‘Paroles d’enfants syriens’ de Bernie Bonvoisin

À voir absolument en ligne sur LCP, « Paroles d’enfants syriens «  n’est pas un film document comme les autres.

Des enfants qui (nous) font face
51 minutes « brutes » à suivre des enfants syriens en exil dans leur quotidien. 51 minutes d’expression de leur vérité : celle de ceux qui savent, qui vivent ce qu’est la guerre, l’exil, la mort violente, la destruction de sa/la vie, les parents qui ne sont pas là, la terreur et la misère. Puis la lente reconstruction ‘à l’étranger’ avec des personnes bienveillantes qui luttent avec eux jour après jour pour leur intégrité et leur dignité ; pour leur éducation, face au risque de haine et d’autodestruction ; pour qu’ils retrouvent un semblant d’enfance et de petits moments d’insouciance. Des enfants qui ont connu le pire, sont passés du jour au lendemain dans un horrible monde d’adultes et font face avec courage dans une hyper conscience du monde :

« Est-ce que je vais vivre toute ma vie dans une tente de réfugié ? Ou bien je vais mourir loin de mon pays ? Ils ont tué nos souvenirs. Ils ont même tué des humains. Ils ont détruit ma maison. Ils ont détruit mon pays. Où est la solution ?  »
(− Chaïma, 12 ans)

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D’autres ont leur projet

« Je vois la verdure en face, les fermes et la bananeraie. J’aimerais aller là-bas. J’irai là-bas. Je construirai ma maison et j’aurai ma propre société. » (− Qussai, 11 ans),

sont comme Imane, malheureux, ou rêvent de retourner en Syrie comme Marwan qui travaille jusqu’à 4 mois d’affilé à ramasser des pommes de terre pour 4 dollars par jour pour que la famille puisse payer… la location (?!) de la « tente » qui leur sert de « maison ».

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Bernie Bonvoisin : l’autre voix
C’est la voix d’un homme, et quelle voix. Celle de Bernie Bonvoisin qui n’en peut plus et qui s’est associé à Pedro Brito de Fonseca pour crier sa révolte et sa rage face à cette vérité : cette injustice sur laquelle tentent de se poursuivre, de se reconstruire des vies. Une claque dans la gueule, il n’y a pas d’autres mots, comme aucun journaliste ne l’a fait et pour cause (cherchez sur Internet qui est Bernie Bonvoisin si ce nom ne vous dit toujours rien). Une claque, puisqu’il en faut encore une pour comprendre et agir face à ce que je considère comme 5 ans d’échec international humanitaire, politique et diplomatique, d’inconscience et d’inaction de la part de (nos/vos) dirigeants qui ont le pouvoir de décision de vie et de mort entre leurs mains, qui ont le pouvoir de paix.
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Paroles d’enfants syriens : la misère entre deux jardins
Par Bernie Bonvoisin et Pedro Brito da Fonseca (coréalisateur)/LCP

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Deng Thiak Adut : itinéraire d’un enfant soldat

– Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

Unlimited, la campagne intelligente de la Western Sydney University valorise des parcours d’étudiants que l’on qualifie d’exception. Découvrez celui de Deng Thiak Adut, ancien enfant soldat au Soudan, aujourd’hui avocat reconnu dans l’un des cabinets (AC Law group) les plus respectés en Australie mais aussi hors frontières, notamment pour son engagement pour le respect des droits des migrants et contre la criminalité, la corruption, les trafics (humains, drogue…). Un cabinet dont il est cofondateur et associé. (le texte continue sous la 1ère vidéo…)

Ce parcours de réussite – au sens non élitiste du terme – pourrait être, peut être celui de tout enfant arrivé dans des conditions d’urgence dans un autre pays, notamment le nôtre. Pourvu qu’on lui en donne/laisse la possibilité. Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*.  Et plus de la moitié des réfugiés sont des enfants**.

Dans ces contextes de déséquilibres géopolitiques et humains croissants, permettre l’accès au sol, à un toit, à des soins, à l’éducation pour les enfants déracinés, ainsi qu’à la formation et à l’emploi pour leurs parents quand ils sont encore en vie est fondamental. Pourquoi ? Pour le présent et l’avenir de chacun. Pour la sécurité individuelle et collective VS rejet, injustices et précarité toujours sources d’instabilités locales et internationales. De cette sécurité et de cette équité qui permettent aux hommes de vivre « en paix » dans tous les sens du terme, dans un univers protégé, stable pour mieux grandir, s’épanouir, vivre en un mot. Autant de conditions d’égalité, non pas des « chances » mais des droits, qui concernent les enfants venus d’ailleurs comme ceux nés sur chaque territoire.

Je vous invite à écouter attentivement l’intervention de Deng Adut lors de l’Australia day address (ci-dessous), qui évoque son enfance, ce qu’il avait perdu, ce qu’il a pu retrouver. Ce que d’autres pourraient retrouver si… Ce que d’autres pourraient éviter de perdre si…

* sources *UNICEF et **UNHCR

Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU

L’instabilité ne cesse de s’étendre. Les souffrances augmentent. Aucun pays n’est à l’abri. (…) Devant l’inhumanité flagrante, le monde a montré une paralysie troublante. ”

Exceptionnellement ci-dessous, reprise intégrale de l’appel publié sur le centre d’actualités de l’ONU

« (Genève, 31 octobre 2015) Le Secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, ont lancé un avertissement conjoint sans précédent sur l’impact des conflits actuels sur les civils et demandent que des mesures concrètes et urgentes soient prises face à la souffrance humaine et à l’insécurité.

Les deux hommes ont souligné l’importance de respecter le droit humanitaire international afin de mettre fin au chaos et d’empêcher une aggravation de l’instabilité.

Ils demandent aux États de prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts afin de trouver des solutions durables aux conflits et mener des actions concrètes dans cet objectif.
– Utiliser, à titre individuel et collectif, tous les moyens à leur disposition pour exercer une influence sur les parties impliquées dans des conflits afin qu’elles respectent le droit, y compris en menant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international, en s’assurant que les responsables Lire la suite de « Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU »

Mines antipersonnel : combattre une menace durable

Du 3 au 7 décembre 2012, Genève accueille la 12e Conférence des États parties au Traité d’Ottawa. Un événement à suivre dans un contexte mondial d’instabilité politique persistant, où la violation des droits humains et l’usage d’armes interdites se poursuit. De quoi parle-t-on ?

La Convention d’Ottawa
– ou Convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel – est la seule à imposer un cadre juridique international dédié. C’est aussi la seule convention à intégrer un soutien aux victimes des armes concernées. Signée en 1997, elle rassemble aujourd’hui près de 160 États parties.

Les mines antipersonnel
sont des armes de guerre aussi actives pendant qu’après les conflits. Utilisées par l’ensemble des forces armées de façon massive jusqu’à la fin des années 1990, elles sont placées sous ou sur le sol, ou à proximité, et explosent sur simple présence, proximité ou contact d’une personne. Marcher dessus revient à signer son arrêt de mort ou à être victime de mutilations (et donc amputé de bras, de jambes, avec des parties du corps ou organes vitaux broyés pour faire court). Les handicaps et les traumatismes qu’elles génèrent sont violents et parfois irréparables.

Les pays signataires s’engagent notamment
à agir de façon continue et définitive sur les plans matériels et humains et ainsi
– à ne pas produire, stocker, utiliser, céder… de mines antipersonnel ;
– à identifier et notifier les lieux concernés, les quantités existantes posées ou stockées ;
– à déminer les territoires, à détruire les mines antipersonnel posées et stockées par tout moyen possible ;
– à venir en aide aux États désireux de respecter ou de faire respecter le traité d’Ottawa
– à venir en aide aux personnes victimes de mutilations/blessures et à leur famille pour favoriser l’accès aux opérations de chirurgie puis aux soins la plupart du temps très insuffisants ; pour permettre la pose de prothèses ; pour les aider à avoir des assistances sociales et psychologiques pour qu’elles puissent survivre voire se réinsérer dans ce que l’on appelle la vie familiale, sociale et professionnelle. Concernant ce dernier point, Handicap international souligne la baisse de 30% des fonds d’aide aux victimes, une aide qui conditionne pourtant la survie des personnes mais aussi le (re)développement des zones concernées.

L’information des populations sur les risques d’exposition aux mines, mais aussi la prévention par la localisation et la délimitation des territoires doivent se poursuivre. Les États parties sont enfin tenus de demander toute assistance nécessaire en cas de difficultés à mettre en œuvre leurs obligations.

Depuis 15 ans,
les engagements liés au Traité ont permis de déminer de nombreuses zones, de détruire des millions d’engins explosifs et de diminuer par deux le nombre de victimes de mines antipersonnel. Mais les engagements sont à poursuivre de façon accélérée car près de 170 millions de mines seraient encore enfouies sous les sols d’environ 40 pays (source Handicap international). Lybie, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Ouganda restent parmi les plus concernés par le nombre de mines présentes sur le territoire. Autant de décès et/ou de mutilés potentiels : largement plus de deux fois la population de la France pour se donner une idée !

.Ces mines se situent pour beaucoup dans des pays où le minimum vital manque, et à proximité d’habitation, sur des zones agricoles ou de pâturages. Les trois quarts des victimes sont des civils dont des enfants. En outre, l’International campaign to ban landmines rappelle que le Soudan et le Yemen (États parties) sont soupçonnés de continuer à utiliser ces armes. La Syrie et le Myanmar l’ont fait cette année.

Les enjeux sont donc
de poursuivre et de finir ce qui a été initié par le Traité d’Ottawa en fédérant l’ensemble des pays parties, auxquels les États non parties doivent encore se joindre. De veiller à ce qu’aucun État ne dérape à nouveau vers l’utilisation de ces mines. De protéger les personnes qui vivent et travaillent dans les zones minées. De venir en aide à celles qui ont été ou seront victimes des mines et de maintenir les moyens engagés pour que les États puissent tenir leurs engagement matériels et humanitaires.

Des enjeux d’avenir d’ordres humain, sanitaire, éducatif, économique, politique, géopolitique qui posent les questions fondamentales liées à une industrie qui pèse des centaines de milliards de dollars. Qui expriment l’urgence de la réglementation et du contrôle du choix, de l’enregistrement, de l’usage et du commerce des armes. Qui font s’interroger sur des volontés de paix face à l’entretien volontaire des conflits quels qu’ils soient et par extension de la pauvreté, de la corruption et de la dépendance. 

@ SUIVRE : Handicap international, le Comité international de la Croix rouge, l’International campaign to ban landmines, le site de la Convention
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ZOOM SUR… MASSOUD HASSANI, DESIGNER ENGAGÉ

Massoud Hassani est né en 1983 en Afghanistan. Il a fui son pays à l’adolescence après avoir perdu son père. Installé en Hollande, il fait ses études supérieures à la prestigieuse Design Academy Eindhoven et décide de faire mettre le design au service de problématiques sociales. Il est l’inventeur du « démineur » Mine Kafon, une sphère à base de cannes en bambou activée par la simple force du vent qui fait sauter les mines en roulant dessus. Un concept inspiré de jeux qu’il fabriquait enfant et dont les limites étaient, précisément, celles imposées par les terrains minés. La spécificité de cette sphère est qu’elle mémorise le parcours effectué et permet une localisation des zones « saines » ou « assainies » tout en permettant une destruction sécurisée des mines pour mieux sauver des vies humaines. Lire la suite de « Mines antipersonnel : combattre une menace durable »

Diaporama « Pour la paix à Gaza »

À l’heure des négociations pour un possible et temporaire cessez-le-feu, extraits d’un reportage photo réalisé le long de la manifestation du 10 janvier 2009 à Paris, pour la paix à Gaza. PLUS DE PHOTOS ICI

Photos & montage ©Virginie de Galzain, musique Soleïman Badat