Tous avec SOS Méditerranée !

Nous soutenons l’Aquarius / SOS Méditerranée ! Vous aussi rejoignez-nous en nombre et participez au grand rassemblement de soutien, ce samedi 6 octobre dans différentes villes de France et d’Europe > http://www.sosmediterranee.fr/evenements > signer la pétition
(cliquer sur les images pour agrandir)

#saveaquarius_Paris octobre 2018 ©Virginie de Galzain

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Soutenir SOS Méditerranée : une mobilisation vitale

« Au-delà des milliers de vie en jeu en Méditerranée, au-delà des attaques contre l’Aquarius / SOS Méditerranée, c’est l’obligation d’assistance à personnes en détresse qui est bafouée« . – Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée

L’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée/l’Aquarius lance un appel urgent aux gouvernements européens afin qu’elle puisse poursuivre ses missions en Méditerranée centrale. Une opération de mobilisation citoyenne (pétition, rassemblement) est aussi mise en place. Créée en mai 2015 pour sauver les personnes migrantes en détresse, elle intervient dans une zone considérée comme la plus meurtrière (déjà 1549 morts depuis début 2018, pour le chiffre connu, près de 17 000 depuis 2014).

• Une action humanitaire entravée
Pourtant, sous la pression du nouveau gouvernement italien, lequel refuse de laisser débarquer toute personne migrante secourue en mer depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018, le Panama a annoncé qu’il allait retirer à l’ONG le pavillon accordé quelques semaines plus tôt. Rappelons que SOS Méditerranée agit systématiquement dans le respect le plus strict du droit maritime international et intervient chaque fois en collaboration avec le MRCC (centre de coordination des secours en mer). C’est ce dernier qui doit désigner un port sûr et le plus proche possible pour le débarquement des personnes rescapées.

• Un port « sûr » : de quoi parle-t-on ?
La définition de lieu et donc de port sûr est parfaitement claire :
– La vie et la sécurité des personnes secourues n’y est plus menacée ;
– il est possible de subvenir à leurs besoins fondamentaux (abris, vivres, soins médicaux).
De plus, je cite, il y a  » La nécessité d’éviter le débarquement dans des territoires où la vie et la liberté des personnes qui affirment avoir des craintes bien fondées de persécution seraient menacées est à prendre en compte dans le cas de demandeurs d’asile et de réfugiés récupérés en mer » (6.17 de la Résolution MSC.167).

• La Libye : un « lieu sûr » pour personne
En ce sens, les ports de la Libye sont exclus. D’une part, car les personnes secourues en provenance de Libye y ont subi des violences et traitements inhumains multiples (parmi lesquels des blessures graves, tortures, esclavage, emprisonnement abusif, viols) et un non accès aux besoins vitaux. D’autre part, car la situation politique chaotique et non sécurisée de la Libye, la présence de nombreux groupes armés, la criminalité, les enlèvements rendent de facto le pays dangereux pour tous .

petition save aquarius sosmediterranee

• Une ONG reconnue pour ses actions
Aujourd’hui, l’Aquarius de SOS Méditerranée est le seul navire à assurer les opérations de sauvetage en Méditerranée centrale. Depuis sa création, l’association a secouru près de 30 000 personnes Lire la suite de « Soutenir SOS Méditerranée : une mobilisation vitale »

Cinéma : Eriq Ebouaney

L’acteur français Eriq Ebouaney est actuellement à l’affiche d’Une saison en France, du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun*.

eriq ebouaney_virginie de galzain
©Virginie de Galzain

Aux côtés de Sandrine Bonnaire, il y incarne le rôle d’Abbas. Au quotidien, un homme, professeur de français, tente de reconstruire sa vie et celle de ses deux enfants en France après avoir fui la République Centrafricaine. Le visage d’une réalité faite d’errance et d’incertitudes angoissantes suspendues à l’attente du statut de réfugié ; de rencontres porteuses d’espoir et d’amour aussi. Ce destin d’une famille déracinée fait écho à celui de millions d’autres en sursis, qui tentent de continuer à vivre comme tout le monde, avec la mémoire de ce qu’elle a violemment éprouvé.


* Mahamat-Saleh Haroun, notamment réalisateur de Un homme qui crie, Grigris et Hissein Habré, la tragédie tchadienne a accepté d’être ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat depuis février 2017

Migrants day : l’appel de SOS Méditerranée

Nous avons tous le même rêve : vivre en paix et en sécurité. Partageons-le !
Pour des migrations en sécurité et un accueil digne des personnes qui ont fui leur pays pour (sur)vivre.

©SOS Méditerranée

« Depuis l’année 2000, plus de 46 000 personnes traversant la Méditerranée sont mortes en mer en tentant de rejoindre l’Europe, phénomène qui ne fait que s’aggraver ces dernières années. L’année 2016 a été la plus meurtrière de l’histoire de la Méditerranée, avec 5 079 morts« . Source > www.sosmediterranee.fr < faire un don régulier

Lire la suite de « Migrants day : l’appel de SOS Méditerranée »

A voir : ‘Nulle part, en France’

« Vous a-t-on dit que vous seriez des ombres, qu’il n’y aurait pour vous aucune terre ? Vous a-t-on dit que vous n’auriez plus de nom, nulle part, ici ? Vous a-t-on dit que vous auriez nulle part pour seule patrie ? » – Laurent Gaudé/Nulle part en France.

 À regarder et à écouter, Nulle part en France, le documentaire de Yolande Moreau au cœur des camps de Calais et Grande-Synthe. Un regard sobre et sensible, frontal et révolté, qui humanise des hommes, des femmes et des enfants que l’on rejette et réduit à l’état d’ennemis fantomatiques ; qui donne à voir une fois encore les conditions de vie inacceptables que nous tolérons pour ceux qui fuient leur pays – quel qu’il soit – avec l’espoir de vivre enfin en paix.

Pénétrants, les témoignages des personnes en situation de migration sont complétés des mots de Laurent Gaudé : des mots réalistes et sans complaisance qui résonnent comme des appels à réfléchir et à s’ouvrir, à accueillir l’Autre comme il devrait l’être.

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De Yolande Moreau, Elsa Kleinschmager, Sébastien Guisset, Fred Grimm, Hania Osta et Laurent Gaudé – ARTE GEIE

Depuis plusieurs décennies, l’accueil de personnes en situation de migrations forcées n’a pas été pensé ni anticipé. Les dirigeants, notamment ceux de notre pays (passés et présents) renversent la situation de façon insupportable en disant que ce sont elles qui nous mettent en danger. Non seulement c’est erroné mais en plus il faut oser. Et ils (ces mêmes dirigeants) « remercient chaleureusement » voire paient en passant certains autres gouvernements pour qu’ils maintiennent dans leurs murs ces personnes qui leur font peur au risque de provoquer les pires déstabilisations ailleurs. Déstabilisations qui peuvent d’ailleurs favoriser la montée/poursuite de formes de violence et de terrorisme. C’est ce que l’on appelle se décharger de ses responsabilités, avec un égoïsme, un cynisme et une hypocrisie totale.

Il faudrait aussi que l’on m’explique pourquoi/comment le Liban peut accueillir plus d’1,2 million de réfugiés syriens, la Turquie plus de 2,5 millions et nous + ou – 11 000 ? (voir chiffres Syrie* plus bas)

Créer des frontières bunkers, supprimer le droit d’entrée au plus grand nombre au profit du devoir de sortie n’est pas la solution. Outre le fait que c’est une négation de l’Autre, c’est avant tout un acte d’inhumanité et un aveu d’échec(s) ; une action dans l’urgence et une vue à court terme ; une absence d’analyse et de responsabilité concertée pour mettre en place des actions adaptées. Ajoutons quelques sacs de sable sur la digue en attendant une prochaine vague… en substance ! Et comptons sur la « résilience » (elle a bon dos) de ces hommes, femmes et enfants pour vivre avec ce rejet massif, les violences subies, l’exil.

1 – La situation du monde impose de faire avec et non contre. Situation à laquelle nous sommes tous directement ou indirectement associés.
2 – Cela ne dissuadera personne de quitter son pays pour un autre.
3 – Cela continuera de favoriser les migrations clandestines et donc des parcours terribles, la criminalité (de ceux qui vont profiter de leur vulnérabilité pendant leur parcours) et des morts.
4 -Cela favorise les concentrations indignes type Calais et des injustices : défaut d’accès au Droit et aux droits (santé, logement, formation linguistique, emploi, éducation).
5 – Cela précarise les personnes qui parviennent à rester clandestinement dans le pays d’arrivée à défaut d’accueil.
6 – Cela entretient l’exploitation des êtres humains notamment sous la forme du travail illégal, pas de papiers, pas de contrat, pas de droits, une paie sous le manteau quand il y en a et des menaces de dénonciation ou un renvoi si le travailleur demande un contrat de façon trop pressante.

WELCOME !

À LIRE/À VOIR AUSSI : SUGGESTIONS
Documents
– les ouvrages de Catherine Wihtol de Wenden
Les bateaux ivres de Jean-Paul Mari. Éd. Lattès. 19 €
Bilal, sur le route des clandestins, de Fabrizio Gatti. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €
Cet autre de Ryszard Kapuscinski. Éditions Plon. 18 €
Pour un autre regard sur les migrations, construire une gouvernance mondiale. Éd. La Découverte .

Films ou documentaires (VOD/DVD)
Des étoiles de Dyana Gaye
Hope de Boris Lojkine
La cour de Babel de Julie Bertuccelli
Harragas de Merzak Allouache
Welcome de Philippe Lioret
Une mer fermée et La première neige d’Andrea Segre
Fuocoammare, par delà de Lampedusa de Gianfranco Rosi

Romans
Eldorado de Laurent Gaudé. Actes Sud poche. 7,70 €
Ulysse from Bagdad d’Éric-Emmanuel Schmitt. Livre de poche. 7,10 €
Partir de Tahar ben Jelloun. Folio. 7,70 €

*QUELQUES CHIFFRES : CAS DE LA SYRIE
– Plus de 7 millions de personnes déplacées au sein du pays.
– Près de 4,8 millions de réfugiés en 5 ans, dont dans les pays suivants :
– 2,5 millions en Turquie (population du pays : 75 millions d’habitants)
– 1,2million ? au Liban (population du pays : 4,4 millions d’habitants)
– plus de 635 000 en Jordanie (population 6,6 millions d’habitants)
– plus de 245 000 en Irak (population 33,5 millions d’habitants)
– 10 000/11 000 en France depuis 2011 selon l’OFPRA (population 66 millions)

Plus de 260 000 morts depuis 2011 (source officielle, 470 000 selon le Syrian Center for Policy Research/SCPR), sans compter les dizaines de milliers de disparus dans les mains du régime en place, les tortures et emprisonnements. Ce, dans l’inaction internationale et l’impunité complète.

Deng Thiak Adut : itinéraire d’un enfant soldat

– Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

Unlimited, la campagne intelligente de la Western Sydney University valorise des parcours d’étudiants que l’on qualifie d’exception. Découvrez celui de Deng Thiak Adut, ancien enfant soldat au Soudan, aujourd’hui avocat reconnu dans l’un des cabinets (AC Law group) les plus respectés en Australie mais aussi hors frontières, notamment pour son engagement pour le respect des droits des migrants et contre la criminalité, la corruption, les trafics (humains, drogue…). Un cabinet dont il est cofondateur et associé. (le texte continue sous la 1ère vidéo…)

Ce parcours de réussite – au sens non élitiste du terme – pourrait être, peut être celui de tout enfant arrivé dans des conditions d’urgence dans un autre pays, notamment le nôtre. Pourvu qu’on lui en donne/laisse la possibilité. Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*.  Et plus de la moitié des réfugiés sont des enfants**.

Dans ces contextes de déséquilibres géopolitiques et humains croissants, permettre l’accès au sol, à un toit, à des soins, à l’éducation pour les enfants déracinés, ainsi qu’à la formation et à l’emploi pour leurs parents quand ils sont encore en vie est fondamental. Pourquoi ? Pour le présent et l’avenir de chacun. Pour la sécurité individuelle et collective VS rejet, injustices et précarité toujours sources d’instabilités locales et internationales. De cette sécurité et de cette équité qui permettent aux hommes de vivre « en paix » dans tous les sens du terme, dans un univers protégé, stable pour mieux grandir, s’épanouir, vivre en un mot. Autant de conditions d’égalité, non pas des « chances » mais des droits, qui concernent les enfants venus d’ailleurs comme ceux nés sur chaque territoire.

Je vous invite à écouter attentivement l’intervention de Deng Adut lors de l’Australia day address (ci-dessous), qui évoque son enfance, ce qu’il avait perdu, ce qu’il a pu retrouver. Ce que d’autres pourraient retrouver si… Ce que d’autres pourraient éviter de perdre si…

* sources *UNICEF et **UNHCR