Conflits : protégez les civils !

Les civils et les personnels soignants/aidants ne doivent plus être des cibles ni des boucliers !  À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, l’ONU lance à nouveau un appel aux États sur l’urgence de renforcer la protection des civils et de faire respecter leurs droits contre toute forme de violences, exploitations, destructions consécutives aux conflits. Eux et ceux qui les soignent/aident sur le terrain.

Nous pouvons tous participer en signant cet appel sur le site worldhumanitarianday.org/fr. Tout est utile, une signature = une voix, une personne de plus qui s’engage et conforte une mobilisation mondiale qui doit être la plus importante possible pour être efficace.

Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

N’oublions pas qu’un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*, avec tout ce que cela implique comme risque de violences subies, traumatismes psychologiques et physiques, de perdre sa famille, de ne pouvoir aller à l’école ni se faire soigner, d’être enrôlé dans des forces armées, d’être réduit en esclavage domestique ou sexuel, de devoir fuir son pays parfois.

La paix est une urgence mondiale : tout doit donc surtout être fait pour tendre vers elle et prévenir les conflits partout et pour tous.

* source Rapport 2016 Action humanitaire de l’UNICEF pour les enfants

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Stanley Greene : hommage

ON DOIT PRENDRE DES PHOTOS AVEC LE CŒUR, PAS AVEC LA TÊTE.

L’immense photographe Stanley Greene nous a quittés cette nuit. Un homme qui a tout donné et tout sacrifié pour témoigner et informer. Un homme sans concession, révolté par l’inhumanité. Un combattant engagé dans une démarche éthique fondée sur la vérité, la réalité, la mémoire, l’homme. Quelqu’un que l’on aimait autant voir qu’écouter.

Né en 1949, photographe dit “ de guerre ”après avoir été notamment photographe de mode, Stanley Greene était surtout un photographe de la vie. D’une certaine vie, qui un jour dérape pour sombrer, faire sombrer dans le chaos, la douleur, la violence, la domination, la soumission, la mort. Au-delà du pire scénario. Car là, c’est bien le monde réel qui s’affiche, un monde contemporain “ plus d’actualité que jamais ” selon la dérisoire formule consacrée : celui d’êtres humains déchainés de haine, de pouvoir, ou soumis à la barbarie la plus insupportable, la plus inimaginable. Ce monde rempli ici ou là d’atrocités, de celles qui deviennent paradoxalement, ironiquement historiques.

Cofondateur de NOOR images, récompensé par de nombreuses distinctions photographiques, Stanley Greene a couvert les conflits pendant près de 30 ans, guidé par cette insatiable quête – “ Essayer de comprendre pourquoi les humains se comportent de cette façon (…), aller où c’est en train de se passer pour comprendre.”  – et cet état extatique dans lequel on se retrouve quand on sait que c’est là qu’on doit être. S’oublier, faire corps avec ce qui vous entoure, prendre des photos, vivre. Et garder vivant ce que d’autres aimeraient mieux cacher, oublier. Quitte à y perdre chaque fois un peu de soi-même. La vérité exige du courage. La vérité, quelle qu’elle soit, a toujours un prix.

Pour mieux comprendre, il faut regarder encore et encore ses photographies en noir et blanc (pour la plupart), celles qui traversent Black Passport par exemple. Un carnet de bord publié en 2009 avec, en fil rouge, les questionnements, les sentiments de Stanley Greene, et des repères personnels toujours intenses, perturbés ou perturbants, justes et honnêtes. Trente ans de vie en textes et en images traversée par ses débuts, la mode, San Francisco ; ces femmes lumineuses qui ont compté et surtout ces conflits qui marquent au fer rouge. Sud Soudan, Caroline, Zaïre, Tchétchénie, Asya, Moscou, Anna, Irak, Afghanistan… composent 26 scènes de vie, d’amour, de photographie. Parce que le photographe de guerre n’est pas un héros, mais avant tout un homme ; “ un papillon de nuit – je le cite – qui se jette dans les flammes.

Stanley Greene a tout donné et tout sacrifié pour informer, plaider, être auprès de ceux qui vivent des violences inouïes. Lors d’un entretien très intense paru dans Polka magazine en septembre 2016, il confiait à Dimitri Beck : « C’est comme si j’avais passé un pacte avec le diable pour essayer de mener à bien ma carrière. Mais il m’a dépouillé, a pris mon argent, ma vie personnelle, ma santé. Tout. (…) Mais je ne regrette rien. »

Référence absolue de la photographie, il était d’une présence sensible, généreuse et magnétique. iI nous laisse un héritage photographique et moral exceptionnel ; des images qui nous  » collent au mur » ; cette nécessité impérative pour nous, photographes, de « savoir pourquoi on prend les photos » et des étincelles de passion à partager pour résister encore.


> Stanley Greene/NOOR images
http://noorimages.com/photographer/greene/
> Black Passport. Schilt Publishing (édition originale) & Textuel (version française). 170 x 225 mm. 288 p. 45 €.

 VOIR, ÉCOUTER

 

A voir : ‘Je ne suis pas votre nègre’, le nouveau documentaire de Raoul Peck

« Ce n’est pas des chiffres qu’il faut, mais de la passion. L’histoire du monde le prouve. (…) On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. L’Histoire n’est pas le passé, c’est le Présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes notre histoire. » – James Baldwin

À voir absolument en salles à partir du 10 mai : Je ne suis pas votre nègre, de Raoul Peck. Inédit dans sa démarche et dans sa forme, ce film documentaire exceptionnel offre un nouvel éclairage sur un combat fondamental et sur des acteurs de ce combat : celui d’hommes et de femmes afro-américains violemment déniés jusque dans leur condition humaine, qui ont lutté pour le droit de vivre à égalité, qui sont morts pour avoir accès aux mêmes droits – civiques et humains, sociaux et politiques – que les Blancs d’Amérique. Racontées via l’écrivain engagé James Baldwin, les luttes de Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King sont vivantes, présentes et doivent nous maintenir en éveil. Les mots d’une totale justesse, les paroles fortes résonnent particulièrement et offrent une mise en perspective avec les heures politiques que « nous » (au sens mondial du terme) vivons.

Rétabli dans son contexte, chaque élément d’information associe richesse, esthétique, exigence et sens : de la sélection des images fixes et animées à l’impact de la voix off et des musiques. Tout participe au devoir de mémoire et à l’importance du témoignage de cette Histoire qui continue de s’écrire. Au-delà de la peur et du rejet de la différence, de la négation de l’Autre, de la création de dangers imaginaires récurrents qui nous détournent des réelles menaces du Vivant et de la Paix, Raoul Peck/James Baldwin posent des questions essentielles : quel sens voulons-nous donner à nos vies et quel avenir souhaitons-nous préparer et construire ?

Il nous appartient aujourd’hui de faire face à l’Histoire : d’agir ensemble contre toute forme d’extrême qui sclérose, oppose, isole, déshumanise, exclut, détruit. De tracer ensemble les voies vers un monde plus juste, plus « habitable ».


Je ne suis pas votre nègre, de Raoul Peck (réalisation), écrits de James Baldwin.
Après l’avant-première sur Arte jusqu’au 2 mai, au cinéma à partir du 10 mai.
Télécharger le dossier de présentation : le pdf

Rencontre 27 rue Jacob : « FN, il y a urgence »

Règle numéro 1 : ne pas baisser la garde face à Marine Le Pen ! Notre devoir et notre responsabilité aujourd’hui sont de l’empêcher de parvenir au pouvoir, même si l’autre option ne convainc pas. On ne s’abstient pas. On ne vote pas blanc ni nul : ce serait d’une inconscience totale. Ce serait prendre le risque du Pire. On vote contre le Front National. Point.

urgence
Rencontre avec François Durpaire et Farid Boudjellal, co-auteur de La présidente
27 Rue Jacob, Paris 6e : mardi 25 avril 2017 de 19h à 20h

Votez !

Nous sommes responsables du pays dans lequel nous vivons. S’abstenir, c’est prendre le risque de remettre au prochain tour ce qui doit être fait aujourd’hui, ne pourra plus être fait demain et d’en payer le prix fort. Voter, c’est être acteur de l’avenir de notre pays et non objet de la décision des autres : l’action de chacun a des effets sur tous. Les Français s’investissent de plus en plus pour une société plus juste, plus solidaire : et si cette réalité se confirmait ? Votez !

« Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand État, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. Décidez dès aujourd’hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale. Préparez de vos propres mains l’avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens ! » − Pierre Mendès France

L’Expo ‘Le droit d’apprendre’ à la Maison de l’Europe

Bonne nouvelle : après Bordeaux en 2016, l’exposition « Le droit d’apprendre »* est à la Maison de l’Europe, à Paris, jusqu’au 1er avril 2017. Un projet photographique dont je signe les photos et les textes, destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible.

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Lutte contre le chômage, égalité des droits, responsabilité sociale et éducative… Quels sont les enjeux de la formation tout au long de la vie ? Comment consolider ses compétences, évoluer, sécuriser les parcours ? Comment apprenants et formateurs construisent-ils ensemble un parcours d’autonomie et de réussite ?

“ La notion de formation continue, telle un mouvement, est inhérente à Turbulences !, à l’image de l’intermittence du spectacle. C’est fondamental pour maintenir une dynamique, consolider et explorer. C’est ce qui permet le maintien et l’évolution des niveaux de qualification de la structure et des personnes. ” – Philippe Duban (Turbulences!)

Extraites de plusieurs reportages, les photographies – légendées de nombreux témoignages de formateurs et d’apprenants – mettent en lumière l’engagement d’organismes de formation pour adultes et d’entreprises d’insertion auprès de personnes parfois fragilisées. Elles valorisent les apprenants dans leur démarche d’apprentissage. Elles évoquent la diversité des pratiques des formateurs. Elles humanisent un droit qui participe à l’amélioration des compétences et au bien-être de chacun ainsi qu’à la stabilité et à la qualité de vie de l’entreprise.

Du 3 au 30 mars 2017
Exposition « Le Droit d’apprendre » : Maison de l’Europe. 35-37, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris. Tous les jours, week-ends inclus, de 14h à 18h : entrée libre. D’autres expositions sont à suivre en 2017 en France.

*Avec le soutien de l’agence Erasmus+France Éducation Formation/EPALE, qui m’a confié ce beau projet collectif dans le cadre de ses actions liées à la l’éducation et à la formation des adultes. En collaboration avec Turbulences!, Langues Plurielles et la Table de Cana, sujets au sens plein du terme de ce travail que je remercie tout autant. Tirages Picto Paris.


Coulisses : la lutte contre l’illettrisme et exclusions associées et l’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi pour tous est un nombreux enjeux sur lequel je travaille depuis plusieurs années. L’exposition « Le droit d’apprendre » résulte de nombreuses semaines de travail collectif, tant pour sa préparation que pour – la réalisation des prises de vues pour valoriser au mieux chaque structure, les liens humains entretenus, les ateliers et actions mis en œuvre, – les recueils de témoignages pour incarner et donner la parole aux personnes impliquées – le choix et la préparation des images – la synthèse des textes – la réalisation des maquettes photos/textes et le suivi de fabrication enfin.

Divines : deux talents bruts

Encore un prix d’interprétation, archi mérité, pour le duo de choc de Divines : Déborah Lukumuena (César de la meilleure actrice dans un second rôle) et Oulaya Amamra (César du meilleur espoir féminin), deux fortes personnalités habitées par leur rôle et d’une présence inouïe. Je n’ajouterai rien de plus car c’est à regarder / écouter pour en saisir la pleine mesure. La bande annonce donne le ton mais ne vous arrêtez surtout pas là. Si vous n’avez pas vu le film en salle, séance de rattrapage impérative en VOD !

Quant à Houda Benyamina, la réalisatrice de Divines, elle a remporté le César de la meilleure première œuvre (pari sur Grand Corps Malade et Mehdi Idir pour Patients en 2018) après avoir déjà reçu le prix du meilleur premier film aux Lumières de la presse étrangère 2017 et la Caméra d’or au festival de Cannes 2016. Un beau et vrai défi pour celle qui a créé en 2006 l’association 1000 visages. Une structure innovante et engagée qui initie et forme les jeunes issus des quartiers populaires aux métiers du cinéma, détecte et accompagne des talents, tend à rendre accessible à tous le 7e Art et plus largement la culture tout en promouvant les valeurs citoyennes.

L’appel du monde de demain !

L’avenir se prépare aujourd’hui ! Signez > l’appel du monde de demain aux côtés du mouvement Colibris de Pierre Rabhi. Cliquez sur l’image et pensez à partager.

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Le texte intégral de l’appel
Lire la suite de « L’appel du monde de demain ! »

Justice : le barreau de Paris en campagne !

Abordons les sujets urgents qui nous concernent en lieu et place de l’anecdote médiatique qui dévie de l’essentiel ! Le barreau de Paris lance une campagne d’alerte et d’information frontale. Objectifs : dénoncer une justice à bout de souffle et inciter 5 candidats à la présidentielle de 2017 à s’engager de façon concrète en faveur d’une justice plus efficace, plus adaptée aux besoins et aux situations des citoyens et plus juste.

Comment ? Via le pacte Justice 2017, 6 propositions détaillées portant notamment sur une augmentation des moyens humains, la réforme du financement de l’aide juridictionnelle, le renforcement de la justice de proximité et bien évidemment un accès au(x) droit(s) renforcé et réellement possible pour tous.

Candidats et citoyens : TOUS sont invités à lire, signer et transmettre le pacte Justice 2017 : http://pacte-justice.org
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À voir : soirée Médiapart ‘Sonnons l’alarme !’

À voir/écouter pour ceux qui n’étaient pas au rendez-vous hier soir, Sonnons l’alarme ! organisée par Médiapart, en direct du théâtre du Rond-Point (Paris). Un appel, je cite,  » au réveil des sociétés, aux initiatives des citoyens. Face aux guerres, aux mises en cause de nos libertés, au durcissement des régimes autoritaires, à la montée des droites extrêmes, en France et dans le monde, il est urgent de sonner l’alarme« . Un appel à réfléchir et à résister.

Entre autres intervenants : Thierry Kuhn (président Emmaüs France) ; Damien Carême, maire de Grande-Synthe ; l’avocat William Bourdon ; Vanessa Codaccioni, historienne, spécialiste des répressions politiques ; Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, militante des droits des femmes et des réfugiés ; Ziad Majed, universitaire, spécialiste de la Syrie et des journalistes de Médiapart.

Exposition ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ à Périgueux

Le 1er décembre 2016, le Détachement du Service militaire adapté (DSMA) fêtait ses 20 ans au musée d’art Vesunna de Périgueux sous le haut patronage d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-Mer.

Pour accompagner cet événement, je suis très heureuse de vous annoncer que l’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs* est présentée à Périgueux pendant 5 semaines !
• Du 29 novembre au 4 décembre 2016 : Musée d’art Vesunna, parc de Vésone, 20 rue du 26e régiment d’Infanterie, Périgueux. • Du 7 décembre 2016 au 3 janvier 2017 : Hôtel de Ville 23 rue du Président Wilson, Périgueux. Entrée libre. (*tirages à l’agrandisseur : Andres Romero)
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‘Paroles d’enfants syriens’ de Bernie Bonvoisin

À voir absolument en ligne sur LCP, « Paroles d’enfants syriens «  n’est pas un film document comme les autres.

Des enfants qui (nous) font face
51 minutes « brutes » à suivre des enfants syriens en exil dans leur quotidien. 51 minutes d’expression de leur vérité : celle de ceux qui savent, qui vivent ce qu’est la guerre, l’exil, la mort violente, la destruction de sa/la vie, les parents qui ne sont pas là, la terreur et la misère. Puis la lente reconstruction ‘à l’étranger’ avec des personnes bienveillantes qui luttent avec eux jour après jour pour leur intégrité et leur dignité ; pour leur éducation, face au risque de haine et d’autodestruction ; pour qu’ils retrouvent un semblant d’enfance et de petits moments d’insouciance. Des enfants qui ont connu le pire, sont passés du jour au lendemain dans un horrible monde d’adultes et font face avec courage dans une hyper conscience du monde :

« Est-ce que je vais vivre toute ma vie dans une tente de réfugié ? Ou bien je vais mourir loin de mon pays ? Ils ont tué nos souvenirs. Ils ont même tué des humains. Ils ont détruit ma maison. Ils ont détruit mon pays. Où est la solution ?  »
(− Chaïma, 12 ans)

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D’autres ont leur projet

« Je vois la verdure en face, les fermes et la bananeraie. J’aimerais aller là-bas. J’irai là-bas. Je construirai ma maison et j’aurai ma propre société. » (− Qussai, 11 ans),

sont comme Imane, malheureux, ou rêvent de retourner en Syrie comme Marwan qui travaille jusqu’à 4 mois d’affilé à ramasser des pommes de terre pour 4 dollars par jour pour que la famille puisse payer… la location (?!) de la « tente » qui leur sert de « maison ».

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Bernie Bonvoisin : l’autre voix
C’est la voix d’un homme, et quelle voix. Celle de Bernie Bonvoisin qui n’en peut plus et qui s’est associé à Pedro Brito de Fonseca pour crier sa révolte et sa rage face à cette vérité : cette injustice sur laquelle tentent de se poursuivre, de se reconstruire des vies. Une claque dans la gueule, il n’y a pas d’autres mots, comme aucun journaliste ne l’a fait et pour cause (cherchez sur Internet qui est Bernie Bonvoisin si ce nom ne vous dit toujours rien). Une claque, puisqu’il en faut encore une pour comprendre et agir face à ce que je considère comme 5 ans d’échec international humanitaire, politique et diplomatique, d’inconscience et d’inaction de la part de (nos/vos) dirigeants qui ont le pouvoir de décision de vie et de mort entre leurs mains, qui ont le pouvoir de paix.
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Paroles d’enfants syriens : la misère entre deux jardins
Par Bernie Bonvoisin et Pedro Brito da Fonseca (coréalisateur)/LCP

Liberté, humanité, solidarité

Rester unis. Paris place de la République, novembre 2015 © Virginie de Galzain

Dernier retour en arrière… Paris, place de la République, novembre 2015. Je viens de terminer des prises de vues de Dominique A. rue Saint Maur avec Aurélie S., qui réalisait l’interview. Toujours chaleureux, Eric M. « fait comme si » mais il est très marqué ; certains de ses proches ont perdu un des leurs au Bataclan. Je rejoins la place de la République par la rue de la Fontaine au Roi où j’ai vécu, où je passe régulièrement, où j’étais la veille des attentats du 13 novembre.

L’ambiance est surréaliste. Des équipes de télévision de Rédactions de différents pays ceinturent la place. Des projecteurs rompent une intimité dont on aurait besoin. J’ai subitement l’impression d’arriver dans une arène ; ce décalage m’est difficilement supportable. Nul doute que l’impossibilité de NOUS rassembler massivement en raison de l’état d’urgence a concentré les chocs et traumatismes ressentis. Chacun encaisse comme il peut pour garder un semblant d’équilibre. Je m’avance près de la statue pour me joindre à ceux, nombreux, venus se recueillir, témoigner de leur soutien ou dire un dernier « au revoir ». Le temps est suspendu. On entend à peine les bruits urbains. Avant de repartir, je sors mon appareil pour prendre quelques photos. Juste quelques images, pour mémoire, pour eux, pour moi. Les seules que j’ai réussi à faire.

Je n’aurais pas pu répondre à la moindre commande sur ces événements. La vie continue

Denis Mukwege, prix de la paix de Séoul 2016

Depuis plus de 15 ans, le Dr Denis Mukwege opère et répare physiquement et psychologiquement des femmes, jeunes filles et bébés victimes de violences et tortures sexuelles, au péril de sa vie, dans son hôpital de Panzi (Sud-Kivu/République démocratique du Congo). Le 6 octobre prochain, il recevra un nouveau prix en reconnaissance de ses actions et de ses engagements pour le respect des droits humains : le prix de la Paix de Séoul 2016. Mais pendant ce temps, certains de ses proches sont arrêtés à Kinshasa. Pendant ce temps, des violences qui dépassent l’entendement se poursuivent en RDC, notamment dans le Kivu, depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps, la création d’un Tribunal pénal international (TPI ) au Congo contre le viol comme arme de guerre ne voit pas le jour.

Quid des actes concrets de la part de ceux qui pourraient aider son pays à se stabiliser sur le long terme, à faire reconnaître le viol de guerre comme crime de guerre et respecter les droits et l’intégrité des femmes, au-delà des mots et des beaux discours ?

Le 9 mars dernier, lors du colloque ‘Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République Démocratique du Congo » qui se tenait à la mairie de Paris, Denis Mukwege rappelait ceci :

« Le viol est une arme destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté.


Il est pratiqué de façon méthodique, pour donner des souffrances, humilier, traumatiser. Parfois, il l’est en public, en associant les proches, le mari, le frère, les fils ! Les femmes concernées, depuis leur plus jeune âge parfois, ne peuvent plus avoir de vie privée ou ne peuvent plus avoir d’enfants. D’un point de vue sanitaire, elles ont souvent été contaminées lors de ces actes par des infections sexuelles qu’elles peuvent à leur tour, sans le savoir, transmettre à un homme, à un bébé.

Il faut être très conscient que ces conséquences sont issues de la volonté de détruire un peuple et se portent sur plusieurs générations.

Ces femmes deviennent des parias et fuient leur terre. Leurs enfants sont rejetés. Il y a une destruction du tissu social, des repères, de tout ce qui est sacré dans la communauté. Et c’est celui qui désorganise la société qui domine alors cette société. Aujourd’hui, nous sommes des survivants, elles sont des survivantes. »


Pour en savoir plus sur le Dr Mukwege, il est important de voir/lire ces documents, les seuls qui permettent de réaliser de façon très concrète qui il est et les conditions dans lesquelles il vit et se bat au quotidien aux côtés de celles et ceux qu’il défend, soigne et protège :
– le documentaire L’homme qui répare les femmes,
de Thierry Michel et Colette Braeckman ;
– le livre Panzi : de Guy Bernard-Cadière et Denis Mukwege (éd. du Moment).

Prison insider : le site de référence sur les prisons

10,2 millions de personnes incarcérées dans le monde. Des conditions de détention globalement indignes à inhumaines selon les pays. Une situation qui tend à se dégrader par endroit avec des mesures qui permettent d’enfermer et d’exclure plus encore au lieu de trouver/appliquer des solutions complémentaires ou en amont. Et des microcosmes sur lesquels on ne sait à peu près rien faute de pouvoir y entrer. Des vies dont on ne peut appréhender, ressentir la réalité faute de les connaître/de chercher à les connaître.

C’est pourquoi Bernard Bolze (notamment fondateur de l’Observatoire international des prisons) et son équipe  ont décidé de « mettre un pied dans les portes » et d’ouvrir, peu à peu, cet autre monde, invisible et clos. Comment ? En créant Prison insider, le premier site d’information grand public sur les prisons dans le monde, lancé le 20 septembre dernier à la maison des Métallos, à Paris.

ÉCHANGER, PARTAGER, FAIRE SAVOIR
Actuellement disponible en 3 langues, l’objectif est ambitieux : collecter, compléter, analyser et retranscrire avec beaucoup de persévérance et de rigueur des données très peu accessibles voire falsifiées ou inexistantes. Un travail engagé titanesque, pour mieux informer et sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de détention des personnes enfermées où qu’elles le soient, sur le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité, sur les bonnes pratiques enfin, quand elles existent.

Fort de 9 permanents et de bénévoles stables aux compétences complémentaires (droit français et international, rédaction, traduction, développement, iconographie, partenariat…), Prison insider dispose déjà de 30 correspondants experts dans les 5 continents, et de nombreux acteurs relais de l’information dans leur pays d’exercice. Indispensable, ce maillage est développé de façon régulière mais très vigilante pour assurer l’information locale la plus juste possible. Une condition sine qua none pour garantir la crédibilité du site sur un sujet particulièrement difficile tant les écueils et enjeux sont nombreux et pour continuer de fédérer à ses côtés ceux qui agissent.

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INFORMER DE L’INTÉRIEUR, RENDRE VISIBLE
« Fiches pays », « Que faire en cas d’arrestation », « Ressources » (enquêtes, reportages, analyses, travaux universitaires…) sont autant de points d’entrée qui permettent à chacun de puiser ce qui l’intéresse ou le concerne, de réfléchir, prévenir voire agir.

Fondamental et rare, le site valorise et donne la parole aux personnes détenues ou anciennement détenues, à leurs proches, à leur famille ; des témoignages intimes sur ce qu’est la prison, la notion d’enfermement, la réalité du quotidien, la violence des relations humaines et de l’environnement, les effets collatéraux. En complément, des portfolios extraits de reportages existants de photographes professionnels (à ce titre, je remercie chaleureusement Judith de m’avoir sollicitée pour un portfolio extrait de Prisons de Madagascar), de créations théâtrales, éditoriales et graphiques participent à compléter sur le long terme ce puzzle mondial. À montrer, concrétiser, rendre visible ceux qui ne le sont pas.

SOUTENIR PRISON INSIDER
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Sur le plan du contenu ensuite : les informations sur les prisons et conditions de vie des prisonniers dans le monde demeurent tellement parcellaires ou cachées que toute participation sérieuse et pertinente pour enrichir le site est non seulement bienvenue mais nécessaire (témoignages, relais professionnels locaux…). Pour savoir comment procéder : contact@prison-insider.com

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L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite de « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Boxe : clin d’œil à Estelle Mossely

Clin d’œil à Estelle Mossely, médaille d’or Boxe poids légers aux J.O de Rio, première femme championne olympique dans cette discipline et brillante ingénieure !

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Extrait du reportage ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs‘ © Virginie de Galzain

Un seul combat : la paix !

 » La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » – Albert Camus*

L’horreur, tous les jours quelque part dans le monde. À quand des manifestations mondiales pour plus de paix et d’égalité ?! Tout ce qui se passe ailleurs a eu, a et aura des répercussions sur tous : on ne peut plus rester autocentrés !

La guerre, les violences sont toujours le résultat de difficultés non résolues voire causées. Autrement dit, elles sont l’incarnation d’échecs humains, sociaux, politiques, stratégiques, diplomatiques.  Tous les moyens doivent être concentrés sur plus de justice sociale et de respect des droits ; sur la redéfinition des priorités, choix et alliances politiques (plan national et international) qui privilégient aujourd’hui trop souvent le pouvoir, la puissance, la supériorité et la force dans tous les sens des termes en lieu et place du service en faveur du bien commun. Cela vaut pour tous les États à différents niveaux, et plus encore pour les États dits démocratiques dont la responsabilité est d’autant plus importante.

* extrait de l’éditorial du quotidien clandestin Combat ; réaction aux bombardements sur Hiroshima (8 août 1945)

(publié le 29 juin, mis à jour le 15 juillet)

Hommage à Camille Lepage : 2 ans déjà

Il y a deux ans, la photojournaliste Camille Lepage était assassinée en République centrafricaine où elle réalisait plusieurs reportages. Une terre d’oubliés qui était devenue son lieu de vie après plusieurs années au Sud Soudan. Une seconde patrie alors plongée dans des violences intercommunautaires extrêmes entre la Seleka et les anti-Balaka, où elle partageait le quotidien de celles et ceux dont elle révélait les réalités en images. À 26 ans, elle était talentueuse et engagée, informée et professionnelle. Passionnée par l’image, elle était guidée voire obsédée par la nécessité de témoigner au nom de ceux qui souffrent et que le monde délaisse, ignore ou condamne au silence et à l’oubli, du moins tant que cela ne fait pas vendre.

site camille lepage
Ses parents et son frère ont créé l’association portant son nom, notamment pour la faire vivre au travers de ses reportages et diffuser son travail au plus grand nombre. Un prix photographique destiné à soutenir chaque année le travail d’un photojournaliste a aussi vu le jour. Courageuse, Camille Lepage a été au bout de ses rêves et de ses convictions. Elle laisse des photographies sensibles, humaines et fortes que je vous invite à découvrir sur son site si ce n’est déjà fait, voire à vous procurer le livre République centrafricaine : on est ensemble. L’œuvre éternelle d’une belle personne et d’une excellente photographe.

À SUIVRE/À VOIR
– Le site de Camille Lepage : camille-lepage.photoshelter.com
– L’association Camille Lepage-On est ensemble www.camillelepage.org
– Le livre : République centrafricaine : on est ensemble, CDP éditions, 10 euros (un cadeau)

Pendant ce temps en Ethiopie

Médias : c’est sûr que des attaques en Éthiopie, quand il n’y a pas de morts étrangers ou que ce n’est pas revendiqué par une organisation terroriste, ça fait moins de bruit…. En plus, depuis, Prince est mort et Macron se fait remarquer…

« Depuis mercredi 20 avril, les drapeaux sont en berne en Éthiopie. Ces deux jours de deuil national décidés par le Parlement font suite au massacre, vendredi, de 208 personnes et de l’enlèvement de 125 enfants, à Gambella, une région jouxtant le Soudan du Sud. » (Cliquer sur l’image pour lire l’article de Vincent Defait) Lire la suite de « Pendant ce temps en Ethiopie »

A voir : ‘Nulle part, en France’

« Vous a-t-on dit que vous seriez des ombres, qu’il n’y aurait pour vous aucune terre ? Vous a-t-on dit que vous n’auriez plus de nom, nulle part, ici ? Vous a-t-on dit que vous auriez nulle part pour seule patrie ? » – Laurent Gaudé/Nulle part en France.

 À regarder et à écouter, Nulle part en France, le documentaire de Yolande Moreau au cœur des camps de Calais et Grande-Synthe. Un regard sobre et sensible, frontal et révolté, qui humanise des hommes, des femmes et des enfants que l’on rejette et réduit à l’état d’ennemis fantomatiques ; qui donne à voir une fois encore les conditions de vie inacceptables que nous tolérons pour ceux qui fuient leur pays – quel qu’il soit – avec l’espoir de vivre enfin en paix.

Pénétrants, les témoignages des personnes en situation de migration sont complétés des mots de Laurent Gaudé : des mots réalistes et sans complaisance qui résonnent comme des appels à réfléchir et à s’ouvrir, à accueillir l’Autre comme il devrait l’être.

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De Yolande Moreau, Elsa Kleinschmager, Sébastien Guisset, Fred Grimm, Hania Osta et Laurent Gaudé – ARTE GEIE

Depuis plusieurs décennies, l’accueil de personnes en situation de migrations forcées n’a pas été pensé ni anticipé. Les dirigeants, notamment ceux de notre pays (passés et présents) renversent la situation de façon insupportable en disant que ce sont elles qui nous mettent en danger. Il faut oser. Et ils « remercient chaleureusement » voire paient en passant certains autres gouvernements pour qu’ils maintiennent dans leurs murs ces personnes qui leur font peur au risque de provoquer les pires déstabilisations ailleurs. Déstabilisations qui peuvent d’ailleurs favoriser la montée/poursuite de formes de violence et de terrorisme. C’est ce que l’on appelle se décharger de ses responsabilités, avec un égoïsme, un cynisme et une hypocrisie totale.

Il faudrait aussi que l’on m’explique pourquoi/comment le Liban peut accueillir plus d’1,2 million de réfugiés syriens, la Turquie plus de 2,5 millions et nous + ou – 11 000 ? (voir chiffres Syrie* plus bas)

Créer des frontières bunkers, supprimer le droit d’entrée au plus grand nombre au profit du devoir de sortie n’est pas la solution. Outre le fait que c’est une négation de l’Autre, c’est avant tout un aveu d’échec ; une action dans l’urgence et une vue à court terme ; une absence d’analyse et de responsabilité concertée pour mettre en place des actions adaptées. Ajoutons quelques sacs de sable sur la digue en attendant une prochaine vague… en substance ! Et comptons sur la « résilience » (elle a bon dos) de ces hommes, femmes et enfants pour vivre avec ce rejet massif, les violences subies, l’exil.

1 – La situation du monde impose de faire avec et non contre. Situation à laquelle nous sommes tous directement ou indirectement associés.
2 – Cela ne dissuadera personne de quitter son pays pour un autre.
3 – Cela continuera de favoriser les migrations clandestines et donc des parcours terribles, la criminalité (de ceux qui vont profiter de leur vulnérabilité pendant leur parcours) et des morts.
4 -Cela favorise les concentrations indignes type Calais et des injustices : défaut d’accès au Droit et aux droits (santé, logement, formation linguistique, emploi, éducation).
5 – Cela précarise les personnes qui parviennent à rester clandestinement dans le pays d’arrivée à défaut d’accueil.
6 – Cela entretient l’exploitation des êtres humains notamment sous la forme du travail illégal, pas de papiers, pas de contrat, pas de droits, une paie sous le manteau quand il y en a et des menaces de dénonciation ou un renvoi si le travailleur demande un contrat de façon trop pressante.

WELCOME !

À LIRE/À VOIR AUSSI : SUGGESTIONS
Documents
– les ouvrages de Catherine Wihtol de Wenden
Les bateaux ivres de Jean-Paul Mari. Éd. Lattès. 19 €
Bilal, sur le route des clandestins, de Fabrizio Gatti. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €
Cet autre de Ryszard Kapuscinski. Éditions Plon. 18 €
Pour un autre regard sur les migrations, construire une gouvernance mondiale. Éd. La Découverte .

Films ou documentaires (VOD/DVD)
Des étoiles de Dyana Gaye
Hope de Boris Lojkine
La cour de Babel de Julie Bertuccelli
Harragas de Merzak Allouache
Welcome de Philippe Lioret
Une mer fermée et La première neige d’Andrea Segre
! En salles le 28 septembre 2016 : Fuocoammare, par delà de Lampedusa de Gianfranco Rosi

Romans
Eldorado de Laurent Gaudé. Actes Sud poche. 7,70 €
Ulysse from Bagdad d’Éric-Emmanuel Schmitt. Livre de poche. 7,10 €
Partir de Tahar ben Jelloun. Folio. 7,70 €

*QUELQUES CHIFFRES : CAS DE LA SYRIE
– Plus de 7 millions de personnes déplacées au sein du pays.
– Près de 4,8 millions de réfugiés en 5 ans, dont dans les pays suivants :
– 2,5 millions en Turquie (population du pays : 75 millions d’habitants)
– 1,2million ? au Liban (population du pays : 4,4 millions d’habitants)
– plus de 635 000 en Jordanie (population 6,6 millions d’habitants)
– plus de 245 000 en Irak (population 33,5 millions d’habitants)
– 10 000/11 000 en France depuis 2011 selon l’OFPRA (population 66 millions)

Plus de 260 000 morts depuis 2011 (source officielle, 470 000 selon le Syrian Center for Policy Research/SCPR), sans compter les dizaines de milliers de disparus dans les mains du régime en place, les tortures et emprisonnements. Ce, dans l’inaction internationale et l’impunité complète.

Formation et insertion : Le régiment du SMA de La Réunion fête ses 50 ans

Le régiment du SMA de La Réunion fêtait officiellement ses 50 ans le 8 avril. Il y a un an, j’y réalisais plusieurs semaines de reportage, en photographies et recueil de très nombreux témoignages. Un reportage en immersion qui s’inscrit dans un travail de long terme sur l’accès à une éducation et une formation égalitaire pour tous initié fin 2011.

Pendant ces semaines, j’ai pu suivre la vie au sein des 3 sites du régiment (Saint-Pierre, Saint-Denis et Bourg Murat), découvrir la diversité des parcours de vie individuels et des apprentissages communs à différents stades de la formation des jeunes. Le RSMA accueille en effet en flux tendu 100 nouveaux jeunes par mois pour 6 à 12 mois : ceux qui arrivent côtoient ceux qui partent comme ceux qui sont à mi-parcours. J’ai pu observer, photographier, m’entretenir avec des cadres et des jeunes volontaires. Que l’on ne s’y trompe pas, le RSMA ne forme pas de futurs militaires, mais il met tout en œuvre pour permettre aux filles et garçons qui le souhaitent d’apprendre un métier qu’ils pourront exercer dans le civil ; des jeunes qui se donnent les moyens de faire des choix de vie dans des contextes personnels ou conjoncturels parfois difficiles.

Reportage et montage ©Virginie de Galzain

Mon objectif était de comprendre, au-delà des mots et des chiffres qui décrivent ce dispositif, qui sont les volontaires et les cadres militaires qui le composent, où ils en sont au moment où je les rencontre et comment et pourquoi c’est une réussite humaine. Car entre l’arrivée des jeunes et les 75% dits d’insertion, il y a des mois de partage et de vie collective inédite en internat, de travail intensif et de détente, de doute et de découragement, de petites et de grandes victoires. Rien ne va de soi, rien n’est gagné d’avance. Appréhender de l’intérieur ce microcosme très exigeant « qui ne lâche rien » est le seul moyen d’informer, de donner à voir l’organisation et les moyens mis en place pour former en interne à des dizaines de métiers dans les meilleures conditions possibles ; l’encadrement humain existant et nécessaire jour et nuit ; les compétences et l’investissement à tous les niveaux en lien avec de nombreux acteurs de la vie civile. Et surtout : les liens qui se tissent au fur et à mesure que les jours et les semaines passent qui participent à renforcer confiance et détermination,  envie de réussir et conscience que c’est possible.

> Le site du reportage : ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’

Violences sexuelles en RDC : création ‘Rentrez chez vous et racontez’

Depuis plus de 20 ans, l’est du Congo est ravagé par des combats sans fin entre milices et bandes armées. Les femmes et les enfants en sont les premières victimes, détruites de l’intérieur par des violences sexuelles insoutenables. En France, deux comédiens âgés de 27 ans – Claudia Mongumu* et Charles Meunier* – sont leur relais et donnent leurs voix depuis près de 4 ans à celles et ceux qui n’en ont pas. Des voix pudiques et brutes à entendre lors du colloque «Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République démocratique du Congo (RDC) », le 9 mars à Paris. Photos et entretien croisé avec les deux interprètes autour d’une création engagée : Rentrez chez vous et racontez.

Claudia Mongumu/Charles Meunier, 7 mars 2016, repetition Rentrez chez vous et racontez
Claudia Mongumu & Charles Meunier © Virginie de Galzain

• Comment est né Rentrez chez vous et racontez ?
Claudia : Rentrez chez vous et racontez a vu le jour dans le cadre de Créer pour agir, un événement organisé en novembre 2012 par l’association Voix/es Alternatives que j’ai co-fondée la même année. Il est né de la volonté de dénoncer l’utilisation de violences et mutilations sexuelles comme arme de guerre, une arme de « destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté » comme le dit le docteur Denis Mukwege*, notamment au Congo. Un Congo déstabilisé à l’Est par les suites du génocide du Rwanda, théâtre de guérillas incessantes et de barbaries tues, quasi impunies sur le plan national et international depuis plus de 20 ans.

Le titre reprend la phrase lancée par certaines milices Lire la suite de « Violences sexuelles en RDC : création ‘Rentrez chez vous et racontez’ »

Résister !

hope_virginie de galzain« HOPE », série Les temps modernes © Virginie de Galzain

Lutter contre l’ignorance, contre cette peur de l’Autre qui déshumanise et isole, exacerbe les tensions, les injustices et l’instabilité, c’est urgent. Résister au brouillage et au verrouillage des esprits, aux peurs, médiatisations et discours paralysants, à la restriction insidieuse des libertés : c’est fondamental. Cesser d’accepter que certaines décisions  et actions – dont les responsables sont ceux qui les prennent –  soient prises « en notre nom », et penser de nouveaux équilibres : c’est nécessaire. Agir pour la démocratie et la liberté, pour que chacun puisse vivre dignement, pour le respect des différences et pour la paix, ici et dans le monde : c’est possible. Long, difficile, mais possible.

Je refuse que mon pays devienne une terre du Front National ou de toute autre incarnation d’extrêmes ;

et je demande à tous ceux qui partagent cette volonté de le dire, de l’écrire, de (ré)agir. Je demande aux autres de prendre le temps de réfléchir. Le présent et l’avenir en dépendent. L’action de chacun peut avoir des effets sur tous. Nous sommes tous responsables.

Armes légères, paix civile, droits humains

Selon Small arms survey et Amnesty international, plus de 850 millions d’armes légères et petits calibres (ALPC) sont en circulation dans le monde, dont près de 100 millions de kalachnikovs. Je ne sais pas si on réalise ce que cela représente.
Elles sont majoritairement détenues par des civils. Et 40 à 60 % du commerce des armes légères dans le monde est, à un moment donné, illicite (source Nations Unies) sans toutefois être illégal (marché gris).

La paix et la sécurité du monde en question

Conflits internes, guérillas, attentats voire attaques isolées… sont à l’origine d’atteintes et de destructions finalement massives (physique et mentale, familiale et sociale, économique et environnementale). Ils sont majoritairement menés avec des armes légères.
Résultat, une capacité de violence et de terreur toujours plus simple, forte mais aussi anarchique. De nombreuses zones géographiques vivent, subissent cela de façon récurrente voire permanente. Certaines sont plus médiatiques ou médiatisées que d’autres selon une « hiérarchie », comme on dit dans le métier, assez troublante.
Les répercussions humaines sont insupportables :
– plus de 500 000 tués chaque année, chiffres qui ne sont manifestement toujours pas assez forts pour signifier l’horreur que cela constitue,
et cela peut se passer tous les jours, dans n’importe quel pays ;
– les armes font chaque année 300 000 victimes hors conflits armés ;
– plus de 1 500 personnes meurent chaque jour, dont 250 000 par an de la violence armée ;
– dans les conflits armés, 80% des victimes sont des civils.

Du 24 au 27 août 2015, s’est tenue la 1ère conférence des États parties du Traité sur le commerce des armes (TCA) à Cancun. Aucun média n’a relayé cet événement sous quelque angle que ce soit. Même si « le mal est fait » dans le sens où un nombre considérable d’armes sont dans les mains de ceux qui contribuent à la déstabilisation du monde, et que l’on ne peut présumer de l’efficacité future du TCA, c’est une avancée considérable pour réglementer davantage le commerce et le transfert des armes (croyons-y). Sans parler de la force du lobby des armes, notamment aux États-Unis. L’enjeu humain est inestimable, mondial et son application concrète urgente.


Zoom sur…
Enfants : quel avenir présent possible ?

Les civils, notamment les enfants, sont les premières victimes.
– Comment grandir dans un contexte d’insécurité chronique ?
– Comment se construire et se consolider quand on a perdu l’un de ses parents voire les deux, et que l’on est livré à soi-même ; aux autres par la même occasion ?
Quand on voit la mort en face ? Quand on la vit ?
et je ne me lancerai pas dans une liste noire des horreurs et terreurs auxquelles la violence confronte.
– Comment étudier quand on ne peut plus aller à l’école car elles ont été bombardées ou réquisitionnées ? – quand il y en a.
– Comment survivre quand on ne peut plus être soigné car les centres de soins ont subi le même sort ou que les médicaments sont encore moins disponibles que d’habitude ou en quantité insuffisante au regard des besoins ?
– Comment boire, se nourrir quand tout a été détruit, pillé ?
Que les sources d’eau sont contaminées ?
– Comment avoir un avenir quand on doit fuir, dans la ville ou dans le pays voisin (majorité des cas), vivre sans toit, sans eau ni électricité, en dépendant de l’aide internationale et/ou locale, voire en étant année après année dans des camps ?
– Comment échapper à un enrôlement pour être enfant soldat ? 250 000 soldats enfants, estimation (la prolifération des armes légères et de destruction extrême hyper maniables et pas chères comme la kalachnikov étant un lien évident).
– Comment échapper au destin d’enfant kamikaze ?
– Comment « revenir » d’un parcours d’enfant soldat ?
– Comment se remettre d’une situation, souvent associée, d’esclave sexuel(le) ? De bouclier humain ?
Comment survivre à tout cela ?
Rester intégré dans son propre pays ? S’intégrer dans un autre ?
– Comment résister aux traumatismes et apprendre à vivre avec ?

Comment un enfant peut-il ainsi avoir sa place dans le monde ? Avoir ses droits respectés ? Vivre et grandir, simplement ?

SOURCES des données chiffrées : ONU, Amnesty international, Small arms survey, UNICEF

> Le témoignage d’Emmanuel Jal, chanteur, musicien, ancien enfant soldat (la vidéo ci après a été enregistrée avant l’entrée en vigueur (24 décembre 2014) du Traité sur le commerce des armes.

Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU

L’instabilité ne cesse de s’étendre. Les souffrances augmentent. Aucun pays n’est à l’abri. (…) Devant l’inhumanité flagrante, le monde a montré une paralysie troublante. ”

Exceptionnellement ci-dessous, reprise intégrale de l’appel publié sur le centre d’actualités de l’ONU

« (Genève, 31 octobre 2015) Le Secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, ont lancé un avertissement conjoint sans précédent sur l’impact des conflits actuels sur les civils et demandent que des mesures concrètes et urgentes soient prises face à la souffrance humaine et à l’insécurité.

Les deux hommes ont souligné l’importance de respecter le droit humanitaire international afin de mettre fin au chaos et d’empêcher une aggravation de l’instabilité.

Ils demandent aux États de prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts afin de trouver des solutions durables aux conflits et mener des actions concrètes dans cet objectif.
– Utiliser, à titre individuel et collectif, tous les moyens à leur disposition pour exercer une influence sur les parties impliquées dans des conflits afin qu’elles respectent le droit, y compris en menant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international, en s’assurant que les responsables Lire la suite de « Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU »

Migrations : Odysseia, d’Antoine D’Agata

Odysseia, du photographe Antoine d’Agata. Un travail exceptionnel sur et avec ceux que l’on appelle des migrants. À lire, voir, regarder, faire passer pour comprendre, s’interroger sur le pourquoi de ces odyssées d’hommes, de femmes et d’enfants ; sur les conséquences sur des vies individuelles et collectives. Et au-delà, sur un monde en (dés)équilibre où tout interagit.

Les discours de stigmatisation et de peur de l’Autre sont inacceptables tant humainement que politiquement, outre la méconnaissance apparente ou manifeste qu’ils traduisent ; ce, face au courage et aux souffrances passés, présents et à venir de ceux qui ont ces parcours, ces passages quand ils sont surmontés, ces voyages de survie. http://dagata.arte.tv/

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ODYSSEIA, d’Antoine D’agata
– le site : http://dagata.arte.tv/
– le livre : André Frère éditions, 192p., 32 €
http://www.andrefrereditions.com/livres/photographie/odysseia

A lire absolument également :
– l’enquête de Fabrizio Gatti : lire le post dédié Bilal, sur la route des clandestins, éd. Liana Levi/Piccolo
– l’ouvrage documentaire : Pour un autre regard sur les migrations (collectif), éd. La Découverte
et les fictions Ulysse from Bagdad, d’Éric-Emmanuel Schmidt, éd. Albin Michel ou Livre de Poche & Eldorado, de Laurent Gaudé, éd. Actes Sud.

À toutes fins utiles, je rappelle que tout ce qui est sur ce blog depuis 2007 relève de choix personnels,
sans aucune influence ni demande extérieure et moins encore avec une quelconque contrepartie !

Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe

Références et liens en fin d’article

Comme de nombreuses autres organisations de lutte pour le respect des droits humains en Tchétchénie, le Comité russe contre la torture (CAT) s’est vu contraint d’arrêter ses activités pour cause « d’agent de l’étranger contre le ministère de l’Intérieur ». Cette qualification établie par une « loi » de la Douma (2012) concerne notamment les structures dont une partie des fonds auraient une provenance à risque dont étrangère. Objectif : contrôler et empêcher toute forme de Lire la suite de « Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe »

Gênes G8 2001 : pour mémoire

20 juillet 2001 : Carlo Giuliani, jeune manifestant altermondialiste meurt touché par le tir d’un carabinier au cours d’une violente manifestation.

Le jour suivant, des policiers entrent de force et de nuit dans l’école Diaz ; ils font preuve d’un déchainement de violences dont certaines ont été assimilables à des actes de torture (toujours absente du code pénal italien à ce jour) sur des militants de tous âges et journalistes qui y sont hébergés. Pendant que certains seront emmenés d’urgence à l’hôpital, d’autres seront transférés à la caserne de Bolzaneto où ils subiront à nouveau coups, blessures graves voire tortures. Diaz, don’t clean up this blood/Diaz, un crime d’État, de Daniele Vicari est un des rares films documentaires sur ce sujet.

Diaz, un crime d’État : DVD d’occasion & film disponible sur iTunes notamment.
À lire : l’article de Salvatore Palidda, professeur de sociologie à l’université de Gênes http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/180712/en-italie-une-justice-ambigue

Reportage : Le service militaire adapté, un enjeu d’avenirs

reportage rsma_service militaire adapté_virginie de galzain

Le site : unenjeudavenirs.wordpress.com

Éducation, formation, insertion : un droit pour tous Ce photoreportage s’intègre dans un travail que j’ai initié fin 2010 sur la lutte contre les inégalités et l’accès à la formation et à l’emploi pour tous. C’est le seul de cette nature, sur ce sujet. Réalisé en immersion au sein du régiment de La Réunion, l’un des 7 régiments du Service militaire adapté (SMA), le reportage Le Service militaire adapté : un enjeu d’avenirs donne à voir un dispositif militaire unique engagé depuis plus de 50 ans dans l’accès à l’éducation, à la formation et à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes d’Outre-Mer dans la vie civile.

Au terme d’une formation militaire d’un mois, les volontaires apprennent un métier correspondant aux besoins d’emploi locaux, complété du certificat national de Sauveteur secouriste du travail, dans l’une des compagnies dédiées. Outre le savoir-faire, la remise à niveau personnalisée en français et en mathématiques fait partie intégrante de l’apprentissage,  le SMA accueillant entre autres de nombreux jeunes sans diplômes et/ou en situation d’illettrisme (plus de 40%). Six à 12 mois de vie collective en internat qui vont surtout permettre à chacun de se construire avec les autres ; de gagner en confiance et en responsabilité pour mieux consolider son avenir, tant professionnel que privé.

Photographies et recueil de témoignages : informer, valoriser, témoigner Portraits ou scènes de vie (incorporation, internat, formation militaire initiale, formations, remise à niveau, temps forts… ), les photos évoquent le parcours de jeunes courageux et déterminés à aller de l’avant, les coulisses de leur vie au sein du régiment et l’engagement humain de cadres militaires unis par une mission d’insertion sociale civile et d’égalité des droits. Les textes, propos rapportés de jeunes volontaires et de militaires, mettent en lumière avec une force particulière le cheminement et les réalités de vie des stagiaires ; des regards personnels sur les missions et enjeux du SMA ; les avenirs possibles.

Ce reportage est aussi un travail d’information et de mémoire qui saisit, à un moment donné, l’histoire du SMA, ses acteurs, ses actions et les jeunes – femmes et hommes – accueillis et accompagnés. Une évocation concrète et humaine de sa raison d’être. Un lien entre eux et nous. Les quelques images présentées sont un premier extrait de ce travail réalisé grâce à la participation de celles et ceux, nombreux, que j’ai eu la chance de rencontrer et avec qui j’ai partagé des moments que je considère comme exceptionnels.

Une exposition est en cours de préparation et un autre diaporama, plus complet, est à venir. En attendant, n’hésitez pas à diffuser autour de vous ce post et le site associé. À suivre.

Le site du reportage : unenjeudavenirs.wordpress.com
Le lien exportable du diaporama
: https://www.dailymotion.com/video/x2tildt_le-service-militaire-adapte-un-enjeu-d-avenirs_school

Un projet cofinancé par le  Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse

La loi du marché : Vincent Lindon primé !

Enfin ! L’IMMENSE acteur/homme Vincent Lindon prix d’interprétation masculine Cannes 2015 pour le film La loi du marché, de Stéphane Brizé. Un film à voir absolument tant pour la force du sujet qu’il porte – le chômage – et la place qu’il redonne à celles et ceux qui luttent au quotidien pour rester dignes, que pour ses interprètes.

Notre histoire

 » Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » — Frantz Fanon

kreyolfactory 04_virginiedegalzainExtrait d’une série réalisée pour Maloya.org, expo Kréyol factory (La Villette, 2009) © Virginie de Galzain

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

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Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour Lire la suite de « A voir : l’expo ‘Paris Magnum’ »

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
.

L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Tous avec Charlie.5

 » L’utopie partagée est le ressort de l’Histoire  » − Helder Camara

Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie hebdo 2

Paris 7 janvier 2015. La Rédaction de Charlie Hebdo est victime d’une fusillade meurtrière au cours de laquelle plusieurs de ses dessinateurs sont abattus : Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que deux de ses chroniqueurs : Elsa Cayat (psychanalyste) et Bernard Maris (économiste). Cinq autres personnes, dont deux policiers, perdent la vie.

En fin de journée, de nombreux rassemblements spontanés de soutien ont lieu en France, dont place de la République, à Paris. Un rassemblement simplement motivé par l’envie et le besoin « d’être là », unis face au choc, à la violence de la disparition d’hommes et de femmes qui faisaient ce en quoi ils croyaient.

paris, place de la republique, tous avec charlie hebdo, 7 janvier 2015Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par Lire la suite de « L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan »

PHOTO : ‘Family love’, de Darcy Padilla

Récompensé notamment par le prix Eugene Smith en 2010 et deux World Press (2011 et 2012), Family love (ex Julie project) de Darcy Padilla vient d’être publié aux éditions de La Martinière, en coédition avec la revue 6 mois. Réalisé sur une période de 18 ans, ce « portrait photographique » unique raconte la vie de Julie jusqu’à sa disparition. Une vie faite de combats incessants et de violences multiples, avec, en fil rouge, un besoin Lire la suite de « PHOTO : ‘Family love’, de Darcy Padilla »

PHOTO : The Manhattan darkroom

The Manhattan darkroom est une rétrospective inédite et unique du photographe et photojournaliste français Henri Dauman. L’exposition vient de commencer, elle est visible pour un mois seulement au Palais d’Iéna, à Paris. Voici quelques indices…

En 1950, après avoir échappé à la rafle du Vel’d’hiv’ et perdu père et mère, Henri Dauman part définitivement vivre à New York où il devient rapidement photographe pour les plus grands médias internationaux. Soixante ans plus tard, c’est une sélection (drastique) de près de 200 photos d’archives qui nous est présentée.
Profonds noir et blanc et couleurs justes, planches et publications évoquent ou décryptent plusieurs décennies de l’histoire politique, sociale, économique et artistique des États-Unis. Dans le désordre et sans exhaustivité aucune : Kennedy et  Khrouchtchev. Des portraits inattendus de Fellini, Delon, Bardot, Giacometti. Le Viêt Nam. Les yeux de Liz Taylor et une sublime photo de rue de Saint-Laurent. Les grands mouvements de contestation (féministes,  anti-ségrégation, etc). Les figures du jazz et la contre-culture. La société de consommation, l’essor de la petite bourgeoisie et celui des laissés-pour-compte. John Lindsay. Warhol… Sans oublier quelques séquences comme on en voit très rarement.

Reportage, portrait, photo de rue, … Henri Dauman maîtrise les genres et traverse son temps avec une très grande liberté de représentation : directe, informative, icônique ou cinématographique, critique voire incisive ou décalée, mais toujours personnelle. Pour ne pas oublier que la photo est avant tout un regard porté sur… Qu’elle est aussi un laboratoire où il faut oser expérimenter, se faire plaisir, du plus conventionnel au plus inédit. Je ne connaissais pas Henri Dauman. Que dire… : courez-y !


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INFOS
The Manhattan darkroom. Jusqu’au jeudi 4 décembre 2014. Palais d’Iéna (Conseil économique, social et environnemental) : 9 place d’Iéna, 16e. Du lundi au samedi de 10h à 18h (jusqu’à 21h le jeudi). Dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

– Le site d’Henri Dauman : http://daumanpictures.com
– Le site de l’exposition : www.manhattan-darkroom.com

François Cheval quitte le jury du prix Carmignac

 »  La photographie ne se soumet pas à des règles préétablies. La pertinence de l’objet photographique ne s’acquiert que par sa capacité à s’éloigner de l’attendu et des présupposés de départ. « 

Extrait de la lettre de François Cheval, conservateur du musée Nicéphore Niépce et démissionnaire du jury du prix Carmignac. Publiée ce jour et à lire sans attendre sur L’oeil de la photographie.

En cause, la violation d’indépendance et de démarche photographique soulevée par la photographe iranienne Newsha Tavakolian. La lauréate du prix 2014 avait initialement refusé la dotation de 50 000 euros pour avoir vu son reportage remis en cause et travesti (intervention sur l’éditing et les textes notamment) par le mécène. Elle a finalement obtenu gain de cause, et des aménagements au règlement du Prix ont été faits pour les prochaines éditions. L’éthique, la liberté d’expression et l’indépendance ne s’achètent pas !

DOCUMENTAIRE À voir : Se battre !

 

 » Les gens ne peuvent pas savoir ce que c’est que de partir le matin au boulot et de se dire : Putain, mais qu’est-ce qu’ils vont manger mes gosses ce soir ? Faut y passer pour comprendre… « .

Sorti au cinéma en mars 2014, le documentaire Se battre, de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana est désormais disponible en VOD et en DVD. Tourné à Givors (Rhône), il suit le quotidien d’hommes et de femmes qui résistent chaque jour pour avoir ou garder un travail et un logement, pour nourrir leur famille ; qui se battent pour continuer à guider leur vie, et celle de leurs enfants, avec espoir et sens. Un film dont les acteurs pourraient être vous et moi, dans leur propre rôle, habités de dignité et de courage, de solidarité, de rage de vivre comme tout le monde.

Ce quotidien n’est pas une exception : il concerne des millions de Français qui vivent à quelques euros près par mois, dans notre pays. Vivre à quelques euros près, c’est devoir surmonter l’insécurité, l’inquiétude, la pauvreté ; se serrer la ceinture en permanence pour subvenir à ses besoins vitaux et payer ses factures ; connaître la faim parfois et l’aide alimentaire du Secours Populaire ; ne plus pouvoir lire parce qu’on ne peut pas faire renouveler ses lunettes ou avoir froid car se chauffer devient un luxe.

Le regard de la société, quant il se fait dur et blessant, exclut. Mais l’absence de tout regard tue. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à valoriser ceux que l’on ne voit pas avec une démarche profondément humaine face à l’indifférence, aux idées reçues, au mépris, à la banalisation de situations inacceptables. Vous trouverez plus bas un extrait de la note d’intention des deux auteurs de ce témoignage de vie(s), car personne, surtout pas moi, ne dira mieux qu’eux et que ses acteurs ce que ce film représente. Comme le dit Laurence dans les premières minutes du documentaire : « Faut y passer pour comprendre ». Car il faut réaliser ce que signifie l’obsession de s’en sortir, le plaisir de travailler et l’envie d’exister au-delà de la survie, face à des suspicions indécentes chroniques « d’assistanat », dans son acception la plus humiliante.

La dépendance des personnes en difficulté est de plus en plus forte. La priorité est d’adapter le marché aux nécessités humaines et environnementales pour dépasser, précisément, le stade de la survie. Mesdames et messieurs les Ministres, dirigeants, décideurs présents et à venir, étudiants amenés à exercer ces fonctions : à défaut « d’y passer », vous aussi regardez. Pour mieux décider et tendre vers le mieux vivre possible pour tous, particulièrement ceux qui en ont le plus besoin.

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Extrait de la note d’intention :

 » Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres  qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.  » — Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

LE SITE DU FILM : www.sebattre.com
LE DVD : éd.Blaqout http://boutique.blaqout.com
OÙ VOIR LE FILM ? www.sebattre.com/projections

Droits humains : « faites pas l’autruche » !

La nouvelle campagne d’Amnesty international est en ligne. Une invitation à s’engager pour le respect des droits humains dans l’entreprise et concernant toute forme de travail, partout dans le monde. Pour lutter contre l’exploitation, le travail forcé, les conditions de travail indignes, la violation du droit du travail et des droits de l’Homme. En savoir plus : www.faitespaslautruche.org/

Reportage de guerre : Michaël Zumstein

Être vigilant, donner un point de vue, réaliser des images qui ont du sens et résister à la demande/consommation de photos sensationnelles qui n’informent pas et banalisent. Garder à l’esprit le risque de manipulation. Rester en vie aussi…

Lire l’interview du photographe Michaël Zumstein : Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne. (Nouvel Observateur, 30 août) : « Pour sa 26e édition, le festival Visa pour l’image de Perpignan expose ses photos sur le conflit centrafricain dans une série intitulée « De terreur et de larmes. » Un reportage au long cours de plusieurs mois, commencé début septembre 2013, à l’aube de la lutte armée qui allait opposer la Séléka, mouvement rebelle à majorité musulmane, et les anti-balaka, milices chrétiennes d’autodéfense. De la formation des milices aux multiples exactions commises par les deux camps, le photographe a suivi toutes les évolutions du conflit dont…

Le site de Michaël Zumstein : michael-zumstein.com

A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

 > Voir les photos de Bénédicte Kurzen

Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a Lire la suite de « A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen »

Mais votez !

Nous sommes responsables du pays dans lequel nous vivons. 38 % d’abstention c’est risquer de payer le prix de la démocratie ! Autrement dit, en l’occurrence, de voir progresser le Front National. C’est avoir pris le risque de remettre au prochain tour ce qui devait être fait hier et ne pourra, parfois, plus être fait demain !
Sait-on au moins ce que l’on ne veut pas ? À défaut de savoir ce que l’on souhaite ? Le 1er tour des élections présidentielles de 2002 serait-il déjà si loin ? Arrêtons d’avoir peur a posteriori : faisons en sorte que l’histoire ne se répète pas !

 » Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand Etat, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le RÔLE QUE VOUS POUVEZ JOUER, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. DÉCIDEZ dès aujourd’hui de PESER de toutes vos forces sur la destinée nationale, PRÉPAREZ de vos propres mains l’AVENIR plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens !  « 

− Pierre Mendès France

PHOTO : Saul Leiter, hommage

« Voir des choses auxquelles vous n’aviez jamais prêté attention auparavant. Considérer le monde autrement. Continuer à photographier pour le plaisir. Trouver la beauté où elle est, parfaite ou imparfaite… » (Saul Leiter)

Le photographe américain Saul Leiter est décédé à la veille de ses 90 ans. Douceur, élégance, délicatesse, onirisme sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser ce regard et ses photographies uniques, que l’on ne peut comparer à aucun(es) autre(s). Humilité, discrétion, humour et générosité seraient pour l’homme.

Né en 1923, le photographe américain fut l’un des premiers à jouer le jeu de la couleur à la fin des Années 40, à une époque où le noir et blanc domine – la couleur étant réservée à la publicité et non à l’art ou au documentaire. Étrangement méconnu, il avait été exposé pour la première fois en France à la Fondation Henri Cartier Bresson, au printemps 2008, puis à la galerie Camera Obscura, et au musée Nicéphore Niépce en 2009.

saul leiter

Photographe de mode, Saul Leiter était aussi un photographe « de rues ». Celles de New York, prises à hauteur d’homme, humanisant de façon inédite une ville labyrinthique aux proportions déjà gigantesques. Cet univers pictural et ce sens inné et fascinant de la couleur (Saul Leiter était aussi peintre) et du noir et blanc mettaient en valeur des images personnelles, parfois intimes. Des images de tous les jours, des touches de paysages urbains, des tableaux de vie qui évoquent des quotidiens, des personnes, de façon discrète et apaisante.

Une atmosphère, vivante, presque palpable, sensorielle ou sensuelle dont on semble avoir étouffé les bruits pour se concentrer sur chaque sujet. L’écriture photographique est imprégnée d’une chaleur et d’une douceur inédite, dévoilant un autre visage de la ville et de la vie.

saul leiter_

Une œuvre à regarder inlassablement dans les rares mais beaux ouvrages édités chez Steidl. Un photographe découvrir dans le documentaire sorti en septembre 2013 : In no great hurry, 75 minutes d’entretien avec un homme enjoué, concentré sur sa passion comme art de vivre au sens plein du terme, la recherche d’extraits d’une certaine beauté du monde. Il était loin des agitations médiatiques, courses à la visibilité et illusions de succès, loin des nouvelles technologies, de la vitesse, du sensationnel. Ce qui comptait, c’était la photo, le temps, les autres.

LE SITE + LIEN ACHAT DVD :
In no great hurry, 13 lessons in life de Tomas Leach, 18 € environ
LES LIVRES :
Early color, 168 p., éd.Steidl, 38 €
Early black and white, éd.Steidl, 75 €
Saul Leiter by Saul Leiter, 152 p., éd.Steidl, à chercher en occasion.

Trailer de In no great hurry

A LIRE : Bilal sur la route des clandestins, de Fabrizio Gatti

À la suite d’un énième (!) naufrage de personnes migrantes non loin de Lampedusa, le grand reporter italien Fabrizio Gatti appelle à soutenir dès maintenant une candidature de l’île italienne au prix Nobel de la paix (SIgner pour une candidature de Lampedusa au prix Nobel de la paix http://temi.repubblica.it).

Dans son livre Bilal sur la route des clandestins, il raconte le quotidien de ces hommes et femmes qui fuient les dangers de leur pays, quotidien qu’il a vécu à leurs côtés en se faisant passer pour l’un des leurs. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins
« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Post À lire : l’enquête de Fabrizio Gatti publié initialement en mai 2011.

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

Paolo Pellegrin : 100 photos pour…

Le nouvel album 100 photos pour la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) est en kiosque. Avec le photographe italien Paolo Pellegrin à l’honneur, impossible, en toute partialité (!), de passer à côté. L’occasion de découvrir 100 images pleines pages, extraites d’un projet indépendant réalisé avec 4 autres photographes de l’agence Magnum : Postcards from America. Une vision composite introspective et décalée des États-Unis d’aujourd’hui.

De la frontière mexicaine à l’état de New York
Au fil des pages, on traverse El Paso, San Antonio, Miami entre autres et surtout Rochester et son périmètre de quartiers défavorisés : The crescent. Insécurité, pauvreté, enfants sans enfance, zones de non droit, chômage, criminalité élevée, détention d’armes incontrôlée, trafics de drogue… sont le fil rouge d’une autre Amérique. Une Amérique en rupture avec ses habitants, y compris dans les endroits les moins « attendus », et dont beaucoup tentent de survivre dans l’urgence, sans repères ou presque.

Frontales, sombres, tranchées, puissantes, les photos présentées sont autant de révélateurs ultra réalistes de vies brutales que l’on croit « connaître », mais dont on ne sait franchement rien tant qu’on ne les a pas approchées ou éprouvées. Des regards aussi, tour à tour pénétrants ou verrouillés, des visages confondus dans leur environnement, remplis de ces existences injustes vécues trop vite, trop mal, trop durement. L’envers de ce que l’on appelle le « rêve américain » ? Plutôt l’endroit de nombreuses sociétés Lire la suite de « Paolo Pellegrin : 100 photos pour… »

Les temps modernes

Œuvrer dans le sens de l’égalité des droits et du respect du vivant, tous les jours, partout et par tous : c’est encore possible.
Résister au verrouillage des esprits, aux peurs,  médiatisations et discours paralysants, à la restriction insidieuse des libertés : c’est fondamental !
Je nous souhaite une année menée par ces utopies concrètes qui permettent d’avancer, d’un avenir incertain vers les possibles futurs.

Droits humains : prisons de Madagascar

Diaporama extrait d’un des 2 reportages que j’ai réalisés à Madagascar pour Médecins du Monde : la mission Prisons. Quelques photos à voir sur ce lien.


© Virginie de Galzain/Médecins du Monde 2012

mission prison_mdm_madagascar_virginie de galzain

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Mines antipersonnel : combattre une menace durable

Du 3 au 7 décembre 2012, Genève accueille la 12e Conférence des États parties au Traité d’Ottawa. Un événement à suivre dans un contexte mondial d’instabilité politique persistant, où la violation des droits humains et l’usage d’armes interdites se poursuit. De quoi parle-t-on ?

La Convention d’Ottawa
– ou Convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel – est la seule à imposer un cadre juridique international dédié. C’est aussi la seule convention à intégrer un soutien aux victimes des armes concernées. Signée en 1997, elle rassemble aujourd’hui près de 160 États parties.

Les mines antipersonnel
sont des armes de guerre aussi actives pendant qu’après les conflits. Utilisées par l’ensemble des forces armées de façon massive jusqu’à la fin des années 1990, elles sont placées sous ou sur le sol, ou à proximité, et explosent sur simple présence, proximité ou contact d’une personne. Marcher dessus revient à signer son arrêt de mort ou à être victime de mutilations (et donc amputé de bras, de jambes, avec des parties du corps ou organes vitaux broyés pour faire court). Les handicaps et les traumatismes qu’elles génèrent sont violents et parfois irréparables.

Les pays signataires s’engagent notamment
à agir de façon continue et définitive sur les plans matériels et humains et ainsi
– à ne pas produire, stocker, utiliser, céder… de mines antipersonnel ;
– à identifier et notifier les lieux concernés, les quantités existantes posées ou stockées ;
– à déminer les territoires, à détruire les mines antipersonnel posées et stockées par tout moyen possible ;
– à venir en aide aux États désireux de respecter ou de faire respecter le traité d’Ottawa
– à venir en aide aux personnes victimes de mutilations/blessures et à leur famille pour favoriser l’accès aux opérations de chirurgie puis aux soins la plupart du temps très insuffisants ; pour permettre la pose de prothèses ; pour les aider à avoir des assistances sociales et psychologiques pour qu’elles puissent survivre voire se réinsérer dans ce que l’on appelle la vie familiale, sociale et professionnelle. Concernant ce dernier point, Handicap international souligne la baisse de 30% des fonds d’aide aux victimes, une aide qui conditionne pourtant la survie des personnes mais aussi le (re)développement des zones concernées.

L’information des populations sur les risques d’exposition aux mines, mais aussi la prévention par la localisation et la délimitation des territoires doivent se poursuivre. Les États parties sont enfin tenus de demander toute assistance nécessaire en cas de difficultés à mettre en œuvre leurs obligations.

Depuis 15 ans,
les engagements liés au Traité ont permis de déminer de nombreuses zones, de détruire des millions d’engins explosifs et de diminuer par deux le nombre de victimes de mines antipersonnel. Mais les engagements sont à poursuivre de façon accélérée car près de 170 millions de mines seraient encore enfouies sous les sols d’environ 40 pays (source Handicap international). Lybie, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Ouganda restent parmi les plus concernés par le nombre de mines présentes sur le territoire. Autant de décès et/ou de mutilés potentiels : largement plus de deux fois la population de la France pour se donner une idée !

.Ces mines se situent pour beaucoup dans des pays où le minimum vital manque, et à proximité d’habitation, sur des zones agricoles ou de pâturages. Les trois quarts des victimes sont des civils dont des enfants. En outre, l’International campaign to ban landmines rappelle que le Soudan et le Yemen (États parties) sont soupçonnés de continuer à utiliser ces armes. La Syrie et le Myanmar l’ont fait cette année.

Les enjeux sont donc
de poursuivre et de finir ce qui a été initié par le Traité d’Ottawa en fédérant l’ensemble des pays parties, auxquels les États non parties doivent encore se joindre. De veiller à ce qu’aucun État ne dérape à nouveau vers l’utilisation de ces mines. De protéger les personnes qui vivent et travaillent dans les zones minées. De venir en aide à celles qui ont été ou seront victimes des mines et de maintenir les moyens engagés pour que les États puissent tenir leurs engagement matériels et humanitaires.

Des enjeux d’avenir d’ordres humain, sanitaire, éducatif, économique, politique, géopolitique qui posent les questions fondamentales liées à une industrie qui pèse des centaines de milliards de dollars. Qui expriment l’urgence de la réglementation et du contrôle du choix, de l’enregistrement, de l’usage et du commerce des armes. Qui font s’interroger sur des volontés de paix face à l’entretien volontaire des conflits quels qu’ils soient et par extension de la pauvreté, de la corruption et de la dépendance. 

@ SUIVRE : Handicap international, le Comité international de la Croix rouge, l’International campaign to ban landmines, le site de la Convention
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ZOOM SUR… MASSOUD HASSANI, DESIGNER ENGAGÉ

Massoud Hassani est né en 1983 en Afghanistan. Il a fui son pays à l’adolescence après avoir perdu son père. Installé en Hollande, il fait ses études supérieures à la prestigieuse Design Academy Eindhoven et décide de faire mettre le design au service de problématiques sociales. Il est l’inventeur du « démineur » Mine Kafon, une sphère à base de cannes en bambou activée par la simple force du vent qui fait sauter les mines en roulant dessus. Un concept inspiré de jeux qu’il fabriquait enfant et dont les limites étaient, précisément, celles imposées par les terrains minés. La spécificité de cette sphère est qu’elle mémorise le parcours effectué et permet une localisation des zones « saines » ou « assainies » tout en permettant une destruction sécurisée des mines pour mieux sauver des vies humaines. Lire la suite de « Mines antipersonnel : combattre une menace durable »

Israël/Palestine : l’arbre de la paix

Lueurs en faveur de la paix Israël/Palestine, Paris 10 janvier 2009 © Virginie de Galzain

(Archives) Paris, 10 janvier 2009, place de la Nation : manifestation pour la paix entre Israël et la Palestine. Arrivée du cortège de plusieurs dizaines de milliers de personnes parties de la place de la République. Le 10 janvier 2009 avait été marqué par une mobilisation internationale de plusieurs centaines de milliers de personnes contre l’ « Opération plomb durci « .

Depuis le 8 novembre 2012, les affrontements entre Israël et Gaza sont à nouveau à l’origine de dizaines de personnes tuées et de centaines de blessés.

Arbre de la paix Israël/Palestine, Paris 10 janvier 2009 © Virginie de Galzain

A voir : Obama/Romney, le duel 2012

À quelques jours des élections présidentielles des États-Unis, le documentaire de Michael Kirk (Le duel 2012/The choice 2012) offre une analyse politique, psychologique et familiale du parcours de Barack Obama et Mitt Romney.

Michael Kirk a signé et produit de très nombreuses enquêtes filmées récompensées par les plus hautes distinctions du journalisme. Des sujets engagés dans les questions Lire la suite de « A voir : Obama/Romney, le duel 2012 »

Maraudes de nuit, santé, habitat, Roms & co

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Extraits ©Virginie de Galzain/MdM

En France, Médecins du Monde agit contre l’exclusion et pour l’accès aux soins pour tous. Elle vient notamment en aide aux personnes sans abri via un soutien médico-social. A Nice (cf diaporama), l’équipe dispense les premiers soins, offre des médicaments de première nécessité et des compléments alimentaires. Elle oriente aussi vers son Centre d’accès aux soins (CASO) et les structures médicales complémentaires.

Toute personne vivant dans la rue est de facto en situation d’insécurité physique et psychologique ; fragilisée par des privations permanentes, un environnement agressif, l’isolement. Et les enfants sont particulièrement exposés aux risques d’infections, été comme hiver. En outre, en raison des conditions héritées des politiques sécuritaires et/ou migratoires françaises, beaucoup de personnes sans domicile, avec ou sans papiers, se cachent de peur d’être interpellées voire reconduites à la frontière. Ce qui constitue une entrave de plus à l’accès aux soins. C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les associations qui doivent chercher les personnes en question lors des tournées avant de pouvoir leur venir en aide, quand elles les retrouvent.

La région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est une des plus touchées par la hausse de la précarité : 15,7% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté* ; 25% de ses salariés gagnent moins de 830 euros par mois**. En France, le nombre de personnes sans abri est de plus de 130 000 personnes, avec une hausse importante du nombre de jeunes, de femmes enceintes et de familles avec enfants mineurs !

A propos de…
On assiste une fois de plus à de nombreux démantèlements de camps habités par des Roms (on expulse l’été, on laisse se réinstaller l’hiver, on expulse quelques mois plus tard…) ; on invoque les risques sanitaires encourus par les personnes vivant « dans » et « à proximité » des bidonvilles dans lesquels vivent certains Roms. Il ne saurait en être autrement puisqu’un bidonville est, par définition, insalubre/non sain. Faisons « avec » ceux qui vivent sur notre territoire en proposant des emplacements de résidence, de travail sous conditions de part et d’autre, par pallier. Ce, en tenant compte de la répartition géographique souvent historique car toutes les communes ne sont pas concernées à égalité par le sujet. Plutôt que de laisser pourrir des situations en connaissance de cause, jusqu’à ce que cela ne devienne plus supportable pour qui que ce soit. Ce qui est insupportable, c’est que les personnes sans abri et sans domicile fixe le restent, avec les manques inhérents : sans existence humaine, sociale, administrative et sans ressources et/ou travail stable quand travail il y a. Ce qui est insupportable c’est que ces situations existent.

De l’insalubrité cachée
Pour élargir sur ce qu’on voit moins et qui touche environ un habitant sur 10 en France*** : si on parlait aussi des risques sanitaires et physiques encourus par ceux qui vivent « dans » des logements — cette fois-ci — mais insalubres, loués sans aucun scrupules par des propriétaires qui passent je ne sais comment entre les mailles du filet « normes » ? Des problèmes liés au saturnisme ? De la surpopulation locative faute de logement adapté parce que c’est inaccessible ou que les garanties demandées sont trop fortes, quand bien même on aurait de quoi payer ses factures ? Avec des sanitaires qui n’en sont pas, des modes de chauffage d’un autre âge, une isolation murale et sonore insuffisante, des parties communes non restaurées ? Est-ce que les politiques réalisent, au-delà des chiffres, ce que représente et ce qu’implique ce genre de vie ? L’angoisse des parents qui aimeraient offrir d’autres conditions de vie à leurs proches et dont on n’imagine pas, en les voyant, qu’ils vivent de façon indigne ? Les enfants qui s’isolent faute de pouvoir inviter un ami de classe chez eux en raison de… ?

Une politique en faveur du respect des droits fondamentaux humains ?
L’accès aux soins, à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à l’emploi sont 5 des piliers des droits fondamentaux de l’Homme. Certes, il y a « la crise » dont on ne peut faire abstraction, et même « les crises ». Mais si on n’investit pas sur un « minimum syndical » de bien-être des êtres humains, sur quoi investir ? Si ceux qui sont « au pouvoir » et ont ce pouvoir de prendre des décisions là où ils ne l’avaient pas hier, s’ils n’amorcent pas des améliorations en ce sens : où va-t-on ?

Les décisions à prendre doivent tenir compte de TOUS les paramètres : société, santé, éducation, emploi, économie, logement, environnement, sécurité, immigration… Ce, dans une même direction : la possibilité pour chacun de vivre, sinon le mieux, du moins le moins mal possible de façon digne et autonome au sein d’un monde désormais totalement interdépendant.

«  Le redressement est indispensable, mais il ne sera possible que dans la justice. Fiscalité, éducation, logement, santé, accès à l’énergie, sécurité, services publics, nouveaux droits, culture : l’âme de la France, c’est l’égalité.  » (François Hollande, Le projet). La question est donc d’agir avec équité et éthique sur ces piliers fondamentaux : emploi stable, habitat décent, éducation égalitaire pour tous (condition d’avenir et de sécurité au sens très large du terme), alimentation quotidienne de qualité, accès aux soins et protection de l’environnement qui doivent être absolument prioritaires sur tout le reste. Ce, en remettant en question un système économique concentré dans les mains de quelques centaines de puissants, de façon à ce qu’il soit au service de la société et non pas subi par celle-ci. Sans quoi, la société en question, dont la part de celle qui a cru en « vous » Monsieur le Président, sans illusion mais avec espoir, risque fort de se radicaliser.
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* Sources INSEE  *2012 ** 2009. *** Fondation Abbé Pierre.

Présidentielles 2012 : expressions d’une victoire !

Extraits, en cours de complément…

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6 mai 2012 : Paris, place de la Bastille. Les électeurs de la gauche se sont rassemblés depuis la fin de l’après-midi pour fêter le candidat annoncé vainqueur. En attendant l’arrivée de François Hollande, les interventions politiques et intermèdes musicaux se succèdent. Dans la foule, l’heure est à la fête mais aussi à l’attention, aux attentes. Pas d’illusion ni d’aveuglement, mais des étincelles de ce qu’on appelle l’espoir. Ce sont les anonymes de cette foule que j’ai choisi de prendre en photo en lieu et place des « célèbres » qui nous représentent. Pourquoi ?

Parce que des dizaines de photographes d’agences/collectifs and co se concentraient déjà sur les élus, que faire de plus ? Parce que j’ai 5 ans pour « prendre » François Hollande, ce qui induit une bonne marge. Alors que ce rassemblement, ceux qui l’ont composé, leurs visages, leurs attitudes, leurs emblèmes resteront uniques. Et parce que j’aime par dessus tout ces manifestations où la présence de chacun a un sens, oubliant celle du photographe ou cherchant, pour une fois, la correspondance : me laissant le plaisir – parce que c’en est un – de saisir les expressions, les détails éphémères de la mémoire d’un soir.

Expo ’47, portraits d’insurgés’ à Paris_Raharimanana & Pierrot Men

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.
Art, Histoire et Mémoire. Après avoir été exposé au festival d’Avignon 2009 et à l’université de Nanterre (2011), 47, portraits d’insurgés est à voir absolument jusqu’au 27 mai au Lire la suite de « Expo ’47, portraits d’insurgés’ à Paris_Raharimanana & Pierrot Men »

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


Un logement – décent – pour tous : signez !

Mobilisation contre le mal logement : je ne comprends pas que cette pétition n’ait pas encore atteint ses 400 000 signatures ! Ce qui resterait peu sur plus de 65 millions de Français. Signez aussi et faites suivre : contrairement à ce que l’on croit, cela sert !

http://www.mobilisationlogement2012.com/je-signe-la-petition

Laisser des personnes vivre en situation de déséquilibre chronique, voire  à la rue est une infraction tolérée à la Déclaration universelle des droits de l’homme. On « encourage » l’accès à la propriété, on assure « suffisamment » de places en hébergement pour les sans-logis (comment peut-on appeler cela une « amélioration »), on « promet » plus de logements sociaux*. La belle affaire ! Le niveau de vie des Français a baissé : plus de la moitié vit avec 1500 euros et moins par mois. Certes, il y a pire ailleurs. Mais une situation qui se dégrade localement ne permet jamais à celle des autres pays de s’améliorer : cela ne fait qu’ajouter à l’instabilité générale. Instabilité sociale, économique, géographique, démocratique.

Le chômage, l’emploi instable, les revenus qui plafonnent (mais ne sont pas plafonnés par ailleurs au-delà d’un certain montant), la hausse des prix… fragilisent des millions de personnes. Aujourd’hui, trouver un logement adapté relève de l’exploit si on ne gagne pas au moins 3 à 4 fois le loyer + caution multiple (j’insiste sur cette notion) dont tout le monde ne dispose pas. Quant à acheter : quand la priorité est déjà d’assurer le quotidien/le présent, l’avenir attend.

Près de 700 000 personnes sont sans domicile fixe en France (foyer, hébergement d’urgence, hôtel de marchands de sommeil, caravane, cabane, voiture…), dont 133 000 personnes qui vivent dans la rue.
+ 2,7 millions de personnes mal logées (logement privé des conforts sanitaire, matériel, sécuritaire et j’en passe ; logement insalubre pour ne pas dire taudis, trop petit par rapport au nombre de personnes…)
+ 5 millions de personnes fragilisées par la crise du logement (loyers impayés faute d’argent, copropriété en difficultés et/ou dégradées faute de moyens, surpeuplement, logement chez un tiers…)

Sans oublier les près de 600 000 propriétaires et en phase d’acquisition qui sont en difficultés de paiement. *1,2 million de ménages toujours en attente de logement social. Et en considérant que près de 4 millions de personnes n’ont pas les moyens de se chauffer correctement l’hiver car la facture d’électricité est trop chère.

= entre 8 et 10 millions de personnes – des hommes, des femmes et leurs enfants – touchées par la crise du logement et en situation de survie : pas de logement, un logement précaire et/ou indécent, un logement en passe d’être perdu.

Reportage Illettrisme : droit de savoirs (suite)

– À télécharger, les 8 pages  consacrées au reportage Illettrisme : droit de savoirs, parues dans la rubrique Reportage du magazine Déclic photo, décembre 2011.
– Le site dédié : http://droitdesavoirs.wordpress.com et le post du 16 novembre


Photo reportage illettrisme, droit de savoirs ! ©Virginie de Galzain

REPORTAGE ‘Illettrisme : droit de savoirs’

« Illettrisme : droit de savoirs » est le 2e volet du projet photographique de long terme que je mène sur les différences invisibles. Un sujet de plusieurs mois réalisé en lien avec l’ANLCI, en collaboration avec la direction du service national/DSN (détection des difficultés de lecture) et l’association Savoirs pour réussir Paris (prise en charge de jeunes de 16 à 25 ans). Le magazine Déclic photo (n°75, en kiosque jusqu’au 8 décembre 2011) consacre 8 pages au reportage avec une interview sur le sujet et la démarche.

EN SAVOIR PLUS
Le site du reportage http://droitdesavoirs.wordpress.com.

ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS !

▪ Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais «délicat» de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale. Une réalité encore taboue qui concerne plus de 3 millions de personnes âgées de 16 ans et plus, qui ont été scolarisées mais ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul.

▪ En France, l’instruction est obligatoire à partir de 6 ans, pour tous les enfants français ou étrangers résidant en France ; et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Or, près de 9% des personnes en situation d’illettrisme ont entre 18 et 25 ans. C’est avec ces dernières que j’ai eu envie de commencer à travailler, parce qu’elles sont situées à une période cruciale de leur vie : à la frontière de la scolarité, de la formation et de la vie active.

LE REPORTAGE : REMONTER LA CHAÎNE D’UN DROIT FONDAMENTAL

L’illettrisme n’est pas une fatalité : c’est une inégalité cachée, aux causes multiples que l’on peut mesurer et résoudre à tout âge. Un cap à franchir. Face à cela, qui agit ? Dans quel contexte ? Comment détecter ? Aider ? Résoudre ? Quelles sont les actions et interactions qui permettent, peu à peu, d’ouvrir les yeux sur cette question de société, d’améliorer l’intégration sociale de chacun ?

▪ C’est ce que le reportage aborde en remontant la chaîne du combat pour l’accès aux savoirs fondamentaux, au “Droit de savoirs”. Avec, dans un premier temps, le suivi de deux maillons clés :

– la détection, avec la direction du service national (DSN/secrétariat général pour l’administration SGA / ministère de la Défense). Lors des Journées défense et citoyenneté (JDC), elle met en oeuvre la détection des difficultés de lecture auprès de 750 000 jeunes âgés de 17 à 25 ans, grâce aux tests d’évaluation des acquis de la langue française*. Chaque année, ils permettent de détecter entre 35 000 et 40 000 jeunes Français en situation d’illettrisme. C’est la seule initiative d’ampleur dans un processus de lutte contre l’illettrisme sur cette génération, à laquelle s’ajoutent les entretiens proposés aux jeunes déscolarisés et le relais vers des structures d’accompagnement adaptées.

– l’accompagnement, avec l’association Savoirs pour réussir Paris. Engagée dans la lutte contre l’illettrisme auprès des 16-25 ans, l’association appartient au réseau national du même nom co-fondé par le linguiste Alain Bentolila et le général Fassier. Composée de deux salariées et 30 bénévoles permanents, elle propose des ateliers internes (écriture, calcul, lecture, presse…) et des ateliers pédagogiques menés en partenariat avec des acteurs culturels et d’intérêt général engagés (Petit Palais, APSV/Parc de La Villette, fondations…). Ses objectifs : réconcilier les jeunes avec les savoirs de base, restaurer leur confiance et l’envie d’apprendre pour préparer l’avenir.

PHOTOGRAPHIES ET TÉMOIGNAGES : INFORMER, VALORISER, RENDRE VISIBLE

Entre portraits de jeunes, de tuteurs et de membres de la DSN, détails et scènes de vie en test ou en apprentissage, les photographies évoquent des instants d’investissement personnel, de partage, d’implication, de doute et de solitude, de fierté retrouvée. Partie intégrante du reportage, les témoignages sont un autre « arrêt sur image » : l’expression pour les jeunes, comme pour ceux qui les accompagnent des difficultés et de la nécessaire reprise de la confiance en soi pour progresser, construire son avenir. Et par là même celui de sa famille, de son entreprise, de son pays. Avec en fil rouge, l’ouverture aux autres et à soi-même ; le désir et le plaisir d’apprendre toujours plus.
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L’expo Vivre avec le VIH à Ivry-sur-Seine

L’expo photo Vivre avec le VIH/Sida est tout le week-end à « Ivry en fête ». Elle sera ensuite exposée au Point Information Jeunesse de la Mairie, en parallèle de Solidays. Elle est extraite du reportage indépendant que j’ai effectué pendant plusieurs mois. C’est la 7e exposition de ce travail en France. Télécharger la présentation du projet .
Voir le diaporama

Sandra, 19 ans/Vivre avec le VIH/Sida ©Virginie de Galzain

Les 18 et 19 juin: Ivry en fête, Espace Jeunesse de 14h à 19h et jusqu’au 27 juin 2011 au Point information jeunesse : 3-5 rue Raspail, 94200 Ivry-sur-Seine.

A LIRE : L’enquête de Fabrizio Gatti

« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

EXPO Vivre avec le VIH, à Chalon/Saône

L’exposition extraite du reportage que j’ai effectué sur la vie avec le VIH-Sida pendant plusieurs mois (télécharger pdf de la présentation) poursuit son chemin. Après plusieurs diffusions en 2010 (voir onglet Expos), elle est à la mairie de Chalon-sur-Saône du 1er au 22 29 avril. Elle est par ailleurs intégrée à la programmation de la semaine de lutte contre les discriminations de la Ville, qui se tiendra du 11 au 16 avril.

Je remercie à nouveau les nombreux patients et les membres de l’équipe médicale du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP pour leur confiance et leur aide, et tous ceux qui me soutiennent via la diffusion de ce projet.

Je suis sur un autre sujet depuis plusieurs mois, retour au film noir et blanc cette fois. A suivre.

Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida ©Virginie de Galzain

Mairie de Chalon/Saône : 03 85 90 50 50. Tirages d’exposition : PICTO Bastille/Paris. Parrainage : association internationale de photographie sociale Sophot/Pour que l’esprit vive. Contact vdegalzain.gmail.com

Justice : Pétition en mémoire de Joseph, fin

À la suite de la pétition (voir post du 28 février) lancée par la famille de Joseph Domergue, 12 ans, à quelques jours du procès de l’agresseur de l’enfant et après la forte mobilisation d’un entourage personnel, professionnel et médiatique, la situation a pu évoluer. Le TGI de Rodez a mis en place l’aide aux victimes pour que les parents puissent finalement assister au procès, délocalisé de la métropole à La Réunion. L’avocat en charge du dossier a pu également s’y rendre grâce à des dons. L’accusé, mineur, a été reconnu coupable de viol et condamné à deux ans de prison avec sursis, avec une obligation de suivi psycho-judiciaire en vue de reconstruction personnelle. La famille remercie tous ceux qui ont été à ses côtés.

Berlusconi : 2 docus à voir sur Arte.tv

À voir sur Arte.tv, deux documentaires pour comprendre l’Italie politique d’aujourd’hui. Un État dans l’État, où la corruption et la manipulation dominent en toute impunité. Qui ou quoi en signera la fin ? Et quand ?

Le dossier Berlusconi : http://videos.arte.tv/fr/videos/le_dossier_berlusconi-3671264.html
Un décryptage de l’ascension et du pouvoir du président du Conseil sur une voie tracée par la loge P2 (Propagande massonica n°2). Documentaire de Michael Busse et Maria-Rosa Bobbi

Il est des nôtres : http://videos.arte.tv/fr/videos/il_est_des_notres-3671268.html
Cinq portraits d’électeurs réalisés à l’occasion des élections régionales de 2010. Documentaire d’Antonio Bellia, Elisa Bolognini, Marzia Mete, Valentina Monti, Gianfranco Pannone et Andreas Pichler.

DOCU Women are heroes, de JR

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, JR incarne une photographie contemporaine, audacieuse, sans frontières dans tous les sens du terme, de l’engagement artistique pour les droits et la dignité de l’Homme à la démocratisation d’un art qui rassemble. Loin de l’élitisme, il se nourrit de l’art urbain et créé le concept de l‘art infiltrant, s’affichant dans les rues du monde, des favelas aux murs des capitales occidentales . Un  » artiviste  » comme il se décrit lui-même.

Après avoir exposé un extrait du travail Women are heroes sur les ponts et quais situés autour de l’Île Saint Louis, à Paris, (2009) il nous présente enfin le long métrage dédié. Son site http://jr-art.net

Sortie le 12 janvier en salles

Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et les autres

Depuis un an, la vie de Stéphane et Hervé est entre les mains des Talibans d’Afghanistan. Depuis un an, la vie de Stéphane et Hervé est entre les mains du gouvernement français.

Depuis 2009 ajouterai-je, si l’on s’en tient à notre pays, ce sont 8 Français qui sont officiellement retenus en otages :  un agent de la DGSE – (pseudo : Denis Allex) – au service de l’Etat donc – enlevé à Mogadiscio le 14 juillet  2009, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier enlevés en Afghanistan le 29 décembre 2009 et  5 personnes (Thierry Dol, Marc Ferret, Daniel et Françoise Larribe, Pierre Legrand âgés d’environ 25 à 62 ans) enlevées au Niger le 16 septembre 2010.

En 2010, 5 otages français ont été libérés tandis qu’un autre (Michel Germaneau) a été exécuté.

Aujourd’hui, huit personnes de plus sont transformées en outil de pression et en monnaie d’échange économique et politique idéale, à la hauteur des intérêts français dans le monde, et notamment en Afrique et de l’engagement de nombreux journalistes et ONG dans les pays en conflit ou en situation de détresse alimentaire et sanitaire grave. Huit personnes a priori vivantes, pourvu que le gouvernement français réagisse à temps et n’en sacrifie aucune sur l’hôtel du chantage, de la menace et d’une forme de terrorisme inacceptable. L’avenir de la liberté en est purement et simplement l’enjeu.

PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite

À la suite du photoreportage réalisé pendant plusieurs mois au sein du service Immunologie de l’HEGP avec l’autorisation exceptionnelle de l’AP-HP, plusieurs expositions ont été commandées depuis juin 2010 (voir onglet Expositions). J’ai le plaisir de vous annoncer la poursuite de la diffusion du projet Vivre avec le vih (télécharger le pdf de présentation).


Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida
©Virginie de Galzain

POURQUOI CE SUJET : initié en 2008, ce projet a vu le jour en 2009. C’est le premier volet d’un projet photographique de long terme sur les différences invisibles, multiples, parfois taboues, qui conditionnent la vie au quotidien. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature sur ce sujet en France. ▪ Les questions liées à cette maladie d’ampleur mondiale sont universelles, avec comme enjeu : la vie et l’acceptation de tous dans la société. Près de trente ans après la découverte du VIH, la discrimination persistante à l’égard Lire la suite de « PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite »

Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin

Co-fondateur du collectif Tendance Floue, représenté par la Galerie Baudoin Lebon,  Thierry Ardouin est de ces photographes qui prennent le temps : celui du monde qui les entoure, de la lumière, des atmosphères. Celui du regard libre, de l’exigence, des mots choisis. Le paysage est son territoire d’exploration, empreint de correspondances personnelles.

Sa nouvelle exposition, La bonne mauvaise graine vient de commencer au cœur de Paris. Totalement inédite sur la forme artistique, elle pose aussi une question de fond : celle de Lire la suite de « Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin »

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier : 300 jours de trop

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, et leurs trois accompagnateurs afghans, qui travaillaient pour le magazine « Pièces à conviction » de France 3, ont été enlevés, le 30 décembre dans la province de Kapisa (Est). Une pétition de soutien pour leur libération est en ligne sur le site de Reporters Sans Frontières.

Se mobiliser est aujourd’hui la seule façon pour les citoyens de lutter contre cette forme du terrorisme, parmi tant d’autres. C’est essayer, rendre visible, dire qu’on n’oublie pas, que tout est possible ou du moins qu’il faut y croire. C’est offrir une scène politique et médiatique à tous les acteurs de la libération, montrer aux dirigeants l’impérieuse urgence de la négociation, de la solidarité, de mettre l’être humain au centre de tous les enjeux et de toutes les décisions. Se mobiliser, c’est transmettre son soutien aux otages et à leurs familles, et redonner toute sa dimension humaine à une démarche odieuse de menace permanente et de mise à l’écart de la vie, qui nous concerne tous.

 

Photojournalisme : état des lieux

À lire, le premier rapport sur le photojournalisme de l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC). Publié cet été, il en dresse un état des lieux social, économique et juridique, complété de 15 propositions.

Le chantier est urgent pour l’ensemble d’une profession dont les acteurs vont à la rencontre de l’événement pour mieux montrer la vie du monde. Malmené par les évolutions de la presse, laquelle change progressivement de mains, le photojournalisme est pourtant une garantie du maintien d’une information de qualité sur tous les sujets de fonds. Ce, face aux dérives de la culture de communication de masse, à un flux démesuré d’images amateurs voire  à une forme de restriction ? censure ? motivée par ce que le lecteur souhaiterait lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir. Bonne lecture.

Le rapport Photojournaliste_Rapport_definitif
En annexe annexes_rappport_photojournalisme, de très nombreux documents dont des textes législatifs, une retranscription d’interventions de professionnels de l’image…

Photojournalisme : la retouche en question

Rapidement, en passant, un lien vers un article du Monde au sujet de la retouche photographique abusive dans le domaine du photojournalisme. Un point de vue que je partage complètement (voir allusion dans le post précédent) sur une tendance qui s’affirme d’année en année.
Défendu, notamment, par  Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l’image, elle pose avant tout la question essentielle du relais, en images, de la réalité ; d’un regard documentaire et non pas plastique du monde ;  de l’honnêteté photographique. La suite sur Photoshop sème la zizanie dans la photo de presse.

Visa pour l’image : David Guttenfelder

 » J’aime les images qui ont un message universel sur les hommes. J’ai vu la photographie aider des gens, c’est une part importante de notre métier. « 

En plus de 15 ans, le photoreporter David Guttenfelder a couvert les conflits dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen Orient, notamment pour l’Associated press (AP) pour laquelle il travaille. Lauréat de nombreux prix internationaux (dont quelques World Press), il a aussi fait l’objet ces jours-ci de six pages de publication pour un reportage sur les troupes américaines en Afghanistan avec un iPhone (relaté en mars par Denverpost.com). Je conçois que le procédé technique puisse, à la limite, intriguer, mais de là à… non.

Indépendamment de ce que je considère comme une anecdote, voici (plus bas) deux liens pour en savoir un peu plus sur la démarche et les images de ce photographe qui sont loin d’en être une – anecdote -. Liberia, Rwanda, Irak, Pakistan, Afghanistan, …, offrent à voir des réalités odieuses qui continuent de traverser les frontières et d’anéantir des vies. Des existences dignes, transmises pour que nous les regardions en face. Pas en feuilletant rapidement l’hebdo du moment, entre le Portrait et les pages Conso. Pas en faisant défiler 30 images/minute sur un site Internet. Mais en prenant le temps : il restera toujours cette image, celle qui résiste aux autres, qui touche, fait réfléchir. Voire ré-agir.

En 2007, David Guttenfelder avait repoussé les limites et codes habituels du travail en agence de presse en nous livrant The dark side of a wire photographer : une  approche plus intime et intuitive de la vie, dans ces lieux dans lesquels il s’engage, une évocation en marge de ce qu’il appelle le centre de l’Histoire. Il sera à nouveau en France pour une projection lors du prochain Visa pour l’image, une rétrospective de ses reportages en Afghanistan. Rendez-vous à Perpignan le 4 septembre 2010.

→ Lien photo www.lightstalkers.org/david_guttenfelder
Interview, en cliquant sur l’image ci-dessous ↓

Mode & liberté de la presse : tous les chemins mènent…

En 2009, il avait fait défiler un modèle incarnant l’espoir et le changement, portant une robe  impressions… Barack Obama. En 2010, le directeur artistique Guillermo Mariotto, de la célèbre maison de couture italienne Gattinoni, frappe à nouveau. Hier soir, en pleine semaine de la mode  AltaRoma AltaModa, c’est une mariée baillonnée d’un Lire la suite de « Mode & liberté de la presse : tous les chemins mènent… »

DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien

Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

EXPO « La Russie : l’autre visage »

À voir ! Jusqu’au 11 juillet, a lieu La Russie, l’autre visage sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris. Organisée par le collectif du « off » de France-Russie 2010 avec Reporters sans frontières (RSF), l’exposition est la première à rassembler en France des ONGs ou mouvements de société russes, acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des Lire la suite de « EXPO « La Russie : l’autre visage » »

Ville de Paris : un été solidaire

Être sans abri, c’est être plus fragile à tout. Être sans toit, c’est ne pas avoir accès au minimum vital ; ce, toute l’année, été comme hiver. Pour faciliter l’accès à l’eau potable pour les personnes sans abri et sans domicile fixe, notamment en cas de forte chaleur, la Ville de Paris a édité une carte qui recense plus de 900 points d’eau dans la capitale. Autre support : le guide Solidarité été 2010, avec des conseils pratiques, des sites de distribution alimentaire en Lire la suite de « Ville de Paris : un été solidaire »

MEDIAS : Rue89 lance son mensuel

Rue89.com, le site indépendant d’information et de débat sur l’actualité fête déjà ses trois ans d’existence. En complément d’une plateforme au contenu renouvelé au quotidien, le premier numéro du mensuel papier vient de paraître. Mais pourquoi ? Explications ce matin avec Pierre Haski, co-fondateur et Lire la suite de « MEDIAS : Rue89 lance son mensuel »

Salon des solidarités, suite

Le salon des Solidarités s’achève, les initiatives se poursuivent. La phrase ci-dessous résume bien la situation, même Lire la suite de « Salon des solidarités, suite »

PHOTO : reportage expo 1

D’après le reportage que j’ai réalisé au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP. Un travail photographique en immersion au cœur du lieu intime de la prise en charge des patients initié fin 2008, et réalisé en 2009.
Pendant plusieurs mois. De août à décembre 2009, j’ai pu suivre les patients Lire la suite de « PHOTO : reportage expo 1 »

Travail des enfants : les États-Unis aussi

Dans le monde, 215 millions d’enfants* travaillent, dont plus de 70 % dans l’agriculture. Ils sont 126 millions * à exercer des travaux dangereux.

Dans son rapport intitulé Fields of Peril: Child Labor in US Agriculture (Champs dangereux : Le travail des enfants dans l’agriculture aux États-Unis), Human Right Watch met en lumière un des aspects de cette question fondamentale relative aux droits de l’homme, témoignages à l’appui. Je vous invite à lire l’article paru à ce sujet sur son site http://www.hrw.org/fr/news/2010/05/04/tats-unis-la-vie-dangereuse-des-enfants-ouvriers-agricoles

Chaque année aux États-Unis, des centaines de milliers d’enfants de moins de 18 ans travaillent dans le secteur agricole dans des conditions qui peuvent être nocives pour leur éducation, leur santé physique et mentale. Accidents, maladies, intoxications voire violences et exploitations sexuelles  font partie des risques auxquels ils sont exposés. Certains sont employés à temps partiel dès l’âge de 7 ans. Le nombre d’heures journalières pouvant atteindre plus de 10 heures. Zama Coursen-Neff, directrice adjointe de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch, rappelle que la loi en vigueur sur le travail des enfants date des années 1930.

Les 10 et 11 mai, à La Haye, se tiendra la prochaine conférence mondiale sur le travail des enfants. L’Organisation internationale du travail (OIT) compte appeler les états à renforcer leurs actions pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016, et pour abolir le travail des enfants.
* Source : Organisation internationale du travai

PHOTO Pierrot Men : chroniques malgaches

Les propos recueillis ci-dessous ne sont pas libres de reproduction et d’utilisation, comme l’ensemble des éléments figurant sur ce blog. Photos reçues et mises en ligne avec l’accord de Pierrot Men.

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Christian Poveda : Alain Mingam raconte

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés le 2 septembre dernier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. À l’occasion de la sortie en DVD de La vida loca, documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, Alain Mingam (que je remercie encore), grand reporter, et ambassadeur du film, revient sur le tournage, les gangs maras, le Salvador, la violence dans les médias.

Près de 90 000 entrées en salle plus tard en France, le film est désormais disponible à la vente. Un regard sans concession, engagé et humain. À voir d’urgence.

interview réalisée  pour http://www.lmde.tv / images-montage Yannick Hanafi

Le DVD : 19,99 € (prix indicatif, sur fnac.com, amazon.fr…)
Le site Internet : www.lavidaloca-lefilm.fr

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

29 janvier 2009 : un an plus tard…

Le 29 janvier 2009, un mouvement multigénérationnel et interprofessionnel réunissait plus de 2 millions de manifestants dans les rues de façon solidaire et engagée contre des mesures gouvernementales qui menacent les droits sociaux et sanitaires, l’accès à l’éducation dans de bonnes conditions, l’emploi, la liberté et l’égalité. Un an plus tard, l’urgence est toujours là !

Paris 29 janvier 2009 (Nikon, 50mm, portra 160nc) ©Virginie de GALZAIN

 » Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.  » À quand « de grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables » (je cite) ? Une économie véritablement concernée ? Des mesures prospectives efficaces ? Qu’est-ce qui est encore « possible » ?

Haïti : l’urgence permanente

Rien à dire si ce n’est agir comme on peut face à l’injuste et à l’insoutenable. Souvenons-nous aussi que, outre cette situation d’urgence extrême, Haïti est depuis des décennies dans une situation d’insécurité politique, humaine, alimentaire, sanitaire, écologique, économique absolue. Pays le plus pauvre d’Amérique, et parmi les trop nombreux plus pauvres du monde, il avait aussi été au cœur des médias lors des émeutes de la faim en 2008 – lesquelles, vite oubliées le calme suffisamment apparent Lire la suite de « Haïti : l’urgence permanente »

Pétition : droits des migrants afghans

Lettre-pétition de l’écrivain et cinéaste afghan Atiq Rahimi, (Prix Goncourt 2008 : Syngué sabour, P.O.L éditions) en faveur des immigrés sans-abri afghans à Paris.

« Ils sont jeunes, certains ont à peine quinze ans, aucun plus de trente. Les plus chanceux ont une écharpe et un bonnet. Presque pas un n’a de gants. Le thermomètre pointe zéro. Qu’est-ce que ça change ? De toute façon, ce n’est pas le maigre brasier, deux planches minables, quatre cageots humides qui vont les réchauffer.

Ils sont cent cinquante à peu près. Cinq cents dans tout Paris, à marcher dans des tennis troués, à tourner, sans trouver où s’arrêter au chaud.

Ils sont Afghans.

Ils ont lâché leur vie, leur famille, leurs amis, leur pays. La plupart viennent de régions contrôlées par les talibans. D’autres non. Quelle importance. Des bombes sautent à Kaboul. C’est tout le pays qui s’abandonne à la guerre.

La France, c’est-à-dire nous, les poursuit comme des criminels. Menottes, avion : c’est aux barbus qu’on les remet puisque les intégristes sont les seuls à leur ouvrir les bras.

Souvenez vous de ce temps : on appelait encore un mineur un enfant. Aucun ministre alors ne se serait permis de nous laisser croire qu’il est bon de laisser un enfant l’hiver dans la rue. Même étranger.

Et il y a certainement eu une époque où on appelait un immigré un homme. Même s’il était sans papier.

Ces enfants, ces hommes sont venus chez nous portés par l’espoir d’échapper à la violence. D’étudier. De mener une vie paisible. D’être dignes. Ce ne doit pas être trop demander.

Ne jetons pas dans les eaux du canal le manteau que St Martin a partagé avec un pauvre. »

Atiq Rahimi

SOUTIEN, ET SIGNATURE DE LA PÉTITION SUR AFGHANS.PARIS