Prison insider : le site de référence sur les prisons

10,2 millions de personnes incarcérées dans le monde. Des conditions de détention globalement indignes à inhumaines selon les pays. Une situation qui tend à se dégrader par endroit avec des mesures qui permettent d’enfermer et d’exclure plus encore au lieu de trouver/appliquer des solutions complémentaires ou en amont. Et des microcosmes sur lesquels on ne sait à peu près rien faute de pouvoir y entrer. Des vies dont on ne peut appréhender, ressentir la réalité faute de les connaître/de chercher à les connaître.

C’est pourquoi Bernard Bolze (notamment fondateur de l’Observatoire international des prisons) et son équipe  ont décidé de « mettre un pied dans les portes » et d’ouvrir, peu à peu, cet autre monde, invisible et clos. Comment ? En créant Prison insider, le premier site d’information grand public sur les prisons dans le monde, lancé le 20 septembre dernier à la maison des Métallos, à Paris.

ÉCHANGER, PARTAGER, FAIRE SAVOIR
Actuellement disponible en 3 langues, l’objectif est ambitieux : collecter, compléter, analyser et retranscrire avec beaucoup de persévérance et de rigueur des données très peu accessibles voire falsifiées ou inexistantes. Un travail engagé titanesque, pour mieux informer et sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de détention des personnes enfermées où qu’elles le soient, sur le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité, sur les bonnes pratiques enfin, quand elles existent.

Fort de 9 permanents et de bénévoles stables aux compétences complémentaires (droit français et international, rédaction, traduction, développement, iconographie, partenariat…), Prison insider dispose déjà de 30 correspondants experts dans les 5 continents, et de nombreux acteurs relais de l’information dans leur pays d’exercice. Indispensable, ce maillage est développé de façon régulière mais très vigilante pour assurer l’information locale la plus juste possible. Une condition sine qua none pour garantir la crédibilité du site sur un sujet particulièrement difficile tant les écueils et enjeux sont nombreux et pour continuer de fédérer à ses côtés ceux qui agissent.

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INFORMER DE L’INTÉRIEUR, RENDRE VISIBLE
« Fiches pays », « Que faire en cas d’arrestation », « Ressources » (enquêtes, reportages, analyses, travaux universitaires…) sont autant de points d’entrée qui permettent à chacun de puiser ce qui l’intéresse ou le concerne, de réfléchir, prévenir voire agir.

Fondamental et rare, le site valorise et donne la parole aux personnes détenues ou anciennement détenues, à leurs proches, à leur famille ; des témoignages intimes sur ce qu’est la prison, la notion d’enfermement, la réalité du quotidien, la violence des relations humaines et de l’environnement, les effets collatéraux. En complément, des portfolios extraits de reportages existants de photographes professionnels (à ce titre, je remercie chaleureusement Judith de m’avoir sollicitée pour un portfolio extrait de Prisons de Madagascar), de créations théâtrales, éditoriales et graphiques participent à compléter sur le long terme ce puzzle mondial. À montrer, concrétiser, rendre visible ceux qui ne le sont pas.

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Sur le plan du contenu ensuite : les informations sur les prisons et conditions de vie des prisonniers dans le monde demeurent tellement parcellaires ou cachées que toute participation sérieuse et pertinente pour enrichir le site est non seulement bienvenue mais nécessaire (témoignages, relais professionnels locaux…). Pour savoir comment procéder : contact@prison-insider.com

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Un seul combat : la paix !

 » La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » – Albert Camus*

L’horreur, tous les jours quelque part dans le monde. À quand des manifestations mondiales pour plus de paix et d’égalité ?! Tout ce qui se passe ailleurs a eu, a et aura des répercussions sur tous : on ne peut plus rester autocentrés !

La guerre, les violences sont toujours le résultat de difficultés non résolues voire causées. Autrement dit, elles sont l’incarnation d’échecs humains, sociaux, politiques, stratégiques, diplomatiques.  Tous les moyens doivent être concentrés sur plus de justice sociale et de respect des droits ; sur la redéfinition des priorités, choix et alliances politiques (plan national et international) qui privilégient aujourd’hui trop souvent le pouvoir, la puissance, la supériorité et la force dans tous les sens des termes en lieu et place du service en faveur du bien commun. Cela vaut pour tous les États à différents niveaux, et plus encore pour les États dits démocratiques dont la responsabilité est d’autant plus importante.

* extrait de l’éditorial du quotidien clandestin Combat ; réaction aux bombardements sur Hiroshima (8 août 1945)

(publié le 29 juin, mis à jour le 15 juillet)

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
.

L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


New York : tell someone a beautiful lie

En attendant de nouvelles images, des nouvelles tout cours, petit flashback vers New York… avec ce titre qui, décidément, pourrait être celui de l’état dans lequel on voudrait nous maintenir. Si la vie était un (men)songe…

Tell someone a beautiful lie, musique Guns of Brixton, photo © Virginie de Galzain

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

L’urgence durable : de Rome à Copenhague

 » La crise silencieuse de la faim représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde ». Jacques Diouf, directeur général de la FAO (ONU pour l’alimentation et l’agriculture).

Alors que le sommet de Copenhague est médiatisé depuis des mois (ce qui n’empêche pas  une réelle méconnaissance de son ordre du jour), le prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre ce 16 novembre à Rome avec nettement moins d’enthousiasme politique. Les émeutes d’avril 2008 semblent Lire la suite de « L’urgence durable : de Rome à Copenhague »

Histoires d’eau_histoire d’hommes

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au coeur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, économiques et politiques. En cette Journée mondiale de l’Eau, l’UNESCO appelle à la prise de conscience.

Gaspillage, pollution, réchauffement climatique, pauvreté, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences- directes de la pénurie d’eau. Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0.5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. Il ne s’agit donc pas tant de quantité que de répartition et de qualité exploitable. Une donnée essentielle pour comprendre l’urgence de la situation et son importance sur la durabilité de notre environnement et de notre développement.

Un enjeu vital
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable, causant chaque année près de 7 millions de décès dont celui de 2 millions d’enfants. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.
Dans les pays les plus pauvres, principalement en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour rendre l’eau accessible, la traiter et la purifier. D’où la prolifération exponentielle des maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra), la famine… Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Une crise planétaire
Les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation- favorisent la réduction des niveaux d’eau. Parallèlement, la pollution liée notamment aux rejets de produits industriels détériorent la qualité de l’eau et de l’environnement.
Dans certains pays, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles. Les habitants de ces derniers n’ont pas accès à l’eau courante et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution coûtant jusqu’à 10 fois plus cher que ceux des services publics.
Autant de raisons qui doivent engager les Etats et les responsables des réseaux de distribution à garantir et faciliter l’accès à une eau douce, assainie et potable pour tous, unis dans une politique responsable locale et nationale.

Le pouvoir et l’interdépendance
Le manque d’eau a des conséquences sur le développement économique, l’accès à une activité rémunérée (notamment pour les femmes auxquelles incombent dans certains pays, l’approvisionnement en eau et le soin des enfants malades), les inégalités, l’autonomie des populations.
Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, voire devenir un dangereux moyen de pression. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

L’urgence à long terme
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous, négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples, consommer et utiliser moins et mieux, mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.