Denis Mukwege, prix de la paix de Séoul 2016

Depuis plus de 15 ans, le Dr Denis Mukwege opère et répare physiquement et psychologiquement des femmes, jeunes filles et bébés victimes de violences et tortures sexuelles, au péril de sa vie, dans son hôpital de Panzi (Sud-Kivu/République démocratique du Congo). Le 6 octobre prochain, il recevra un nouveau prix en reconnaissance de ses actions et de ses engagements pour le respect des droits humains : le prix de la Paix de Séoul 2016. Mais pendant ce temps, certains de ses proches sont arrêtés à Kinshasa. Pendant ce temps, des violences qui dépassent l’entendement se poursuivent en RDC, notamment dans le Kivu, depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps, la création d’un Tribunal pénal international (TPI ) au Congo contre le viol comme arme de guerre ne voit pas le jour.

Quid des actes concrets de la part de ceux qui pourraient aider son pays à se stabiliser sur le long terme, à faire reconnaître le viol de guerre comme crime de guerre et respecter les droits et l’intégrité des femmes, au-delà des mots et des beaux discours ?

Le 9 mars dernier, lors du colloque ‘Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République Démocratique du Congo » qui se tenait à la mairie de Paris, Denis Mukwege rappelait ceci :

« Le viol est une arme destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté.


Il est pratiqué de façon méthodique, pour donner des souffrances, humilier, traumatiser. Parfois, il l’est en public, en associant les proches, le mari, le frère, les fils ! Les femmes concernées, depuis leur plus jeune âge parfois, ne peuvent plus avoir de vie privée ou ne peuvent plus avoir d’enfants. D’un point de vue sanitaire, elles ont souvent été contaminées lors de ces actes par des infections sexuelles qu’elles peuvent à leur tour, sans le savoir, transmettre à un homme, à un bébé.

Il faut être très conscient que ces conséquences sont issues de la volonté de détruire un peuple et se portent sur plusieurs générations.

Ces femmes deviennent des parias et fuient leur terre. Leurs enfants sont rejetés. Il y a une destruction du tissu social, des repères, de tout ce qui est sacré dans la communauté. Et c’est celui qui désorganise la société qui domine alors cette société. Aujourd’hui, nous sommes des survivants, elles sont des survivantes. »


Pour en savoir plus sur le Dr Mukwege, il est important de voir/lire ces documents, les seuls qui permettent de réaliser de façon très concrète qui il est et les conditions dans lesquelles il vit et se bat au quotidien aux côtés de celles et ceux qu’il défend, soigne et protège :
– le documentaire L’homme qui répare les femmes,
de Thierry Michel et Colette Braeckman ;
– le livre Panzi : de Guy Bernard-Cadière et Denis Mukwege (éd. du Moment).

Prison insider : le site de référence sur les prisons

10,2 millions de personnes incarcérées dans le monde. Des conditions de détention globalement indignes à inhumaines selon les pays. Une situation qui tend à se dégrader par endroit avec des mesures qui permettent d’enfermer et d’exclure plus encore au lieu de trouver/appliquer des solutions complémentaires ou en amont. Et des microcosmes sur lesquels on ne sait à peu près rien faute de pouvoir y entrer. Des vies dont on ne peut appréhender, ressentir la réalité faute de les connaître/de chercher à les connaître.

C’est pourquoi Bernard Bolze (notamment fondateur de l’Observatoire international des prisons) et son équipe  ont décidé de « mettre un pied dans les portes » et d’ouvrir, peu à peu, cet autre monde, invisible et clos. Comment ? En créant Prison insider, le premier site d’information grand public sur les prisons dans le monde, lancé le 20 septembre dernier à la maison des Métallos, à Paris.

ÉCHANGER, PARTAGER, FAIRE SAVOIR
Actuellement disponible en 3 langues, l’objectif est ambitieux : collecter, compléter, analyser et retranscrire avec beaucoup de persévérance et de rigueur des données très peu accessibles voire falsifiées ou inexistantes. Un travail engagé titanesque, pour mieux informer et sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de détention des personnes enfermées où qu’elles le soient, sur le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité, sur les bonnes pratiques enfin, quand elles existent.

Fort de 9 permanents et de bénévoles stables aux compétences complémentaires (droit français et international, rédaction, traduction, développement, iconographie, partenariat…), Prison insider dispose déjà de 30 correspondants experts dans les 5 continents, et de nombreux acteurs relais de l’information dans leur pays d’exercice. Indispensable, ce maillage est développé de façon régulière mais très vigilante pour assurer l’information locale la plus juste possible. Une condition sine qua none pour garantir la crédibilité du site sur un sujet particulièrement difficile tant les écueils et enjeux sont nombreux et pour continuer de fédérer à ses côtés ceux qui agissent.

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INFORMER DE L’INTÉRIEUR, RENDRE VISIBLE
« Fiches pays », « Que faire en cas d’arrestation », « Ressources » (enquêtes, reportages, analyses, travaux universitaires…) sont autant de points d’entrée qui permettent à chacun de puiser ce qui l’intéresse ou le concerne, de réfléchir, prévenir voire agir.

Fondamental et rare, le site valorise et donne la parole aux personnes détenues ou anciennement détenues, à leurs proches, à leur famille ; des témoignages intimes sur ce qu’est la prison, la notion d’enfermement, la réalité du quotidien, la violence des relations humaines et de l’environnement, les effets collatéraux. En complément, des portfolios extraits de reportages existants de photographes professionnels (à ce titre, je remercie chaleureusement Judith de m’avoir sollicitée pour un portfolio extrait de Prisons de Madagascar), de créations théâtrales, éditoriales et graphiques participent à compléter sur le long terme ce puzzle mondial. À montrer, concrétiser, rendre visible ceux qui ne le sont pas.

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Armes légères, paix civile, droits de l’enfant

Selon Small arms survey et Amnesty international, plus de 850 millions d’armes légères et petits calibres (ALPC) sont en circulation dans le monde, dont près de 100 millions de kalachnikovs. Je ne sais pas si on réalise ce que cela représente.
Elles sont majoritairement détenues par des civils. Et 40 à 60 % du commerce des armes légères dans le monde est, à un moment donné, illicite (source Nations Unies) sans toutefois être illégal (marché gris).

La paix et la sécurité du monde en question

Conflits internes, guérillas, attentats voire attaques isolées… sont à l’origine d’atteintes et de destructions finalement massives (physique et mentale, familiale et sociale, économique et environnementale). Ils sont majoritairement menés avec des armes légères.
Résultat, une capacité de violence et de terreur toujours plus simple, forte mais aussi anarchique. De nombreuses zones géographiques vivent, subissent cela de façon récurrente voire permanente. Certaines sont plus médiatiques ou médiatisées que d’autres selon une « hiérarchie », comme on dit dans le métier, assez troublante.
Les répercussions humaines sont insupportables :
– plus de 500 000 tués chaque année, chiffres qui ne sont manifestement toujours pas assez forts pour signifier l’horreur que cela constitue,
et cela peut se passer tous les jours, dans n’importe quel pays ;
– les armes font chaque année 300 000 victimes hors conflits armés ;
– plus de 1 500 personnes meurent chaque jour, dont 250 000 par an de la violence armée ;
– dans les conflits armés, 80% des victimes sont des civils.

Du 24 au 27 août 2015, s’est tenue la 1ère conférence des États parties du Traité sur le commerce des armes (TCA) à Cancun. Aucun média n’a relayé cet événement sous quelque angle que ce soit. Même si « le mal est fait » dans le sens où un nombre considérable d’armes sont dans les mains de ceux qui contribuent à la déstabilisation du monde, et que l’on ne peut présumer de l’efficacité future du TCA, c’est une avancée considérable pour réglementer davantage le commerce et le transfert des armes (croyons-y). L’enjeu humain est inestimable, mondial et son application concrète urgente.

Enfants : quel avenir présent possible ?

Les civils, notamment les enfants, sont les premières victimes.
– Comment grandir dans un contexte d’insécurité chronique ?
– Comment se construire et se consolider quand on a perdu l’un de ses parents voire les deux, et que l’on est livré à soi-même ; aux autres par la même occasion ?
Quand on voit la mort en face ? Quand on la vit ?
et je ne me lancerai pas dans une liste noire des horreurs et terreurs auxquelles la violence confronte.
– Comment étudier quand on ne peut plus aller à l’école car elles ont été bombardées ou réquisitionnées ? – quand il y en a.
– Comment survivre quand on ne peut plus être soigné car les centres de soins ont subi le même sort ou que les médicaments sont encore moins disponibles que d’habitude ou en quantité insuffisante au regard des besoins ?
– Comment boire, se nourrir quand tout a été détruit, pillé ?
Que les sources d’eau sont contaminées ?
– Comment avoir un avenir quand on doit fuir, dans la ville ou dans le pays voisin (majorité des cas), vivre sans toit, sans eau ni électricité, en dépendant de l’aide internationale et/ou locale, voire en étant année après année dans des camps ?
– Comment échapper à un enrôlement pour être enfant soldat ? 250 000 soldats enfants, estimation (la prolifération des armes légères et de destruction extrême hyper maniables et pas chères comme la kalachnikov étant un lien évident).
– Comment échapper au destin d’enfant kamikaze ?
– Comment « revenir » d’un parcours d’enfant soldat ?
– Comment se remettre d’une situation, souvent associée, d’esclave sexuel(le) ? De bouclier humain ?
Comment survivre à tout cela ?
Rester intégré dans son propre pays ? S’intégrer dans un autre ?
– Comment résister aux traumatismes et apprendre à vivre avec ?

Comment un enfant peut-il ainsi avoir sa place dans le monde ? Avoir ses droits respectés ? Vivre et grandir, simplement ?

SOURCES des données chiffrées : ONU, Amnesty international, Small arms survey, UNICEF

> Le témoignage d’Emmanuel Jal, chanteur, musicien, ancien enfant soldat (la vidéo ci après a été enregistrée avant l’entrée en vigueur (24 décembre 2014) du Traité sur le commerce des armes.

Photo : Les temps modernes.2

Extrait de reportages et portraits, commandes et projets indépendants.
Madagascar, Paris, Rome, La Réunion, New York, Bastia.

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> (re)voir Les temps modernes.1

Parution

La bonne surprise du jour. Portrait extrait d’une série réalisée pour la Campagne des donateurs de Médecins du Monde, publié en 4e de couverture du magazine de l’association, parution été 2015.

tous medecins du monde_mdm_ete 2015_virginie de galzain                    Extrait du magazine Tous médecins du Monde, été 2015 © Virginie de Galzain

Mada…

Plein d’images jamais montrées, plein d’images chargées de rencontres, de souvenirs et de ce que vous ne verrez pas. Il faudra que je prenne le temps d’en faire quelque chose un jour. Une image prise, c’est comme l’enfance, ça marque à vie. Des photos non prises aussi, parce qu’il y a ce que l’on saisit et ce que l’on vit. Vu de l’extérieur ça ne se comprend pas toujours… Il y a beaucoup à dire, ça viendra. Le photographe ne peut que faire corps avec ce qui l’entoure, et c’est là toute la difficulté : être là sans être là, être immergé et garder une distance. Mettre l’humain au cœur de tout sachant qu’on s’oublie dans tout ça… On s’oublie mais on y met un peu de soi car on n’est pas là par hasard. Happé parce que l’on voit, entend, découvre, partage. Veiller à garder l’équilibre pour que l’affectif ne prenne pas le dessus sur l’information. Facile à dire !

Été 2012, je suis une équipe de chirurgiens bénévoles de Médecins du Monde dans une mission de chirurgie réparatrice à Madagascar. Encore l’océan Indien… Une journée est consacrée aux consultations (photo) avec les familles qui ont parfois traversé l’île pour espérer faire opérer leur enfant, une sœur, un proche. Les couloirs du service ne désengorgeront pas de la journée. Des malformations du visage aux brûlures graves, les médecins réaliseront près de 40 opérations en 5 jours, soutenus par l’équipe malgache.

mission chirurgie reparatrice_MdM_Mada__virginie de galzainChirurgie réparatrice_Médecins du Monde 2012 © Virginie de Galzain

Le petit gardien de zébus

Victor, les yeux fermés le temps d’un rêve…
Extrait du reportage Opération sourire, pour Médecins du Monde, à Madagascar.

victor_madagascar_virginie de galzainReportage Madagascar 2012 © Virginie de Galzain/MdM

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par Lire la suite de « L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan »

Témoignage :  » Se retrouver à la rue : il suffit de pas grand chose « 

Le témoignage que je vous invite à lire est celui de Jean, 51 ans. Nous sommes alors le 15 mai 2009 (voir extraits du reportage). Les enfants de Don Quichotte ont installé des tentes quai des Tuileries et appelé à une nouvelle mobilisation en faveur des personnes sans-abri, mal logées, des personnes en situation de précarité. En un mot : exclues. La nuit tombe, Jean raconte. C’est lui qui décide du début et de la fin.

Ces mots sont les siens, de façon intégrale, au fil de sa pensée, chaotique mais lucide et solide. Je les ai retrouvés ce matin en relisant des carnets de reportages noircis de témoignages. 5 ans déjà. Et le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter : plus de 140 000 en 2014 (100 000 en 2009). Celui des personnes mal logées ou en situation de fragilité locative : près de 10 millions, sur 66 millions de Français. Comment est-ce possible ?! Les différences et blessures invisibles guident, en partie, mon travail depuis 2007. La déshumanisation chronique des personnes en difficulté m’est insupportable. 

Avec les enfants de Don Quichotte
Extrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain.

 » J’ai été presque 3 ans à la rue. Il y a 7 mois, les Enfants du Canal* m’ont proposé une chambre contre un petit forfait par mois. Pour la première fois, on m’a dit : « Tu es chez toi« . Je me suis refait une santé et j’ai décidé de remonter la pente. Sans toit, c’était impossible. Il faut comprendre.

J’ai passé un examen de conducteur de poids lourd et suis devenu chauffeur du Bus-abri qui accueille les personnes qui n’ont pas de toit. En 6 mois, j’ai pu avoir tout cela, grâce à l’association.

Je suis d’Orléans. J’avais un emploi, un appartement. Et puis un jour, tout a commencé. Perdre son travail. Son logement. Se retrouver à la rue. Il suffit de pas grand chose. On finit par se dire qu’on s’en fout. On va dans les assos. On est envoyé de foyer en foyer. On ne mange pas. On ne dort pas. On voudrait juste savoir où on va. Et puis on peut tomber dans l’alcool : on a beau refaire le monde, on est rejeté de la société.

Je suis arrivé à Paris rue Saint-Denis. J’ai commencé à traîner. Quand tu n’as rien, tu dois malgré tout faire quelque chose. J’avais une tente que je démontais tous les matins : on s’y cache. On ne veut pas que les gens nous voient comme ça. On a notre fierté. Je me suis fait quelques copains. On passait la journée ensemble : Armée du Salut, Restos du cœur, Charonne… et puis on se séparait. Aujourd’hui, certains ont retrouvé un travail, d’autres…

Avec les enfants de Don QuichotteLa personne qui parle n’est pas représentée sur les photos © Virginie de Galzain.

J’ai une famille. Beaucoup en ont une. Mais tu te débrouilles tout seul dans ces cas-là. J’ai tenu grâce à mon chien. Il faut se battre. C’est dur la rue. On nous balade comme des bestiaux, on nous dit :  » Tu dors là « . S’il y a à manger on mange sinon on dort. Et à 6 heures, on doit  » dégager « . Tu parles d’une vie. Alors on se met à boire, pour oublier, parce que quand tu ne dors pas, il faut oublier.

Hommage aux morts dans la rue, 48 ans d’espérance de vie, en France…

Et puis un jour, tu « t’installes » dans la rue : tu laves tes fringues, tu prends un rythme, enfin celui que tu te donnes ; une bière ; plusieurs bières ; tu es bourré ; et ainsi de suite. Tu penses à la maladie. À la mort. On continue de te balader. Tu es fatigué. Tu laisses tomber. Ou tu te suicides. Ou tu attends que quelque chose t’emporte loin de tout ça.

L’Abri-bus des Enfants du Canal, les personnes à la rue connaissent. Elles savent qu’on est là. On discute avec elles. On mange un morceau. Il y a des gens qui sont dehors depuis 10 ans, 20 ans, avec leur vie dans un sac. On fait des maraudes, on donne un café ou un chocolat chaud et on discute. C’est très important, c’est ce que je préfère. Car quand tu as ramé, que tu t’en es sorti, tu fais envie de façon saine. Ca n’empêche pas certains de ne pas aimer voir les autres émerger. Mais ceux que tu rencontres voient que c’est possible et ils ont envie de prouver qu’ils peuvent y arriver aussi. « 

Avec les enfants de Don QuichotteExtrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain
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> Le site des Enfants du Canal : https://www.lesenfantsducanal.fr
> La page Facebook des Enfants de Don Quichotte : https://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Enfants-de-Don-Quichotte
> Le site de l’association Droit au logement/DAL : https://www.droitaulogement.org

Se faire soigner
: quelques pistes
> les PASS (permanence d’accès aux soins de santé, plus de 400 en France)
> les centres de soins de Médecins du Monde (CASO)
> la Croix Rouge et le SAMU social…

Se renseigner auprès des associations, centres d’action sociale… pour avoir une domiciliation (adresse ou recevoir du courrier gratuitement), un repas, un hébergement d’urgence , savoir où se laver, s’habiller (vestiaires solidaires), se faire accompagner pour retrouver un logement, connaître ses droits, s’il existe des transports accessibles gratuitement, reconstruire un projet personnel entre autres. Le contact humain est fondamental et vital dans tous les sens du terme.

Prisons de Madagascar, suite 2

prisons de Madagascar, 2012_virginie de galzain_mdm

Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Sortie des « dortoirs » pour la distributions du 2e et dernier repas de la journée.
Dans les prisons de Madagascar, la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité des détenus. Faute de financements réguliers et suffisants, les directeurs d’établissement ne peuvent pas toujours payer les fournisseurs immédiatement, et se retrouvent parfois avec un niveau insuffisant de nourriture. Le nombre de repas peut alors tomber de 2 à 1 par jour.

Prisons de Madagascar, inside.3

Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Des espaces surpeuplés datant pour la plupart de la colonisation, des odeurs de toilettes qui vous prennent à la gorge et vous imprègnent à peine la porte franchie, la menace récurrente de la peste en raison d’une forte présence de rats et de puces, un nombre important de décès faute d’alimentation suffisante, des droits humains non respectés… Telle est la situation insupportable des prisons de Madagascar et de nombreux pays du monde. Même si de nombreuses ONG et associations œuvrent pour l’amélioration des conditions sanitaires, juridiques et humaines, la tâche est titanesque.

Avec plus de 20 000 détenus dans l’île, le nombre de prisonniers a explosé depuis la chute de Ravalomanana (2009) dépassant de plus de 50% les « capacités » d’accueil. Notons, s’il est besoin de le rappeler, que l’aide internationale est quasi interrompue depuis cette période ! Le pays traverse une crise totale depuis 5 ans, et le parti pris a été de bloquer plus encore la situation d’habitants isolés dont le monde n’a que faire. Notons aussi qu’à ce jour, Madagascar fait partie des pays mis au banc du sommet États-Unis/Afrique qui se tiendra à Washington en août prochain. Conséquence, les budgets nécessaires pour l’alimentation, la santé, le droit, l’éducation, l’entretien et la rénovation des bâtiments, déjà largement sacrifiés au regard des besoins de la population, le sont plus encore pour les prisons.

Les « chambres » des détenus comprennent un ou plusieurs niveaux de lattes superposées souvent moisies et disjointes. Dans celles-ci, les toilettes sont au fond (un « luxe » façon toilettes « à la turque » loin d’être ainsi présent dans toutes les prisons, mais toilettes sans intimité et papier hygiénique absent). La photo montre le deuxième niveau d’une pièce étroite en comprenant 3. La hauteur ne permet pas de s’asseoir. Et la longueur ne permet pas de s’allonger. Dans ces dortoirs fermés de 17/18 heures jusqu’au lendemain matin, des dizaines à centaines de prisonniers sont entassés les uns contre les autres .

PHOTO : Pep Bonet. Continuer à témoigner.

 » A child is marked by his place of birth » (Pep Bonet*, photographe). L’endroit où nous naissons conditionne nos vies. C’est tellement évident que nous l’oublions souvent. C’est source de tant d’injustices qu’il convient de ne pas l’oublier (et nul besoin d’aller loin pour s’en rendre compte). Mais au Tchad, pour ne citer que ce pays, un enfant sur deux demeure non immunisé contre des infections évitables, et plus de 40% souffrent de malnutrition chronique. En clair : ces enfants ont faim, ne peuvent pas bénéficier de vaccinations ni de soins élémentaires, n’ont pas assez d’eau ni d’eau potable, n’ont parfois plus de parents pour s’occuper d’eux. Ce n’est pas seulement surréaliste : c’est totalement inhumain et scandaleux. Le taux de mortalité infantile avant 5 ans y est de 20%.

C’est là que le photographe Pep Bonet a réalisé The most beautiful hell I know/El infierno mas bonito que conozco, un documentaire qui vous plonge au cœur d’un service de pédiatrie infantile. En attendant sa diffusion complète, un trailer de plus de 3 minutes est d’ores et déjà visible : ces images renvoient aux pires crises humanitaires des années 70, notamment, mais elles sont nécessaires pour témoigner de la réalité de vie de très nombreuses familles sur cette planète. Elles engagent aussi celles et ceux qui s’investissent au quotidien, qui ne baissent pas les bras. Bien au-delà d’un constat, le sens de ces reportages tient dans une volonté tournée vers l’avenir : voir, savoir, croire et agir. C’est ce qui nous mène !

Nous sommes au XXIe siècle. Si le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans baisse régulièrement dans le monde depuis les années 1990** – seulement – (amélioration convergente de l’économie + accès aux soins + sensibilisation des familles + éducation + veille au respect des droits humains…), il demeure encore bien trop élevé, notamment dans certains pays d’Afrique et d’Asie du sud. Chaque année, plus de 7 millions d’enfants meurent avant cet âge : soit plus de 19 000 par jour ! En question : une alimentation insuffisante en quantité et en qualité, des maladies prévenues voire éradiquées dans certaines parties du globe qui continuent pourtant de tuer par manque de moyens matériels et sanitaires de base (maladies respiratoires, diarrhées, paludisme, vih-sida) ! Des facteurs régulièrement aggravés par une mortalité importante des mamans à la naissance, l’insécurité mondiale, les migrations forcées massives, les épidémies (choléra, rougeole…) entre autres.

En question aussi, ne nous leurrons pas, des volontés et implications bien insuffisantes de la part des décideurs quels qu’ils soient et où qu’ils soient. L’argent va à l’argent.

Nous sommes au XXIe siècle : l’histoire se construit et se déconstruit de façon vertigineuse, de plus en plus incontrôlable. Et Pep Bonet fait partie de ceux qui croient en la transmission du virus de l’espoir. Et c’est primordial.

*membre de l’agence Noor images (référence absolue avec Magnum)_** Sources UNICEF

Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite

Rapidement, en passant… et compte tenu de l’importance que j’accorde à cette collaboration qui dure depuis plusieurs années maintenant : une news ! À la suite du reportage réalisé pour Médecins du Monde sur la mission de chirurgie réparatrice Opération sourire (Madagascar), un livret de 24 pages a été édité sur le format carnet de route photos/textes (textes Nolwenn Roussier). Une des photos fait aussi la Une du dernier rapport d’activités dédié.  Quelques images de l’autre reportage, Prisons de Madagascar, sont toujours en ligne sur ce lien.

> Télécharger le livret au format pdf
> Voir la page du reportage Chirurgie réparatrice : opération sourire

carnet route Mada_MdM_virginie de galzain Lire la suite de « Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite »

Prisons de Madagascar : détail

Quartier Mineurs : détail. Extrait d’un reportage réalisé avec Médecins du Monde
dont vous pouvez voir d’autres images dans ce diaporama

Prisons Madagascar_Medecins du Monde _©Virginie de Galzain
Prisons de Madagascar
©Virginie de Galzain/Médecins du Monde

Droits humains : prisons de Madagascar

Diaporama extrait d’un des 2 reportages que j’ai réalisés à Madagascar pour Médecins du Monde : la mission Prisons. Quelques photos à voir sur ce lien.


© Virginie de Galzain/Médecins du Monde 2012

mission prison_mdm_madagascar_virginie de galzain

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Appréhension


Madagascar/Opération sourire/chirurgie réparatrice ©Virginie de Galzain/MdM

Réparation

Premières images extraites du second reportage réalisé cet été à Madagascar avec Médecins du Monde : une mission de chirurgie réparatrice menée sur des enfants et des grands brûlés.

Madagascar/Opération sourire/chirurgie réparatrice ©Virginie de Galzain/MdM

Prisons de Madagascar

Premières images extraites d’un des deux reportages réalisés cet été à Madagascar avec Médecins du Monde. A suivre d’ici à…


Prisons de Madagascar ©Virginie de Galzain/MdM

Maraudes de nuit, santé, habitat, Roms & co

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Extraits ©Virginie de Galzain/MdM

En France, Médecins du Monde agit contre l’exclusion et pour l’accès aux soins pour tous. Elle vient notamment en aide aux personnes sans abri via un soutien médico-social. A Nice (cf diaporama), l’équipe dispense les premiers soins, offre des médicaments de première nécessité et des compléments alimentaires. Elle oriente aussi vers son Centre d’accès aux soins (CASO) et les structures médicales complémentaires.

Toute personne vivant dans la rue est de facto en situation d’insécurité physique et psychologique ; fragilisée par des privations permanentes, un environnement agressif, l’isolement. Et les enfants sont particulièrement exposés aux risques d’infections, été comme hiver. En outre, en raison des conditions héritées des politiques sécuritaires et/ou migratoires françaises, beaucoup de personnes sans domicile, avec ou sans papiers, se cachent de peur d’être interpellées voire reconduites à la frontière. Ce qui constitue une entrave de plus à l’accès aux soins. C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les associations qui doivent chercher les personnes en question lors des tournées avant de pouvoir leur venir en aide, quand elles les retrouvent.

La région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est une des plus touchées par la hausse de la précarité : 15,7% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté* ; 25% de ses salariés gagnent moins de 830 euros par mois**. En France, le nombre de personnes sans abri est de plus de 130 000 personnes, avec une hausse importante du nombre de jeunes, de femmes enceintes et de familles avec enfants mineurs !

A propos de…
On assiste une fois de plus à de nombreux démantèlements de camps habités par des Roms (on expulse l’été, on laisse se réinstaller l’hiver, on expulse quelques mois plus tard…) ; on invoque les risques sanitaires encourus par les personnes vivant « dans » et « à proximité » des bidonvilles dans lesquels vivent certains Roms. Il ne saurait en être autrement puisqu’un bidonville est, par définition, insalubre/non sain. Faisons « avec » ceux qui vivent sur notre territoire en proposant des emplacements de résidence, de travail sous conditions de part et d’autre, par pallier. Ce, en tenant compte de la répartition géographique souvent historique car toutes les communes ne sont pas concernées à égalité par le sujet. Plutôt que de laisser pourrir des situations en connaissance de cause, jusqu’à ce que cela ne devienne plus supportable pour qui que ce soit. Ce qui est insupportable, c’est que les personnes sans abri et sans domicile fixe le restent, avec les manques inhérents : sans existence humaine, sociale, administrative et sans ressources et/ou travail stable quand travail il y a. Ce qui est insupportable c’est que ces situations existent.

De l’insalubrité cachée
Pour élargir sur ce qu’on voit moins et qui touche environ un habitant sur 10 en France*** : si on parlait aussi des risques sanitaires et physiques encourus par ceux qui vivent « dans » des logements — cette fois-ci — mais insalubres, loués sans aucun scrupules par des propriétaires qui passent je ne sais comment entre les mailles du filet « normes » ? Des problèmes liés au saturnisme ? De la surpopulation locative faute de logement adapté parce que c’est inaccessible ou que les garanties demandées sont trop fortes, quand bien même on aurait de quoi payer ses factures ? Avec des sanitaires qui n’en sont pas, des modes de chauffage d’un autre âge, une isolation murale et sonore insuffisante, des parties communes non restaurées ? Est-ce que les politiques réalisent, au-delà des chiffres, ce que représente et ce qu’implique ce genre de vie ? L’angoisse des parents qui aimeraient offrir d’autres conditions de vie à leurs proches et dont on n’imagine pas, en les voyant, qu’ils vivent de façon indigne ? Les enfants qui s’isolent faute de pouvoir inviter un ami de classe chez eux en raison de… ?

Une politique en faveur du respect des droits fondamentaux humains ?
L’accès aux soins, à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à l’emploi sont 5 des piliers des droits fondamentaux de l’Homme. Certes, il y a « la crise » dont on ne peut faire abstraction, et même « les crises ». Mais si on n’investit pas sur un « minimum syndical » de bien-être des êtres humains, sur quoi investir ? Si ceux qui sont « au pouvoir » et ont ce pouvoir de prendre des décisions là où ils ne l’avaient pas hier, s’ils n’amorcent pas des améliorations en ce sens : où va-t-on ?

Les décisions à prendre doivent tenir compte de TOUS les paramètres : société, santé, éducation, emploi, économie, logement, environnement, sécurité, immigration… Ce, dans une même direction : la possibilité pour chacun de vivre, sinon le mieux, du moins le moins mal possible de façon digne et autonome au sein d’un monde désormais totalement interdépendant.

«  Le redressement est indispensable, mais il ne sera possible que dans la justice. Fiscalité, éducation, logement, santé, accès à l’énergie, sécurité, services publics, nouveaux droits, culture : l’âme de la France, c’est l’égalité.  » (François Hollande, Le projet). La question est donc d’agir avec équité et éthique sur ces piliers fondamentaux : emploi stable, habitat décent, éducation égalitaire pour tous (condition d’avenir et de sécurité au sens très large du terme), alimentation quotidienne de qualité, accès aux soins et protection de l’environnement qui doivent être absolument prioritaires sur tout le reste. Ce, en remettant en question un système économique concentré dans les mains de quelques centaines de puissants, de façon à ce qu’il soit au service de la société et non pas subi par celle-ci. Sans quoi, la société en question, dont la part de celle qui a cru en « vous » Monsieur le Président, sans illusion mais avec espoir, risque fort de se radicaliser.
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* Sources INSEE  *2012 ** 2009. *** Fondation Abbé Pierre.

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


Un logement – décent – pour tous : signez !

Mobilisation contre le mal logement : je ne comprends pas que cette pétition n’ait pas encore atteint ses 400 000 signatures ! Ce qui resterait peu sur plus de 65 millions de Français. Signez aussi et faites suivre : contrairement à ce que l’on croit, cela sert !

http://www.mobilisationlogement2012.com/je-signe-la-petition

Laisser des personnes vivre en situation de déséquilibre chronique, voire  à la rue est une infraction tolérée à la Déclaration universelle des droits de l’homme. On « encourage » l’accès à la propriété, on assure « suffisamment » de places en hébergement pour les sans-logis (comment peut-on appeler cela une « amélioration »), on « promet » plus de logements sociaux*. La belle affaire ! Le niveau de vie des Français a baissé : plus de la moitié vit avec 1500 euros et moins par mois. Certes, il y a pire ailleurs. Mais une situation qui se dégrade localement ne permet jamais à celle des autres pays de s’améliorer : cela ne fait qu’ajouter à l’instabilité générale. Instabilité sociale, économique, géographique, démocratique.

Le chômage, l’emploi instable, les revenus qui plafonnent (mais ne sont pas plafonnés par ailleurs au-delà d’un certain montant), la hausse des prix… fragilisent des millions de personnes. Aujourd’hui, trouver un logement adapté relève de l’exploit si on ne gagne pas au moins 3 à 4 fois le loyer + caution multiple (j’insiste sur cette notion) dont tout le monde ne dispose pas. Quant à acheter : quand la priorité est déjà d’assurer le quotidien/le présent, l’avenir attend.

Près de 700 000 personnes sont sans domicile fixe en France (foyer, hébergement d’urgence, hôtel de marchands de sommeil, caravane, cabane, voiture…), dont 133 000 personnes qui vivent dans la rue.
+ 2,7 millions de personnes mal logées (logement privé des conforts sanitaire, matériel, sécuritaire et j’en passe ; logement insalubre pour ne pas dire taudis, trop petit par rapport au nombre de personnes…)
+ 5 millions de personnes fragilisées par la crise du logement (loyers impayés faute d’argent, copropriété en difficultés et/ou dégradées faute de moyens, surpeuplement, logement chez un tiers…)

Sans oublier les près de 600 000 propriétaires et en phase d’acquisition qui sont en difficultés de paiement. *1,2 million de ménages toujours en attente de logement social. Et en considérant que près de 4 millions de personnes n’ont pas les moyens de se chauffer correctement l’hiver car la facture d’électricité est trop chère.

= entre 8 et 10 millions de personnes – des hommes, des femmes et leurs enfants – touchées par la crise du logement et en situation de survie : pas de logement, un logement précaire et/ou indécent, un logement en passe d’être perdu.

L’expo Vivre avec le VIH à Ivry-sur-Seine

L’expo photo Vivre avec le VIH/Sida est tout le week-end à « Ivry en fête ». Elle sera ensuite exposée au Point Information Jeunesse de la Mairie, en parallèle de Solidays. Elle est extraite du reportage indépendant que j’ai effectué pendant plusieurs mois. C’est la 7e exposition de ce travail en France. Télécharger la présentation du projet .
Voir le diaporama

Sandra, 19 ans/Vivre avec le VIH/Sida ©Virginie de Galzain

Les 18 et 19 juin: Ivry en fête, Espace Jeunesse de 14h à 19h et jusqu’au 27 juin 2011 au Point information jeunesse : 3-5 rue Raspail, 94200 Ivry-sur-Seine.

EXPO Vivre avec le VIH, à Chalon/Saône

L’exposition extraite du reportage que j’ai effectué sur la vie avec le VIH-Sida pendant plusieurs mois (télécharger pdf de la présentation) poursuit son chemin. Après plusieurs diffusions en 2010 (voir onglet Expos), elle est à la mairie de Chalon-sur-Saône du 1er au 22 29 avril. Elle est par ailleurs intégrée à la programmation de la semaine de lutte contre les discriminations de la Ville, qui se tiendra du 11 au 16 avril.

Je remercie à nouveau les nombreux patients et les membres de l’équipe médicale du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP pour leur confiance et leur aide, et tous ceux qui me soutiennent via la diffusion de ce projet.

Je suis sur un autre sujet depuis plusieurs mois, retour au film noir et blanc cette fois. A suivre.

Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida ©Virginie de Galzain

Mairie de Chalon/Saône : 03 85 90 50 50. Tirages d’exposition : PICTO Bastille/Paris. Parrainage : association internationale de photographie sociale Sophot/Pour que l’esprit vive. Contact vdegalzain.gmail.com

PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite

À la suite du photoreportage réalisé pendant plusieurs mois au sein du service Immunologie de l’HEGP avec l’autorisation exceptionnelle de l’AP-HP, plusieurs expositions ont été commandées depuis juin 2010 (voir onglet Expositions). J’ai le plaisir de vous annoncer la poursuite de la diffusion du projet Vivre avec le vih (télécharger le pdf de présentation).


Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida
©Virginie de Galzain

POURQUOI CE SUJET : initié en 2008, ce projet a vu le jour en 2009. C’est le premier volet d’un projet photographique de long terme sur les différences invisibles, multiples, parfois taboues, qui conditionnent la vie au quotidien. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature sur ce sujet en France. ▪ Les questions liées à cette maladie d’ampleur mondiale sont universelles, avec comme enjeu : la vie et l’acceptation de tous dans la société. Près de trente ans après la découverte du VIH, la discrimination persistante à l’égard Lire la suite de « PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite »

DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien


Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

Ville de Paris : un été solidaire

Être sans abri, c’est être plus fragile à tout. Être sans toit, c’est ne pas avoir accès au minimum vital ; ce, toute l’année, été comme hiver. Pour faciliter l’accès à l’eau potable pour les personnes sans abri et sans domicile fixe, notamment en cas de forte chaleur, la Ville de Paris a édité une carte qui recense plus de 900 points d’eau dans la capitale. Autre support : le guide Solidarité été 2010, avec des conseils pratiques, des sites de distribution alimentaire en Lire la suite de « Ville de Paris : un été solidaire »

Salon des solidarités, suite

Le salon des Solidarités s’achève, les initiatives se poursuivent. La phrase ci-dessous résume bien la situation, même Lire la suite de « Salon des solidarités, suite »

PHOTO : reportage expo 1

D’après le reportage que j’ai réalisé au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP. Un travail photographique en immersion au cœur du lieu intime de la prise en charge des patients initié fin 2008, et réalisé en 2009.
Pendant plusieurs mois. De août à décembre 2009, j’ai pu suivre les patients Lire la suite de « PHOTO : reportage expo 1 »

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

REPORTAGE « Vivre avec le VIH-Sida »

Le reportage photo que j’ai réalisé en indépendant pendant plusieurs mois (août-décembre 2009) au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP s’achève à peine.  Il fait partie d’un travail de long terme sur les différences invisibles, multiples, qui conditionnent la vie au quotidien. Ce travail comportera plusieurs volets (santé, éducation, environnement, société).

Après avoir vu les premières images, Alain Miguet* m’a proposé de répondre à ses questions sur les motivations, les angles, les enjeux et les perspectives de ce projet. LIRE L’INTERVIEW

*Rédacteur en chef de Sida-Info-Service.org/association nationale de lutte contre le sida


“Vivre avec le VIH en France” (nikon fm2,  film Kodak Portra 800) © Virginie de GALZAIN

Reportage ‘Vivre avec le VIH-sida en France’

Télécharger la présentation du reportage.


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Exposition disponible à la location (précisions sur ce lien)
22 tirages argentique couleur 60×90 contrecollés dibond, 8 textes tirages alu 21×40

Ce reportage de plusieurs mois continus a été réalisé au sein du service immunologie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou/AP-HP. C’est le premier volet d’un projet photographique indépendant de long terme sur les différences invisibles. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature, sur ce sujet, en France.

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Extrait du reportage “Vivre avec le VIH Sida”  © Virginie de GALZAIN

Le VIH-Sida, ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui vivent aujourd’hui avec une maladie qui bouleverse la vie dans toutes ses dimensions : psychologique et physique, sociale, professionnelle, sanitaire et familiale. Près de trente ans après la découverte du VIH, si les avancées médicales sont considérables, la discrimination persistante à l’égard des personnes séropositives, les idées reçues, les tabous sont une réalité. Une situation qui peut occasionner un isolement et une dissimulation inacceptables. En France, 52 % n’ont pas révélé leur séropositivité à un membre de leur famille. Pourquoi en est-on encore là ?

Parce que le VIH-Sida ne se voit pas, ne se dit pas, mais est vécu souvent seul, de l’intérieur, l’exposition est un face à face intime avec les personnes séropositives. Elle donne à entrevoir, en photographies et en extraits de témoignages, la vie avec le virus, ici, en France.
Commencer un sujet lié au VIH-Sida en rencontrant des personnes séropositives dans un milieu hospitalier me paraissait indispensable. Depuis presque trente ans, c’est le lieu intime de la prise en charge des patients. Ils y ont des attaches fortes, de confiance et souvent affectives avec le personnel médical. C’est aussi un des rares endroits, parfois le seul, où ils parlent de leur situation sans barrière. Ce reportage est une immersion forte dans un univers où l’être humain est au centre de tout : de la relation humaine, de la relation médicale, de la prise en charge, de la mort, de la vie avec une égalité de traitement pour tous, dans la mesure des moyens disponibles.

Pendant plusieurs mois, j’ai pu suivre les consultations, les hospitalisations « court séjour », les bilans. Laisser la parole aux personnes séropositives sur leur quotidien. Suivre dans le même temps l’engagement du corps médical dans son combat pour la vie. J’ai ainsi croisé le chemin de plus d’une centaine de patients, et j’ai pu m’entretenir avec environ cinquante d’entre eux, de quelques minutes à plus d’une heure et demi. Des hommes, des femmes de 17 à 81 ans, français ou d’origine étrangère, homosexuels ou hétérosexuels, parents ou en projet de l’être, avec ou sans emploi, favorisés ou en situation de détresse, certains sans logement.

Dans le cadre de ce sujet, seuls les membres du personnel médical ont accepté d’être photographiés à visage découvert en vue d’une possible diffusion grand public. Concernant les patients, à l’exception d’un seul, le respect de leur anonymat a été une condition de ma présence. Et tous les témoignages ont été pris en notes. Le simple fait que ma présence soit acceptée était déjà pour moi un signe positif. J’ai décidé de me laisser guider par celles et ceux qui m’ont confié une part d’eux-mêmes et de rester fidèle à cette réalité : celle d’une maladie qui n’est pas écrite sur un visage, mais qui est supportée sans avoir pleinement le choix d’en montrer un.

Ma volonté : humaniser le sujet, l’établir dans sa réalité. Montrer que tout le monde peut être concerné. Ouvrir les yeux sur la nécessaire acceptation de toutes les différences pour permettre à chacun de vivre comme les autres au sein de la société. Voir ou ne pas voir les visages n’est pas une fin en soi. Les gestes, les positions du corps, des mains sont un autre miroir de l’âme. Ils traduisent, transmettent, livrent des états intérieurs, des sentiments. Ils communiquent intimement, sans artifice, sans frontière avec l’Autre.

Famille, vie privée, santé, emploi, niveau de vie… En évoquant des situations du quotidien, chaque histoire individuelle participe un peu plus à l’universalité du sujet. Ce qui compte, c’est le message, l’identité des parcours, la dignité que chacun offre.

Remerciements : Direction de la Communication de l’AP-HP, Service Immunologie de l’HEGP/AP-HP, personnel médical qui m’a accordé son savoir-faire et sa disponibilité et les patients, qui m’ont accordé leur temps et surtout leur confiance absolue, et pour qui j’espère faire et voir aboutir les projets prévus.

ARTICLES À TÉLÉCHARGER :

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L’urgence durable : de Rome à Copenhague

 » La crise silencieuse de la faim représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde ». Jacques Diouf, directeur général de la FAO (ONU pour l’alimentation et l’agriculture).

Alors que le sommet de Copenhague est médiatisé depuis des mois (ce qui n’empêche pas  une réelle méconnaissance de son ordre du jour), le prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre ce 16 novembre à Rome avec nettement moins d’enthousiasme politique. Les émeutes d’avril 2008 semblent Lire la suite de « L’urgence durable : de Rome à Copenhague »

300e post !

La première image d’un reportage en cours depuis plusieurs semaines. J’en dirai davantage un peu plus tard. Un sujet lié aux impacts d’une maladie sur une vie sociale, publique et privée.

Au passage, un grand merci à ceux qui participent de près ou de loin à la vie de ce blog.

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(nikon fm2, portra 400 vc) © Virginie de GALZAIN

La grippe A(nxiogène)

La grippe A : dernière psychose sanitaire contrôlée ? Je me pose la question. Ou plutôt je ne me la pose pas. Indépendamment des modes de contamination que nous connaissons déjà bien chaque hiver, et que seule une quarantaine généralisée pourrait singulièrement freiner. Et indépendamment des incertitudes et méconnaissances liées à tout virus en mutation. Les conséquences sur l’organisme variant selon l’individu, l’âge, l’état initial de santé et le niveau de vie, la zone géographique, les primordiales conditions d’accès aux soins et à l’information, les conditions sanitaires locales… Soyons lucides.

Loin de moi l’idée de minimiser les risques, réels. Mais en attendant, la grippe saisonnière provoque chaque année dans le monde 250 000 à 500 000 décès* (soit 684 à 1 369 personnes par jour, on en est loin) – dont plusieurs milliers en France, et touche en moyenne 3 et 5 millions de personnes sous des formes aggravées. Qui s’en soucie ? Je ne parle des nombreuses autres maladies qui font autant voire plus de ravages au quotidien.

Mais la grippe porcine elle, renommée grippe A pour les raisons que l’on sait, c’est une « vraie » épidémie dangereuse, qu’on nous localise jour après jour de façon anxiogène sur une carte. Et qui génère des angoisses visibles dès qu’un individu se met à tousser dans les transports en commun, par exemple. Un peu comme un sac abandonné qui pourrait contenir une mauvaise surprise. Bref. Principe de précaution : sans aucun doute ; conditionnement obsessionnel mondialisé malsain à la limite de la manipulation : non.

Et les labos dans tout cela ? Bonne pub pour LE (ou les futurs) détenteur(s) des « doses » salvatrices que je ne nommerai pas, qui ne se prive pas d’en rajouter une couche à renfort de bannières publicitaires sur Internet ces jours-ci. À la frontière de l’indécence.
L’occasion de se replonger dans cet excellent reportage – Maladies à vendre**paru dans le non moins excellent magazine XXI (dont je reparlerai plus tard) fondé par Patrick de Saint Exupery. On y lève le voile sur le lobby de l’industrie pharmaceutique, le subtil contrôle des prescriptions médicales. Ou comment certaines maladies seraient devenues des marchandises, dont le moteur essentiel serait la durée de vie du brevet des médicaments. Affaire À suivre.

*Source OMS (www.who.int/fr)

**À lire dans le n° Octobre/Novembre/Décembre 2008, Destins d’Afrique, toujours en vente dans les librairies et sur http://www.fnac.com entre autres.

Zimbabwe : alerte au choléra

25 décembre 2008, le ministère de la Santé du Zimbabwe notifie 26 497 cas de choléra, dont 1518 mortels. 30 janvier 2009 : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre plus de 60 000 personnes contaminées, et plus de 3 100 morts. Un bilan certainement en deçà de la réalité, au sujet de l’épidémie qui sévit dans le pays depuis août 2008. Le point.

Quid du choléra
Le choléra est une maladie intestinale extrêmement contagieuse, qui se propage par le bacille Vibrio cholerae et  » se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés  » (OMS). La base du traitement : l’hydratation, et l’administration de sels de réhydratation orale (SRO) en raison de très fortes diarrhées et de vomissements à répétition. Voire un traitement antibiotique.

C’est une maladie facile à soigner, guérissable dans la plupart des cas, pourvu qu’on en ait les moyens. Car sans traitement adapté, on peut mourir de cette maladie dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes. Le risque de mortalité de la population peut alors passer de 1 à
50 %. Au Zimbabwe, cela signifie que 6 des quelque 12 millions d’habitants sont concernés. Inconcevable en France (métropolitaine je précise) où ⎯ à titre de grossière et incomparable comparaison ⎯  l’état d’alerte sanitaire est décrété dès qu’une amorce de menace de chinkungunya plane.

Les moyens conditionnent la fin
Du côté de la population, comment avoir accès à l’information, à la prévention quand on vit dans une zone reculée ? Comment bénéficier de soins quand on n’a pas d’argent pour se déplacer dans une structure sanitaire ? Comment éviter la maladie ou se soigner quand le minimum nécessaire et vital, une eau potable et saine, n’est pas disponible ?

Les professionnels de la santé ⎯ dont une bonne partie a quitté le pays ⎯ rencontrent aussi de nombreuses difficultés. Le manque de moyens pour se rendre sur leur lieu de travail ou chez les habitants touchés par des maladies. Idem pour exercer leur métier : comment enrayer une épidémie quand on n’a pas les moyens humains et matériels pour soigner les malades ? Quand le gouvernement et les administrations en place ne s’engagent pas et n’apportent pas le soutien nécessaire ? Quand la situation politique, économique, sociale et sanitaire d’un pays s’aggrave d’année en année ? Pas de moyens. Tout est là. Ici, comme dans des dizaines d’autres pays du monde.

L’eau : origine et solution du mal
Le manque d’eau potable et de réseaux d’assainissement* est à l’origine de nombreuses maladies infectieuses intestinales et de millions de décès annuels. Le premier cause un défaut d’hydratation vitale, et des problèmes d’hygiène corporelle et alimentaire ; par extension, il touche l’agriculture, l’élevage, la pêche… Le deuxième favorise le développement et la propagation de maladies en raison d’eaux souillées, par des matières fécales notamment.

Les difficultés économiques et politiques critiques que traverse le Zimbabwe conditionnent une situation géographique et météorologique déjà fortement pénalisante. Les habitants des pays sous-développés et en voie de développement étant les plus vulnérables et les plus dépendants. La saison des pluies en cours, et les mouvements de population vers l’Afrique du Sud et le Mozambique notamment, sont des risques supplémentaires de contamination.

Le Zimbabwe en quelques chiffres**
Le Zimbabwe comprend entre 12 et 13 millions d’habitants. C’est un des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire (40 %) et le VIH Sida (20 % des 15-49 ans). Près de 1,3 million d’enfants sont orphelins, la majorité ont perdu leurs parents des suites du VIH. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 40 ans (plus de 80 ans en France). Le taux de mortalité des moins de 5 ans est de
105 ‰, un chiffre qui a presque doublé en 20 ans (taux de mortalité infantile en France : 3,6 ‰). Les dépenses moyennes de santé par an et par habitant avoisinent les 28 dollars (plus de 3800 dollars en France).

Le choléra dans le monde
L’OMS dénombre aujourd’hui plus de 236 800 cas de choléra, répartis dans plus de 50 pays en Afrique, en Asie du Sud et dans les Amériques ; un chiffre qui correspondrait à 10 % du nombre de cas réels. La multiplication d’épisodes météorologiques extrêmes (tempêtes, sécheresse, cyclones, inondations, etc) favorisent les dégradations sanitaires et aqueuses locales. Et le changement climatique fait craindre une accentuation des éléments précités, ainsi qu’une réapparition de certaines maladies dans des zones où elles avaient totalement disparu : l’Europe étant bien sûr concernée.

Chaque situation doit être considérée non seulement d’un point de vue local, mais aussi mondial, au risque d’arriver à des impasses sanitaires aberrantes et inhumaines. Ce qui concerne d’autres  régions aujourd’hui, pourrait nous concerner demain, à moyen ou long terme.

*1,4 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. 2,3 milliards de personnes ne disposent d’aucune installation sanitaire.
**Les chiffres France sont là pour donner une échelle de valeur et non à titre de comparaison.
Sources Médecins du monde, Unicef, Ined.

Reportage Elsa D., une vie et le Sida : part1

Voici les premières images d’un reportage ©* que Raphaël Blasselle & moi-même sommes en train de réaliser. Notre volonté : aller au coeur d’un sujet toujours aussi tabou et méconnu, le VIH-Sida, vu non sous ses aspects cliniques, mais sous ses aspects humains et relationnels, avec un portrait subjectif. Après de nombreux refus liés à la stigmatisation des personnes touchées, nous avons rencontré en juillet dernier Elsa, 47 ans.
Séropositive depuis plus de 10 ans, elle a accepté de nous ouvrir sa vie, son intimité, jusqu’à son image. Une femme qui s’interroge sur ce qu’est son existence aujourd’hui : une question de vie, de mort, de condition humaine.


©http://www.raphaelblasselle.eu & https://vdegalzain.wordpress.com / Droits réservés

L’angle humain de ce projet qui replace une personne malade du Sida au coeur de la société est essentiel. Il va donner la parole à la principale intéressée, et mettra en exergue des questionnements du quotidien auxquels chacun – hommes, femmes, enfants, hétéros, homos – est ou peut un jour être confronté sans distinction. Le point de vue du corps médical fera partie du volet 2 de ce sujet, qui sera accompagné prochainement de textes et de la voix d’Elsa. Rendez-vous très vite pour la suite. Ce 1er décembre n’est que le point de départ.

Nous sommes en 2008, le virus a décimé plus de 30 millions de personnes. Chaque jour, plus de 7 400 personnes sont infectées – dont 1000 ont moins de 15 ans, tandis que plus de 6 000 décèdent. En France comme à l’étranger, Les chiffres de contamination sont certainement supérieurs aux chiffres officiels : d’une part car de très nombreuses personnes n’ont pas fait de test de dépistage après une prise de risque, d’autre part car certains Etats (Chine, Inde notamment) dissimulent le nombre réel de cas. Face à cette maladie que rien ne guérit, un seul moyen de protection : le préservatif.

*© PRÉCISION : les photographies qui figurent dans le diaporama ne sont pas libres de droit. Leur cession est envisageable à une condition : la diffusion d’un diaporama monté et/ou la publication d’un article rédigé et illustré, par les deux auteurs du reportage exclusivement.

Choc VS Soft : cherchez l’erreur

Aujourd’hui se tenait la Journée internationale pour l’élimination de la violence sous toutes ses formes à l’égard des femmes (physiques, conjugales, exploitation sexuelle, viol, infanticide et avortement sélectif, trafic humain et enlèvement, mutilation sexuelle, esclavage…). Lundi prochain, ce sera celle de la lutte contre le Sida.

Deux campagnes, deux sujets graves à des degrés différents, deux façons de traiter l’information et la prévention. D’un extrême à l’autre. Dans le premier cas, les violences conjugales mises en scène par Olivier Dahan avec TBWA/Paris pour Amnesty France. Un film choc, direct, sans concession qui provoque et réveille. Essentiel dans un monde où certains droits humains sont sacrifiés sur l’hôtel de l’indifférence et du silence.

Dans le deuxième cas, Elie Semoun joue la carte « petite annonce prévention » pour AIDES. Aseptisé et raté. À quoi bon le soft de la part d’une association engagée reconnue, qui lutte contre une maladie toujours aussi taboue ? À quoi bon fêter 25 ans d’action et ne pas en profiter pour faire passer un message percutant, alors que les médecins des services spécialisés voient arriver de plus en plus de jeunes et que RIEN ne permet de guérir du Sida aujourd’hui ?

Diabète, obésité : la santé en danger

14 novembre : journée mondiale du diabète. La maladie est épidémique, non transmissible, et en passe de devenir un des principaux fléaux sanitaires du XXIe siècle. À l’origine de 2,9 millions de décès de cause directe ou indirecte par an, elle peut être évitée. Explications.

Diabète et obésité
Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une accumulation excessive de sucre dans le sang. Elle est due à une production insuffisante de l’insuline par l’organisme (diabète de type 1) ou à une mauvaise utilisation de l’insuline par ce dernier (diabète de type 2). Aujourd’hui, on estime à 246 millions le nombre de personnes atteintes de la maladie, dont 90 % de diabète de type 2. Une moyenne qui pourrait doubler d’ici à 2030 ! En France, près de  3 millions de personnes sont déjà concernées.

Le surpoids et l’obésité sont sources de pathologies chroniques graves dont le diabète de type 2, actuellement 4e cause de décès dans la majorité des pays riches. Une catastrophe en termes de santé publique, alors que l’obésité est non transmissible, et pour beaucoup liée à des causes évitables : consommation excessive de graisses, activité physique insuffisante notamment. Agir sur ces causes évitables, c’est agir sur le diabète et les maladies associées comme l’hypertension, certains cancers, et les maladies cardio-vasculaires — premières responsables du décès des diabétiques dans les pays industrialisés.

Le pourquoi du comment
Près de 1,7 milliard d’individus sont atteints de surpoids, dont 300 millions d’obésité. Compte tenu de l’ampleur des dégâts, il serait temps de prendre conscience que c’est avant tout une question de santé et de qualité de vie, et non d’esthétique même si… Comment en sommes-nous arrivés là ? Très simple : nous mangeons trop, nous mangeons mal, et nous avons réduit notre activité physique quotidienne à néant ou presque. Ce qui nous rapproche à vitesse grand V du modèle Couch potato ou « patate de canapé » selon la très visuelle expression consacrée.

En cause : l’urbanisation, la modernisation et l’occidentalisation industrielle du monde qui ont provoqué l’abandon de modes de vie traditionnels, la hausse des déplacements en transports en commun, mais aussi le développement des loisirs passifs (télévision, jeux vidéos and co) et du grignotage compulsif. Dans le même temps, l’industrie agro-alimentaire a multiplié la production d’aliments plus riches en tout (sucre, sel, matière grasse), les plats préparés souvent loin d’être équilibrés et les portions individuelles gargantuesques très énergétiques mais pas très nourrissantes. Cherchez l’erreur.

Le lobby industriel
Trop salés, trop sucrés, trop gras : le constat reste sans appel pour de nombreux produits préparés issus de l’industrie agro-alimentaire. Des céréales au chocolat « riches en vitamines, fer et blé complet » – et surtout en matières grasses – aux plats cuisinés « garants d’un bon équilibre alimentaire » – dont la teneur en sel est démontrée néfaste pour la santé – en passant par les produits laitiers « riches en calcium » à la valeur énergétique explosive et les conditionnements ludiques, tout est bon pour vendre et créer une dépendance du consommateur au produit. Et même si des efforts commencent à être faits pour réduire les ajouts excessifs en sucre, sel et matière grasse notamment, la logique reste le profit. Rien n’est gratuit, soyons réalistes.

D’autre part, certaines marques n’hésitent pas à détourner les messages du Programme national nutrition et santé (PNNS) en slogan publicitaire, manipulant habilement le client sur les réelles vertus nutritionnelles de ses achats. Toutes sont concernées, y compris celles qui sont engagées sur le terrain du programme Nutrition et santé, à grand renfort de consultants et de diététiciens pour donner une caution scientifique à leurs productions. Il est temps ! Business is business, et tout profite aux grands groupes, pour l’instant, qui créent de nouveaux besoins là où il n’y aurait pas lieu d’être. Ou comment créer un remède après avoir provoqué le mal.

Agir, et vite
Information et prévention sont les maîtres-mots :  » manger mieux et bouger plus  » donc, comme dit l’Inpes. Dans le monde, plus de 10 % des enfants sont déjà obèses, et ça ne va pas en s’améliorant. < À toute fin utile, les facteurs héréditaires sont minoritaires : inutile de se donner bonne conscience ou de se trouver des excuses avec cela. > On sait aussi que 50 % des enfants et adolescents en surpoids ou obèses le resteront à l’âge adulte. Par extension, cela augmente le risque de développer une maladie liée (dont le diabète de type 2) et réduit l’espérance de vie de 10 ans minimum. Dans tous les pays, la prévention doit passer conjointement par la famille, l’école, les institutionnels et l’industrie agro-alimentaire.

L’école doit proposer des repas équilibrés et limiter l’accès aux produits trop énergétiques. Idem à la maison, où l’enfant suit l’exemple qu’on lui donne et consomme ce qu’il y a dans les placards. Règle numéro un : éviter de manger entre les repas, et d’acheter des produits trop caloriques  non rassasiants (barres chocolatées, sodas, fritures, biscuits salés) au profit d’aliments sains (frais, en conserve ou surgelés, qu’importe, mais non cuisinés surtout). Règle numéro 2 : diminuer les activités sédentaires au profit des activités physiques (balade à pied, en rollers ou à vélo, piscine…). A cela, s’ajoute une réduction des messages publicitaires alimentaires incitatifs. Des informations nutritionnelles claires et lisibles sur les emballages. Sans oublier l’instauration de dépistage régulier et une information médicale systématisée, histoire d’éviter de plomber davantage le trou de la Sécu qui aboutit à toujours plus de taxations pour les malades.

Maux des temps modernes, le diabète et l’obésité en sont les nouveaux défis sanitaires. Ironie indécente : le nombre d’habitants affamés — 923 millions — est en hausse en 2008, et plus de 5 millions d’enfants décèdent chaque année des suites de la malnutrition. Si on ne modifie pas rapidement nos modes de vie et de consommation, on pourrait bientôt plus mourir de – mal – s’alimenter que d’avoir faim !

À LIRE  :
Sur le blog : obésité VS santé
L’obésité, de Jean-Michel Borys. Ed.Le cavalier bleu. 9 €

LIENS :
– Le Programme national nutrition et santé www.mangerbouger.fr
– La Fédération internationale du diabète www.idf.org

Vade retro chikungunya !

Il y a une semaine jour pour jour, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, annonçait un plan de lutte contre la dissémination de la dengue et du chikungunya (deux maladies transmises par un moustique) en métropole. Malaise à l’île de La Réunion, où le virus a fait des ravages sans précédent entre 2005 et 2007. Principal motif : le désengagement des autorités compétentes de l’époque.

Chronique d’une épidémie
22 février 2005, les premiers cas de chikungunya sont recensés à La Réunion, zone du territoire français s’il est besoin de le rappeler. Le virus se propage comme une trainée de poudre, accentué par des conditions climatiques favorables à son développement. Début 2006, malgré les alertes répétées, la situation n’est pas jugée préoccupante par les politiques, au niveau local et surtout national. La porte-parole de l’OMS relate même une estimation de 2 400 et quelque cas dans l’Ile. Une information très largement sous-estimée.

Le 1er mars 2006, la sénatrice Gélita Hoareau fait le bilan à l’occasion d’un énième appel : à cette période, on dénombre déjà au moins 160 000 cas, soit 20 % de la population totale. Plusieurs pathologies présentent une gravité inédite et des dizaines de patients sont décédés, fait nouveau pour la maladie. Gélita Hoareau rappelle l’évidence de mettre TOUS les départements français sur le même pied d’égalité. Et l’urgence d’enrayer une épidémie qui compromet le présent comme l’avenir d’une île peuplée d’environ 750 000 habitants. La prise de conscience s’amorce enfin.

Un scandale multiformes
Loin d’une polémique gratuite, on peut objectivement parler de négligence, le principe de précaution élémentaire n’ayant même pas été appliqué. Les impacts se mesurent au niveau sanitaire, économique et écologique. Plus de 266 000 personnes ont été officiellement touchées, soit plus de 35% de la population ! Des centaines de morts de cause directe ou indirecte, et des milliers de personnes marquées de séquelles à vie, rappelait cette semaine Témoignages, un des principaux quotidiens de l’Île.

De plus, la forte proportion d’arrêts maladies parfois longue durée liés, a provoqué d’importantes perturbations de l’activité, et de nombreux dépôts de bilan. La psychose chikungunya s’est développée hors des frontières insulaires, occasionnant une chute du tourisme avec une baisse du chiffre d’affaires allant jusqu’à 60% au plus fort de l’épidémie. Enfin, les premiers insecticides utilisés sans ménagement étaient des substances hautement polluantes et toxiques tant pour l’être humain, que pour l’environnement (faune, flore, cultures, eau…). Depuis, ils ont été retirés du marché, mais leurs effets secondaires ne sont pas résolus.

LA Métropole
Mouvements de population oblige, réchauffement climatique aidant, les moustiques sont vite transposés à des milliers de kilomètres et s’installent. Un phénomène pas nouveau en soi, si ce n’est que la reproduction de l’insecte en question se fait majoritairement dans des eaux stagnantes, à proximité des habitations (des fonds de vases mal rincés en passant par l’écuelle du chien jusqu’aux flaques d’eau, par exemple). Après environ 250 cas déclarés en Italie en 2007, le sud de la France (Alpes Maritimes et Var) et la Corse accueillent malgré eux les petits envahisseurs.

La situation est jugée tellement sérieuse qu’un plan de lutte est lancé, à grand renfort de communication, et dossiers spéciaux de prévention et d’information, très réussis il faut bien le dire. Le 22 juillet, le chikungunya s’invite à nouveau dans les médias, suscitant l’inquiétude avec un cas « faiblement positif » (???) « peut-être » diagnostiqué. La prudence et l’anticipation sont de mise, c’est incontestable. Force est de constater cependant que les mesures appliquées dans l’Hexagone sont loin, très loin de celles qui avaient été mises en place à La Réunion alors que de nombreux cas étaient déjà avérés.

Question de priorité
La Réunion a essuyé les plâtres,  et en subit toujours le contrecoup bien que l’épidémie soit enrayée. Aujourd’hui, l’Île est toujours sous surveillance, précaution oblige. La métropole, pour un peu, serait en état d’alerte. La question des priorités se pose donc, forcément. Le chikungunya est connu depuis les années 1950. Sur quels critères le degré de gravité d’une alerte sanitaire est-il établi ? Pourquoi la métropole bénéficie-t-elle de ce qu’on peut qualifier d’avantages certains au regard de la situation Outre mer ? Je vous laisse le choix des réponses.

Récemment, l’Île a suscité un regain d’intérêt lors de la conférence internationale qu’elle a organisée avec l’ONERC et l’UICN sur les effets du réchauffement climatique. Au coeur des enjeux internationaux, et beaucoup plus médiatique.

Braderie de la mode AIDES, 20e !

La grande braderie de la Mode fête ses 20 ans cette année ! Deux fois par an, deux jours de shopping citoyen à Marseille et à Paris, pour continuer à lutter aux côtés des malades du Sida.

Le concept : des vêtements neufs, de créateurs et couturiers vendus 30 à 70 % moins cher, mais aussi des accessoires, bijoux, chaussures, objets déco design, beaux livres… Près de 150 participants au total dont Agnès b, Christian Lacroix, Castelbajac, Gaultier, Rykiel, Dior, Cacharel, Cartier, Starck, Galliano, Paul Smith, etc.

L’objectif : récolter des fonds au profit de l’association AIDES et de la lutte contre le Sida.

Les dates : les 11 et 12 juin à Marseille, et les 14 et 15 juin à Paris.

L’occasion de rappeler quelques éléments concrets
* Le Sida a 27 ans
* On n’en guérit pas
* Tout le monde peut être touché
* Près de 30 millions de morts depuis le début de l’épidémie
* Plus de 33 millions de personnes vivent avec le VIH-Sida
dont 150 000 personnes en France.
* Beaucoup d’idées reçues sur le sujet.
* Beaucoup de discrimination et d’exclusion : famille, amis, monde du travail,
mais aussi de la part du corps médical (dentistes, généralistes, gynécos).
* Les pays pauvres demeurent les laissés-pour-compte de la trithérapie
* En un mot : protection.

INFOS PRATIQUES BRADERIE DE LA MODE 2008
www.aides.org/presse/communiques/braderie-mode-aides-juin-2008.php

L’eau potable pour tous : une utopie concrète?

La journée mondiale de l’Eau 2008 est célébrée dans le contexte de l’Année internationale de l’assainissement. Une question prioritaire qui conditionne l’équilibre et la durabilité de notre planète et de ses habitants.

Près de 2,5 milliards de personnes sur les 6,68 milliards que compte le monde ne bénéficient pas d’installations sanitaires assainies, et 1 milliard n’a pas accès à de l’eau potable. Une situation qui constitue une grave menace pour la santé et cause notamment chaque année la mort de 1,6 million d’enfants. Sur les 3% d’eau douce qui composent la Terre, à peine 0.5 % est utilisable par l’homme. Côté consommation, on estime la moyenne annuelle à 1500 m3 par habitant dans un pays riche, contre 100 m3 par habitant dans un pays pauvre. Des quantités et une qualité très inégalement réparties, qui ne répondent pas pour beaucoup au minimum vital, et dont les ressources, épuisables, diminuent un peu plus chaque année.

La raréfaction d’une ressource vitale
L’accès à l’eau potable conditionne la santé, et par extension l’égalité, la dignité et le développement social de l’homme, le maintien et la stabilité de son environnement. À des échelles différentes, chaque pays est concerné. Les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux problèmes de rejets de produits chimiques et des eaux usées, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et à une activité humaine négligeante (gaspillage, surconsommation, installations luxueuses).
Quant aux pays pauvres et en voie de développement, ils n’ont pas accès, pour la plupart, à une eau potable et saine, tant en quantité qu’en qualité, et ne disposent pas de moyens suffisants pour l’acheminer, s’approvisionner ou la purifier. D’autre part, leur gestion de l’eau est freinée par des infrastructures et des réseaux défectueux, voire une méconnaissance de son utilisation dans le cadre d’activités de production par exemple. Enfin, l’eau est au cœur d’enjeux politiques stratégiques, devenant un véritable outil de pression et une arme de guerre, dont les premières victimes sont comme toujours les populations civiles, particulièrement dans les zones défavorisées et fragiles.

Le réchauffement climatique
On en parle, on en parle. Mais de la prise de conscience à l’action, du chemin reste à parcourir. Le constat est pourtant sans équivoque et irréversible. Jean Jouzel, directeur de recherches au CEA et vice-président du groupe scientifique du GIEC rappelle l’urgence de la situation :  » Il est acquis que le réchauffement climatique des dernières décennies a déjà des conséquences perceptibles. (…) Les impacts sont très susceptibles d’augmenter dans tous les secteurs, ressources en eau, santé humaine entre autres, et de forcer des populations entières à devenir des réfugiés climatiques.  »
Hausse des températures, assèchement progressif des sols, intensification des cyclones, élévation du niveau des mers, vagues de chaleur, etc, le processus est enclenché, et risque de remettre en question la vie et la survie de millions d’hommes supplémentaires.

Une responsabilité collective
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose de le rendre possible ! Ce qui dépend des hautes instances, dirigeantes et décisionnaires dont chaque action conditionne davantage l’équilibre ou le désordre mondial. Cela passe aussi par chacun d’entre nous ; avec des réflexes simples au quotidien (prévenir les fuites d’eau, adapter sa consommation, limiter le gaspillage, recycler, récupérer l’eau, limiter l’usage de produits polluants pour protéger l’environnement, etc) : le moindre geste compte.

Santé, habitat, industrie, économie, environnement, ressources, etc, tous les domaines liés de près ou de loin à la vie de l’homme sont menacés par une détérioration de la qualité de l’eau et une diminution de ses réserves. Loin d’un catastrophisme clinique, cet état des lieux avéré est un défi que l’humanité se doit de relever maintenant.  » Future  » ou  » no future  » ? Là est la réponse.

www.unesco.org/water & www.who.int/topics/water/fr
Voir aussi post 22 mars 2007

Obésité : idées reçues

« On est foutus, on mange trop »… et mal surtout. 1,7 milliard d’individus sont en surpoids dans le monde, dont 300 millions atteints d’obésité. 2,5 millions de décès liés par an. Et ça ne s’arrange pas avec le temps!

A venir prochainement en ces lendemains de fêtes gargantuesques pour certains, et de Journée de dépistage de l’obésité infantile pour tous (la journée pas l’obésité, quoique…), quelques idées reçues sur une maladie chronique ravageuse. Une épidémie mondiale, véritable enjeu de santé public à prévenir de toute urgence.
En attendant, un peu de lecture (cliquer sur l’image).

Exclure le sida!

 » C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs « 

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Christine Aaron & Philippe Starck©Patrick MESSINA_TBWA Paris*

Estimations 2007
33,2 millions de personnes vivent avec le sida en 2007
Près de 2,5 millions de nouveaux cas d’infection virale en 2007
2,1 millions de personnes sont décédées en 2007 des suites de maladies liées au SIDA
Près de 30 millions de morts depuis 1981
Des traitements mais
Pas de vaccin
Pas de guérison
En un mot : protection
!
Sources chiffres : Onusida, OMS
*Campagne AIDES www.aides.org/www.sijetaisseropositif.com
Voir aussi posts et liens Sida(ction), destigmatisation et prévention & Sida(ction): les enfants aussi! (Archives Mars 2007).

Braderie de la Mode AIDES 2007

Une fois n’est pas coutume, une petite actu shopping (& solidaire)! Vous êtes absolument, irréductiblement, définitivement fashion, résolument attiré(e) par tout ce qui est tendance et intrinsèquement citoyen(ne)? L’événement : la grande braderie de la Mode.

Les rendez-vous : Marseille 13 & 14 juin, et Paris 16 & 17 juin (ce week-end donc) parrainée cette année par Vanessa Bruno herself. La (bonne) cause : AIDES et la lutte contre le sida.

Le concept : des vêtements de créateurs vendus 30 à 70 % moins cher, mais aussi des accessoires, bijoux, chaussures, objets déco design, beaux livres… Que-du-beau-monde si l’on s’en réfère à la dernière en date : Isabel Marant, Lacroix, Castelbajac, Gaultier, Rykiel, Agnès B, Cartier, Starck, Galliano, Petit Bateau oh!, etc, et Actes Sud et Taschen côté édition.

Côté partenaires, Le Parisien et Technikart, A Nous Paris, Marie Claire, Elle, Psychologies, Radio Nova pour n’en citer que quelques-uns.

Et les bénéfices seront reversés à l’association AIDES au profit de la lutte contre le sida. Bon ben moi j’y vais ;)

INFOS PRATIQUES http://www.aides.org/presse/communiques/braderie-mode-ete-2007.php

Sida(ction), destigmatisation et prévention

C’est une réalité : on ne guérit pas du sida et la voie vers un vaccin est encore longue me confirmait l’année dernière le Dr Christophe Piketty (médecin au Service d’Immunologie Clinique de l’Hôpital Européen Georges Pompidou – Paris – et membre du comité scientifique et médical de Sidaction) à l’occasion d’un dossier Prévention (TOC n°18).

Certes, le nombre de nouveaux cas est en régression, cette année, en France et dans certains pays dits développés, certes le nombre de décès a diminué grâce aux traitements qui ralentissent la progression de la maladie. Mais les jeunes sont de plus en plus touchés, les comportements à risques se multiplient, la garde baisse et le virus s’engouffre dans toutes les brèches. Avec, à la clé, un combat de tous les instants.

Ne nous leurrons pas : la stigmatisation, l’isolement et la précarité sont le quotidien de nombreux malades et le sujet reste difficile à aborder. Essayez pour voir… Le geste pour se protéger est pourtant simple : mettre un préservatif!

Quelques extraits de témoignages, de personnes malades notamment (toutes ne le sont pas) à qui je cède quelques lignes puisque ce sont les premières touchées. Et que nous sommes tous concernés.

Je me suis donné la mort le jour où j’ai couché sans préservatif.
(
Luc 27 ans)*

Il faut que les gens pensent à avoir un préservatif pour se protéger. Il faut qu’ils se libèrent, qu’ils parlent (…) qu’ils se décoincent quoi.
(
Johny, 15 ans)**
Le virus fait encore peur parce qu’il représente la mort, la souffrance, le sexe, trois sacrés tabous. C’est cette peur qui empêche l’information de passer. (Anonyme)***

Il faudrait que les médecins sachent écouter ce que nous ressentons et ce que nous vivons au quotidien.
(
Georges 45 ans)***
(…) les séropositifs sont des citoyens à part entière. (…) Arrêtons la VIHphobie qui ne sert qu’à précariser davantage les personnes.
(
Isabelle, 40 ans)***

SOURCES :
* Documentaire Nés avec préservatif. Co-production : Sidaction-Treize au sud Productions. Réalisation : Gilles Perez / DVD Pour la vie.
**Les Chroniques TV. Co-production : Sidaction-Treize au sud Productions. Réalisation : Gilles Perez, Jean-François Hassoun / DVD Pour la vie.

http://education.france5.fr/sida et www.sidaction.org
***AIDES Actes des Etats généraux des personnes touchées par le VIH/sida. © Ed.Christophe Gendron www.frequencevih.ca/IMG/pdf/Actes_des_Etats_Generaux.pdf
et www.aides.org

Des REACTIONS sur http://www.liberation.fr/actualite/medias/242947.FR.php

Sida(ction): les enfants aussi!

bd.jpgLe sida, c’est d’abord un bilan qui dépasse les pires prévisions : 25 millions de morts et 40 millions de malades en sursis dans le monde. En France, 150 000 personnes sont séropositives.
Dans les pays en développement, déjà touchés par la famine, les guerres, la pauvreté, le sida ruine toute perspective d’avenir. Les enfants et les femmes enceintes sont la première cible de la maladie.

3 questions à… Anne Fouchard*, responsable de la Communication et de l’Information UNICEF France. (©photo_Jean-Pascal Roux)

Fin 2005, l’UNICEF a lancé la campagne  » Unissons-nous POUR les enfants CONTRE le Sida  » définie autour de quatre grandes priorités. De quoi s’agit-il ?
Anne Fouchard : L’une de ces priorités est de prévenir les nouvelles infections chez les 15-24 ans. Pour être adaptée à chaque culture, la prévention est mise en place et faite par des locaux. Nous espérons pouvoir dépister 10 millions de jeunes d’ici à 2010, et accélérer ainsi la prise en charge des enfants malades.

Il s’agit également de prévenir la transmission de la mère à l’enfant. Aujourd’hui, 2000 bébés naissent infectés chaque jour. Le seul moyen de limiter les risques de transmission pendant la grossesse et l’allaitement est la prise d’ARV. En Europe où les femmes ont accès à ces traitements, 97% des enfants naissent sains. Dans les pays en développement, la seule molécule disponible protège l’enfant dans seulement 50 % des cas. Et peut en plus favoriser chez la mère une résistance du virus.

Cela pose aussi la question des traitements pour les enfants. Le problème majeur est l’intolérance – connue chez l’adulte – aux médicaments, qui n’existent pas en dosage pédiatrique. Notre espoir : réussir à produire dans les deux ans un médicament adapté (sirop, mini gélules) à partir des formules de tri thérapies existantes. Il faut aussi soigner les maladies qui, contractées en plus du sida, provoquent la mort (tuberculose, méningite…). Assurer une alimentation équilibrée. Détecter la maladie le plus tôt possible. Avoir de l’eau potable et un minimum d’hygiène. Avoir des coûts adaptés aux pays pauvres. Notre action doit prendre en compte tous ces paramètres pour être efficaces.

Enfin, n’oublions pas que des millions d’enfants sont orphelins. Pour les protéger et préparer leur avenir, il nous faut les maintenir dans un système éducatif, obtenir l’accès gratuit à l’école, éviter la discrimination. Il s’agit aussi d’impliquer les ministères sur place pour limiter certaines pratiques locales et assurer la prévention et l’accès aux soins.

Comment faire comprendre aux nations riches, elles-mêmes touchées par la maladie, qu’elles doivent s’investir dans la lutte contre le sida dans le monde ? L’accès aux soins est un droit pour tous les malades, un devoir pour les politiques…
A.F : Le devoir est politique dans tous les sens du terme en effet. Si nous ne faisons rien, les enfants malades seront les mendiants, les prostitués, les soldats de demain ce qui anéantirait des décennies d’efforts. Notre démarche consiste mobiliser les institutions et les laboratoires pour favoriser l’accès des pays pauvres aux médicaments. L’Ouganda, le Brésil ou la Thaïlande ont mené une politique volontariste (formation du personnel médical, production de génériques…) qui porte déjà ses fruits. C’est la preuve irréfutable que c’est possible.

Votre plus grand espoir ?
A.F : Depuis 2006, des progrès ont été faits concernant les traitements pour enfants avec notamment des ARV pédiatriques à 60 dollars par enfant et par an. Le challenge est donc aujourd’hui le réussir le passage à l’échelle nationale de ces programmes.

Il faut des traitements adaptés pour les enfants et des médicaments accessibles au plus grand nombre. Pour que les femmes ne transmettent plus la maladie à leur bébé, pour que les enfants puissent vivre et grandir avec leurs parents.

PLUS D’INFOS SUR LE SITE DE L’UNICEF www.unicef.fr
Interview de Christian Saout, président de l’association AIDES, & prévention
(TOC magazine mars 2006)
http://vdegalzain.files. wordpress.com/2007/03/toc-032006_sida.pdf

A consulter :
www.sidaction.org
DU 23 AU 25 MARS, le Sidaction appelle à réagir, dons au 110.

www.aides.org
www.sida-info-service.org

http://education.france5.fr/sida/

www.cfes.sante.fr

www.actupparis.org

√ de nombreux liens sur www.vih.org

*ET AUSSI : retrouver Anne Fouchard sur BLOGTROTTERS.FR
http://www.blogtrotters.fr/work-in-progress/la-crise-du-darfour-fait-tache-dhuile-en-centrafrique à propos de la crise du DARFOUR et ses incidences sur la vie des enfants.

Obésité vs santé

Depuis jeudi 1er mars 2007, des informations sanitaires doivent, je cite, « accompagner les messages publicitaires ou promotionnels en faveur de certains aliments et boissons ». Des messages écrits « qui doivent être présentés d’une manière aisément lisible ou audible » (ce qui est relatif) ciblés en fonction du type de produit, du type de média, sur des pubs à destination notamment des bébés et des enfants/autrement dit de leurs parents.

Pour en citer quelques-uns :
« Bouger, jouer est indispensable au développement de votre enfant »
« Pour bien grandir, ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé »
« Pour votre santé, bougez plus » / bougez plus que quoi, comment, pourquoi ???
avec « quand c’est possible« , un lien vers
www.mangerbouger.fr le site du PNNS (programme national nutrition et santé). Un site à consulter pourtant sans modération, qui se veut non pas un modèle dogmatique, mais « un cadre de référence ». Autrement dit : des bases à adapter le mieux possible en fonction du mode de vie et de la santé de chacun.

Rien de très révolutionnaire en somme, insuffisant et tardif au regard du nombre de personnes atteintes de surpoids et d’obésité en France et dans le monde (1,7 milliard). Bien insuffisant aussi au regard de toutes les maladies liées (diabète, insuffisances cardiaques…) et conséquences sur la vie quotidienne (que ce soit sur les plans personnel ou professionnel). Une mesure et des messages superficiels qui ne font que confirmer ce que certains savent et appliquent déjà.

Pour les autres, cela ne risque-t-il pas de rester au stade de message tant ils ont besoin d’aide ou d’encadrement médical pour en comprendre la nécessité ou simplement appliquer ces principes élémentaires d’équilibre au quotidien? Concrètement, manger « 5 fruits et légumes par jour », c’est bien mais il faut considérer l’alimentation dans son ensemble. « Bouger plus », oui, mais autant faut-il en avoir l’habitude ou la volonté. « Ne pas manger trop sucré, trop gras, trop salé » n’est pas synonyme de privation dans l’absolu, sauf si on consomme précisément au quotidien des aliments trop sucrés, gras, salés.

On entend déjà les réactions de personnes « rondes » contre ce qu’elles ressentent une fois de plus comme les dogmes de la minceur alors qu’il s’agit bel et bien de santé publique et pas d’esthétique, celles qui veulent perdre du poids révéler qu’elles n’ont pas toujours trouvé un médecin à leur écoute ni « à la hauteur », les personnes défavorisées rappeler que les produits de bonne qualité nutritionnelle sont parfois plus chers que les autres, nos voisins dire que les distributeurs sont remplis de paquets de chips et de barres chocolatées, les parents souligner que les livrets gratuits du PNNS ne sont pas distribués dans les écoles et pas toujours disponibles chez les généralistes, les détracteurs mettre en cause la valeur énergétique démesurée et les exhausteurs de goût qui favorisent une « dépendance » de certains produits industriels, etc, etc.

Je vous invite aussi à lire ci-dessous des réponses (ici synthétisées) qu’a bien voulu me livrer le Pr Hercberg, Professeur en nutrition (Paris XIII), directeur de recherche à l’INSERM, président du comité de pilotage du Programme national nutrition et santé.*

TROIS QUESTIONS A… Serge Hercberg
Pouvez-vous nous rappeler l’objectif du PNNS ?
La première version de ce programme était un cadre de référence en termes d’alimentation et de santé publique. Il devenait urgent de cadrer les gourous de la nutrition et de donner à tous des repères (et non des normes), de rappeler qu’il est indispensable de manger équilibré, tout en continuant à se faire plaisir. Ce, en fonction des besoins et possibilités de chacun.

Quelle est la principale difficulté de ce programme ? La condition absolue est de faire interagir tous les maillons de la chaîne. Depuis 2001, nous avons développé une action multimédias, édité pour les familles des guides gratuits*, impliqué le ministère de la Santé, les acteurs de l’industrie agro-alimentaire, l’Education nationale… Nous avons aussi formé le personnel médical aux dangers d’une mauvaise alimentation, à un dépistage systématique du surpoids et de l’obésité, et à la prise en charge des patients pour éviter la stigmatisation.

Quels sont vos recommandations pour le PNNS 2 ? Il faut maintenant du concret. Rendre plus accessibles les aliments essentiels à notre santé puisque la fracture socio-économique et la fracture nutritionnelle sont liées. Cela passe par la baisse de certains prix, mettre des fruits et légumes à disposition sur les lieux de vie, mobiliser les industries agro-alimentaires… Et plus que jamais informer et prévenir plutôt que guérir. »

Plus d’infos sur
www.mangerbouger.fr & http://www.legifrance.gouv.fr
A lire
L’obésité, de Jean-Michel BORYS, Ed. Le cavalier bleu / Idées reçues. 9€
https://vdegalzain.files.wordpress.com/2007/03/tocmag-obesite.pdf