 2012. Elle est extraite du photoreportage du même nom que j’ai réalisé en indépendant sur de très nombreux mois en 2011, le seul de long terme dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

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Elle sera successivement accrochée dans le hall  de l’Hôtel de Ville, puis au Centre communal d’action sociale (CCAS) à partir du 23 novembre après-midi pour finir au 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Très engagée dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme, Aubervilliers a mis en place un Plan local en partenariat avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme). Elle a rejoint le collectif initié par l’Agence pour la demande de label grande cause nationale 2013 : une cause urgente qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays.

Trois millions de personnes qui ont été scolarisées en France mais ont perdu ou mal acquis la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la lecture et du calcul. Auxquelles s’ajoutent près de 40 000 jeunes en situation d’illettrisme détectés chaque année par la Direction du service national (tests réalisés au cours des journées Défense et Citoyenneté). Autant d’hommes et de femmes répartis sur tout le territoire qui se trouvent aujourd’hui dans une situation cachée, taboue, fragilisante inacceptable. Une réalité qui constitue une inégalité des droits en matière d’éducation, de formation, d’emploi, et qui conditionne la vie au quotidien.

> Exposition du 17 novembre au 14 décembre 2012 :
– Mairie d’Aubervilliers, 2 rue de la commune de Paris : du 17 au 23.
– Puis à quelques mètres au CCAS : 6 rue Charron, 1er étage : à partir du 23 novembre. Et 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Entrée libre.
> Le site du photoreportage : droitdesavoirs
> Soutenir la demande de label Illettrisme, grande cause 2013 : www.illettrisme2013.fr
> Lire les 8 pages consacrées au reportage dans le magazine Déclic photo

* tirages baryté traditionnels Andrés Romero
La 1ere exposition a eu lieu à l’espace 11-13 chapelle, 2 impasse du Curé, 75018

Exposition ‘Illettrisme : droit de savoirs’ 1

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’exposition Illettrisme : droit de savoirs*, issue du photoreportage que je réalise en indépendant depuis 2011 (un complément est en prévision en 2013), voit le jour. Deuxième volet d’un travail photographique sur les différences invisibles, c’est le seul reportage en photographies et recueil de témoignages dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

Mêlant photographies et recueils de témoignages, elle met en lumière de façon indissociable la détection de l’illettrisme chez les jeunes (direction du service national), et la prise en charge indispensable des 16-25 ans pour les accompagner vers l’avenir (suivi de l’association Savoirs pour réussir Paris).

Présentée par l’espace linguistique 11-13 Chapelle avec le soutien de la mairie du 18e arrondissement, l’exposition a lieu jusqu’au 15 novembre 2012. J’espère vous y (re)voir à cette occasion. Elle sera ensuite disponible à la location.
* Tirages baryté traditionnels de l’excellent Andrés Romero / L ’œil complice

Jusqu’au 15 novembre 2012 (samedi 6, 13 et 20 octobre 2012 de 10h à 18h en présence de la photographe).
Espace 11-13 Chapelle. 2, impasse du Curé. 75018 Paris (M° Marx Dormoy, l.12)

VOIR LE SITE DU REPORTAGE : https://droitdesavoirs.wordpress.com.

flyer exposition illettrisme_vdegalzain

À qui s’adresse ce sujet ?
– À tous, sans distinction, parce qu’il s’agit d’un sujet qui touche tous les domaines de la vie sociale quotidienne.
– Aux acteurs de l’Emploi, afin de faire de la lutte pour l’égalité des droits et contre les exclusions une priorité nationale et sans frontières.
– Aux acteurs de l’Éducation, afin de favoriser une action transversale concrète des problématiques liées à l’illettrisme.
– Aux acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en reconnaissance de leurs actions et pour faire reconnaître l’importance et le succès de leurs actions. Pour les inscrire comme partenaires majeurs et référents dans un combat pour les droits fondamentaux que sont la liberté et l’égalité, l’éducation et l’emploi. Pour leur apporter une base de retours de la part des personnes concernées par l’illettrisme.
– Aux acteurs de l’Intérieur, car une scolarité réussie est un facteur essentiel d’intégration de tous, de lutte contre la délinquance, contre la ghettoïsation, contre la stigmatisation des jeunes.
– Aux personnes touchées par l’illettrisme ou en cours d’acquisition des savoirs fondamentaux, d’une formation professionnelle complémentaire pour les valoriser, afin qu’elles réalisent que l’on peut les aider, qu’elles peuvent s’en sortir et être fières.

Pourquoi une exposition ?
– La photographie a un rôle fondamental car elle permet de prendre le temps : celui de s’arrêter, de regarder, de réfléchir, de s’identifier. Elle est un face à face immédiat avec l’Autre, un relais, un dialogue, une communication au sens noble du terme. Elle confère aussi des dimensions de présent et d’avenirs possibles, donc de durabilité.
– Elle met en avant les différents enjeux du sujet, en photographies et en recueil de témoignages.
– Elle valorise tous ceux qui ont participé au projet et fédèrent de fait toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’illettrisme, tous ceux qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie desdites personnes et pour leur intégration au sein de la société.

Cette première exposition est réalisée à l’initiative du Cefil, de Langues plurielles et 11-13 Chapelle, avec le soutien de la Mairie du 18e arrondissement. Elle sera ensuite disponible à la location. Participer à la diffusion de ce projet, c’est informer autrement et concrètement sur une question de société humaine, éducative, professionnelle, citoyenne prioritaire.

Prisons de Madagascar

Premières images extraites d’un des deux reportages réalisés cet été à Madagascar avec Médecins du Monde. A suivre d’ici à…


Prisons de Madagascar ©Virginie de Galzain/MdM

Maraudes de nuit, santé, habitat, Roms & co

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Extraits ©Virginie de Galzain/MdM

En France, Médecins du Monde agit contre l’exclusion et pour l’accès aux soins pour tous. Elle vient notamment en aide aux personnes sans abri via un soutien médico-social. A Nice (cf diaporama), l’équipe dispense les premiers soins, offre des médicaments de première nécessité et des compléments alimentaires. Elle oriente aussi vers son Centre d’accès aux soins (CASO) et les structures médicales complémentaires.

Toute personne vivant dans la rue est de facto en situation d’insécurité physique et psychologique ; fragilisée par des privations permanentes, un environnement agressif, l’isolement. Et les enfants sont particulièrement exposés aux risques d’infections, été comme hiver. En outre, en raison des conditions héritées des politiques sécuritaires et/ou migratoires françaises, beaucoup de personnes sans domicile, avec ou sans papiers, se cachent de peur d’être interpellées voire reconduites à la frontière. Ce qui constitue une entrave de plus à l’accès aux soins. C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les associations qui doivent chercher les personnes en question lors des tournées avant de pouvoir leur venir en aide, quand elles les retrouvent.

La région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est une des plus touchées par la hausse de la précarité : 15,7% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté* ; 25% de ses salariés gagnent moins de 830 euros par mois**. En France, le nombre de personnes sans abri est de plus de 130 000 personnes, avec une hausse importante du nombre de jeunes, de femmes enceintes et de familles avec enfants mineurs !

A propos de…
On assiste une fois de plus à de nombreux démantèlements de camps habités par des Roms (on expulse l’été, on laisse se réinstaller l’hiver, on expulse quelques mois plus tard…) ; on invoque les risques sanitaires encourus par les personnes vivant « dans » et « à proximité » des bidonvilles dans lesquels vivent certains Roms. Il ne saurait en être autrement puisqu’un bidonville est, par définition, insalubre/non sain. Faisons « avec » ceux qui vivent sur notre territoire en proposant des emplacements de résidence, de travail sous conditions de part et d’autre, par pallier. Ce, en tenant compte de la répartition géographique souvent historique car toutes les communes ne sont pas concernées à égalité par le sujet. Plutôt que de laisser pourrir des situations en connaissance de cause, jusqu’à ce que cela ne devienne plus supportable pour qui que ce soit. Ce qui est insupportable, c’est que les personnes sans abri et sans domicile fixe le restent, avec les manques inhérents : sans existence humaine, sociale, administrative et sans ressources et/ou travail stable quand travail il y a. Ce qui est insupportable c’est que ces situations existent.

De l’insalubrité cachée
Pour élargir sur ce qu’on voit moins et qui touche environ un habitant sur 10 en France*** : si on parlait aussi des risques sanitaires et physiques encourus par ceux qui vivent « dans » des logements — cette fois-ci — mais insalubres, loués sans aucun scrupules par des propriétaires qui passent je ne sais comment entre les mailles du filet « normes » ? Des problèmes liés au saturnisme ? De la surpopulation locative faute de logement adapté parce que c’est inaccessible ou que les garanties demandées sont trop fortes, quand bien même on aurait de quoi payer ses factures ? Avec des sanitaires qui n’en sont pas, des modes de chauffage d’un autre âge, une isolation murale et sonore insuffisante, des parties communes non restaurées ? Est-ce que les politiques réalisent, au-delà des chiffres, ce que représente et ce qu’implique ce genre de vie ? L’angoisse des parents qui aimeraient offrir d’autres conditions de vie à leurs proches et dont on n’imagine pas, en les voyant, qu’ils vivent de façon indigne ? Les enfants qui s’isolent faute de pouvoir inviter un ami de classe chez eux en raison de… ?

Une politique en faveur du respect des droits fondamentaux humains ?
L’accès aux soins, à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à l’emploi sont 5 des piliers des droits fondamentaux de l’Homme. Certes, il y a « la crise » dont on ne peut faire abstraction, et même « les crises ». Mais si on n’investit pas sur un « minimum syndical » de bien-être des êtres humains, sur quoi investir ? Si ceux qui sont « au pouvoir » et ont ce pouvoir de prendre des décisions là où ils ne l’avaient pas hier, s’ils n’amorcent pas des améliorations en ce sens : où va-t-on ?

Les décisions à prendre doivent tenir compte de TOUS les paramètres : société, santé, éducation, emploi, économie, logement, environnement, sécurité, immigration… Ce, dans une même direction : la possibilité pour chacun de vivre, sinon le mieux, du moins le moins mal possible de façon digne et autonome au sein d’un monde désormais totalement interdépendant.

«  Le redressement est indispensable, mais il ne sera possible que dans la justice. Fiscalité, éducation, logement, santé, accès à l’énergie, sécurité, services publics, nouveaux droits, culture : l’âme de la France, c’est l’égalité.  » (François Hollande, Le projet). La question est donc d’agir avec équité et éthique sur ces piliers fondamentaux : emploi stable, habitat décent, éducation égalitaire pour tous (condition d’avenir et de sécurité au sens très large du terme), alimentation quotidienne de qualité, accès aux soins et protection de l’environnement qui doivent être absolument prioritaires sur tout le reste. Ce, en remettant en question un système économique concentré dans les mains de quelques centaines de puissants, de façon à ce qu’il soit au service de la société et non pas subi par celle-ci. Sans quoi, la société en question, dont la part de celle qui a cru en « vous » Monsieur le Président, sans illusion mais avec espoir, risque fort de se radicaliser.
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* Sources INSEE  *2012 ** 2009. *** Fondation Abbé Pierre.

Pierrot Men : le livre, le site, une expo !

Le photographe Pierrot Men (voir posts ici, ici, ici, ) a enfin sa première monographie : Chroniques malgaches. Sur 128 pages, plus de 80 photographies, dont certaines inédites, sont à découvrir en noir et blanc et en couleur. Après un lancement remarqué à Paris photo 2011, quelques-unes de ses images sont exposées sur les murs de Lire la suite de « Pierrot Men : le livre, le site, une expo ! »

L’expo Vivre avec le VIH à Ivry-sur-Seine

L’expo photo Vivre avec le VIH/Sida est tout le week-end à « Ivry en fête ». Elle sera ensuite exposée au Point Information Jeunesse de la Mairie, en parallèle de Solidays. Elle est extraite du reportage indépendant que j’ai effectué pendant plusieurs mois. C’est la 7e exposition de ce travail en France. Télécharger la présentation du projet .
Voir le diaporama

Sandra, 19 ans/Vivre avec le VIH/Sida ©Virginie de Galzain

Les 18 et 19 juin: Ivry en fête, Espace Jeunesse de 14h à 19h et jusqu’au 27 juin 2011 au Point information jeunesse : 3-5 rue Raspail, 94200 Ivry-sur-Seine.

PHOTO 47, portraits d’insurgés : le livre

Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.
En 2008-2009, le photographe Pierrot Men et l’écrivain Raharimanana réalisent un travail de mémoire associant photographies et textes : 47, portraits d’insurgés. Ce dernier présente les portraits et recueils de témoignages des derniers rebelles de (19)47, une insurrection anticoloniale dont la répression, les tortures, massacres et exécutions sommaires ont meurtri des familles entières et causé plusieurs dizaines milliers de morts à Madagascar. Lire la suite de « PHOTO 47, portraits d’insurgés : le livre »

EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.

Art, Histoire et Mémoire. Après avoir été exposé au festival d’Avignon 2009, 47, portraits d’insurgés est à voir absolument jusqu’au 5 avril à l’université Paris Ouest Nanterre/La Défense. L’exposition sera au centre de nombreux débats, projections, rencontre et lectures. Pour l’occasion, je remets en ligne l’article dédié que j’avais posté en juillet 2009 après plusieurs heures d’entretiens avec les 2 auteurs. J’espère que de très nombreux autres suivront, car ce travail est essentiel et remarquable.

> Quand Raharimanana, écrivain et dramaturge, s’associe au photographe Pierrot Men, cela donne 47, portraits d’insurgés, un duo image/texte d’une force inédite. Une Lire la suite de « EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana »

Photo : festival Circulation(s)

Circulation(s), c’est « le » nouveau festival porté par l’association Fetart, qui fait partie des nouvelles références françaises sur la scène de la photographie contemporaine. Son ambition : faire découvrir des talents de la jeune photographie européenne pour Lire la suite de « Photo : festival Circulation(s) »

PHOTO : D’Agata. Un documentaire. Une expo.

 » Mon seul enfer, c’est moi. Ma seule issue, mon seul espoir c’est l’Autre  » Antoine d’Agata

Membre inclassable de l’agence Magnum, Antoine d’Agata repousse sans cesse les limites ; toutes les limites ; les siennes ; celles d’une société qui broie, conditionne, dépossède et annihile l’individu ; celles de l’ordre ; de la morale ; des tabous ; des archétypes ; des interdits ;  celles de l’esthétique ; du sens de l’image ; de l’essence même de l’acte photographique ; de la condition de l’être humain ; de la vie, de la mort.

Chaos. Intimité.  Subversion.  Autodestruction. Oppression. Obsession.  Désir. Douleur. Perversion. Aversion. Dégout. Horreur. Peur. Folie. Hallucination. Fascination. Cynisme. Déviance. Art. Esthétique. Equivoque. Trouble. Malaise. Sens. Silence. Solitude. Folie. Lucidité. Inconscience. Errance. Fuite. Illusion… Quelques-uns des mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on se trouve face aux images du photographe Antoine d’Agata. Quelles que soient les émotions, les accords ou les divisions qu’il provoque, son travail ne laisse personne indifférent.

http://www.festivalpointdoc.fr/la-chambre-cambodgienne.htm
The Cambodian Room
© Giuseppe Schillaci et Tommaso Lusena De Sarmiento

Tommaso Lusena De Sarmiento et Giuseppe Schillaci l’ont suivi à Phnom Penh et en ont tiré un documentaire de 55 minutes : The Cambodian room. Prix spécial du jury au Torino film festival 2009, il  révèle un portrait éprouvant, dur et troublant d’un homme qui n’engage que lui-même, dont la photographie se confond corps et âme avec son existence, dans une tension vers l’extrême, vers ce qu’il appelle un  » sentiment d’être « . Un point de non retour ?
Le documentaire peut être vu encore quelques jours sur le site du Festival PointDoc* (sur lequel vous pourrez découvrir la présélection dont il fait partie), ce, en attendant une prochaine diffusion à préciser sur Arte, et un DVD.

Autre actualité, l’exposition Ice, une rétrospective en cours de préparation au musée Nicéphore Niépce, à Chalon-sur-Saône. Elle comprendra notamment des pièces appartenant aux séries La frontière, Insomnia, Situations, Agonie, mais aussi des planches, une projection et une partie qui évoluera de façon hebdomadaire, au gré de l’éditing du photographe. Le tout sur une scénographie dite expérimentale.

Spectrales, introspectives, noires, les photographies, les films d’Antoine d’Agata sont l’aperçu d’une réaction au monde. Une mise à nue qui puise son expression dans l’épreuve de la nuit, de l’enfermement, du sexe, de la drogue jusqu’à l’épuisement. Une confrontation physique frontale violente, une fuite, mues par une quête insatiable d’un essentiel ou d’un absolu fatal.


© Antoine D’Agata / Magnum Photos, Courtesy Magnum Gallery

PRATIQUE
– Le site du docu www.cambodianroom.net
– Le festival Pointdoc : www.festivalpointdoc.fr
créé par Mahalia Frizon et Marie Blandin, réalisatrices, cette première édition présente une sélection de 20 documentaires d’auteur pas ou peu diffusés. L’objectif : valoriser des talents peu visibles, donner un nouveau souffle à un genre exigeant et destiné à tous. Outre le prix du jury, les Internautes sont invités à voter pour désigner leur coup de coeur.
– L’exposition : du 12 février au 15 mai 2011. Musée Nicéphore Niépce 28 quai des Messageries, Chalon-sur-Saône. www.museeniepce.com
– L’agence Magnum photos : www.magnum photos.com

Photojournalisme : état des lieux

À lire, le premier rapport sur le photojournalisme de l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC). Publié cet été, il en dresse un état des lieux social, économique et juridique, complété de 15 propositions.

Le chantier est urgent pour l’ensemble d’une profession dont les acteurs vont à la rencontre de l’événement pour mieux montrer la vie du monde. Malmené par les évolutions de la presse, laquelle change progressivement de mains, le photojournalisme est pourtant une garantie du maintien d’une information de qualité sur tous les sujets de fonds. Ce, face aux dérives de la culture de communication de masse, à un flux démesuré d’images amateurs voire  à une forme de restriction ? censure ? motivée par ce que le lecteur souhaiterait lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir. Bonne lecture.

Le rapport Photojournaliste_Rapport_definitif
En annexe annexes_rappport_photojournalisme, de très nombreux documents dont des textes législatifs, une retranscription d’interventions de professionnels de l’image…

300e post !

La première image d’un reportage en cours depuis plusieurs semaines. J’en dirai davantage un peu plus tard. Un sujet lié aux impacts d’une maladie sur une vie sociale, publique et privée.

Au passage, un grand merci à ceux qui participent de près ou de loin à la vie de ce blog.

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(nikon fm2, portra 400 vc) © Virginie de GALZAIN

EXPO Kréyol factory : les identités en question

Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc.

En texte et en photos, la tribune libre pour laquelle Stéphane Hoarau m’a sollicitée pour maloya.org. Sujet : Kréyol factory, les identités en question, en écho à l’exposition en cours à la Grande Halle de la Villette. Bonne lecture !

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Kréyol Factory (Grande Halle de la Villette/Paris 2009) © Virginie de GALZAIN

Encore trois semaines pour voir ou revoir Kreyol factory, l’exposition d’art contemporain installée depuis le 7 avril dans la Grande Halle de la Villette (Paris). Pluridisciplinaire, artistique, esthétique, documentaire, pédagogique, sociologique, elle interpelle aujourd’hui sans distinction sur une question de société de fond : celle des identités créoles, et par là même, celle des différences, du métissage et des diversités. Un voyage à la découverte de l’Autre.

L’espace est gigantesque – 2 800 m2 –, et la scénographie de Raymond Sarti conçue comme un entrelacement de vagues, en écho aux migrations forcées de millions d’hommes et de femmes soumis au déracinement et à l’esclavage pendant des siècles. Pour Jacques Martial, président du Parc de la Villette : “ Il était urgent de parler de cette identité, de cette réalité particulière de la France que sont les mondes créoles : une histoire née de l’esclavage, de la colonisation, de la fin de la colonisation ”. C’est chose faite, et c’est une première.

UN VOYAGE SANS FRONTIÈRES

Kréyol factory est un voyage, une traversée en sept séquences pour mieux connaître et comprendre les évolutions du monde créole, comme autant d’univers, de paysages, de réflexions qui questionnent ses identités. Les artistes en sont les guides concernés qui tentent d’apporter leur réponse – ou du moins leur interprétation – subjective.

Martinique, Guadeloupe, Guyane, Haïti, Jamaïque, Porto Rico, République Dominicaine, mais aussi Maurice et La Réunion dévoilent tour à tour leurs spécificités et leurs similitudes, en essayant d’éviter le difficile écueil des clichés et des idées reçues. Libre à chacun de se faire ensuite sa propre idée. Mémoire, art et histoire sont mis en perspective avec le présent, comme des liens tissés vers un monde contemporain commun.

SENS DE L’ART ET ART DU SENS

Depuis le 7 avril, ils sont 60 artistes à présenter un ensemble de 85 oeuvres d’arts plastiques, 250 photographies et 9 espaces documentaires. “Notre volonté n’était pas d’être exhaustif, – ce qui aurait été impossible – souligne Yolande Bacot, commissaire de l’exposition, mais thématique”. À la question : “ Pourquoi tant de commandes là où il aurait été aussi possible de puiser dans un fonds local existant ? ”, elle répond sobrement : “ C’est vous qui le dites. Les artistes auxquels nous avons fait appel ont une écriture, un langage à exposer, et un sens qui répond aux besoins de l’exposition. (…) Les commandes passées confirment aussi notre volonté de susciter des travaux artistiques et plastiques, de soutenir matériellement la création contemporaine ”.

Ainsi, les installations, photographies, vidéos, mais aussi sculptures, peintures, musiques, textes littéraires et philosophiques… s’approprient, détournent, décodent, illustrent une histoire, ou plutôt des histoires nées de… et marquées par le colonialisme, l’exploitation de l’homme par l’homme et la domination raciale, la place de la femme dans la société, la réappropriation de son existence, mais aussi la reconstruction, le développement, la singularité et le partage ; la vie ensemble, enfin.

Entre humanisme et provocation, humour, idéalisme et réalisme, la diversité de fond et de forme rassemble, permettant de toucher chacun en fonction de sa sensibilité, de son contexte de vie, de ses origines, de son âge.

CRÉOLISATION ET MONDIALISATION

La créolisation, c’est cette capacité de l’homme à accueillir et à se laisser traverser et enrichir par des apports extérieurs, par la différence, pour ensuite grandir tout en restant lui-même”, explique Jacques Martial. Le terme pose la question des racines, de l’individu, de l’acceptation de l’Autre, des diversités et de la diversification du monde, de l’égalité entre les hommes et de la liberté.
Il nous renvoie au père de ce concept : le penseur, écrivain et poète humaniste Édouard Glissant, trop absent de cette manifestation. Un écho à ce qu’il appelle “ le métissage conscient de lui-même ”.

La définition nous confronte aussi aux réalités de l’évolution du monde, à la difficulté de participer et de tirer profit des modifications structurelles engendrées par la globalisation, tout en préservant les spécificités de chacun. À l’heure de la mondialisation, les enjeux économiques prévalent souvent sur les enjeux culturels, environnementaux et identitaires. L’uniformisation des codes de société guette, la consommation de masse s’intensifie, et avec elles, les risques d’accentuation identitaire, de déséquilibre et de dépendance.

L’exposition entière ouvre quant à elle des interrogations sur l’identité choisie ou forcée. Qu’est-ce qu’être soi ? Et comment ? Peut-on être chez soi partout aujourd’hui ? “ Être accepté, en particulier loin de chez soi est difficile dans les sociétés du monde, y compris dans la nôtre en particulier, ajoute Yolande Bacot. En raison de notre passé, des pesanteurs des histoires coloniales, d’une partition géographique qui correspond à une partition sociale. (…) L’amalgame parfois fait entre les problèmes économiques et sociaux, et les questions culturelles et identitaires est révélateur de cette fragilité ”.

*

Familière, surprenante, enthousiasmante, utile, pour certains, discutable, réductrice ou déroutante pour d’autres, l’exposition Kréyol factory ne laisse pas indifférent. Elle est un lieu de sens qui unit ou partage, et à l’évidence interroge, enrichit, permet de débattre et ouvre sur les autres “avec un profond respect”, confirment de nombreux visiteurs. Y aura-t-il une suite ? Au moins dans les esprits : “Ces espaces posent en effet de nombreuses questions en suspend, dont celle de la démocratie”, conclut Yolande Bacrot. De multiples champs d’exploration demeurent, à nous de les parcourir et d’y réfléchir ensemble.

PRATIQUE
Jusqu’au 5 juillet 2009. Grande Halle de la Villette, Paris 19.

De 14h à 22h du mardi au jeudi. De 11h à 19h du vendredi au dimanche.

Saul Leiter : Dancing in the street

Une exposition en cours, à découvrir absolument au musée Nicéphore Niépce, à Châlon-sur-Saône : Dancing in the street, 40 photographies de Saul Leiter. Né en 1923, le photographe américain fut un des premiers à jouer le jeu de la couleur à la fin des Années 40, à une époque où le Noir et Blanc domine, la couleur étant réservée à la publicité et non à Lire la suite de « Saul Leiter : Dancing in the street »

Infolio, éditeur engagé

 » Sans doute est-il plus facile de donner de l’argent que de changer son mode de vie, constate Hubert Reeves. (…) Pourtant, L’Europe ne sera pas épargnée. (…) Nous sommes tous des Terriens, et, devant le péril du réchauffement climatique, il faut s’organiser autrement. Vite. « 

 

couv-refugies-climatiques-collectif-argos

Créées en 1999, les éditions Infolio ont construit une ligne éditoriale exigeante autour de l’archéologie, l’architecture, l’histoire, l’art ou la photographie. Pour chacune de ses collections, elle s’entoure des meilleurs spécialistes pour offrir des ouvrages d’une grande qualité graphique et rédactionnelle. Avec une quarantaine de publications par an, elle privilégie sélection et qualité des projets, alliant thématiques pointues et parutions grand public.
Le 15 novembre sera marqué par la sortie de leur dernière publication en librairie : Réfugiés climatiques*, du collectif Argos (lire entretiens du 15/11).

Préfacé par l’astrophysicien Hubert Reeves et Jean Jouzel (vice-président du groupe scientifique du Giec, organisme co-prix Nobel de la paix 2007), le livre est une mise en exergue de la situation alarmante des migrations liées exclusivement au réchauffement climatique. Un focus en textes, témoignages et quelque 200 sublimes photos sur neuf régions du monde déjà affectées : du Tchad au Bengladesh, en passant par le Népal et la Chine, des Maldives aux îles Tuvalu, l’Alaska, Halligen et la Nouvelle-Orléans. Sans militantisme décalé, les journalistes du collectif Argos (photographes et rédacteurs) signent ici la chronique engagée et très humaine d’une prise de conscience urgente : changer nos modes de vie.

L’éditeur a volontairement choisi un format intermédiaire (18×24) incitant à la lecture et invitant à s’immerger dans les superbes images d’une réalité instable. La mise en page sobre et élégante allie mise en valeur iconographique rythmée par des textes riches d’expériences, comme autant de scènes de vie, d’histoires, de cultures millénaires, dont la perte sera irréversible.

*Réfugiés climatiques, Collectif ARGOS, Ed. Infolio, 356 pages. 39 €
www.infolio.ch & www.collectifargos.com
**Remerciements : Apolline Alaguillaume.