Divines : deux talents bruts

Encore un prix d’interprétation, archi mérité, pour le duo de choc de Divines : Déborah Lukumuena (César de la meilleure actrice dans un second rôle) et Oulaya Amamra (César du meilleur espoir féminin), deux fortes personnalités habitées par leur rôle et d’une présence inouïe. Je n’ajouterai rien de plus car c’est à regarder / écouter pour en saisir la pleine mesure. La bande annonce donne le ton mais ne vous arrêtez surtout pas là. Si vous n’avez pas vu le film en salle, séance de rattrapage impérative en VOD !

Quant à Houda Benyamina, la réalisatrice de Divines, elle a remporté le César de la meilleure première œuvre (pari sur Grand Corps Malade et Mehdi Idir pour Patients en 2018) après avoir déjà reçu le prix du meilleur premier film aux Lumières de la presse étrangère 2017 et la Caméra d’or au festival de Cannes 2016. Un beau et vrai défi pour celle qui a créé en 2006 l’association 1000 visages. Une structure innovante et engagée qui initie et forme les jeunes issus des quartiers populaires aux métiers du cinéma, détecte et accompagne des talents, tend à rendre accessible à tous le 7e Art et plus largement la culture tout en promouvant les valeurs citoyennes.

La loi du marché : Vincent Lindon primé !

Enfin ! L’IMMENSE acteur/homme Vincent Lindon prix d’interprétation masculine Cannes 2015 pour le film La loi du marché, de Stéphane Brizé. Un film à voir absolument tant pour la force du sujet qu’il porte – le chômage – et la place qu’il redonne à celles et ceux qui luttent au quotidien pour rester dignes, que pour ses interprètes.

DOCUMENTAIRE À voir : Se battre !

 

 » Les gens ne peuvent pas savoir ce que c’est que de partir le matin au boulot et de se dire : Putain, mais qu’est-ce qu’ils vont manger mes gosses ce soir ? Faut y passer pour comprendre… « .

Sorti au cinéma en mars 2014, le documentaire Se battre, de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana est désormais disponible en VOD et en DVD. Tourné à Givors (Rhône), il suit le quotidien d’hommes et de femmes qui résistent chaque jour pour avoir ou garder un travail et un logement, pour nourrir leur famille ; qui se battent pour continuer à guider leur vie, et celle de leurs enfants, avec espoir et sens. Un film dont les acteurs pourraient être vous et moi, dans leur propre rôle, habités de dignité et de courage, de solidarité, de rage de vivre comme tout le monde.

Ce quotidien n’est pas une exception : il concerne des millions de Français qui vivent à quelques euros près par mois, dans notre pays. Vivre à quelques euros près, c’est devoir surmonter l’insécurité, l’inquiétude, la pauvreté ; se serrer la ceinture en permanence pour subvenir à ses besoins vitaux et payer ses factures ; connaître la faim parfois et l’aide alimentaire du Secours Populaire ; ne plus pouvoir lire parce qu’on ne peut pas faire renouveler ses lunettes ou avoir froid car se chauffer devient un luxe.

Le regard de la société, quant il se fait dur et blessant, exclut. Mais l’absence de tout regard tue. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à valoriser ceux que l’on ne voit pas avec une démarche profondément humaine face à l’indifférence, aux idées reçues, au mépris, à la banalisation de situations inacceptables. Vous trouverez plus bas un extrait de la note d’intention des deux auteurs de ce témoignage de vie(s), car personne, surtout pas moi, ne dira mieux qu’eux et que ses acteurs ce que ce film représente. Comme le dit Laurence dans les premières minutes du documentaire : « Faut y passer pour comprendre ». Car il faut réaliser ce que signifie l’obsession de s’en sortir, le plaisir de travailler et l’envie d’exister au-delà de la survie, face à des suspicions indécentes chroniques « d’assistanat », dans son acception la plus humiliante.

La dépendance des personnes en difficulté est de plus en plus forte. La priorité est d’adapter le marché aux nécessités humaines et environnementales pour dépasser, précisément, le stade de la survie. Mesdames et messieurs les Ministres, dirigeants, décideurs présents et à venir, étudiants amenés à exercer ces fonctions : à défaut « d’y passer », vous aussi regardez. Pour mieux décider et tendre vers le mieux vivre possible pour tous, particulièrement ceux qui en ont le plus besoin.

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Extrait de la note d’intention :

 » Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres  qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.  » — Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

LE SITE DU FILM : www.sebattre.com
LE DVD : éd.Blaqout http://boutique.blaqout.com
OÙ VOIR LE FILM ? www.sebattre.com/projections

Christian Poveda : Alain Mingam raconte

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés le 2 septembre dernier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. À l’occasion de la sortie en DVD de La vida loca, documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, Alain Mingam (que je remercie encore), grand reporter, et ambassadeur du film, revient sur le tournage, les gangs maras, le Salvador, la violence dans les médias.

Près de 90 000 entrées en salle plus tard en France, le film est désormais disponible à la vente. Un regard sans concession, engagé et humain. À voir d’urgence.

interview réalisée  pour http://www.lmde.tv / images-montage Yannick Hanafi

Le DVD : 19,99 € (prix indicatif, sur fnac.com, amazon.fr…)
Le site Internet : www.lavidaloca-lefilm.fr

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

Christian Poveda_vida loca !

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés hier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. Son dernier documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, La vida loca (La vie folle), sort en salle le 30 septembre. Ces liens www.lafemme-endormie.com/vidaloca (site du film) et http://www.agencevu.com/photographers (ses portfolios au sein de l’agence VU) parlent pour lui de ce qu’il était, de ce qu’il faisait, mieux que tout ce que l’on pourra en dire de beau aujourd’hui.

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La Villette_projections…

En reportage photo pour quelques semaines dans un service hospitalier, petite pause en ces chaudes soirées d’été. Histoire de prolonger les plaisirs avec un fm2 que j’aurais du acquérir bien plus tôt ! Et non, la photo n’est pas retouchée…

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Série “Les temps modernes (nikon fm2, portra 400 vc, af 35mm) © Virginie de GALZAIN

Les enfants invisibles

À découvrir le 20 mai au cinéma, Les enfants invisibles, sept destins d’enfants vus par 8 réalisateurs de renom. L’idée de départ, rendre visible et sensibiliser sur le quotidien pas comme les autres d’enfants du monde, aux quatre coins de la planète.

Enfants soldats (Tanza, de Medhi Charef) ; enfants détenus (Blue Gypsy, d’Emir Kusturica) ; malades (Jesus, Children of America, de Spike Lee) ; victimes de la guerre (Jonathan, de Jordan Scott & Ridley Scott) ; enfants des Lire la suite « Les enfants invisibles »

Zoom sur… Slumdog Millionaire

Huit Oscars, dont celui du meilleur film, du meilleur scénario adapté et du meilleur réalisateur. Si vous n’avez pas encore vu le dernier film de Danny Boyle, Slumdog Millionaire, il est encore temps ! L’histoire de Jamal Malik, enfant des bidonvilles accusé de tricherie alors qu’il est sur le point de devenir richissime à 18 ans grâce à l’émission « Qui veut gagner des millions ? » Présenté tour à tour comme un « conte de fée » ou une « comédie sociale » — j’avoue que ce n’est pas ce qui m’est venu à l’esprit en sortant de la salle  ! — le film est aussi l’illustration d’une enfance de la rue et de la débrouille, et le miroir de c Lire la suite « Zoom sur… Slumdog Millionaire »

Une nuit avec Almodovar

C’est possible. Et c’est ce soir. Sur écran géant. À la Villette. Avec LA nuit  » Les femmes de Pedro « . Au programme : Attache moi ! Volver et Kika. Ce, dans le cadre de la dix-huitième édition  » Cinéma en plein air « .

Pour le contexte, le thème de cette année est Ava, Rita, Gina…Les étoiles ne meurent jamais. Encore une quinzaine de films à (re)voir donc, jusqu’au 17 août, entre oeuvres mythiques et futurs grands classiques (Roger Vadim, Georg Wilhelm Pabst, Howard Hawks, François Ozon mais aussi Scorsese, Coppola, une nuit Le Parrain, etc, etc, etc). Programme complet sur le site.

Jusqu’au 17 août. Prairie du Triangle. M° Pte de Pantin. Entrée 2 euros. Se renseigner avant en cas de temps incertain au 01 40 03 75 75 (cela dit, un ciné en plein air s’il pleut des cordes… entre nous…) & La Villette.

ET EN AOÛT, DANS TOUT PARIS, OU PRESQUE
Cinéma au clair de lune : trois semaines de déambulation proposées par le Forum des images en 16 projections. Au hasard, Talons aiguilles (Almodovar encore) dans les jardins du Trocadéro, Blow up (Antonioni) au parc de Choisy, Le troisième homme (Orson Welles) au parc André Citroën ou Lisbonne story (Wim Wenders) dans le 15e. Programme complet sur le site, pour ne pas changer.

Du 6 au 24 août. 21h30. Lieu en fonction des dates. 01 44 76 63 00 et Cinéma au clair de lune.

Tabarly 2

Si ce n’est pas encore fait, courez voir le documentaire de Pierre Marcel sur Tabarly. À voir absolument sur grand écran. Je ne pouvais pas manquer cela ! Un bel hommage sans mélo ni excès. Juste l’homme par lui-même. Un fou de voile, un homme libre, amoureux de la vie, engagé dans la Marine pendant 32 ans, navigateur hors pair, ingénieur visionnaire, d’une présence fascinante et d’une simplicité reposante – de celles qui caractérisent les Grands. Rien de plus. Rien de moins.

Les images se suffisent à elles seules, rythmées avec légèreté par la musique de Yann Tiersen : les Pen Duick légendaires à la ligne parfaite qu’on rêve tous de barrer ne serait-ce qu’une minute, un visage tour à tour déterminé, concentré, simplement heureux, des manoeuvres rapides et précises, la force du vent dans les voiles et la mer. Imprévisible… On peut y passer le meilleur comme le pire, mais rien n’est plus fascinant ! Irrésistible !

Petite pique aux journalistes désarmés devant son silence, alors qu’il n’avait juste rien à leur dire, tant les questions amenaient une réponse… comment dire… évidente. Rien de neuf. S’informer avant de vouloir informer… Autre débat ;)

«  Je n’aurais pas osé rêver une vie pareille « , dixit Tabarly. Il a fait mieux : il l’a vécue.

Tabarly

Vivre ses rêves à fond, plutôt que de rêver sa vie.

Le documentaire de Pierre Marcel sur Tabarly est à voir absolument sur grand écran. Un bel hommage sans mélo ni excès. Juste l’homme par lui-même. Un fou de voile, un homme libre, amoureux de la vie, engagé dans la Marine pendant 32 ans, navigateur hors pair, ingénieur visionnaire, d’une présence fascinante et d’une simplicité reposante – de celles qui caractérisent les Grands. Rien de plus. Rien de moins.

Les images se suffisent à elles seules, rythmées par la musique de Yann Tiersen : les Pen Duick légendaires à la ligne parfaite qu’on rêve tous de barrer ne serait-ce qu’une minute, un visage tour à tour déterminé, concentré, simplement heureux, des manœuvres rapides et précises, la force du vent dans les voiles et la mer. Imprévisible… On peut y passer le meilleur comme le pire, mais rien n’est plus fascinant ! Irrésistible !

Petite pique aux journalistes désarmés devant son silence, alors qu’il n’avait juste rien à leur dire, tant les questions amenaient une réponse… comment dire… évidente. Rien de neuf. S’informer avant de vouloir informer… Autre débat…

«  Je n’aurais pas osé rêver une vie pareille « , dixit Tabarly. Il a fait mieux : il l’a vécue.


Un documentaire de Pierre Marcel. Sur une musique de Yann Tiersen.
Sortie aujourd’hui, 11 juin.

Viva Persepolis!

Marjane Satrapi, à la Une du magazine Génération Solidaire (interview cliquable ci-dessous)

Pas de leçon de morale, pas de lourdeur idéologique, juste Persepolis, un point de vue subjectif assumé dès le début par une petite fille pleine de tempérament, d’humour et de lucidité, comme le film. Sans caricature ni réduction. Une claque !

Pourquoi ? Parce que nous allons et venons libres de nos mouvements, pouvons exprimer nos opinions, etc, etc. Parce que ce n’est évidemment pas qu’un film mais le quotidien de nombreux hommes et femmes remis à une certaine place. Parce que Marjane Satrapi dans son histoire pas ordinaire n’en est pas moins accessible et  » comme tout le monde « .

Une claque aussi car ce film d’animation est un film indépendant, qui a vu le jour  » juste  » grâce à l’envie partagée de ses auteurs (Vincent Paronnaud et…), pied de nez à tous les blockbusters et autres (super)productions sans fin, sans fond ! Enfin, parce la dernière phrase du film  » La liberté a un prix  » est le début, la clé de tout. En substance, un réel plaisir ! Vivement le prochain « vrai » (ce serait en cours) film donc.

Le site : www.myspace.com/persepolislefilm