L’Expo ‘Le droit d’apprendre’ à la Maison de l’Europe

Bonne nouvelle : après Bordeaux en 2016, l’exposition « Le droit d’apprendre »* est à la Maison de l’Europe, à Paris, jusqu’au 1er avril 2017. Un projet photographique dont je signe les photos et les textes, destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible.

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Lutte contre le chômage, égalité des droits, responsabilité sociale et éducative… Quels sont les enjeux de la formation tout au long de la vie ? Comment consolider ses compétences, évoluer, sécuriser les parcours ? Comment apprenants et formateurs construisent-ils ensemble un parcours d’autonomie et de réussite ?

“ La notion de formation continue, telle un mouvement, est inhérente à Turbulences !, à l’image de l’intermittence du spectacle. C’est fondamental pour maintenir une dynamique, consolider et explorer. C’est ce qui permet le maintien et l’évolution des niveaux de qualification de la structure et des personnes. ” – Philippe Duban (Turbulences!)

Extraites de plusieurs reportages, les photographies – légendées de nombreux témoignages de formateurs et d’apprenants – mettent en lumière l’engagement d’organismes de formation pour adultes et d’entreprises d’insertion auprès de personnes parfois fragilisées. Elles valorisent les apprenants dans leur démarche d’apprentissage. Elles évoquent la diversité des pratiques des formateurs. Elles humanisent un droit qui participe à l’amélioration des compétences et au bien-être de chacun ainsi qu’à la stabilité et à la qualité de vie de l’entreprise.

Du 3 au 30 mars 2017
Exposition « Le Droit d’apprendre » : Maison de l’Europe. 35-37, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris. Tous les jours, week-ends inclus, de 14h à 18h : entrée libre. D’autres expositions sont à suivre en 2017 en France.

*Avec le soutien de l’agence Erasmus+France Éducation Formation/EPALE, qui m’a confié ce beau projet collectif dans le cadre de ses actions liées à la l’éducation et à la formation des adultes. En collaboration avec Turbulences!, Langues Plurielles et la Table de Cana, sujets au sens plein du terme de ce travail que je remercie tout autant. Tirages Picto Paris.


Coulisses : la lutte contre l’illettrisme et exclusions associées et l’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi pour tous est un nombreux enjeux sur lequel je travaille depuis plusieurs années. L’exposition « Le droit d’apprendre » résulte de nombreuses semaines de travail collectif, tant pour sa préparation que pour – la réalisation des prises de vues pour valoriser au mieux chaque structure, les liens humains entretenus, les ateliers et actions mis en œuvre, – les recueils de témoignages pour incarner et donner la parole aux personnes impliquées – le choix et la préparation des images – la synthèse des textes – la réalisation des maquettes photos/textes et le suivi de fabrication enfin.

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L’appel du monde de demain !

L’avenir se prépare aujourd’hui ! Signez > l’appel du monde de demain aux côtés du mouvement Colibris de Pierre Rabhi. Cliquez sur l’image et pensez à partager.

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Le texte intégral de l’appel
Lire la suite de « L’appel du monde de demain ! »

L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite de « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Formation et insertion : Le régiment du SMA de La Réunion fête ses 50 ans

Le régiment du SMA de La Réunion fêtait officiellement ses 50 ans le 8 avril. Il y a un an, j’y réalisais plusieurs semaines de reportage, en photographies et recueil de très nombreux témoignages. Un reportage en immersion qui s’inscrit dans un travail de long terme sur l’accès à une éducation et une formation égalitaire pour tous initié fin 2011.

Pendant ces semaines, j’ai pu suivre la vie au sein des 3 sites du régiment (Saint-Pierre, Saint-Denis et Bourg Murat), découvrir la diversité des parcours de vie individuels et des apprentissages communs à différents stades de la formation des jeunes. Le RSMA accueille en effet en flux tendu 100 nouveaux jeunes par mois pour 6 à 12 mois : ceux qui arrivent côtoient ceux qui partent comme ceux qui sont à mi-parcours. J’ai pu observer, photographier, m’entretenir avec des cadres et des jeunes volontaires. Que l’on ne s’y trompe pas, le RSMA ne forme pas de futurs militaires, mais il met tout en œuvre pour permettre aux filles et garçons qui le souhaitent d’apprendre un métier qu’ils pourront exercer dans le civil ; des jeunes qui se donnent les moyens de faire des choix de vie dans des contextes personnels ou conjoncturels parfois difficiles.

Reportage et montage ©Virginie de Galzain

Mon objectif était de comprendre, au-delà des mots et des chiffres qui décrivent ce dispositif, qui sont les volontaires et les cadres militaires qui le composent, où ils en sont au moment où je les rencontre et comment et pourquoi c’est une réussite humaine. Car entre l’arrivée des jeunes et les 75% dits d’insertion, il y a des mois de partage et de vie collective inédite en internat, de travail intensif et de détente, de doute et de découragement, de petites et de grandes victoires. Rien ne va de soi, rien n’est gagné d’avance. Appréhender de l’intérieur ce microcosme très exigeant « qui ne lâche rien » est le seul moyen d’informer, de donner à voir l’organisation et les moyens mis en place pour former en interne à des dizaines de métiers dans les meilleures conditions possibles ; l’encadrement humain existant et nécessaire jour et nuit ; les compétences et l’investissement à tous les niveaux en lien avec de nombreux acteurs de la vie civile. Et surtout : les liens qui se tissent au fur et à mesure que les jours et les semaines passent qui participent à renforcer confiance et détermination,  envie de réussir et conscience que c’est possible.

> Le site du reportage : ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’

Deng Thiak Adut : itinéraire d’un enfant soldat

– Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

Unlimited, la campagne intelligente de la Western Sydney University valorise des parcours d’étudiants que l’on qualifie d’exception. Découvrez celui de Deng Thiak Adut, ancien enfant soldat au Soudan, aujourd’hui avocat reconnu dans l’un des cabinets (AC Law group) les plus respectés en Australie mais aussi hors frontières, notamment pour son engagement pour le respect des droits des migrants et contre la criminalité, la corruption, les trafics (humains, drogue…). Un cabinet dont il est cofondateur et associé. (le texte continue sous la 1ère vidéo…)

Ce parcours de réussite – au sens non élitiste du terme – pourrait être, peut être celui de tout enfant arrivé dans des conditions d’urgence dans un autre pays, notamment le nôtre. Pourvu qu’on lui en donne/laisse la possibilité. Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*.  Et plus de la moitié des réfugiés sont des enfants**.

Dans ces contextes de déséquilibres géopolitiques et humains croissants, permettre l’accès au sol, à un toit, à des soins, à l’éducation pour les enfants déracinés, ainsi qu’à la formation et à l’emploi pour leurs parents quand ils sont encore en vie est fondamental. Pourquoi ? Pour le présent et l’avenir de chacun. Pour la sécurité individuelle et collective VS rejet, injustices et précarité toujours sources d’instabilités locales et internationales. De cette sécurité et de cette équité qui permettent aux hommes de vivre « en paix » dans tous les sens du terme, dans un univers protégé, stable pour mieux grandir, s’épanouir, vivre en un mot. Autant de conditions d’égalité, non pas des « chances » mais des droits, qui concernent les enfants venus d’ailleurs comme ceux nés sur chaque territoire.

Je vous invite à écouter attentivement l’intervention de Deng Adut lors de l’Australia day address (ci-dessous), qui évoque son enfance, ce qu’il avait perdu, ce qu’il a pu retrouver. Ce que d’autres pourraient retrouver si… Ce que d’autres pourraient éviter de perdre si…

* sources *UNICEF et **UNHCR

Internat

reportage service militaire adapte_virginie de galzainLe service militaire adapté : un enjeu d’avenirs‘ © Virginie de Galzain

Photo : Les temps modernes.2

Extrait de reportages et portraits, commandes et projets indépendants.
Madagascar, Paris, Rome, La Réunion, New York, Bastia.

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> (re)voir Les temps modernes.1

Le reportage sur le SMA à la Une du site de l’ANLCI

Accès à l’éducation et à la formation pour tous : l’ANLCI (agence nationale de lutte contre l’illettrisme) met le reportage Le service militaire adapté : un enjeu d’avenirs à la Une de son site (merci).

une anlci juillet 2015_www.anlci.gouv.fr

Le site du reportage : https://unenjeudavenirs.wordpress.com

Reportage : Le service militaire adapté, un enjeu d’avenirs

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Le site : unenjeudavenirs.wordpress.com

Éducation, formation, insertion : un droit pour tous Ce photoreportage s’intègre dans un travail que j’ai initié fin 2010 sur la lutte contre les inégalités et l’accès à la formation et à l’emploi pour tous. C’est le seul de cette nature, sur ce sujet. Réalisé en immersion au sein du régiment de La Réunion, l’un des 7 régiments du Service militaire adapté (SMA), le reportage Le Service militaire adapté : un enjeu d’avenirs donne à voir un dispositif militaire unique engagé depuis plus de 50 ans dans l’accès à l’éducation, à la formation et à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes d’Outre-Mer dans la vie civile.

Au terme d’une formation militaire d’un mois, les volontaires apprennent un métier correspondant aux besoins d’emploi locaux, complété du certificat national de Sauveteur secouriste du travail, dans l’une des compagnies dédiées. Outre le savoir-faire, la remise à niveau personnalisée en français et en mathématiques fait partie intégrante de l’apprentissage,  le SMA accueillant entre autres de nombreux jeunes sans diplômes et/ou en situation d’illettrisme (plus de 40%). Six à 12 mois de vie collective en internat qui vont surtout permettre à chacun de se construire avec les autres ; de gagner en confiance et en responsabilité pour mieux consolider son avenir, tant professionnel que privé.

Photographies et recueil de témoignages : informer, valoriser, témoigner Portraits ou scènes de vie (incorporation, internat, formation militaire initiale, formations, remise à niveau, temps forts… ), les photos évoquent le parcours de jeunes courageux et déterminés à aller de l’avant, les coulisses de leur vie au sein du régiment et l’engagement humain de cadres militaires unis par une mission d’insertion sociale civile et d’égalité des droits. Les textes, propos rapportés de jeunes volontaires et de militaires, mettent en lumière avec une force particulière le cheminement et les réalités de vie des stagiaires ; des regards personnels sur les missions et enjeux du SMA ; les avenirs possibles.

Ce reportage est aussi un travail d’information et de mémoire qui saisit, à un moment donné, l’histoire du SMA, ses acteurs, ses actions et les jeunes – femmes et hommes – accueillis et accompagnés. Une évocation concrète et humaine de sa raison d’être. Un lien entre eux et nous. Les quelques images présentées sont un premier extrait de ce travail réalisé grâce à la participation de celles et ceux, nombreux, que j’ai eu la chance de rencontrer et avec qui j’ai partagé des moments que je considère comme exceptionnels.

Une exposition est en cours de préparation et un autre diaporama, plus complet, est à venir. En attendant, n’hésitez pas à diffuser autour de vous ce post et le site associé. À suivre.

Le site du reportage : unenjeudavenirs.wordpress.com
Le lien exportable du diaporama
: https://www.dailymotion.com/video/x2tildt_le-service-militaire-adapte-un-enjeu-d-avenirs_school

Un projet cofinancé par le  Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

Reportage sur l’illettrisme en France : le nouveau site

Le nouveau site du reportage Illettrisme : droit de savoirs est en ligne ! En images et en textes, retrouvez les infos sur l’origine du reportage, ses liens, l’exposition, ses relais aussi. Evolutions à suivre sur http://droitdesavoirs.wordpress.com

droitdesavoirs.wordpress.com

À TÉLÉCHARGER :
le pdf de présentation de la dernière expo
les 8 pages parues dans le magazine Déclic photo
les 7 pages parues dans le magazine photo Fisheye

‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine !

EN KIOSQUE ! 7 pages d’extraits du reportage
dans le magazine photo FISHEYE, novembre-décembre !

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Lire la suite de « ‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine ! »

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Exposition « Illettrisme : droit de savoirs ».2 !

Pour la 2e diffusion, c’est la la Ville d’Aubervilliers qui accueille l’exposition Illettrisme : droit de savoirs* du 17 novembre au 14 décembre 2012. Elle est extraite du photoreportage du même nom que j’ai réalisé en indépendant sur de très nombreux mois en 2011, le seul de long terme dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

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Elle sera successivement accrochée dans le hall  de l’Hôtel de Ville, puis au Centre communal d’action sociale (CCAS) à partir du 23 novembre après-midi pour finir au 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Très engagée dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme, Aubervilliers a mis en place un Plan local en partenariat avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme). Elle a rejoint le collectif initié par l’Agence pour la demande de label grande cause nationale 2013 : une cause urgente qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays.

Trois millions de personnes qui ont été scolarisées en France mais ont perdu ou mal acquis la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la lecture et du calcul. Auxquelles s’ajoutent près de 40 000 jeunes en situation d’illettrisme détectés chaque année par la Direction du service national (tests réalisés au cours des journées Défense et Citoyenneté). Autant d’hommes et de femmes répartis sur tout le territoire qui se trouvent aujourd’hui dans une situation cachée, taboue, fragilisante inacceptable. Une réalité qui constitue une inégalité des droits en matière d’éducation, de formation, d’emploi, et qui conditionne la vie au quotidien.

> Exposition du 17 novembre au 14 décembre 2012 :
– Mairie d’Aubervilliers, 2 rue de la commune de Paris : du 17 au 23.
– Puis à quelques mètres au CCAS : 6 rue Charron, 1er étage : à partir du 23 novembre. Et 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Entrée libre.
> Le site du photoreportage : droitdesavoirs
> Soutenir la demande de label Illettrisme, grande cause 2013 : www.illettrisme2013.fr
> Lire les 8 pages consacrées au reportage dans le magazine Déclic photo

* tirages baryté traditionnels Andrés Romero
La 1ere exposition a eu lieu à l’espace 11-13 chapelle, 2 impasse du Curé, 75018

Exposition ‘Illettrisme : droit de savoirs’ 1

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’exposition Illettrisme : droit de savoirs*, issue du photoreportage que je réalise en indépendant depuis 2011 (un complément est en prévision en 2013), voit le jour. Deuxième volet d’un travail photographique sur les différences invisibles, c’est le seul reportage en photographies et recueil de témoignages dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

Mêlant photographies et recueils de témoignages, elle met en lumière de façon indissociable la détection de l’illettrisme chez les jeunes (direction du service national), et la prise en charge indispensable des 16-25 ans pour les accompagner vers l’avenir (suivi de l’association Savoirs pour réussir Paris).

Présentée par l’espace linguistique 11-13 Chapelle avec le soutien de la mairie du 18e arrondissement, l’exposition a lieu jusqu’au 15 novembre 2012. J’espère vous y (re)voir à cette occasion. Elle sera ensuite disponible à la location.
* Tirages baryté traditionnels de l’excellent Andrés Romero / L ’œil complice

Jusqu’au 15 novembre 2012 (samedi 6, 13 et 20 octobre 2012 de 10h à 18h en présence de la photographe).
Espace 11-13 Chapelle. 2, impasse du Curé. 75018 Paris (M° Marx Dormoy, l.12)

VOIR LE SITE DU REPORTAGE : https://droitdesavoirs.wordpress.com.

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À qui s’adresse ce sujet ?
– À tous, sans distinction, parce qu’il s’agit d’un sujet qui touche tous les domaines de la vie sociale quotidienne.
– Aux acteurs de l’Emploi, afin de faire de la lutte pour l’égalité des droits et contre les exclusions une priorité nationale et sans frontières.
– Aux acteurs de l’Éducation, afin de favoriser une action transversale concrète des problématiques liées à l’illettrisme.
– Aux acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en reconnaissance de leurs actions et pour faire reconnaître l’importance et le succès de leurs actions. Pour les inscrire comme partenaires majeurs et référents dans un combat pour les droits fondamentaux que sont la liberté et l’égalité, l’éducation et l’emploi. Pour leur apporter une base de retours de la part des personnes concernées par l’illettrisme.
– Aux acteurs de l’Intérieur, car une scolarité réussie est un facteur essentiel d’intégration de tous, de lutte contre la délinquance, contre la ghettoïsation, contre la stigmatisation des jeunes.
– Aux personnes touchées par l’illettrisme ou en cours d’acquisition des savoirs fondamentaux, d’une formation professionnelle complémentaire pour les valoriser, afin qu’elles réalisent que l’on peut les aider, qu’elles peuvent s’en sortir et être fières.

Pourquoi une exposition ?
– La photographie a un rôle fondamental car elle permet de prendre le temps : celui de s’arrêter, de regarder, de réfléchir, de s’identifier. Elle est un face à face immédiat avec l’Autre, un relais, un dialogue, une communication au sens noble du terme. Elle confère aussi des dimensions de présent et d’avenirs possibles, donc de durabilité.
– Elle met en avant les différents enjeux du sujet, en photographies et en recueil de témoignages.
– Elle valorise tous ceux qui ont participé au projet et fédèrent de fait toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’illettrisme, tous ceux qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie desdites personnes et pour leur intégration au sein de la société.

Cette première exposition est réalisée à l’initiative du Cefil, de Langues plurielles et 11-13 Chapelle, avec le soutien de la Mairie du 18e arrondissement. Elle sera ensuite disponible à la location. Participer à la diffusion de ce projet, c’est informer autrement et concrètement sur une question de société humaine, éducative, professionnelle, citoyenne prioritaire.

Le reportage « Illettrisme, droit de savoirs » à la Une de sps.fr

Printemps/été 2012 : le photoreportage Illettrisme, droit de savoir est à la Une du site www.sps.fr (syndicat de la presse sociale). Réalisé en 2011, c’est le 2e volet d’un projet photographique  que je mène sur les différences invisibles, contre les idées reçues en France. Une exposition de ce projet est en cours de préparation.
Télécharger le pdf de présentation du photoreportage.

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Le site du projet : Illettrisme, droit de savoirs

Illettrisme : Publication d’une tribune

A lire sur le site www.sps.fr (cliquer sur le lien toutefois)
À la suite du photoreportage que j’ai réalisé sur le sujet de la lutte contre l’illettrisme (Illettrisme : droit de savoirs), le Syndicat de la presse sociale m’a proposé une tribune sur le sujet. Je remercie sincèrement Philippe Marchal de cette sollicitation et de son intérêt. Elle pose dans les grandes lignes les enjeux de l’urgence de cette question de société fondamentale qui touche à l’éducation, à la formation et à l’emploi. Une réalité réversible pour plus de 3 millions de personnes en France, qui ont été scolarisées ! pourvu que tous les acteurs concernés ouvrent les yeux et agissent de la petite enfance à l’âge adulte.

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Reportage Illettrisme : droit de savoirs (suite)

– À télécharger, les 8 pages  consacrées au reportage Illettrisme : droit de savoirs, parues dans la rubrique Reportage du magazine Déclic photo, décembre 2011.
– Le site dédié : http://droitdesavoirs.wordpress.com et le post du 16 novembre


Photo reportage illettrisme, droit de savoirs ! ©Virginie de Galzain

REPORTAGE ‘Illettrisme : droit de savoirs’

« Illettrisme : droit de savoirs » est le 2e volet du projet photographique de long terme que je mène sur les différences invisibles. Un sujet de plusieurs mois réalisé en lien avec l’ANLCI, en collaboration avec la direction du service national/DSN (détection des difficultés de lecture) et l’association Savoirs pour réussir Paris (prise en charge de jeunes de 16 à 25 ans). Le magazine Déclic photo (n°75, en kiosque jusqu’au 8 décembre 2011) consacre 8 pages au reportage avec une interview sur le sujet et la démarche.

EN SAVOIR PLUS
Le site du reportage http://droitdesavoirs.wordpress.com.

ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS !

▪ Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais «délicat» de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale. Une réalité encore taboue qui concerne plus de 3 millions de personnes âgées de 16 ans et plus, qui ont été scolarisées mais ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul.

▪ En France, l’instruction est obligatoire à partir de 6 ans, pour tous les enfants français ou étrangers résidant en France ; et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Or, près de 9% des personnes en situation d’illettrisme ont entre 18 et 25 ans. C’est avec ces dernières que j’ai eu envie de commencer à travailler, parce qu’elles sont situées à une période cruciale de leur vie : à la frontière de la scolarité, de la formation et de la vie active.

LE REPORTAGE : REMONTER LA CHAÎNE D’UN DROIT FONDAMENTAL

L’illettrisme n’est pas une fatalité : c’est une inégalité cachée, aux causes multiples que l’on peut mesurer et résoudre à tout âge. Un cap à franchir. Face à cela, qui agit ? Dans quel contexte ? Comment détecter ? Aider ? Résoudre ? Quelles sont les actions et interactions qui permettent, peu à peu, d’ouvrir les yeux sur cette question de société, d’améliorer l’intégration sociale de chacun ?

▪ C’est ce que le reportage aborde en remontant la chaîne du combat pour l’accès aux savoirs fondamentaux, au “Droit de savoirs”. Avec, dans un premier temps, le suivi de deux maillons clés :

– la détection, avec la direction du service national (DSN/secrétariat général pour l’administration SGA / ministère de la Défense). Lors des Journées défense et citoyenneté (JDC), elle met en oeuvre la détection des difficultés de lecture auprès de 750 000 jeunes âgés de 17 à 25 ans, grâce aux tests d’évaluation des acquis de la langue française*. Chaque année, ils permettent de détecter entre 35 000 et 40 000 jeunes Français en situation d’illettrisme. C’est la seule initiative d’ampleur dans un processus de lutte contre l’illettrisme sur cette génération, à laquelle s’ajoutent les entretiens proposés aux jeunes déscolarisés et le relais vers des structures d’accompagnement adaptées.

– l’accompagnement, avec l’association Savoirs pour réussir Paris. Engagée dans la lutte contre l’illettrisme auprès des 16-25 ans, l’association appartient au réseau national du même nom co-fondé par le linguiste Alain Bentolila et le général Fassier. Composée de deux salariées et 30 bénévoles permanents, elle propose des ateliers internes (écriture, calcul, lecture, presse…) et des ateliers pédagogiques menés en partenariat avec des acteurs culturels et d’intérêt général engagés (Petit Palais, APSV/Parc de La Villette, fondations…). Ses objectifs : réconcilier les jeunes avec les savoirs de base, restaurer leur confiance et l’envie d’apprendre pour préparer l’avenir.

PHOTOGRAPHIES ET TÉMOIGNAGES : INFORMER, VALORISER, RENDRE VISIBLE

Entre portraits de jeunes, de tuteurs et de membres de la DSN, détails et scènes de vie en test ou en apprentissage, les photographies évoquent des instants d’investissement personnel, de partage, d’implication, de doute et de solitude, de fierté retrouvée. Partie intégrante du reportage, les témoignages sont un autre « arrêt sur image » : l’expression pour les jeunes, comme pour ceux qui les accompagnent des difficultés et de la nécessaire reprise de la confiance en soi pour progresser, construire son avenir. Et par là même celui de sa famille, de son entreprise, de son pays. Avec en fil rouge, l’ouverture aux autres et à soi-même ; le désir et le plaisir d’apprendre toujours plus.
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DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien


Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

Travail des enfants : les États-Unis aussi

Dans le monde, 215 millions d’enfants* travaillent, dont plus de 70 % dans l’agriculture. Ils sont 126 millions * à exercer des travaux dangereux.

Dans son rapport intitulé Fields of Peril: Child Labor in US Agriculture (Champs dangereux : Le travail des enfants dans l’agriculture aux États-Unis), Human Right Watch met en lumière un des aspects de cette question fondamentale relative aux droits de l’homme, témoignages à l’appui. Je vous invite à lire l’article paru à ce sujet sur son site http://www.hrw.org/fr/news/2010/05/04/tats-unis-la-vie-dangereuse-des-enfants-ouvriers-agricoles

Chaque année aux États-Unis, des centaines de milliers d’enfants de moins de 18 ans travaillent dans le secteur agricole dans des conditions qui peuvent être nocives pour leur éducation, leur santé physique et mentale. Accidents, maladies, intoxications voire violences et exploitations sexuelles  font partie des risques auxquels ils sont exposés. Certains sont employés à temps partiel dès l’âge de 7 ans. Le nombre d’heures journalières pouvant atteindre plus de 10 heures. Zama Coursen-Neff, directrice adjointe de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch, rappelle que la loi en vigueur sur le travail des enfants date des années 1930.

Les 10 et 11 mai, à La Haye, se tiendra la prochaine conférence mondiale sur le travail des enfants. L’Organisation internationale du travail (OIT) compte appeler les états à renforcer leurs actions pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016, et pour abolir le travail des enfants.
* Source : Organisation internationale du travai

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

DOM-TOM : sois belle et tais-toi !

En écho aux mouvements sociaux qui ont lieu en Guadeloupe et en Martinique, revoici une tribune (version allégée, et encore…) que m’avait proposée le site réunionnais maloya.org, parue en décembre dernier. En jeu : l’île de La Réunion — qui ne devrait pas tarder à suivre la vague de contestation sociale en cours.

Un territoire français dont on parle, comme les autres, soit pour en faire un lieu (touristique) idyllique où tout est « forcément » parfait, soit en guise faire-valoir pour la Métropole quand ça l’arrange (cf. conférence « les îles et l’Union européenne : stratégie face au changement climatique et à la perte de la biodiversité » qui a suscité le déplacement et des propos enthousiastes de Jean-Louis Borloo), soit quand la population manifeste, et accessoirement quand un cyclone est passé. Une vision réductrice, loin d’une réalité dérangeante, plus facile à mettre de côté quand elle est à plusieurs milliers de kilomètres. Il est vrai.

 

La Réunion , un paradis durable ?

« Paradis tropical », « perle de l’océan Indien », « écrin de la biodiversité »… La Réunion n’en finit pas – à juste titre – de susciter les enthousiasmes et les superlatifs (…) ; et tous les moyens sont mis en oeuvre pour favoriser son rayonnement, et le tourisme sous toutes ses formes. Mais dans un contexte de crise financière, et de mutations locales et internationales rapides, l’Île doit faire face à une situation nouvelle qui met en jeu sa place et son action dans le monde. Les derniers chiffres publiés sur la situation de l’illettrisme demeurent largement au-dessus de la moyenne nationale, et rappellent l’urgence de considérer le principe de développement dit « durable » dans sa globalité. À quoi bon le « paradis, » s’il ne répond pas aux besoins les plus élémentaires de ceux qui y vivent ?

« La vitrine du monde en termes de développement durable » soulignait Jean-Louis Borloo en juillet dernier lors de la conférence internationale « les îles et l’Union européenne : stratégie face au changement climatique et à la perte de la biodiversité ». « Un paradis à préserver », titrait France 3 dans le cadre de l’émission Des racines et des ailes qui était consacrée à l’Île le 29 octobre. (…) Le Parc National, créé en mars 2007, candidat au classement du Patrimoine Mondial… Certes, aux yeux du monde et de la Métropole, l’Île affiche un certain dynamisme et de nombreux atouts. (…)

Mais au-delà d’un « sublime état de nature », d’un brassage plutôt mieux réussi que dans de nombreux autres départements français, et des messages attractifs qui peuvent aussi devenir façade et masquer une réalité trop dérangeante, se pose une question. Celle de l’avenir d’une île en proie à un développement sans précédent et à la mondialisation, dans un contexte de difficultés locales persistantes. Le défi est de taille : s’ouvrir au monde, sans pour autant sacrifier ce qui fait son authenticité et ses racines ni tomber dans l’écueil du « réunionno-réunionnais ». Autrement dit, permettre à tous de trouver et/ou garder sa place de façon ouverte. L’enjeu étant non seulement économique et environnemental, mais surtout social ; humain en un mot. Ou comment s’imposer comme acteur voire précurseur de la durabilité planétaire tout en améliorant et en privilégiant le bien-être et le développement de ses habitants ?

Un fossé avec la Métropole

La situation sociale des DOM-TOM, et notamment de l’île de La Réunion, est aujourd’hui très en deçà de celle de la moyenne nationale, et tous les chiffres* confirment une situation préoccupante. Éducation, logement, santé, emploi, place des femmes, tous les domaines sont concernés. 52 % de la population réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté – contre environ 12 % sur la moyenne des autres départements, et 10 % vit en-dessous du seuil de bas revenus (360 euros). Côté habitat, près du quart des habitants vit dans un logement trop petit, et seules 23 % des demandes de logements sociaux étaient honorées en 2004. Une situation qui pourrait empirer au vu de la baisse des budgets imputés au logement et d’une forte croissance démographique. À cela, s’ajoutent un taux d’illettrisme de 21 % – soit 111 000 personnes âgées de 16 à 65 ans dans l’incapacité de lire, comprendre et transmettre un message simple -, et près de 30 % de chômage. Des situations à résoudre d’urgence, car elles favorisent l’exclusion de la vie sociale mais aussi de la vie politique de l’Île, et par extension une dépendance.

En matière de santé publique, les inégalités persistent et la lutte pour l’accès aux soins pour tous doit demeurer une priorité. Plus de 50 % de la population bénéficie encore de la couverture maladie universelle (CMU) et a du mal à être actrice de sa santé, renonçant aux soins plutôt que de s’informer. En 2005-2006, l’épidémie de chikungunya a frappé de façon inhabituelle environ 300 000 personnes, faute de mesures rapides en termes d’information, de prévention et de soins, avec de graves conséquences. Récemment, le Conseil général a décidé de ne plus financer les moyens de contraception à destination des médecines préventives universitaires (MPU) : les étudiants à l’Université en sont privés, et sont renvoyés vers les centres de planification où ils se rendent pourtant beaucoup moins spontanément.

Enfin, le développement de certains domaines, tertiaires notamment, n’est pas en mesure de répondre à toutes les demandes d’emploi ; et de nombreux jeunes diplômés se retrouvent au chômage ou contraints de quitter l’Île pour trouver du travail. Parallèlement, les métiers émergents et postes vacants requièrent de plus en plus de qualifications, au détriment d’une large partie de la population, moins voire non formée. Quelles sont donc les perspectives possibles pour les étudiants réunionnais ? Et comment encourager ceux qui sont partis pour compléter leur formation ou intégrer la vie active à revenir dans l’Île ?

Libres et égaux en dignité et en droits ?

Le 20 décembre dernier, l’île de La Réunion fêtait les 160 ans de l’abolition de l’esclavage. Une date qui fait écho à une histoire accidentée, au devoir de mémoire, aux 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, rappelant une fois de plus que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Comme partout ailleurs, et particulièrement dans ce département français, le développement durable doit être fondé sur un développement social visant à subvenir aux besoins des êtres humains et à réduire les inégalités. Seule une politique solidaire peut y parvenir. Évoluer en tenant compte des bouleversements du monde, préserver les droits et les vies sur ses propres terres, et mettre en place des mesures qui permettent à chacun d’être acteur du développement et de bénéficier de ses retombées positives, tels sont les enjeux du paradis durable. Un pari à relever dès maintenant.

*Sources chiffrées : INSEE, Observatoire des inégalités, Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES).

La Réunion : un paradis durable ?

Ce mois-ci, Stéphane Hoareau m’a proposé une tribune sur un thème libre pour son site Maloya.org, identités & cultures de l’océan Indien et la revue créole de l’Océan indien Point d’orgue (K’A éditions). Angle choisi : La Réunion, un paradis durable ? À quoi bon le paradis, s’il ne répond pas aux besoins les plus élémentaires de ceux qui y vivent ?

Un territoire français dont on parle, comme les autres, soit pour en faire un lieu (touristique) idyllique où tout est forcément parfait, soit en guise faire-valoir pour la Métropole quand ça l’arrange (cf. conférence « les îles et l’Union européenne : stratégie face au changement climatique et à la perte de la biodiversité » qui a suscité le déplacement et des propos enthousiastes de Jean-Louis Borloo), soit quand la population manifeste, et accessoirement quand un cyclone est passé. Une vision réductrice, loin d’une réalité dérangeante, plus facile à mettre de côté quand elle est à plusieurs milliers de kilomètres. Il est vrai.

La Réunion , un paradis durable ?

« Paradis tropical », « perle de l’océan Indien », « écrin de la biodiversité »… La Réunion n’en finit pas de susciter les enthousiasmes et les superlatifs (…) ; et tous les moyens sont mis en oeuvre pour favoriser son rayonnement, et le tourisme sous toutes ses formes. Mais dans un contexte de crise financière, et de mutations locales et internationales rapides, l’Île doit faire face à une situation nouvelle qui met en jeu sa place et son action dans le monde. Les derniers chiffres publiés sur la situation de l’illettrisme demeurent largement au-dessus de la moyenne nationale, et rappellent l’urgence de considérer le principe de développement dit « durable » dans sa globalité. À quoi bon le « paradis, » s’il ne répond pas aux besoins les plus élémentaires de ceux qui y vivent ?

« La vitrine du monde en termes de développement durable » soulignait Jean-Louis Borloo en juillet dernier lors de la conférence internationale « les îles et l’Union européenne : stratégie face au changement climatique et à la perte de la biodiversité ». « Un paradis à préserver », titrait France 3 dans le cadre de l’émission Des racines et des ailes qui était consacrée à l’Île le 29 octobre. (…) Le Parc National, créé en mars 2007, candidat au classement du Patrimoine Mondial… Certes, aux yeux du monde et de la Métropole, l’Île affiche un certain dynamisme et de nombreux atouts. (…)

Mais au-delà d’un « sublime état de nature », d’un brassage plutôt mieux réussi que dans de nombreux autres départements français, et des messages attractifs qui font office de façade en masquant une réalité trop dérangeante, se pose une question. Celle de l’avenir d’une île en proie à un développement sans précédent et à la mondialisation, dans un contexte de difficultés locales persistantes. Le défi est de taille : s’ouvrir au monde, sans pour autant sacrifier ce qui fait son authenticité et ses racines. L’enjeu étant non seulement économique et environnemental, mais surtout social ; humain en un mot. Ou comment s’imposer comme acteur voire précurseur de la durabilité planétaire tout en améliorant et en privilégiant le bien-être et le développement de ses habitants ?

Un fossé avec la Métropole

La situation sociale de l’île de La Réunion est aujourd’hui très en deçà de celle de la moyenne nationale, et tous les chiffres* confirment une situation préoccupante. Éducation, logement, santé, emploi, place des femmes, tous les domaines sont concernés. 52 % de la population réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté – contre environ 12 % sur la moyenne des autres départements, et 10 % vit en-dessous du seuil de bas revenus (360 euros). Côté habitat, près du quart des habitants vit dans un logement trop petit, et seules 23 % des demandes de logements sociaux étaient honorées en 2004. Une situation qui pourrait empirer au vu de la baisse des budgets imputés au logement et d’une forte croissance démographique. À cela, s’ajoutent un taux d’illettrisme de 21 % – soit 111 000 personnes âgées de 16 à 65 ans dans l’incapacité de lire, comprendre et transmettre un message simple -, et près de 30 % de chômage. Des situations à résoudre d’urgence, car elles favorisent l’exclusion de la vie sociale mais aussi de la vie politique de l’Île, et par extension une dépendance.

En matière de santé publique, les inégalités persistent et la lutte pour l’accès aux soins pour tous doit demeurer une priorité. Plus de 50 % de la population bénéficie encore de la couverture maladie universelle (CMU) et a du mal à être actrice de sa santé, renonçant aux soins plutôt que de s’informer. En 2005-2006, l’épidémie de chikungunya a frappé de façon inhabituelle environ 300 000 personnes, faute de mesures rapides en termes d’information, de prévention et de soins. Récemment, le Conseil général a décidé de ne plus financer les moyens de contraception à destination des médecines préventives universitaires (MPU) : les étudiants à l’Université en sont privés, et sont renvoyés vers les centres de planification où ils se rendent pourtant beaucoup moins spontanément.

Enfin, le développement de certains domaines, tertiaires notamment, n’est pas en mesure de répondre à toutes les demandes d’emploi ; et de nombreux jeunes diplômés se retrouvent au chômage ou contraints de quitter l’Île pour trouver du travail. Parallèlement, les métiers émergents et postes vacants requièrent de plus en plus de qualifications, au détriment d’une large partie de la population, non formée. Quelles sont donc les perspectives possibles pour les étudiants réunionnais ? Et comment encourager ceux qui sont partis pour compléter leur formation ou intégrer la vie active à revenir dans l’Île ?

Libres et égaux en dignité et en droits ?

Le 20 décembre dernier, l’île de La Réunion fêtait les 160 ans de l’abolition de l’esclavage. Une date qui fait écho à une histoire accidentée, au devoir de mémoire, aux 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, rappelant une fois de plus que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Comme partout ailleurs, et particulièrement dans ce département français, le développement durable doit être fondé sur un développement social visant à subvenir aux besoins des êtres humains et à réduire les inégalités. Seule une politique solidaire peut y parvenir. Évoluer en tenant compte des bouleversements du monde, préserver les droits et les vies sur ses propres terres, et mettre en place des mesures qui permettent à chacun d’être acteur du développement et de bénéficier de ses retombées positives, tels sont les enjeux du paradis durable. Un pari à relever dès maintenant.

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*Sources chiffrées : INSEE, Observatoire des inégalités, Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES).

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À LIRE SUR

L’illettrisme en France (bis)

En parallèle de la Journée internationale de l’alphabétisation, quelques chiffres sur la situation de l’illettrisme – défini comme « une incapacité à lire, comprendre et écrire un message simple » – en France.

√ 3 100 000 de personnes illettrées,
soit 9 % des adultes de 18 à 65 ans :
Près de 1 adulte sur 10 de 18 à 25 ans est illettré (2,4 sur 10 de 18 à 35 ans)
Plus de la moitié des illettrés ont plus de 45 ans
59 % sont des hommes et 41 % sont des femmes
√ 74 % des personnes illettrées utilisaient uniquement le français chez elles à l’âge de 5 ans
√ Plus de la moitié (57 %) des personnes illettrées exercent une activité professionnelle
√ 50 % des personnes illettrées vivent dans des zones rurales (28 %) ou dans des communes de moins de 20 000 habitants
√ 50 % vivent dans des zones urbaines dont 10 % en région parisienne et 10 % en Zone urbaine sensible
√ 26 % des allocataires du RMI sont en situation d’illettrisme

Voir aussi sur le blog l’interview de Hervé Fernandez, Secrétaire général de Agence nationale de lutte contre l’illettrisme – 13 avril).

Source : Enquête Information et Vie Quotidienne 2002-2005 menée en France par l’INSEE et l’ANLCI sur une population de 18 à 65 ans. www.anlci.gouv.fr

L’illettrisme en France

▪ Vers le site du photoreportage Illettrisme : droit de savoirs

Nom : illettrés. Profil : hommes et femmes scolarisés en France vivant et travaillant apparemment comme les autres. Nombre : 3 100 000 millions ! Soit 9% des 18-65 ans. Qu’est ce que l’illettrisme ? Pourquoi le devient-on ? Comment le prévenir et le combattre ? Etat des lieux avec Hervé Fernandez, Secrétaire général de l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme).

On a l’habitude en France de distinguer l’illettrisme et l’analphabétisme – distinction que ne font pas tous les pays d’ailleurs. Quelles sont les différences fondamentales entre ces deux terminologies ?
H.F : On peut en effet distinguer deux types de situations : celle des personnes qui ont été scolarisées en France et qui ne parviennent toujours pas à lire, comprendre et transmettre un message simple de la vie quotidienne, et celles qui sont venues s’installer en France pour différentes raisons et qui vont donc devoir apprendre le français comme une langue étrangère.

Deux situations bien distinctes donc qui appellent des réponses différenciées. L’illettrisme est la plupart du temps très mal vécu et amène souvent les personnes concernées à user de nombreux stratagèmes pour que leurs proches ne s’en rendent pas compte, sans pour autant forcément se donner les moyens d’y remédier. A la différence des personnes qui vont souhaiter apprendre notre langue et s’orienter plus naturellement vers des formations.

Comment expliquer ce phénomène ? Comment peut-on y remédier, notamment dans le secteur de l’emploi ?
H.F : L’illettrisme est encore très tabou et les personnes touchées ressentent parfois un phénomène de rejet et de honte. Dans une société où l’on mise beaucoup sur les diplômes, les parcours chaotiques et échecs scolaires successifs sont mal perçus. Il est donc indispensable d’apporter des réponses appropriées.
On sait que sur 3,1 millions de personnes, plus de la moitié ont une activité professionnelle. Une information qui montre la nécessité de mettre en place des formations ciblées tout au long de la vie professionnelle. Les situations ne sont pas toujours révélées car ces salariés sont compétents. C’est à l’occasion de changements dans leur poste de travail que l’on peut s’apercevoir des difficultés de certains à lire et à écrire. Certains salariés refusant des promotions à cause de cela.

Nous avons engagé l’opération nationale du Forum permanent des bonnes pratiques*. Mis en place localement, il a permis de voir que certaines entreprises anticipent les changements dans le cadre d’une politique de gestion prévisionnelle des emplois. Un cadre non stigmatisant : celui de l’évolution naturelle des compétences. On ne parle donc plus de lutte contre l’illettrisme, mais de développement des acquis professionnels dans lequel on peut alors intégrer des formations à l’écriture et au calcul notamment. La difficulté n’est pas tant de mettre en place des solutions que d’en parler et de dédramatiser les situations.

Les résultats de l’enquête Information Vie Quotidienne menée par l’INSEE avec l’ANLCI font tomber de nombreuses idées reçues.
H.F : Outre le fait que l’illettrisme n’empêche pas d’avoir une activité professionnelle, l’enquête met en avant des éléments essentiels.

– Les jeunes ne sont pas les plus touchés : plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont plus de 45 ans. On sait que la capacité à lire et à écrire se perd très vite si elle n’est pas éprouvée au quotidien. De nombreuses ruptures dans un parcours scolaire (incarcération d’un parent, maladie, discrimination) peuvent favoriser une situation d’illettrisme. D’où la nécessité d’impliquer les parents pour pouvoir agir sur les enfants.
– Ce phénomène n’est pas limité aux zones urbaines, et notamment aux zones dites sensibles : 50 % des personnes en situation d’illettrisme vivent dans des zones rurales. Le renforcement de la lutte et de la prévention doit donc aussi être fait auprès des zones faiblement peuplées et des entreprises de façon à couvrir tous les besoins.
– Enfin, ce n’est pas seulement le fait de l’immigration : 74 % des personnes illettrées utilisaient uniquement le français chez elles à l’âge de 5 ans.

L’illettrisme est un mal invisible. Les personnes en situation d’illettrisme vivent, réussissent sans pour autant bien savoir lire et écrire. Ces résultats sont essentiels car ils lèvent le voile sur des idées reçues, montrent mieux qui est touché, permettant ainsi d’agir. Comment ? En levant les freins psychologiques, en organisant des actions conjuguées à des solutions, en impliquant les acteurs comme les décideurs. La lutte contre l’illettrisme est l’affaire de tous.

* Du 20 au 22 Juin prochains à Lyon, se tiendront les rencontres nationales du Forum des bonnes pratiques.
EN SAVOIR PLUS : https://vdegalzain.files.wordpress.com/2007/04/illetrisme.pdf & ANLCI www.anlci.gouv.fr