La loi du marché : Vincent Lindon enfin primé

Enfin ! L’IMMENSE acteur/homme Vincent Lindon prix d’interprétation masculine Cannes 2015 pour le film La loi du marché, de Stéphane Brizé. Un film à voir absolument tant pour la force du sujet qu’il porte et la place qu’il redonne à celles et ceux qui luttent au quotidien pour rester dignes, que pour ses interprètes.

Notre histoire

 » Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » — Frantz Fanon

kreyolfactory 04_virginiedegalzainExtrait d’une série réalisée pour Maloya.org, expo Kréyol factory (La Villette, 2009) © Virginie de Galzain

Autre monde…

Une des rares photos faites à La Réunion en dehors du reportage pour lequel j’y étais…

La reunion_virginie de galzain                                                                 © Virginie de Galzain

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique (droitdesavoirs.wordpress.com) de long terme a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Il a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Et fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet est en cours de préparation.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

Mada…

Plein d’images jamais montrées, plein d’images chargées de rencontres, de souvenirs et de ce que vous ne verrez pas. Il faudra que je prenne le temps d’en faire quelque chose un jour. Une image prise, c’est comme l’enfance, ça marque à vie. Des photos non prises aussi, parce qu’il y a ce que l’on saisit et ce que l’on vit. Vu de l’extérieur ça ne se comprend pas toujours… Il y a beaucoup à dire, ça viendra. Le photographe ne peut que faire corps avec ce qui l’entoure, et c’est là toute la difficulté : être là sans être là, être immergé et garder une distance. Mettre l’humain au cœur de tout sachant qu’on s’oublie dans tout ça… On s’oublie mais on y met un peu de soi car on n’est pas là par hasard. Happé parce que l’on voit, entend, découvre, partage. Veiller à garder l’équilibre pour que l’affectif ne prenne pas le dessus sur l’information. Facile à dire !

Été 2012, je suis une équipe de chirurgiens bénévoles de Médecins du Monde dans une mission de chirurgie réparatrice à Madagascar. Encore l’océan Indien… Une journée est consacrée aux consultations (photo) avec les familles qui ont parfois traversé l’île pour espérer faire opérer leur enfant. Les couloirs du service ne désengorgeront pas de la journée. Des malformations du visage aux brûlures graves, les médecins réaliseront près de 40 opérations en 5 jours, soutenus par l’équipe malgache.

mission chirurgie reparatrice_MdM_Mada__virginie de galzainChirurgie réparatrice_Médecins du Monde 2012 © Virginie de Galzain

Changement temporaire de mail : messagerie yahoo.fr bloquée

Ce message à l’attention de tous ceux (des centaines de contacts au bas mot) qui ont mon adresse mail yahoo.fr via moi ou ma carte de visite professionnelle. Ma messagerie yahoo.fr demeure bloquée depuis le 12/13 mars 2015 pour avoir tenté de me connecter hors de métropole sans la bonne réponse aux questions secrètes dont je ne me souviens définitivement plus. Je m’excuse auprès de ceux que je n’ai pu voir sur place faute de pouvoir me connecter et les contacter, ce n’étais pas intentionnel.

Surréaliste : pour le moment aucune solution n’a été trouvée et mon compte reste délibérément bloqué par le service dit « client » malgré mes tentatives de preuve que cette messagerie est bien la mienne (et je ne parle pas de l’adresse IP et autres données stockées par Yahoo !). Peut-être vais-je devoir demander à des contacts de témoigner qu’ils utilisent habituellement cet e-mail ! Cela fait donc un mois que je ne peux avoir accès à ce compte ce qui m’a déjà fait passer à côté d’une commande photo au moins, pour celle dont j’ai connaissance.

En attendant que le problème soit résolu, je vous remercie de m’écrire sur vdegalzain@gmail.com (adresse créée initialement pour désengorger l’autre et accueillir aussi les communiqués de presse). Pour ceux qui m’ont écrit sur le mail yahoo.fr depuis le 11 mars, n’hésitez pas à me faire suivre vos messages sur gmail surtout. Pour les autres, merci de m’adresser à nouveau vos coordonnées.

Enfin, si quelqu’un a une solution voire connaît un ingénieur chez Yahoo qui pourrait m’aider à résoudre ce problème, cela m’éviterait de perdre 8 ans de réseau personnel et professionnel et des contrats potentiels. Ce que je ne peux me permettre… Belle journée à tous !

En attendant…

La suite bientôt… En attendant, retour sur une série réalisée à New York fin 2008 (préréglez en quality 480 mini). Extraits…

Tell someone a beautiful lie, musique Guns of Brixton, photo © Virginie de Galzain

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour (suite…)

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
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L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Tous avec Charlie.5

 » L’utopie partagée est le ressort de l’Histoire  » − Helder Camara

Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie Hebdo 4

Avec Charlie Hebdo 3

Avec Charlie hebdo 2

Paris 7 janvier 2015. La Rédaction de Charlie Hebdo est victime d’une fusillade meurtrière au cours de laquelle plusieurs de ses dessinateurs sont abattus : Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que deux de ses chroniqueurs : Elsa Cayat (psychanalyste) et Bernard Maris (économiste). Cinq autres personnes, dont deux policiers, perdent la vie.

En fin de journée, de nombreux rassemblements spontanés de soutien ont lieu en France, dont place de la République, à Paris. Un rassemblement simplement motivé par l’envie et le besoin « d’être là », unis face au choc, à la violence de la disparition d’hommes et de femmes qui faisaient ce en quoi ils croyaient.

paris, place de la republique, tous avec charlie hebdo, 7 janvier 2015Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie Hebdo

Et de tout cœur avec les familles des personnes disparues. Pas de mots pour ce qui s’est passé ce matin. Le choc. L’horreur. Pensées particulières pour toi Arnauld…

www.charliehebdo.frplantu_hommage

Bonne année !

Je vous souhaite une TRÈS belle année 2015, pleine de projets réalisés et de rêves partagés, de douceur et de jolis moments.

diapo bonne annee

(cliquez sur l’image pour voir le diaporama sur Dailymotion suite à un problème de compatibilité avec WordPress depuis début 2015)

Le petit gardien de zébus

Victor, les yeux fermés le temps d’un rêve…
Extrait du reportage Opération sourire, pour Médecins du Monde, à Madagascar.

victor_madagascar_virginie de galzainReportage Madagascar 2012 © Virginie de Galzain/MdM

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par (suite…)

PHOTO : ‘Family love’, de Darcy Padilla

Récompensé notamment par le prix Eugene Smith en 2010 et deux World Press (2011 et 2012), Family love (ex Julie project) de Darcy Padilla vient d’être publié aux éditions de La Martinière, en coédition avec la revue 6 mois. Réalisé sur une période de 18 ans, ce « portrait photographique » unique raconte la vie de Julie jusqu’à sa disparition. Une vie faite de combats incessants et de violences multiples, avec, en fil rouge, un besoin (suite…)

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Ciel d’orage

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© Virginie de Galzain

PHOTO : The Manhattan darkroom

The Manhattan darkroom est une rétrospective inédite et unique du photographe et photojournaliste français Henri Dauman. L’exposition vient de commencer, elle est visible pour un mois seulement au Palais d’Iéna, à Paris. Voici quelques indices…

En 1950, après avoir échappé à la rafle du Vel’d’hiv’ et perdu père et mère, Henri Dauman part définitivement vivre à New York où il devient rapidement photographe pour les plus grands médias internationaux. Soixante ans plus tard, c’est une sélection (drastique) de près de 200 photos d’archives qui nous est présentée.
Profonds noir et blanc et couleurs justes, planches et publications évoquent ou décryptent plusieurs décennies de l’histoire politique, sociale, économique et artistique des États-Unis. Dans le désordre et sans exhaustivité aucune : Kennedy et  Khrouchtchev. Des portraits inattendus de Fellini, Delon, Bardot, Giacometti. Le Viêt Nam. Les yeux de Liz Taylor et une sublime photo de rue de Saint-Laurent. Les grands mouvements de contestation (féministes,  anti-ségrégation, etc). Les figures du jazz et la contre-culture. La société de consommation, l’essor de la petite bourgeoisie et celui des laissés-pour-compte. John Lindsay. Warhol… Sans oublier quelques séquences comme on en voit très rarement.

Reportage, portrait, photo de rue, … Henri Dauman maîtrise les genres et traverse son temps avec une très grande liberté de représentation : directe, informative, icônique ou cinématographique, critique voire incisive ou décalée, mais toujours personnelle. Pour ne pas oublier que la photo est avant tout un regard porté sur… Qu’elle est aussi un laboratoire où il faut oser expérimenter, se faire plaisir, du plus conventionnel au plus inédit. Je ne connaissais pas Henri Dauman. Que dire… : courez-y !


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INFOS
The Manhattan darkroom. Jusqu’au jeudi 4 décembre 2014. Palais d’Iéna (Conseil économique, social et environnemental) : 9 place d’Iéna, 16e. Du lundi au samedi de 10h à 18h (jusqu’à 21h le jeudi). Dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

– Le site d’Henri Dauman : http://daumanpictures.com
– Le site de l’exposition : www.manhattan-darkroom.com

Julie

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François Cheval quitte le jury du prix Carmignac

 »  La photographie ne se soumet pas à des règles préétablies. La pertinence de l’objet photographique ne s’acquiert que par sa capacité à s’éloigner de l’attendu et des présupposés de départ. « 

Extrait de la lettre de François Cheval, conservateur du musée Nicéphore Niépce et démissionnaire du jury du prix Carmignac. Publiée ce jour et à lire sans attendre sur L’oeil de la photographie.

En cause, la violation d’indépendance et de démarche photographique soulevée par la photographe iranienne Newsha Tavakolian. La lauréate du prix 2014 avait initialement refusé la dotation de 50 000 euros pour avoir vu son reportage remis en cause et travesti (intervention sur l’éditing et les textes notamment) par le mécène. Elle a finalement obtenu gain de cause, et des aménagements au règlement du Prix ont été faits pour les prochaines éditions. L’éthique, la liberté d’expression et l’indépendance ne s’achètent pas !

DOCUMENTAIRE À voir : Se battre !

 » Les gens ne peuvent pas savoir ce que c’est que de partir le matin au boulot et de se dire : Putain, mais qu’est-ce qu’ils vont manger mes gosses ce soir ? Faut y passer pour comprendre… « .

Sorti au cinéma en mars 2014, le documentaire Se battre, de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana est désormais disponible en VOD et en DVD. Tourné à Givors (Rhône), il suit le quotidien d’hommes et de femmes qui résistent chaque jour pour avoir ou garder un travail et un logement, pour nourrir leur famille ; qui se battent pour continuer à guider leur vie, et celle de leurs enfants, avec espoir et sens. Un film dont les acteurs pourraient être vous et moi, dans leur propre rôle, habités de dignité et de courage, de solidarité, de rage de vivre comme tout le monde.

Ce quotidien n’est pas une exception : il concerne des millions de Français qui vivent à quelques euros près par mois, dans notre pays. Vivre à quelques euros près, c’est devoir surmonter l’insécurité, l’inquiétude, la pauvreté ; se serrer la ceinture en permanence pour subvenir à ses besoins vitaux et payer ses factures ; connaître la faim (suite…)

L’image dans l’image

extrait de Illettrisme_droit de savoirs_virginie de galzainExtrait de Illettrisme, droit de savoirs ©Virginie de Galzain

Témoignage :  » Se retrouver à la rue : il suffit de pas grand chose « 

Jean a 51 ans quand je le rencontre. Nous sommes le 15 mai 2009. Les enfants de Don Quichotte ont installé des tentes quai des Tuileries et appelé à une nouvelle mobilisation en faveur des sans-abri, des mal logés, des personnes en situation de précarité. La nuit tombe, Jean raconte. C’est lui qui décide du début et de la fin.

Ces mots sont les siens, de façon intégrale, au fil de sa pensée, chaotique mais lucide et solide. Je les ai retrouvés ce matin en relisant des carnets de reportages noircis de témoignages. 5 ans déjà. Et le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter : 140 000 (100 000 en 2009). Celui des personnes mal logées aussi : près de 10 millions*, sur 66 millions de Français. Comment est-ce possible ?! .

Avec les enfants de Don Quichotte Extrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain.

 » J’ai été presque 3 ans à la rue. Il y a 7 mois, les Enfants du Canal m’ont proposé une chambre contre un petit forfait par mois. Pour la première fois, on m’a dit :  » Tu es chez toi « . Je me suis refait une santé et j’ai décidé de remonter la pente. Sans toit, c’était impossible. Il faut comprendre.

J’ai passé un examen de conducteur de poids lourd et suis devenu chauffeur du Bus-abri qui accueille les personnes qui n’ont pas de toit. En 6 mois, j’ai pu avoir tout cela, grâce à l’association.

Je suis d’Orléans. J’avais un emploi, un appartement. Et puis un jour, tout a commencé. Perdre son travail. Son logement. Se retrouver à la rue. Il suffit de pas grand chose. On finit par se dire qu’on s’en fout. On va dans les assos. On est envoyé de foyer en foyer. On ne mange pas. On ne dort pas. On voudrait juste savoir où on va. Et puis on peut tomber dans l’alcool : on a beau refaire le monde, on est rejeté de la société.

Je suis arrivé à Paris rue Saint-Denis. J’ai commencé à traîner. Quand tu n’as rien, tu dois malgré tout faire quelque chose. J’avais une tente que je démontais tous les matins : on s’y cache. On ne veut pas que les gens nous voient comme ça. On a notre fierté. Je me suis fait quelques copains. On passait la journée ensemble : Armée du Salut, Restos du cœur, Charonne… et puis on se séparait. Aujourd’hui, certains ont retrouvé un travail, d’autres…

J’ai une famille. Beaucoup en ont une. Mais tu te débrouilles tout seul dans ces cas-là. J’ai tenu grâce à mon chien. Il faut se battre. C’est dur la rue. On nous balade comme des bestiaux, on nous dit :  » Tu dors là « . S’il y a à manger on mange sinon on dort. Et à 6 heures, on doit  » dégager « . Tu parles d’une vie. Alors on se met à boire, pour oublier, parce que quand tu ne dors pas, il faut oublier.

Hommage aux morts dans la rue, 48 ans d’espérance de vie, en France…

Et puis un jour, tu  » t’installes  » dans la rue : tu laves tes fringues, tu prends un rythme, enfin celui que tu te donnes ; une bière ; plusieurs bières ; tu es bourré ; et ainsi de suite. Tu penses à la maladie. À la mort. On continue de te balader. Tu es fatigué. Tu laisses tomber. Ou tu te suicides. Ou tu attends que quelque chose t’emporte loin de tout ça.

L’Abri-bus des Enfants du Canal, les personnes à la rue connaissent. Elles savent qu’on est là. On discute avec elles. On mange un morceau. Il y a des gens qui sont dehors depuis 10 ans, 20 ans, avec leur vie dans un sac. On fait des maraudes, on donne un café ou un chocolat chaud et on discute. C’est très important, c’est ce que je préfère. Car quand tu as ramé, que tu t’en es sorti, tu fais envie de façon saine. Ca n’empêche pas certains de ne pas aimer voir les autres émerger. Mais ceux que tu rencontres voient que c’est possible et ils ont envie de prouver qu’ils peuvent y arriver aussi. « 

* source : fondation Abbé Pierre

Droits humains : « faites pas l’autruche » !

La nouvelle campagne d’Amnesty international est en ligne. Une invitation à s’engager pour le respect des droits humains dans l’entreprise et concernant toute forme de travail, partout dans le monde. Pour lutter contre l’exploitation, le travail forcé, les conditions de travail indignes, la violation du droit du travail et des droits de l’Homme. En savoir plus : www.faitespaslautruche.org/

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Paris, 4 septembre 2010, manifestation « Liberté, égalité, fraternité » © Virginie de Galzain

Reportage de guerre : Michaël Zumstein

Sans titre

A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

 > Voir les photos de Bénédicte Kurzen

Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a (suite…)

Anonyme

Prisons de Madagascar, suite 2

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Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Sortie des « dortoirs » pour la distributions du 2e et dernier repas de la journée.
Dans les prisons de Madagascar, la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité des détenus. Faute de financements réguliers et suffisants, les directeurs d’établissement ne peuvent pas toujours payer les fournisseurs immédiatement, et se retrouvent parfois avec un niveau insuffisant de nourriture. Le nombre de repas peut alors tomber de 2 à 1 par jour.

Prisons de Madagascar, suite

L’expo Illettrisme : droit de savoirs au forum Défense/Illettrisme

Post un peu tardif faute de temps (!)… Pour sa 4e diffusion, l’exposition extraite du reportage Illettrisme : droit de savoirs est présentée le 20 juin au forum Défense/Illettrisme qui se tient aux Invalides, salle Turenne. Sous le haut patronage de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration (SGA), il est organisé par la direction du service national (DSN) – que je remercie – en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale/DEPP.

Télécharger le pdf de l’exposition

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Série “NY/Tell someone a beautiful lie” © Virginie de Galzain

P.

M.

Mais votez !

Nous sommes responsables du pays dans lequel nous vivons. 38 % d’abstention c’est risquer de payer le prix de la démocratie ! Autrement dit, en l’occurrence, de voir progresser le Front National. C’est avoir pris le risque de remettre au prochain tour ce qui devait être fait hier et ne pourra, parfois, plus être fait demain !
Sait-on au moins ce que l’on ne veut pas ? À défaut de savoir ce que l’on souhaite ? Le 1er tour des élections présidentielles de 2002 serait-il déjà si loin ? Arrêtons d’avoir peur a posteriori : faisons en sorte que l’histoire ne se répète pas !

«  Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand Etat, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le RÔLE QUE VOUS POUVEZ JOUER, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. DÉCIDEZ dès aujourd’hui de PESER de toutes vos forces sur la destinée nationale, PRÉPAREZ de vos propres mains l’AVENIR plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens !   »
Pierre Mendès France

S.

Street art : Les mains de JonOne

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Installation de l’œuvre Stay awake à l’hôpital Bichat, janvier 2014

JonOne naît et grandit à Harlem où il réalise ses premières œuvres. Peintre graffiti autodidacte, il évolue dans l’univers libre de la rue où il se forge une identité. Ses toiles monumentales sont des flash abstraits de couleurs, la traduction d’un mouvement urbain, de son énergie. Exposé dans le monde depuis les années 90, l’art est pour lui une expression de ses émotions et de sa vie, qu’il associe régulièrement à une dimension sociale. En 2011, il a réalisé une fresque hommage à l’Abbé Pierre dans le square des Deux-Nèthes à Paris, visage calligraphié autour de l’appel de l’hiver 1954. En janvier dernier, il faisait don de son œuvre Stay awake à l’hôpital Bichat : une toile de 10 mètres de long pour inviter au voyage, faire évoluer les codes d’exposition, être un lien insolite entre différents lieux et situations de vie.

Prisons de Madagascar, inside.3

Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Des espaces surpeuplés datant pour la plupart de la colonisation, des odeurs de toilettes qui vous prennent à la gorge et vous imprègnent à peine la porte franchie, la menace récurrente de la peste en raison d’une forte présence de rats et de puces, un nombre important de décès faute d’alimentation suffisante, des droits humains non respectés… Telle est la situation insupportable des prisons de Madagascar et de nombreux pays du monde. Même si de nombreuses ONG et associations œuvrent pour l’amélioration des conditions sanitaires, juridiques et humaines, la tâche est titanesque.

Avec plus de 20 000 détenus dans l’île, le nombre de prisonniers a explosé depuis la chute de Ravalomanana (2009) dépassant de plus de 50% les « capacités » d’accueil. Notons, s’il est besoin de le rappeler, que l’aide internationale est quasi interrompue depuis cette période ! Le pays traverse une crise totale depuis 5 ans, et le parti pris a été de bloquer plus encore la situation d’habitants isolés dont le monde n’a que faire. Notons aussi qu’à ce jour, Madagascar fait partie des pays mis au banc du sommet États-Unis/Afrique qui se tiendra à Washington en août prochain. Conséquence, les budgets nécessaires pour l’alimentation, la santé, le droit, l’éducation, l’entretien et la rénovation des bâtiments, déjà largement sacrifiés au regard des besoins de la population, le sont plus encore pour les prisons.

Les « chambres » des détenus comprennent un ou plusieurs niveaux de lattes superposées souvent moisies et disjointes. Dans celles-ci, les toilettes sont au fond (un « luxe » façon toilettes « à la turque » loin d’être ainsi présent dans toutes les prisons, mais toilettes sans intimité et papier hygiénique absent). La photo montre le deuxième niveau d’une pièce étroite en comprenant 3. La hauteur ne permet pas de s’asseoir. Et la longueur ne permet pas de s’allonger. Dans ces dortoirs fermés de 17/18 heures jusqu’au lendemain matin, des dizaines à centaines de prisonniers sont entassés les uns contre les autres .

Prisons de Madagascar suite

Prisons de Madagascar, inside.2

Reportage sur l’illettrisme en France : le nouveau site

Le nouveau site du reportage Illettrisme : droit de savoirs est en ligne ! En images et en textes, retrouvez les infos sur l’origine du reportage, ses liens, l’exposition, ses relais aussi. Evolutions à suivre sur http://droitdesavoirs.wordpress.com

droitdesavoirs.wordpress.com

À TÉLÉCHARGER :
le pdf de présentation de la dernière expo
les 8 pages parues dans le magazine Déclic photo
les 7 pages parues dans le magazine photo Fisheye

Bonne année !

« Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve, quand on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. L’utopie partagée est le ressort de l’histoire. » – Helder Camara

Puisqu’il est encore temps, je vous souhaite à tous, encore et toujours, une année enveloppée de ces rêves qui protègent et rassurent. Une année pleine de projets, de santé, de douceur. Une année menée par ces utopies concrètes qui permettent d’avancer, d’un avenir incertain vers les possibles futurs.

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R.

A.

Numérique et démocratie

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