Mada…

Plein d’images jamais montrées, plein d’images chargées de rencontres, de souvenirs et de ce que vous ne verrez pas. Il faudra que je prenne le temps d’en faire quelque chose un jour. Une image prise, c’est comme l’enfance, ça marque à vie. Des photos non prises aussi, parce qu’il y a ce que l’on saisit et ce que l’on vit. Vu de l’extérieur ça ne se comprend pas toujours… Il y a beaucoup à dire, ça viendra. Le photographe ne peut que faire corps avec ce qui l’entoure, et c’est là toute la difficulté : être là sans être là, être immergé et garder une distance. Mettre l’humain au cœur de tout sachant qu’on s’oublie dans tout ça… On s’oublie mais on y met un peu de soi car on n’est pas là par hasard. Happé parce que l’on voit, entend, découvre, partage. Veiller à garder l’équilibre pour que l’affectif ne prenne pas le dessus sur l’information. Facile à dire !

Été 2012, je suis une équipe de chirurgiens bénévoles de Médecins du Monde dans une mission de chirurgie réparatrice à Madagascar. Encore l’océan Indien… Une journée est consacrée aux consultations (photo) avec les familles qui ont parfois traversé l’île pour espérer faire opérer leur enfant, une sœur, un proche. Les couloirs du service ne désengorgeront pas de la journée. Des malformations du visage aux brûlures graves, les médecins réaliseront près de 40 opérations en 5 jours, soutenus par l’équipe malgache.

mission chirurgie reparatrice_MdM_Mada__virginie de galzainChirurgie réparatrice_Médecins du Monde 2012 © Virginie de Galzain

En attendant…

La suite bientôt… En attendant, retour sur une série réalisée à New York fin 2008 (préréglez en quality 480 mini). Extraits…

Tell someone a beautiful lie, musique Guns of Brixton, photo © Virginie de Galzain

Tous avec Charlie.5

 » L’utopie partagée est le ressort de l’Histoire  » − Helder Camara

Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie hebdo 2

Paris 7 janvier 2015. La Rédaction de Charlie Hebdo est victime d’une fusillade meurtrière au cours de laquelle plusieurs de ses dessinateurs sont abattus : Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que deux de ses chroniqueurs : Elsa Cayat (psychanalyste) et Bernard Maris (économiste). Cinq autres personnes, dont deux policiers, perdent la vie.

En fin de journée, de nombreux rassemblements spontanés de soutien ont lieu en France, dont place de la République, à Paris. Un rassemblement simplement motivé par l’envie et le besoin « d’être là », unis face au choc, à la violence de la disparition d’hommes et de femmes qui faisaient ce en quoi ils croyaient.

paris, place de la republique, tous avec charlie hebdo, 7 janvier 2015Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

PHOTO : The Manhattan darkroom

The Manhattan darkroom est une rétrospective inédite et unique du photographe et photojournaliste français Henri Dauman. L’exposition vient de commencer, elle est visible pour un mois seulement au Palais d’Iéna, à Paris. Voici quelques indices…

En 1950, après avoir échappé à la rafle du Vel’d’hiv’ et perdu père et mère, Henri Dauman part définitivement vivre à New York où il devient rapidement photographe pour les plus grands médias internationaux. Soixante ans plus tard, c’est une sélection (drastique) de près de 200 photos d’archives qui nous est présentée.
Profonds noir et blanc et couleurs justes, planches et publications évoquent ou décryptent plusieurs décennies de l’histoire politique, sociale, économique et artistique des États-Unis. Dans le désordre et sans exhaustivité aucune : Kennedy et  Khrouchtchev. Des portraits inattendus de Fellini, Delon, Bardot, Giacometti. Le Viêt Nam. Les yeux de Liz Taylor et une sublime photo de rue de Saint-Laurent. Les grands mouvements de contestation (féministes,  anti-ségrégation, etc). Les figures du jazz et la contre-culture. La société de consommation, l’essor de la petite bourgeoisie et celui des laissés-pour-compte. John Lindsay. Warhol… Sans oublier quelques séquences comme on en voit très rarement.

Reportage, portrait, photo de rue, … Henri Dauman maîtrise les genres et traverse son temps avec une très grande liberté de représentation : directe, informative, icônique ou cinématographique, critique voire incisive ou décalée, mais toujours personnelle. Pour ne pas oublier que la photo est avant tout un regard porté sur… Qu’elle est aussi un laboratoire où il faut oser expérimenter, se faire plaisir, du plus conventionnel au plus inédit. Je ne connaissais pas Henri Dauman. Que dire… : courez-y !


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INFOS
The Manhattan darkroom. Jusqu’au jeudi 4 décembre 2014. Palais d’Iéna (Conseil économique, social et environnemental) : 9 place d’Iéna, 16e. Du lundi au samedi de 10h à 18h (jusqu’à 21h le jeudi). Dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

– Le site d’Henri Dauman : http://daumanpictures.com
– Le site de l’exposition : www.manhattan-darkroom.com

Reportage de guerre : Michaël Zumstein

Être vigilant, donner un point de vue, réaliser des images qui ont du sens et résister à la demande/consommation de photos sensationnelles qui n’informent pas et banalisent. Garder à l’esprit le risque de manipulation. Rester en vie aussi…

Lire l’interview du photographe Michaël Zumstein : Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne. (Nouvel Observateur, 30 août) : « Pour sa 26e édition, le festival Visa pour l’image de Perpignan expose ses photos sur le conflit centrafricain dans une série intitulée « De terreur et de larmes. » Un reportage au long cours de plusieurs mois, commencé début septembre 2013, à l’aube de la lutte armée qui allait opposer la Séléka, mouvement rebelle à majorité musulmane, et les anti-balaka, milices chrétiennes d’autodéfense. De la formation des milices aux multiples exactions commises par les deux camps, le photographe a suivi toutes les évolutions du conflit dont…

Le site de Michaël Zumstein : michael-zumstein.com

A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

 > Voir les photos de Bénédicte Kurzen

Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a Lire la suite « A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen »

PHOTO : Saul Leiter, hommage

« Voir des choses auxquelles vous n’aviez jamais prêté attention auparavant. Considérer le monde autrement. Continuer à photographier pour le plaisir. Trouver la beauté où elle est, parfaite ou imparfaite… » (Saul Leiter)

Le photographe américain Saul Leiter est décédé à la veille de ses 90 ans. Douceur, élégance, délicatesse, onirisme sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser ce regard et ses photographies uniques, que l’on ne peut comparer à aucun(es) autre(s). Humilité, discrétion, humour et générosité seraient pour l’homme.

Né en 1923, le photographe américain fut l’un des premiers à jouer le jeu de la couleur à la fin des Années 40, à une époque où le noir et blanc domine – la couleur étant réservée à la publicité et non à l’art ou au documentaire. Étrangement méconnu, il avait été exposé pour la première fois en France à la Fondation Henri Cartier Bresson, au printemps 2008, puis à la galerie Camera Obscura, et au musée Nicéphore Niépce en 2009.

saul leiter

Photographe de mode, Saul Leiter était aussi un photographe « de rues ». Celles de New York, prises à hauteur d’homme, humanisant de façon inédite une ville labyrinthique aux proportions déjà gigantesques. Cet univers pictural et ce sens inné et fascinant de la couleur (Saul Leiter était aussi peintre) et du noir et blanc mettaient en valeur des images personnelles, parfois intimes. Des images de tous les jours, des touches de paysages urbains, des tableaux de vie qui évoquent des quotidiens, des personnes, de façon discrète et apaisante.

Une atmosphère, vivante, presque palpable, sensorielle ou sensuelle dont on semble avoir étouffé les bruits pour se concentrer sur chaque sujet. L’écriture photographique est imprégnée d’une chaleur et d’une douceur inédite, dévoilant un autre visage de la ville et de la vie.

saul leiter_

Une œuvre à regarder inlassablement dans les rares mais beaux ouvrages édités chez Steidl. Un photographe découvrir dans le documentaire sorti en septembre 2013 : In no great hurry, 75 minutes d’entretien avec un homme enjoué, concentré sur sa passion comme art de vivre au sens plein du terme, la recherche d’extraits d’une certaine beauté du monde. Il était loin des agitations médiatiques, courses à la visibilité et illusions de succès, loin des nouvelles technologies, de la vitesse, du sensationnel. Ce qui comptait, c’était la photo, le temps, les autres.

LE SITE + LIEN ACHAT DVD :
In no great hurry, 13 lessons in life de Tomas Leach, 18 € environ
LES LIVRES :
Early color, 168 p., éd.Steidl, 38 €
Early black and white, éd.Steidl, 75 €
Saul Leiter by Saul Leiter, 152 p., éd.Steidl, à chercher en occasion.

Trailer de In no great hurry

‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine !

EN KIOSQUE ! 7 pages d’extraits du reportage
dans le magazine photo FISHEYE, novembre-décembre !

fisheye 3_illettrisme droit de savoir_virginie de galzain

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Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite

Rapidement, en passant… et compte tenu de l’importance que j’accorde à cette collaboration qui dure depuis plusieurs années maintenant : une news ! À la suite du reportage réalisé pour Médecins du Monde sur la mission de chirurgie réparatrice Opération sourire (Madagascar), un livret de 24 pages a été édité sur le format carnet de route photos/textes (textes Nolwenn Roussier). Une des photos fait aussi la Une du dernier rapport d’activités dédié.  Quelques images de l’autre reportage, Prisons de Madagascar, sont toujours en ligne sur ce lien.

> Télécharger le livret au format pdf
> Voir la page du reportage Chirurgie réparatrice : opération sourire

carnet route Mada_MdM_virginie de galzain Lire la suite « Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite »

Les temps modernes

Œuvrer dans le sens de l’égalité des droits et du respect du vivant, tous les jours, partout et par tous : c’est encore possible.
Résister au verrouillage des esprits, aux peurs,  médiatisations et discours paralysants, à la restriction insidieuse des libertés : c’est fondamental !
Je nous souhaite une année menée par ces utopies concrètes qui permettent d’avancer, d’un avenir incertain vers les possibles futurs.

Appréhension


Madagascar/Opération sourire/chirurgie réparatrice ©Virginie de Galzain/MdM

Corse_légion off

Corse 2012/exposition 2e REP © Virginie de Galzain

Jusqu’à la fin de l’été, à la citadelle de Calvi : exposition du 2e REP (régiment étranger de parachutistes) de la Légion étrangère. Panneaux pédagogiques, mannequins en situation, matériels, vidéos reconstituent le fil des actions et interventions menées par les cinq compagnies du Régiment. Des légionnaires sont présents pour répondre aux questions, et des affiches et le magazine sont à disposition du public. La 3ème Cie, Amphibie, s’entraîne notamment dans la Baie de Calvi (saut et drop en mer, abordage de plage).

Photo : défiance, indépendance, confiance

Ce post est à l’attention de ceux que j’ai croisés/abordés ces derniers temps dans le cadre d’un nouveau photoreportage indépendant que j’espère mener avec eux SI… Seule je ne peux rien. Ils ont ma carte, ils se reconnaîtront s’ils passent sur ce blog.

▪ Un photoreportage indépendant est un projet pensé et initié de façon personnelle, sans commande, sans influences autres que ses propres repères, analyses, connaissances, ignorances, questionnements. La première motivation est l’intérêt pour le sujet et toutes les richesses mais aussi toutes les difficultés qu’il comporte. La seconde est le soucis d’informer – cela n’engage que moi -, d’aller au-delà d’une étiquette derrière laquelle on peut à la fois tout et rien mettre puisque l’on ne sait pas, concrètement, de quoi l’on parle. Par « concrètement », j’entends « vivre les choses » de la façon dont les autres les vivent ou du moins les approcher. On ne peut se mettre à la place de chacun ; on peut en revanche saisir ce que l’on vous donne pour mieux le relayer : en photographies illustratrices ou évocatrices et en recueil de témoignages.

▪ Pourquoi est-ce important ? Parce que la société a globalement les moyens matériels de s’exprimer, mais l’individu ne peut le faire ouvertement. Peur du regard des autres, manque de soutien ou de liens, conditionnement/contexte éducatif ou social, pression financière ou professionnelle : l’hypocrisie est totale et influe sur les libertés et la sensibilisation aux dysfonctionnements. Résultat ? La matérialisation, la conceptualisation des situations participent à les rendre abstraites car elles se substituent aux hommes. On ne touche personne avec de l’abstraction : on risque en revanche d’anesthésier, de travestir voire de manipuler et de l’être (manipulé).

▪ Aller au cœur des réalités pour mieux les comprendre, les retranscrire, les relayer est ce qui me fait avancer, ce qui me passionne aussi. En un mot : humaniser. Ce qui implique du temps, des mois mais aussi un engagement mutuel, un respect et une confiance réciproque. Les doutes font partie du parcours car on se demande tous à un moment donné « ce qu’on fait là » et « pourquoi on le fait », si « cela a du sens » ! Pour arriver à cette conclusion que « oui cela a une raison d’être, sinon nous ferions autre chose » !

▪ La diffusion prendra le temps qu’elle prendra, par des modes qui privilégient le long terme (exposition, diaporama…) et surtout la place nécessaire pour que chacun s’y retrouve : autant de formats qui permettent à ceux qui les découvrent de se poser au lieu de subir une image, des mots. D’être face aux autres, avec leurs préoccupations, leurs parcours de vie, leurs projections. D’être face à soi aussi puisqu’il y aura toujours un détail, une situation, une image qui fera écho à quelque chose de vécu, de vu et qui induira une proximité inattendue. Cette diffusion est mesurée, choisie, particulièrement au regard du temps passé et des implications humaines inhérentes ou consécutives.

En attendant, la priorité est avant tout de « faire », de pouvoir commencer :
cela dépend de vous, j’attends de vos nouvelles.

Présidentielles 2012 : expressions d’une victoire !

Extraits, en cours de complément…

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6 mai 2012 : Paris, place de la Bastille. Les électeurs de la gauche se sont rassemblés depuis la fin de l’après-midi pour fêter le candidat annoncé vainqueur. En attendant l’arrivée de François Hollande, les interventions politiques et intermèdes musicaux se succèdent. Dans la foule, l’heure est à la fête mais aussi à l’attention, aux attentes. Pas d’illusion ni d’aveuglement, mais des étincelles de ce qu’on appelle l’espoir. Ce sont les anonymes de cette foule que j’ai choisi de prendre en photo en lieu et place des « célèbres » qui nous représentent. Pourquoi ?

Parce que des dizaines de photographes d’agences/collectifs and co se concentraient déjà sur les élus, que faire de plus ? Parce que j’ai 5 ans pour « prendre » François Hollande, ce qui induit une bonne marge. Alors que ce rassemblement, ceux qui l’ont composé, leurs visages, leurs attitudes, leurs emblèmes resteront uniques. Et parce que j’aime par dessus tout ces manifestations où la présence de chacun a un sens, oubliant celle du photographe ou cherchant, pour une fois, la correspondance : me laissant le plaisir – parce que c’en est un – de saisir les expressions, les détails éphémères de la mémoire d’un soir.

Les temps modernes.9 / Mobilité

Mobilité, frontières, liberté, voyage, réfugiés, migration, vacances, emploi, économie, famille, politique, tolérance, société, vivre ensemble, éducation, échanges, codéveloppement, ouverture, mondialisation !

©Virginie de Galzain

A lire dans les archives de ce blog :
– L’enquête de Fabrizio Gatti  Bilal, sur la route des clandestins
– Migrations et droits de l’homme De quoi parle-t-on ?
Sans oublier cet ouvrage de référence : Pour un autre regard sur les migrations, construire une gouvernance mondiale, éditions La Découverte .

Les temps modernes.7 / Consignes de vote

A gauche : un authentique bulletin de vote Présidentielles 2012. A droite…
Dimanche 22 avril, consigne 1 : sortez du lit. Consigne 2 : sortez voter !!
Et votez « bien » surtout.

© Virginie de Galzain

Les temps modernes, suite.2 / Sécurité

*I believe in miracles                                                             © Virginie de Galzain                                         *Trop de sécurité nuit gravement à la liberté


La sécurité oui au sens de permettre aux individus de vivre libres, et dans un environnement dans lequel ils ne se sentent pas en danger ni discriminés. Aux dimensions initiales de service public et de protection.

CE, en évacuant les dérives pseudo justicières et vengeresses dont certains se sentent investis de façon préjudiciable et non respectueuse des personnes et des droits dont ils sont censés assurer la protection et la garantie. Ce, en cessant les pratiques sécuritaires liberticides, violentes, indignes, sectaires, statistiques au nom de… En donnant les moyens humains nécessaires à ceux qui en sont chargés.

En privilégiant aussi une information de fond sur les nombreuses réalités de terrain, en lieu et place de focus événementiels non digérés qui stigmatisent, diabolisent ou angélisent tour à tour tel département, tel membre des forces de l’ordre, tel jeune de… Un « changement » de perspective donc.

POUR RAPPEL "Le code de déontologie de la police et de la gendarmerie subordonne 
l'exercice des missions de police au strict respect de la Déclaration des droits de l'Homme 
et du citoyen, de la Constitution, des conventions internationales et des lois."
(source ministère de l'Intérieur)

 

Reportage Illettrisme : droit de savoirs (suite)

– À télécharger, les 8 pages  consacrées au reportage Illettrisme : droit de savoirs, parues dans la rubrique Reportage du magazine Déclic photo, décembre 2011.
– Le site dédié : http://droitdesavoirs.wordpress.com et le post du 16 novembre


Photo reportage illettrisme, droit de savoirs ! ©Virginie de Galzain

New York : tell someone a beautiful lie

En attendant de nouvelles images, des nouvelles tout cours, petit flashback vers New York… avec ce titre qui, décidément, pourrait être celui de l’état dans lequel on voudrait nous maintenir. Si la vie était un (men)songe…

Tell someone a beautiful lie, musique Guns of Brixton, photo © Virginie de Galzain

PHOTO Lalo de Almeida

Beaucoup de boulot photo pro et perso ces derniers mois + pas mal de lectures + une nouvelle expo en préparation = peu de temps pour le blog, même si j’espère reprendre avec une ou deux interviews notamment… En attendant, un lien vers le travail du photographe brésilien Lalo de Almeida. Une très belle photographie documentaire.

EXPO Vivre avec le VIH, à Chalon/Saône

L’exposition extraite du reportage que j’ai effectué sur la vie avec le VIH-Sida pendant plusieurs mois (télécharger pdf de la présentation) poursuit son chemin. Après plusieurs diffusions en 2010 (voir onglet Expos), elle est à la mairie de Chalon-sur-Saône du 1er au 22 29 avril. Elle est par ailleurs intégrée à la programmation de la semaine de lutte contre les discriminations de la Ville, qui se tiendra du 11 au 16 avril.

Je remercie à nouveau les nombreux patients et les membres de l’équipe médicale du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP pour leur confiance et leur aide, et tous ceux qui me soutiennent via la diffusion de ce projet.

Je suis sur un autre sujet depuis plusieurs mois, retour au film noir et blanc cette fois. A suivre.

Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida ©Virginie de Galzain

Mairie de Chalon/Saône : 03 85 90 50 50. Tirages d’exposition : PICTO Bastille/Paris. Parrainage : association internationale de photographie sociale Sophot/Pour que l’esprit vive. Contact vdegalzain.gmail.com

Vus

Invitée ce week-end comme lectrice de portfolios au festival Circulation(s), j’y ai fait hier de très belles rencontres. Voici les liens vers les sites de trois des photographes  dont j’ai pu voir, trop vite, les images, pour que vous puissiez les découvrir – si vous ne les connaissez pas déjà.

– Iorgis Matyassy, 25 ans, diplômé de Lire la suite « Vus »

Deux

Le genre d’images que je fais rarement, réalisées en marge du premier thème (Gens) du Projet 26, auquel Pascal Osten (merci !) m’a proposé de participer il y a quelques mois. Un projet photographique sur un an, qui offre à 81 photographes la possibilité de poser un regard sur leur région, pour dresser un portrait composite de la France.


Lire la suite « Deux »

PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées

Deux expositions dédiées au photojournaliste Paolo Pellegrin sont prolongées en février. Depuis plus de 15 ans, Paolo Pellegrin s’attache à témoigner des injustices et des souffrances qui bouleversent et détruisent le quotidien des hommes. Ses photos sont comme des cicatrices éternelles du monde et de l’Histoire, invitations pressantes à regarder et à réfléchir, à savoir.

Qu’il couvre des conflits au plus près de la barbarie ou qu’il réalise des photos de mode ou des portraits des célébrités de notre temps, Paolo Pellegrin garde toujours l’essentiel : la vérité de l’instant et sa relation à l’être humain. Rendez-vous Lire la suite « PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées »

DOCU Women are heroes, de JR

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, JR incarne une photographie contemporaine, audacieuse, sans frontières dans tous les sens du terme, de l’engagement artistique pour les droits et la dignité de l’Homme à la démocratisation d’un art qui rassemble. Loin de l’élitisme, il se nourrit de l’art urbain et créé le concept de l‘art infiltrant, s’affichant dans les rues du monde, des favelas aux murs des capitales occidentales . Un  » artiviste  » comme il se décrit lui-même.

Après avoir exposé un extrait du travail Women are heroes sur les ponts et quais situés autour de l’Île Saint Louis, à Paris, (2009) il nous présente enfin le long métrage dédié. Son site http://jr-art.net

Sortie le 12 janvier en salles

Bonne année !

(NikonFM2, Ilford HP5 plus, 50mm) ©Virginie de GALZAIN

Un peu de douceur et de chaleur pour commencer cette nouvelle année. Pour ne pas oublier ces instants de vie essentiels qui permettent de continuer. L’année 2011 sera forcément politique. Face à des décisions qui ont participé à la fragilisation ou à la dégradation des conditions de vie d’une grande partie de la population, à nous de poursuivre nos engagements et d’être solidaires pour en faire une année plus sociale et humaine, de résister pour maintenir l’équilibre démocratique, de réagir pour préserver les libertés et les droits individuels. Je reste convaincue que l’action de chacun est une action pour tous. Que l’essentiel est avant tout d’essayer.

En attendant, je vous souhaite le meilleur pour 2011 !

PHOTO : Robert Lebeck

En attendant de reprendre un peu plus activement le blog, je vous invite à vous rendre sur le site de Robert Lebeck, photographe allemand né en 1929. Reporter depuis près de 50 ans, il est le témoin de l’histoire de nombreux pays du monde, la mémoire de l’évolution de son pays, un portraitiste Lire la suite « PHOTO : Robert Lebeck »

Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin

Co-fondateur du collectif Tendance Floue, représenté par la Galerie Baudoin Lebon,  Thierry Ardouin est de ces photographes qui prennent le temps : celui du monde qui les entoure, de la lumière, des atmosphères. Celui du regard libre, de l’exigence, des mots choisis. Le paysage est son territoire d’exploration, empreint de correspondances personnelles.

Sa nouvelle exposition, La bonne mauvaise graine vient de commencer au cœur de Paris. Totalement inédite sur la forme artistique, elle pose aussi une question de fond : celle de Lire la suite « Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin »

PHOTO : Pierrot Men à Paris

Dans le cadre du Mois de la Photo off 2010, le collectif Demain nos enfants expose Madagascar. Michel Augendre, Marthe Lemelle, Corinne Kortchinsky et Didier Le Tennier signent les photographies de reportages sur deux associations locales (Graines de bitume et Feon’ny Fanantenana) qui agissent pour l’égalité des droits et des chances des enfants.

Le grand photographe Pierrot Men en est l’invité d’honneur. À la frontière de l’art et de l’émotion, de l’humanisme poétique et de la peinture sociale, il est la mémoire visuelle du peuple malgache depuis près de 30 ans. Il présente 40 photographies – dont Lire la suite « PHOTO : Pierrot Men à Paris »

Mœbius à la Fondation Cartier


Exposition Mœbius Transe-Forme/Fondation Cartier ©Virginie de Galzain

Réalisé dans le cadre d’un entretien avec Mœbius (à paraître), en lien avec l’exposition MŒBIUS TRANSE-FORME qui a lieu à la Fondation Cartier. Un homme fascinant, un auteur de bande dessinée multiple et génial au sens plein du terme, qui livre une œuvre aux métamorphoses élégantes, aux frontières de l’étrange, du rêve et du fantastique. La scénographie permet une immersion dans les profondeurs, les ambiances, les sens d’un univers mythique à (ré)explorer sans attendre. Plus de photos ici
Sincères remerciements : Jean Giraud, Linda Chenit et Matthieu Simonnet.

Exposition MŒBIUS TRANSE FORME. Jusqu’au 13 mars 2011. Fondation Cartier pour l’art contemporain : 261, bd Raspail, Paris 14e. Tél. : 01 42 18 56 50. http://fondation.cartier.com

Photojournalisme : état des lieux

À lire, le premier rapport sur le photojournalisme de l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC). Publié cet été, il en dresse un état des lieux social, économique et juridique, complété de 15 propositions.

Le chantier est urgent pour l’ensemble d’une profession dont les acteurs vont à la rencontre de l’événement pour mieux montrer la vie du monde. Malmené par les évolutions de la presse, laquelle change progressivement de mains, le photojournalisme est pourtant une garantie du maintien d’une information de qualité sur tous les sujets de fonds. Ce, face aux dérives de la culture de communication de masse, à un flux démesuré d’images amateurs voire  à une forme de restriction ? censure ? motivée par ce que le lecteur souhaiterait lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir. Bonne lecture.

Le rapport Photojournaliste_Rapport_definitif
En annexe annexes_rappport_photojournalisme, de très nombreux documents dont des textes législatifs, une retranscription d’interventions de professionnels de l’image…

Photojournalisme : la retouche en question

Rapidement, en passant, un lien vers un article du Monde au sujet de la retouche photographique abusive dans le domaine du photojournalisme. Un point de vue que je partage complètement (voir allusion dans le post précédent) sur une tendance qui s’affirme d’année en année.
Défendu, notamment, par  Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l’image, elle pose avant tout la question essentielle du relais, en images, de la réalité ; d’un regard documentaire et non pas plastique du monde ;  de l’honnêteté photographique. La suite sur Photoshop sème la zizanie dans la photo de presse.

Photojournalisme : Alixandra Fazzina

Je n’ai trouvé aucune statistique sur le nombre de femmes photojournalistes en France et dans le monde. Simplement parce qu’il n’en existe pas. Pas plus qu’il n’en existe concernant le photojournalisme – ou j’ai très mal cherché -. Force est de constater qu’elles sont peu représentées en agences et collectifs. L’occasion de faire un zoom sur Alixandra Fazzina, qui a rejoint le 1er juillet dernier NOOR images.

Née en 1974, la photographe britannique est la première journaliste lauréate de la distinction Nansen pour les réfugiés, (2010) remise chaque année par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Alixandra Fazzina consacre en effet l’essentiel de son travail et de sa vie à mettre en lumière les réalités et conséquences humaines des conflits, des migrations forcées, de la violence, de l’exploitation de la pauvreté, tant au sein de la population civile que sur la maternité. Un engagement initié dans les années 2000 en Europe de l’est, qu’elle poursuit aujourd’hui de façon indépendante. Bosnie, Sierra Leone, Angola, Afghanistan… sont parmi ses territoires d’investigation et d’expression.

CLIQUER SUR L’IMAGE POUR ACCÉDER AUX PHOTOS

From A Million Shillings, Escape from Somalia © Alixandra Fazzina/NOOR

Reconnue pour son courage et son regard, elle a été relayée par des médias comme Newsweek, The Sunday times, The New York times. Elle sera prochainement rééditée par l’éditeur Trolley, pour un travail personnel de près de deux ans sur les migrants de la Somalie vers la péninsule arabique : A Million Shillings, Escape from Somalia. Un voyage au cœur des détresses et des attentes de femmes, d’enfants et d’hommes ; sur les traces des passeurs, dans l’enfer des trafics du golfe d’Aden. Ses images sont des tableaux qui traduisent des réalités vécues jour et nuit au quotidien par des populations qui tentent de fuir le danger, qui perdent leurs racines et parfois leur vie pour un semblant de liberté. Les compositions, la lumière sont des révélateurs de désordres, d’urgences, d’émotions saisis avec disponibilité, patience, respect.

Porte-parole des oubliés de l’actualité, Alixandra Fazzina symbolise aussi l’importance du rôle de  cette profession, à l’heure où l’on ne pense plus seulement à relayer l’information mais à faire du chiffre, à satisfaire un certain type de lectorat voire à anticiper sur ses envies au risque de se tromper ; à l’heure où la différence, le malheur, l’étranger, la vie de centaines de millions de personnes en substance, sont de plus en plus voilés, occultés au profit d’une réalité plus acceptable  (?), légère (?), divertissante (?). À l’heure enfin, où des photographies sont retouchées, saturées ou désaturées, contrastées, lissées, voire ce que l’on appelle esthétisées au point de perdre l’âme, la matière et le réalisme  initiaux,  au point de dénaturer et de travestir la vérité : pourquoi ? Pour la rendre plus visible ?

Alixandra Fazzina dépeint un réel en mouvement permanent, avec intuition, force et sensibilité, comme on peut le faire lorsque l’on est profondément touché et conscient de se qui se passe autour de soi, en s’oubliant et en donnant le meilleur de son art. Ses images sont d’une honnêteté humaine, intellectuelle et photographique qui interpelle. Des arrêts sur l’Histoire, qui se déroule non plus à des kilomètres, mais aujourd’hui, sous nos yeux.

La photographe vit depuis trois ans à Islamabad. Elle vient d’être témoin de ce que beaucoup considèrent comme une des pires catastrophes naturelles des temps modernes : les inondations survenues au Pakistan.

Galeries photo : www.noorimages.com
À paraître : A Million Shillings, Escape from Somalia. Éd. Trolley. Environ 30 €.

Visa pour l’image : David Guttenfelder

 » J’aime les images qui ont un message universel sur les hommes. J’ai vu la photographie aider des gens, c’est une part importante de notre métier. « 

En plus de 15 ans, le photoreporter David Guttenfelder a couvert les conflits dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen Orient, notamment pour l’Associated press (AP) pour laquelle il travaille. Lauréat de nombreux prix internationaux (dont quelques World Press), il a aussi fait l’objet ces jours-ci de six pages de publication pour un reportage sur les troupes américaines en Afghanistan avec un iPhone (relaté en mars par Denverpost.com). Je conçois que le procédé technique puisse, à la limite, intriguer, mais de là à… non.

Indépendamment de ce que je considère comme une anecdote, voici (plus bas) deux liens pour en savoir un peu plus sur la démarche et les images de ce photographe qui sont loin d’en être une – anecdote -. Liberia, Rwanda, Irak, Pakistan, Afghanistan, …, offrent à voir des réalités odieuses qui continuent de traverser les frontières et d’anéantir des vies. Des existences dignes, transmises pour que nous les regardions en face. Pas en feuilletant rapidement l’hebdo du moment, entre le Portrait et les pages Conso. Pas en faisant défiler 30 images/minute sur un site Internet. Mais en prenant le temps : il restera toujours cette image, celle qui résiste aux autres, qui touche, fait réfléchir. Voire ré-agir.

En 2007, David Guttenfelder avait repoussé les limites et codes habituels du travail en agence de presse en nous livrant The dark side of a wire photographer : une  approche plus intime et intuitive de la vie, dans ces lieux dans lesquels il s’engage, une évocation en marge de ce qu’il appelle le centre de l’Histoire. Il sera à nouveau en France pour une projection lors du prochain Visa pour l’image, une rétrospective de ses reportages en Afghanistan. Rendez-vous à Perpignan le 4 septembre 2010.

→ Lien photo www.lightstalkers.org/david_guttenfelder
Interview, en cliquant sur l’image ci-dessous ↓

PHOTO : reportage expo 1

D’après le reportage que j’ai réalisé au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP. Un travail photographique en immersion au cœur du lieu intime de la prise en charge des patients initié fin 2008, et réalisé en 2009.
Pendant plusieurs mois. De août à décembre 2009, j’ai pu suivre les patients Lire la suite « PHOTO : reportage expo 1 »

PHOTO Pierrot Men : chroniques malgaches

Les propos recueillis ci-dessous ne sont pas libres de reproduction et d’utilisation, comme l’ensemble des éléments figurant sur ce blog. Photos reçues et mises en ligne avec l’accord de Pierrot Men.

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Christian Poveda : Alain Mingam raconte

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés le 2 septembre dernier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. À l’occasion de la sortie en DVD de La vida loca, documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, Alain Mingam (que je remercie encore), grand reporter, et ambassadeur du film, revient sur le tournage, les gangs maras, le Salvador, la violence dans les médias.

Près de 90 000 entrées en salle plus tard en France, le film est désormais disponible à la vente. Un regard sans concession, engagé et humain. À voir d’urgence.

interview réalisée  pour http://www.lmde.tv / images-montage Yannick Hanafi

Le DVD : 19,99 € (prix indicatif, sur fnac.com, amazon.fr…)
Le site Internet : www.lavidaloca-lefilm.fr

PHOTO : Zoom sur… JR

En attendant d’avoir le temps d’écrire un post digne de ce nom, un clin d’oeil à un photographe de 25 ans à la démarche unique : JR. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il incarne la photographie contemporaine, audacieuse, sans frontières dans tous les sens du terme, de l’engagement artistique pour les droits et la dignité de l’Homme à la démocratisation d’un art qui rassemble.

Loin de l’élitisme, il se nourrit de l’art urbain et créé le concept de l Lire la suite « PHOTO : Zoom sur… JR »

Bonne année !

Paradise is only what we imagine


© photos & montage Virginie de GALZAIN, musique Soleïman Badat

Faute de temps pour faire une « compil » d’images… je remets en ligne Bali : Golden age, même si ça date un peu… Pas seulement parce que l’île est aujourd’hui à nouveau menacée par les attentats, pas seulement parce que cet endroit reste un de mes meilleurs souvenirs, mais surtout parce que ce territoire est un concentré de ce que devrait être le monde, et un site aujourd’hui menacé par la corruption, les constructions arbitraires et l’argent.

Qu’est-ce qu’un paradis ? Bali selon certaines acceptions en est un : des paysages encore vierges de toute dénaturation qu’on pourrait qualifier des plus beaux adjectifs, de belles plages, des prix bas… C’est aussi et surtout une île remarquable par l’authenticité de ses mœurs, l’accueil de ses habitants, un art de vivre fondé sur le respect de l’Autre, des Anciens, des croyances, des traditions, de la vie dans son ensemble. Une île pauvre mais digne, où la mendicité n’est pas de mise, où le danger est absent, où la générosité et la curiosité sont sincères.

C’est peut être ça le paradis, un monde où chacun peut continuer à vivre dignement, face aux attraits factices d’un Golden age plus virtuel que réel, plus éphémère qu’accessible.  So what ? Bonne année !