« La mise à l’abri de tous les enfants à la rue, en famille ou seuls, doit être immédiate et tous doivent bénéficier d’un toit stable ».
Du 13 au 22 août 2026, jusqu’à 400 personnes sans-abri ont occupé le parvis de la mairie de Paris Centre (MPC) pour faire valoir leur droit à l’hébergement d’urgence, accompagnées par Utopia 56. Une énième mobilisation, que j’ai couverte en images et en recueil de témoignages (premiers extraits sur ce lien) grâce à une confiance dont je suis particulièrement reconnaissante. Le 22 août 2026, 253 personnes ont été mises à l’abri par la Mairie de Paris dans deux gymnases, avant des orientations par paliers en cours. D’autres ont été envoyées en CAES avec un risque de remise à la rue dans les 30 jours. En fin de journée, plus de 50 personnes demeuraient sans solution pour différentes raisons, dont leur absence (travail, rendez-vous médicaux…) au moment de la répartition. Derrière ces données désincarnées, des femmes et des hommes qui vivent dans des conditions inhumaines, et des milliers d’enfants qui demeurent dans la rue, à quelques jours de la rentrée scolaire.
Une victoire en demi-teinte
Cette victoire est celle de femmes et d’hommes qui se battent avec dignité et courage pour le premier des droits : l’accès à un toit. Pour rappel, l’hébergement d’urgence et le logement décent sont des obligations légales de l’État. Il s’agit également d’un combat, sans relâche : celui d’associations, ONG, bénévoles, citoyens qui agissent face au(x) désengagement / engagements insuffisants de l’État en matière d’hébergement d’urgence inconditionnel et de logement, notamment à l’encontre des personnes exilées. Mais cette mise à l’abri intervient après deux occupations, cinq semaines de résistance et une mise à l’épreuve indigne de personnes déjà très éprouvées par la dureté de leurs conditions de vie.
Hasard du calendrier, elle coïncide avec une date historique : celle des 30 ans de la violente expulsion de personnes sans-papiers de l’église Saint-Bernard (Paris), après plus de 50 jours de lutte pour faire valoir leurs droits. L’histoire ne cesse de se répéter tandis que les politique migratoires française et européenne sur l’asile et l’immigration sont durcies. Tandis que les restrictions budgétaires pourraient aboutir à la suppression de 10 000 places d’hébergement d’urgence dans les prochains mois alors qu’il en faudrait 10 000 de plus. Pendant que l’accès au logement, notamment social, (se) fragilise, que ce soit en raison de l’insuffisance des logements sociaux dont les personnes les plus pauvres demeurent trop exclues dans le Grand Paris par exemple(1), d’autre part en raison de conditions surréalistes d’accès à une location et de maintien.
Les enfants à la rue : un scandale absolu
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