Exposition ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ à Périgueux

Le 1er décembre 2016, le Détachement du Service militaire adapté (DSMA) fêtait ses 20 ans au musée d’art Vesunna de Périgueux sous le haut patronage d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-Mer.

Pour accompagner cet événement, je suis très heureuse que vous annoncer que l’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs* est présentée à Périgueux pendant 5 semaines.
• Du 29 novembre au 4 décembre 2016 : Musée d’art Vesunna, parc de Vésone, 20 rue du 26e régiment d’Infanterie, Périgueux. • Du 7 décembre 2016 au 3 janvier 2017 : Hôtel de Ville 23 rue du Président Wilson, Périgueux. Entrée libre. (*tirages à l’agrandisseur : Andres Romero)
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L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Remise à niveau et lutte contre l’illettrisme

TÉMOIGNAGE (*). Apprendre et améliorer ses compétences à tout âge, c’est un droit pour tous et c’est possible. Denis suit une formation collective de remise à niveau Français compétence professionnelle avec Langues Plurielles sur son lieu de travail :

« C’est la première fois que je fais quelque chose pour moi. J’ai arrêté l’école en CM2 pour me mettre à travailler. À la maison, on avait besoin d’argent. J’ai commencé dans le bâtiment comme manœuvre. Depuis, j’exerce tous ces métiers dont on peut avoir besoin couramment dans une maison de retraite, où je suis salarié : entretien, peinture, électricité, réparations, plomberie… Je vais avoir 50 ans l’année prochaine et je veux évoluer (…).

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© Virginie de Galzain/Erasmus+/EPALE

Ce n’est pas facile de demander de l’aide. Pour vous dire les choses franchement, j’avais vraiment honte de me sentir différent à ce point. On a peur de s’exposer devant les autres. Le premier jour de formation, je n’étais pas à l’aise mais j’essayais de ne pas le montrer. C’est important d’être à plusieurs car on se retrouve ensemble, à égalité. Aujourd’hui, c’est ma quatrième séance : je suis ravi. Je sens que je commence à m’ouvrir. Mes enfants sont heureux pour moi, je crois qu’ils sont fiers de ce que j’entreprends ».


(*) Extrait du reportage réalisé pour Erasmus+ / EPALE : « La formation des adultes : un bien commun » (Langues Plurielles, octobre-novembre 2015)
et de l’exposition « 
Le droit d’apprendre », présentée à partir des journées du Patrimoine
(17 septembre) au siège d’Erasmus, 25 quai des Chartrons, Bordeaux

Hommage à Camille Lepage : 2 ans déjà

Il y a deux ans, la photojournaliste Camille Lepage était assassinée en République centrafricaine où elle réalisait plusieurs reportages. Une terre d’oubliés qui était devenue son lieu de vie après plusieurs années au Sud Soudan. Une seconde patrie alors plongée dans des violences intercommunautaires extrêmes entre la Seleka et les anti-Balaka, où elle partageait le quotidien de celles et ceux dont elle révélait les réalités en images. À 26 ans, elle était talentueuse et engagée, informée et professionnelle. Passionnée par l’image, elle était guidée voire obsédée par la nécessité de témoigner au nom de ceux qui souffrent et que le monde délaisse, ignore ou condamne au silence et à l’oubli, du moins tant que cela ne fait pas vendre.

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Ses parents et son frère ont créé l’association portant son nom, notamment pour la faire vivre au travers de ses reportages et diffuser son travail au plus grand nombre. Un prix photographique destiné à soutenir chaque année le travail d’un photojournaliste a aussi vu le jour. Courageuse, Camille Lepage a été au bout de ses rêves et de ses convictions. Elle laisse des photographies sensibles, humaines et fortes que je vous invite à découvrir sur son site si ce n’est déjà fait, voire à vous procurer le livre République centrafricaine : on est ensemble. L’œuvre éternelle d’une belle personne et d’une excellente photographe.

À SUIVRE/À VOIR
– Le site de Camille Lepage : camille-lepage.photoshelter.com
– L’association Camille Lepage-On est ensemble www.camillelepage.org
– Le livre : République centrafricaine : on est ensemble, CDP éditions, 10 euros (un cadeau)

Formation et insertion : Le régiment du SMA de La Réunion fête ses 50 ans

Le régiment du SMA de La Réunion fêtait officiellement ses 50 ans le 8 avril. Il y a un an, j’y réalisais plusieurs semaines de reportage, en photographies et recueil de très nombreux témoignages. Un reportage en immersion qui s’inscrit dans un travail de long terme sur l’accès à une éducation et une formation égalitaire pour tous initié fin 2011.

Pendant ces semaines, j’ai pu suivre la vie au sein des 3 sites du régiment (Saint-Pierre, Saint-Denis et Bourg Murat), découvrir la diversité des parcours de vie individuels et des apprentissages communs à différents stades de la formation des jeunes. Le RSMA accueille en effet en flux tendu 100 nouveaux jeunes par mois pour 6 à 12 mois : ceux qui arrivent côtoient ceux qui partent comme ceux qui sont à mi-parcours. J’ai pu observer, photographier, m’entretenir avec des cadres et des jeunes volontaires. Que l’on ne s’y trompe pas, le RSMA ne forme pas de futurs militaires, mais il met tout en œuvre pour permettre aux filles et garçons qui le souhaitent d’apprendre un métier qu’ils pourront exercer dans le civil ; des jeunes qui se donnent les moyens de faire des choix de vie dans des contextes personnels ou conjoncturels parfois difficiles.

Reportage et montage ©Virginie de Galzain

Mon objectif était de comprendre, au-delà des mots et des chiffres qui décrivent ce dispositif, qui sont les volontaires et les cadres militaires qui le composent, où ils en sont au moment où je les rencontre et comment et pourquoi c’est une réussite humaine. Car entre l’arrivée des jeunes et les 75% dits d’insertion, il y a des mois de partage et de vie collective inédite en internat, de travail intensif et de détente, de doute et de découragement, de petites et de grandes victoires. Rien ne va de soi, rien n’est gagné d’avance. Appréhender de l’intérieur ce microcosme très exigeant « qui ne lâche rien » est le seul moyen d’informer, de réaliser l’organisation et les moyens mis en place pour former en interne à des dizaines de métiers dans les meilleures conditions possibles ; l’encadrement humain existant et nécessaire jour et nuit ; les compétences et l’investissement à tous les niveaux en lien avec de nombreux acteurs de la vie civile. Et surtout : les liens qui se tissent au fur et à mesure que les jours et les semaines passent qui participent à renforcer confiance et détermination,  envie de réussir et conscience que c’est possible.

Pour en savoir plus : le (nouveau) site du reportage ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’

Internat

reportage service militaire adapte_virginie de galzainLe service militaire adapté : un enjeu d’avenirs‘ © Virginie de Galzain

L’expo ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ aux Invalides

L’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs, était présentée aux Invalides le 4 février 2016 à l’occasion d’une soirée spéciale du Service militaire adapté, que je remercie sincèrement à nouveau. (tirages à l’agrandisseur Andrès Romero)

Je vous invite à consulter le site présentant des extraits de ce travail qui me tient particulièrement à cœur unenjeudavenirs.wordpress.com, avec ses enjeux, des images inédites, des extraits de témoignages révélateurs des réalités de vie de jeunes qui se portent volontaires pour apprendre un métier au SMA, mais aussi de l’investissement des militaires qui les accompagnent pendant leur formation. Un reportage qui va bien au-delà de l’envie d’informer qui fait partie intégrante de mon métier et qui répond à un engagement personnel de long terme d’alerter sur la nécessité urgente de permettre à tous de bénéficier d’une éducation et d’une formation égalitaire (et non identique).
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                                    Salons du Gouverneur militaire de Paris/Invalides © Virginie de Galzain

Nouveau reportage : zoom sur la Compagnie Turbulences

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Turbulences ! Atelier professionnel Trapèze © Virginie de Galzain
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Turbulences ! Atelier professionnel Trapèze © Virginie de Galzain
TBL_tpz20_vdegalzainTurbulences ! Atelier professionnel Trapèze © Virginie de Galzain

Le trimestre se termine notamment avec plusieurs reportages réalisés pour Erasmus + France. Une belle collaboration au cœur d’organismes de formation et/ou d’emploi pour adultes, reconnus pour la qualité de leur accompagnement et de leur expertise et pour leur engagement humain (centre de formation, ESAT*, entreprise d’insertion). L’objectif : donner à voir ces structures de l’intérieur ; valoriser leurs auteurs, leurs actions et les personnes qui en bénéficient sur EPALE*, la première plateforme participative dédiée à la formation et à l’emploi des adultes en Europe. Ces reportages vont être progressivement mis en ligne sous différents angles, complétés de témoignages spontanés avec les acteurs concernés.

Découvrez dès maintenant les premiers extraits du travail mené avec Turbulences ! :  »Turbulences! : un lien social, une utopie concrète », une compagnie théâtrale exceptionnelle qui propose formation ou emploi pour des personnes qui ont des difficultés d’intégration sociale en raison de troubles envahissants du développement (TED) et une entreprise sociale et solidaire. De nombreuses photos et un entretien mené avec Philippe Duban, son directeur, à découvrir sur https://ec.europa.eu/epale/fr/node/17039 et vdegalzainphoto.wordpress.com

*Établissement et services d’aide par le travail (ESAT)
*Electronic Platform for Adult Learning in Europe (EPALE)

Carnet de reportage…

Le carnet de notes du photoreportage réalisé au régiment du service militaire adapté de La Réunion au printemps 2015, la complémentarité images/mots étant pour moi essentielle. Plus de 280 pages noircies, entretiens avec des cadres militaires et des jeunes volontaires. Autant de témoignages qui constituent une mémoire collective unique, en complément des très nombreuses photos réalisées sur place dans l’ensemble des compagnies.

Voir des extraits en Photos et Paroles de…, objet du reportage, autant dire très peu au regard du travail accompli ensemble. Plusieurs mois en lissant entre les préparatifs, les semaines en immersion sur place, le scan et l’éditing des négatifs, la préparation des images, la retranscription d’une partie des propos pour accompagner les tirages de l’exposition, etc… Un très beau projet que j’avais en tête depuis 2011 et qui a pu se concrétiser grâce à une rencontre avec un membre du SMA (que je remercie encore), pour résumer. A suivre… si si. En attendant, n’hésitez pas à partager les liens.

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carnet_photoreportage rsmar_virginie de galzain
Le site du reportage : https://unenjeudavenirs.wordpress.com

Photo : Les temps modernes.2

Extrait de reportages et portraits, commandes et projets indépendants.
Madagascar, Paris, Rome, La Réunion, New York, Bastia.

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> (re)voir Les temps modernes.1

Migrations : Odysseia, d’Antoine D’Agata

Odysseia, du photographe Antoine d’Agata. Un travail exceptionnel sur et avec ceux que l’on appelle des migrants. À lire, voir, regarder, faire passer pour comprendre, s’interroger sur le pourquoi de ces odyssées d’hommes, de femmes et d’enfants ; sur les conséquences sur des vies individuelles et collectives. Et au-delà, sur un monde en (dés)équilibre où tout interagit.

Les discours de stigmatisation et de peur de l’Autre sont inacceptables tant humainement que politiquement, outre la méconnaissance apparente ou manifeste qu’ils traduisent ; ce, face au courage et aux souffrances passés, présents et à venir de ceux qui ont ces parcours, ces passages quand ils sont surmontés, ces voyages de survie. http://dagata.arte.tv/

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ODYSSEIA, d’Antoine D’agata
– le site : http://dagata.arte.tv/
– le livre : André Frère éditions, 192p., 32 €
http://www.andrefrereditions.com/livres/photographie/odysseia

A lire absolument également :
– l’enquête de Fabrizio Gatti : lire le post dédié Bilal, sur la route des clandestins, éd. Liana Levi/Piccolo
– l’ouvrage documentaire : Pour un autre regard sur les migrations (collectif), éd. La Découverte
et les fictions Ulysse from Bagdad, d’Éric-Emmanuel Schmidt, éd. Albin Michel ou Livre de Poche & Eldorado, de Laurent Gaudé, éd. Actes Sud.

À toutes fins utiles, je rappelle que tout ce qui est sur ce blog depuis 2007 relève de choix personnels,
sans aucune influence ni demande extérieure et moins encore avec une quelconque contrepartie !

Reportage : Le service militaire adapté, un enjeu d’avenirs

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Le site : unenjeudavenirs.wordpress.com

Éducation, formation, insertion : un droit pour tous Ce photoreportage s’intègre dans un travail que j’ai initié fin 2010 sur la lutte contre les inégalités et l’accès à la formation et à l’emploi pour tous. C’est le seul de cette nature, sur ce sujet. Réalisé en immersion au sein du régiment de La Réunion, l’un des 7 régiments du Service militaire adapté (SMA), le reportage Le Service militaire adapté : un enjeu d’avenirs donne à voir un dispositif militaire unique engagé depuis plus de 50 ans dans l’accès à l’éducation, à la formation et à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes d’Outre-Mer dans la vie civile.

Au terme d’une formation militaire d’un mois, les volontaires apprennent un métier correspondant aux besoins d’emploi locaux, complété du certificat national de Sauveteur secouriste du travail, dans l’une des compagnies dédiées. Outre le savoir-faire, la remise à niveau personnalisée en français et en mathématiques fait partie intégrante de l’apprentissage,  le SMA accueillant entre autres de nombreux jeunes sans diplômes et/ou en situation d’illettrisme (plus de 40%). Six à 12 mois de vie collective en internat qui vont surtout permettre à chacun de se construire avec les autres ; de gagner en confiance et en responsabilité pour mieux consolider son avenir, tant professionnel que privé.

Photographies et recueil de témoignages : informer, valoriser, témoigner Portraits ou scènes de vie (incorporation, internat, formation militaire initiale, formations, remise à niveau, temps forts… ), les photos évoquent le parcours de jeunes courageux et déterminés à aller de l’avant, les coulisses de leur vie au sein du régiment et l’engagement humain de cadres militaires unis par une mission d’insertion sociale civile et d’égalité des droits. Les textes, propos rapportés de jeunes volontaires et de militaires, mettent en lumière avec une force particulière le cheminement et les réalités de vie des stagiaires ; des regards personnels sur les missions et enjeux du SMA ; les avenirs possibles.

Ce reportage est aussi un travail d’information et de mémoire qui saisit, à un moment donné, l’histoire du SMA, ses acteurs, ses actions et les jeunes – femmes et hommes – accueillis et accompagnés. Une évocation concrète et humaine de sa raison d’être. Un lien entre eux et nous. Les quelques images présentées sont un premier extrait de ce travail réalisé grâce à la participation de celles et ceux, nombreux, que j’ai eu la chance de rencontrer et avec qui j’ai partagé des moments que je considère comme exceptionnels.

Une exposition est en cours de préparation et un autre diaporama, plus complet, est à venir. En attendant, n’hésitez pas à diffuser autour de vous ce post et le site associé. À suivre.

Le site du reportage : unenjeudavenirs.wordpress.com
Le lien exportable du diaporama
: https://www.dailymotion.com/video/x2tildt_le-service-militaire-adapte-un-enjeu-d-avenirs_school

Un projet cofinancé par le  Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

Mada…

Plein d’images jamais montrées, plein d’images chargées de rencontres, de souvenirs et de ce que vous ne verrez pas. Il faudra que je prenne le temps d’en faire quelque chose un jour. Une image prise, c’est comme l’enfance, ça marque à vie. Des photos non prises aussi, parce qu’il y a ce que l’on saisit et ce que l’on vit. Vu de l’extérieur ça ne se comprend pas toujours… Il y a beaucoup à dire, ça viendra. Le photographe ne peut que faire corps avec ce qui l’entoure, et c’est là toute la difficulté : être là sans être là, être immergé et garder une distance. Mettre l’humain au cœur de tout sachant qu’on s’oublie dans tout ça… On s’oublie mais on y met un peu de soi car on n’est pas là par hasard. Happé parce que l’on voit, entend, découvre, partage. Veiller à garder l’équilibre pour que l’affectif ne prenne pas le dessus sur l’information. Facile à dire !

Été 2012, je suis une équipe de chirurgiens bénévoles de Médecins du Monde dans une mission de chirurgie réparatrice à Madagascar. Encore l’océan Indien… Une journée est consacrée aux consultations (photo) avec les familles qui ont parfois traversé l’île pour espérer faire opérer leur enfant, une sœur, un proche. Les couloirs du service ne désengorgeront pas de la journée. Des malformations du visage aux brûlures graves, les médecins réaliseront près de 40 opérations en 5 jours, soutenus par l’équipe malgache.

mission chirurgie reparatrice_MdM_Mada__virginie de galzainChirurgie réparatrice_Médecins du Monde 2012 © Virginie de Galzain

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour Lire la suite « A voir : l’expo ‘Paris Magnum’ »

Le petit gardien de zébus

Victor, les yeux fermés le temps d’un rêve…
Extrait du reportage Opération sourire, pour Médecins du Monde, à Madagascar.

victor_madagascar_virginie de galzainReportage Madagascar 2012 © Virginie de Galzain/MdM

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par Lire la suite « L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan »

Témoignage :  » Se retrouver à la rue : il suffit de pas grand chose « 

Le témoignage que je vous invite à lire est celui de Jean, 51 ans. Nous sommes alors le 15 mai 2009 (voir extraits du reportage). Les enfants de Don Quichotte ont installé des tentes quai des Tuileries et appelé à une nouvelle mobilisation en faveur des personnes sans-abri, mal logées, des personnes en situation de précarité. En un mot : exclues. La nuit tombe, Jean raconte. C’est lui qui décide du début et de la fin.

Ces mots sont les siens, de façon intégrale, au fil de sa pensée, chaotique mais lucide et solide. Je les ai retrouvés ce matin en relisant des carnets de reportages noircis de témoignages. 5 ans déjà. Et le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter : plus de 140 000 en 2014 (100 000 en 2009). Celui des personnes mal logées ou en situation de fragilité locative : près de 10 millions, sur 66 millions de Français. Comment est-ce possible ?! Les différences et blessures invisibles guident, en partie, mon travail depuis 2007. La déshumanisation chronique des personnes en difficulté m’est insupportable. 

Avec les enfants de Don Quichotte
Extrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain.

 » J’ai été presque 3 ans à la rue. Il y a 7 mois, les Enfants du Canal* m’ont proposé une chambre contre un petit forfait par mois. Pour la première fois, on m’a dit : « Tu es chez toi« . Je me suis refait une santé et j’ai décidé de remonter la pente. Sans toit, c’était impossible. Il faut comprendre.

J’ai passé un examen de conducteur de poids lourd et suis devenu chauffeur du Bus-abri qui accueille les personnes qui n’ont pas de toit. En 6 mois, j’ai pu avoir tout cela, grâce à l’association.

Je suis d’Orléans. J’avais un emploi, un appartement. Et puis un jour, tout a commencé. Perdre son travail. Son logement. Se retrouver à la rue. Il suffit de pas grand chose. On finit par se dire qu’on s’en fout. On va dans les assos. On est envoyé de foyer en foyer. On ne mange pas. On ne dort pas. On voudrait juste savoir où on va. Et puis on peut tomber dans l’alcool : on a beau refaire le monde, on est rejeté de la société.

Je suis arrivé à Paris rue Saint-Denis. J’ai commencé à traîner. Quand tu n’as rien, tu dois malgré tout faire quelque chose. J’avais une tente que je démontais tous les matins : on s’y cache. On ne veut pas que les gens nous voient comme ça. On a notre fierté. Je me suis fait quelques copains. On passait la journée ensemble : Armée du Salut, Restos du cœur, Charonne… et puis on se séparait. Aujourd’hui, certains ont retrouvé un travail, d’autres…

Avec les enfants de Don QuichotteLa personne qui parle n’est pas représentée sur les photos © Virginie de Galzain.

J’ai une famille. Beaucoup en ont une. Mais tu te débrouilles tout seul dans ces cas-là. J’ai tenu grâce à mon chien. Il faut se battre. C’est dur la rue. On nous balade comme des bestiaux, on nous dit :  » Tu dors là « . S’il y a à manger on mange sinon on dort. Et à 6 heures, on doit  » dégager « . Tu parles d’une vie. Alors on se met à boire, pour oublier, parce que quand tu ne dors pas, il faut oublier.

Hommage aux morts dans la rue, 48 ans d’espérance de vie, en France…

Et puis un jour, tu « t’installes » dans la rue : tu laves tes fringues, tu prends un rythme, enfin celui que tu te donnes ; une bière ; plusieurs bières ; tu es bourré ; et ainsi de suite. Tu penses à la maladie. À la mort. On continue de te balader. Tu es fatigué. Tu laisses tomber. Ou tu te suicides. Ou tu attends que quelque chose t’emporte loin de tout ça.

L’Abri-bus des Enfants du Canal, les personnes à la rue connaissent. Elles savent qu’on est là. On discute avec elles. On mange un morceau. Il y a des gens qui sont dehors depuis 10 ans, 20 ans, avec leur vie dans un sac. On fait des maraudes, on donne un café ou un chocolat chaud et on discute. C’est très important, c’est ce que je préfère. Car quand tu as ramé, que tu t’en es sorti, tu fais envie de façon saine. Ca n’empêche pas certains de ne pas aimer voir les autres émerger. Mais ceux que tu rencontres voient que c’est possible et ils ont envie de prouver qu’ils peuvent y arriver aussi. « 

Avec les enfants de Don QuichotteExtrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain
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> Le site des Enfants du Canal : https://www.lesenfantsducanal.fr
> La page Facebook des Enfants de Don Quichotte : https://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Enfants-de-Don-Quichotte
> Le site de l’association Droit au logement/DAL : https://www.droitaulogement.org

Se faire soigner
: quelques pistes
> les PASS (permanence d’accès aux soins de santé, plus de 400 en France)
> les centres de soins de Médecins du Monde (CASO)
> la Croix Rouge et le SAMU social…

Se renseigner auprès des associations, centres d’action sociale… pour avoir une domiciliation (adresse ou recevoir du courrier gratuitement), un repas, un hébergement d’urgence , savoir où se laver, s’habiller (vestiaires solidaires), se faire accompagner pour retrouver un logement, connaître ses droits, s’il existe des transports accessibles gratuitement, reconstruire un projet personnel entre autres. Le contact humain est fondamental et vital dans tous les sens du terme.

Reportage de guerre : Michaël Zumstein

Être vigilant, donner un point de vue, réaliser des images qui ont du sens et résister à la demande/consommation de photos sensationnelles qui n’informent pas et banalisent. Garder à l’esprit le risque de manipulation. Rester en vie aussi…

Lire l’interview du photographe Michaël Zumstein : Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne. (Nouvel Observateur, 30 août) : « Pour sa 26e édition, le festival Visa pour l’image de Perpignan expose ses photos sur le conflit centrafricain dans une série intitulée « De terreur et de larmes. » Un reportage au long cours de plusieurs mois, commencé début septembre 2013, à l’aube de la lutte armée qui allait opposer la Séléka, mouvement rebelle à majorité musulmane, et les anti-balaka, milices chrétiennes d’autodéfense. De la formation des milices aux multiples exactions commises par les deux camps, le photographe a suivi toutes les évolutions du conflit dont…

Le site de Michaël Zumstein : michael-zumstein.com

A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

 > Voir les photos de Bénédicte Kurzen

Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a Lire la suite « A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen »

L’expo Illettrisme : droit de savoirs au forum Défense/Illettrisme

Post un peu tardif faute de temps (!)… Pour sa 4e diffusion, l’exposition extraite du reportage Illettrisme : droit de savoirs est présentée le 20 juin au forum Défense/Illettrisme qui se tient aux Invalides, salle Turenne. Sous le haut patronage de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration (SGA), il est organisé par la direction du service national (DSN) – que je remercie – en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale/DEPP.

Télécharger le pdf de l’exposition

Reportage sur l’illettrisme en France : le nouveau site

Le nouveau site du reportage Illettrisme : droit de savoirs est en ligne ! En images et en textes, retrouvez les infos sur l’origine du reportage, ses liens, l’exposition, ses relais aussi. Evolutions à suivre sur http://droitdesavoirs.wordpress.com

droitdesavoirs.wordpress.com

À TÉLÉCHARGER :
le pdf de présentation de la dernière expo
les 8 pages parues dans le magazine Déclic photo
les 7 pages parues dans le magazine photo Fisheye

‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine !

EN KIOSQUE ! 7 pages d’extraits du reportage
dans le magazine photo FISHEYE, novembre-décembre !

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Lire la suite « ‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine ! »

PHOTO : Pep Bonet. Continuer à témoigner.

 » A child is marked by his place of birth » (Pep Bonet*, photographe). L’endroit où nous naissons conditionne nos vies. C’est tellement évident que nous l’oublions souvent. C’est source de tant d’injustices qu’il convient de ne pas l’oublier (et nul besoin d’aller loin pour s’en rendre compte). Mais au Tchad, pour ne citer que ce pays, un enfant sur deux demeure non immunisé contre des infections évitables, et plus de 40% souffrent de malnutrition chronique. En clair : ces enfants ont faim, ne peuvent pas bénéficier de vaccinations ni de soins élémentaires, n’ont pas assez d’eau ni d’eau potable, n’ont parfois plus de parents pour s’occuper d’eux. Ce n’est pas seulement surréaliste : c’est totalement inhumain et scandaleux. Le taux de mortalité infantile avant 5 ans y est de 20%.

C’est là que le photographe Pep Bonet a réalisé The most beautiful hell I know/El infierno mas bonito que conozco, un documentaire qui vous plonge au cœur d’un service de pédiatrie infantile. En attendant sa diffusion complète, un trailer de plus de 3 minutes est d’ores et déjà visible : ces images renvoient aux pires crises humanitaires des années 70, notamment, mais elles sont nécessaires pour témoigner de la réalité de vie de très nombreuses familles sur cette planète. Elles engagent aussi celles et ceux qui s’investissent au quotidien, qui ne baissent pas les bras. Bien au-delà d’un constat, le sens de ces reportages tient dans une volonté tournée vers l’avenir : voir, savoir, croire et agir. C’est ce qui nous mène !

Nous sommes au XXIe siècle. Si le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans baisse régulièrement dans le monde depuis les années 1990** – seulement – (amélioration convergente de l’économie + accès aux soins + sensibilisation des familles + éducation + veille au respect des droits humains…), il demeure encore bien trop élevé, notamment dans certains pays d’Afrique et d’Asie du sud. Chaque année, plus de 7 millions d’enfants meurent avant cet âge : soit plus de 19 000 par jour ! En question : une alimentation insuffisante en quantité et en qualité, des maladies prévenues voire éradiquées dans certaines parties du globe qui continuent pourtant de tuer par manque de moyens matériels et sanitaires de base (maladies respiratoires, diarrhées, paludisme, vih-sida) ! Des facteurs régulièrement aggravés par une mortalité importante des mamans à la naissance, l’insécurité mondiale, les migrations forcées massives, les épidémies (choléra, rougeole…) entre autres.

En question aussi, ne nous leurrons pas, des volontés et implications bien insuffisantes de la part des décideurs quels qu’ils soient et où qu’ils soient. L’argent va à l’argent.

Nous sommes au XXIe siècle : l’histoire se construit et se déconstruit de façon vertigineuse, de plus en plus incontrôlable. Et Pep Bonet fait partie de ceux qui croient en la transmission du virus de l’espoir. Et c’est primordial.

*membre de l’agence Noor images (référence absolue avec Magnum)_** Sources UNICEF

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite

Rapidement, en passant… et compte tenu de l’importance que j’accorde à cette collaboration qui dure depuis plusieurs années maintenant : une news ! À la suite du reportage réalisé pour Médecins du Monde sur la mission de chirurgie réparatrice Opération sourire (Madagascar), un livret de 24 pages a été édité sur le format carnet de route photos/textes (textes Nolwenn Roussier). Une des photos fait aussi la Une du dernier rapport d’activités dédié.  Quelques images de l’autre reportage, Prisons de Madagascar, sont toujours en ligne sur ce lien.

> Télécharger le livret au format pdf
> Voir la page du reportage Chirurgie réparatrice : opération sourire

carnet route Mada_MdM_virginie de galzain Lire la suite « Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite »

Paolo Pellegrin : 100 photos pour…

Le nouvel album 100 photos pour la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) est en kiosque. Avec le photographe italien Paolo Pellegrin à l’honneur, impossible, en toute partialité (!), de passer à côté. L’occasion de découvrir 100 images pleines pages, extraites d’un projet indépendant réalisé avec 4 autres photographes de l’agence Magnum : Postcards from America. Une vision composite introspective et décalée des États-Unis d’aujourd’hui.

De la frontière mexicaine à l’état de New York
Au fil des pages, on traverse El Paso, San Antonio, Miami entre autres et surtout Rochester et son périmètre de quartiers défavorisés : The crescent. Insécurité, pauvreté, enfants sans enfance, zones de non droit, chômage, criminalité élevée, détention d’armes incontrôlée, trafics de drogue… sont le fil rouge d’une autre Amérique. Une Amérique en rupture avec ses habitants, y compris dans les endroits les moins « attendus », et dont beaucoup tentent de survivre dans l’urgence, sans repères ou presque.

Frontales, sombres, tranchées, puissantes, les photos présentées sont autant de révélateurs ultra réalistes de vies brutales que l’on croit « connaître », mais dont on ne sait franchement rien tant qu’on ne les a pas approchées ou éprouvées. Des regards aussi, tour à tour pénétrants ou verrouillés, des visages confondus dans leur environnement, remplis de ces existences injustes vécues trop vite, trop mal, trop durement. L’envers de ce que l’on appelle le « rêve américain » ? Plutôt l’endroit de nombreuses sociétés Lire la suite « Paolo Pellegrin : 100 photos pour… »

Prisons de Madagascar : détail

Quartier Mineurs : détail. Extrait d’un reportage réalisé avec Médecins du Monde
dont vous pouvez voir d’autres images dans ce diaporama

Prisons Madagascar_Medecins du Monde _©Virginie de Galzain
Prisons de Madagascar
©Virginie de Galzain/Médecins du Monde

Les temps modernes

Œuvrer dans le sens de l’égalité des droits et du respect du vivant, tous les jours, partout et par tous : c’est encore possible.
Résister au verrouillage des esprits, aux peurs,  médiatisations et discours paralysants, à la restriction insidieuse des libertés : c’est fondamental !
Je nous souhaite une année menée par ces utopies concrètes qui permettent d’avancer, d’un avenir incertain vers les possibles futurs.

Droits humains : prisons de Madagascar

Diaporama extrait d’un des 2 reportages que j’ai réalisés à Madagascar pour Médecins du Monde : la mission Prisons. Quelques photos à voir sur ce lien.


© Virginie de Galzain/Médecins du Monde 2012

mission prison_mdm_madagascar_virginie de galzain

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Exposition « Illettrisme : droit de savoirs ».2 !

Pour la 2e diffusion, c’est la la Ville d’Aubervilliers qui accueille l’exposition Illettrisme : droit de savoirs* du 17 novembre au 14 décembre 2012. Elle est extraite du photoreportage du même nom que j’ai réalisé en indépendant sur de très nombreux mois en 2011, le seul de long terme dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

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Elle sera successivement accrochée dans le hall  de l’Hôtel de Ville, puis au Centre communal d’action sociale (CCAS) à partir du 23 novembre après-midi pour finir au 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Très engagée dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme, Aubervilliers a mis en place un Plan local en partenariat avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme). Elle a rejoint le collectif initié par l’Agence pour la demande de label grande cause nationale 2013 : une cause urgente qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays.

Trois millions de personnes qui ont été scolarisées en France mais ont perdu ou mal acquis la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la lecture et du calcul. Auxquelles s’ajoutent près de 40 000 jeunes en situation d’illettrisme détectés chaque année par la Direction du service national (tests réalisés au cours des journées Défense et Citoyenneté). Autant d’hommes et de femmes répartis sur tout le territoire qui se trouvent aujourd’hui dans une situation cachée, taboue, fragilisante inacceptable. Une réalité qui constitue une inégalité des droits en matière d’éducation, de formation, d’emploi, et qui conditionne la vie au quotidien.

> Exposition du 17 novembre au 14 décembre 2012 :
– Mairie d’Aubervilliers, 2 rue de la commune de Paris : du 17 au 23.
– Puis à quelques mètres au CCAS : 6 rue Charron, 1er étage : à partir du 23 novembre. Et 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Entrée libre.
> Le site du photoreportage : droitdesavoirs
> Soutenir la demande de label Illettrisme, grande cause 2013 : www.illettrisme2013.fr
> Lire les 8 pages consacrées au reportage dans le magazine Déclic photo

* tirages baryté traditionnels Andrés Romero
La 1ere exposition a eu lieu à l’espace 11-13 chapelle, 2 impasse du Curé, 75018

Exposition ‘Illettrisme : droit de savoirs’ 1

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’exposition Illettrisme : droit de savoirs*, issue du photoreportage que j’ai réalisé en indépendant sur l’année 2011, voit le jour. Deuxième volet d’un travail photographique sur les différences invisibles, c’est le seul reportage en photographies et recueil de témoignages dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

Mêlant photographies et recueils de témoignages, elle met en lumière de façon indissociable la détection de l’illettrisme chez les jeunes (direction du service national), et la prise en charge indispensable des 16-25 ans pour les accompagner vers l’avenir (suivi de l’association Savoirs pour réussir Paris).

Présentée par l’espace linguistique 11-13 Chapelle avec le soutien de la mairie du 18e arrondissement, l’exposition a lieu jusqu’au 15 novembre 2012. J’espère vous y (re)voir à cette occasion. Elle sera ensuite disponible à la location.
* Tirages baryté traditionnels de l’excellent Andrés Romero / L ’œil complice

Jusqu’au 15 novembre 2012 (samedi 6, 13 et 20 octobre 2012 de 10h à 18h en présence de la photographe).
Espace 11-13 Chapelle. 2, impasse du Curé. 75018 Paris (M° Marx Dormoy, l.12)

VOIR LE SITE DU REPORTAGE : https://droitdesavoirs.wordpress.com.

flyer exposition illettrisme_vdegalzain

À qui s’adresse ce sujet ?
– À tous, sans distinction, parce qu’il s’agit d’un sujet qui touche tous les domaines de la vie sociale quotidienne.
– Aux acteurs de l’Emploi, afin de faire de la lutte pour l’égalité des droits et contre les exclusions une priorité nationale et sans frontières.
– Aux acteurs de l’Éducation, afin de favoriser une action transversale concrète des problématiques liées à l’illettrisme.
– Aux acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en reconnaissance de leurs actions et pour faire reconnaître l’importance et le succès de leurs actions. Pour les inscrire comme partenaires majeurs et référents dans un combat pour les droits fondamentaux que sont la liberté et l’égalité, l’éducation et l’emploi. Pour leur apporter une base de retours de la part des personnes concernées par l’illettrisme.
– Aux acteurs de l’Intérieur, car une scolarité réussie est un facteur essentiel d’intégration de tous, de lutte contre la délinquance, contre la ghettoïsation, contre la stigmatisation des jeunes.
– Aux personnes touchées par l’illettrisme ou en cours d’acquisition des savoirs fondamentaux, d’une formation professionnelle complémentaire pour les valoriser, afin qu’elles réalisent que l’on peut les aider, qu’elles peuvent s’en sortir et être fières.

Pourquoi une exposition ?
– La photographie a un rôle fondamental car elle permet de prendre le temps : celui de s’arrêter, de regarder, de réfléchir, de s’identifier. Elle est un face à face immédiat avec l’Autre, un relais, un dialogue, une communication au sens noble du terme. Elle confère aussi des dimensions de présent et d’avenirs possibles, donc de durabilité.
– Elle met en avant les différents enjeux du sujet, en photographies et en recueil de témoignages.
– Elle valorise tous ceux qui ont participé au projet et fédèrent de fait toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’illettrisme, tous ceux qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie desdites personnes et pour leur intégration au sein de la société.

Cette première exposition est réalisée à l’initiative du Cefil, de Langues plurielles et 11-13 Chapelle, avec le soutien de la Mairie du 18e arrondissement. Elle sera ensuite disponible à la location. Participer à la diffusion de ce projet, c’est informer autrement et concrètement sur une question de société humaine, éducative, professionnelle, citoyenne prioritaire.

Appréhension


Madagascar/Opération sourire/chirurgie réparatrice ©Virginie de Galzain/MdM

Prisons de Madagascar

Premières images extraites d’un des deux reportages réalisés cet été à Madagascar avec Médecins du Monde. A suivre d’ici à…


Prisons de Madagascar ©Virginie de Galzain/MdM

Maraudes de nuit, santé, habitat, Roms & co

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Extraits ©Virginie de Galzain/MdM

En France, Médecins du Monde agit contre l’exclusion et pour l’accès aux soins pour tous. Elle vient notamment en aide aux personnes sans abri via un soutien médico-social. A Nice (cf diaporama), l’équipe dispense les premiers soins, offre des médicaments de première nécessité et des compléments alimentaires. Elle oriente aussi vers son Centre d’accès aux soins (CASO) et les structures médicales complémentaires.

Toute personne vivant dans la rue est de facto en situation d’insécurité physique et psychologique ; fragilisée par des privations permanentes, un environnement agressif, l’isolement. Et les enfants sont particulièrement exposés aux risques d’infections, été comme hiver. En outre, en raison des conditions héritées des politiques sécuritaires et/ou migratoires françaises, beaucoup de personnes sans domicile, avec ou sans papiers, se cachent de peur d’être interpellées voire reconduites à la frontière. Ce qui constitue une entrave de plus à l’accès aux soins. C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les associations qui doivent chercher les personnes en question lors des tournées avant de pouvoir leur venir en aide, quand elles les retrouvent.

La région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est une des plus touchées par la hausse de la précarité : 15,7% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté* ; 25% de ses salariés gagnent moins de 830 euros par mois**. En France, le nombre de personnes sans abri est de plus de 130 000 personnes, avec une hausse importante du nombre de jeunes, de femmes enceintes et de familles avec enfants mineurs !

A propos de…
On assiste une fois de plus à de nombreux démantèlements de camps habités par des Roms (on expulse l’été, on laisse se réinstaller l’hiver, on expulse quelques mois plus tard…) ; on invoque les risques sanitaires encourus par les personnes vivant « dans » et « à proximité » des bidonvilles dans lesquels vivent certains Roms. Il ne saurait en être autrement puisqu’un bidonville est, par définition, insalubre/non sain. Faisons « avec » ceux qui vivent sur notre territoire en proposant des emplacements de résidence, de travail sous conditions de part et d’autre, par pallier. Ce, en tenant compte de la répartition géographique souvent historique car toutes les communes ne sont pas concernées à égalité par le sujet. Plutôt que de laisser pourrir des situations en connaissance de cause, jusqu’à ce que cela ne devienne plus supportable pour qui que ce soit. Ce qui est insupportable, c’est que les personnes sans abri et sans domicile fixe le restent, avec les manques inhérents : sans existence humaine, sociale, administrative et sans ressources et/ou travail stable quand travail il y a. Ce qui est insupportable c’est que ces situations existent.

De l’insalubrité cachée
Pour élargir sur ce qu’on voit moins et qui touche environ un habitant sur 10 en France*** : si on parlait aussi des risques sanitaires et physiques encourus par ceux qui vivent « dans » des logements — cette fois-ci — mais insalubres, loués sans aucun scrupules par des propriétaires qui passent je ne sais comment entre les mailles du filet « normes » ? Des problèmes liés au saturnisme ? De la surpopulation locative faute de logement adapté parce que c’est inaccessible ou que les garanties demandées sont trop fortes, quand bien même on aurait de quoi payer ses factures ? Avec des sanitaires qui n’en sont pas, des modes de chauffage d’un autre âge, une isolation murale et sonore insuffisante, des parties communes non restaurées ? Est-ce que les politiques réalisent, au-delà des chiffres, ce que représente et ce qu’implique ce genre de vie ? L’angoisse des parents qui aimeraient offrir d’autres conditions de vie à leurs proches et dont on n’imagine pas, en les voyant, qu’ils vivent de façon indigne ? Les enfants qui s’isolent faute de pouvoir inviter un ami de classe chez eux en raison de… ?

Une politique en faveur du respect des droits fondamentaux humains ?
L’accès aux soins, à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à l’emploi sont 5 des piliers des droits fondamentaux de l’Homme. Certes, il y a « la crise » dont on ne peut faire abstraction, et même « les crises ». Mais si on n’investit pas sur un « minimum syndical » de bien-être des êtres humains, sur quoi investir ? Si ceux qui sont « au pouvoir » et ont ce pouvoir de prendre des décisions là où ils ne l’avaient pas hier, s’ils n’amorcent pas des améliorations en ce sens : où va-t-on ?

Les décisions à prendre doivent tenir compte de TOUS les paramètres : société, santé, éducation, emploi, économie, logement, environnement, sécurité, immigration… Ce, dans une même direction : la possibilité pour chacun de vivre, sinon le mieux, du moins le moins mal possible de façon digne et autonome au sein d’un monde désormais totalement interdépendant.

«  Le redressement est indispensable, mais il ne sera possible que dans la justice. Fiscalité, éducation, logement, santé, accès à l’énergie, sécurité, services publics, nouveaux droits, culture : l’âme de la France, c’est l’égalité.  » (François Hollande, Le projet). La question est donc d’agir avec équité et éthique sur ces piliers fondamentaux : emploi stable, habitat décent, éducation égalitaire pour tous (condition d’avenir et de sécurité au sens très large du terme), alimentation quotidienne de qualité, accès aux soins et protection de l’environnement qui doivent être absolument prioritaires sur tout le reste. Ce, en remettant en question un système économique concentré dans les mains de quelques centaines de puissants, de façon à ce qu’il soit au service de la société et non pas subi par celle-ci. Sans quoi, la société en question, dont la part de celle qui a cru en « vous » Monsieur le Président, sans illusion mais avec espoir, risque fort de se radicaliser.
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* Sources INSEE  *2012 ** 2009. *** Fondation Abbé Pierre.

Le reportage « Illettrisme, droit de savoirs » à la Une de sps.fr

Printemps/été 2012 : le photoreportage Illettrisme, droit de savoir est à la Une du site www.sps.fr (syndicat de la presse sociale). Réalisé en 2011, c’est le 2e volet d’un projet photographique  que je mène sur les différences invisibles, contre les idées reçues en France. Une exposition de ce projet est en cours de préparation.
Télécharger le pdf de présentation du photoreportage.

illettrisme droit de savoirs_virginie de galzain

Le site du projet : Illettrisme, droit de savoirs

Reportage Illettrisme : droit de savoirs (suite)

– À télécharger, les 8 pages  consacrées au reportage Illettrisme : droit de savoirs, parues dans la rubrique Reportage du magazine Déclic photo, décembre 2011.
– Le site dédié : http://droitdesavoirs.wordpress.com et le post du 16 novembre


Photo reportage illettrisme, droit de savoirs ! ©Virginie de Galzain

REPORTAGE ‘Illettrisme : droit de savoirs’

« Illettrisme : droit de savoirs » est le 2e volet du projet photographique de long terme que je mène sur les différences invisibles. Un sujet de plusieurs mois réalisé en lien avec l’ANLCI, en collaboration avec la direction du service national/DSN (détection des difficultés de lecture) et l’association Savoirs pour réussir Paris (prise en charge de jeunes de 16 à 25 ans). Le magazine Déclic photo (n°75, en kiosque jusqu’au 8 décembre 2011) consacre 8 pages au reportage avec une interview sur le sujet et la démarche.

EN SAVOIR PLUS
Le site du reportage http://droitdesavoirs.wordpress.com.

ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS !

▪ Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais «délicat» de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale. Une réalité encore taboue qui concerne plus de 3 millions de personnes âgées de 16 ans et plus, qui ont été scolarisées mais ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul.

▪ En France, l’instruction est obligatoire à partir de 6 ans, pour tous les enfants français ou étrangers résidant en France ; et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Or, près de 9% des personnes en situation d’illettrisme ont entre 18 et 25 ans. C’est avec ces dernières que j’ai eu envie de commencer à travailler, parce qu’elles sont situées à une période cruciale de leur vie : à la frontière de la scolarité, de la formation et de la vie active.

LE REPORTAGE : REMONTER LA CHAÎNE D’UN DROIT FONDAMENTAL

L’illettrisme n’est pas une fatalité : c’est une inégalité cachée, aux causes multiples que l’on peut mesurer et résoudre à tout âge. Un cap à franchir. Face à cela, qui agit ? Dans quel contexte ? Comment détecter ? Aider ? Résoudre ? Quelles sont les actions et interactions qui permettent, peu à peu, d’ouvrir les yeux sur cette question de société, d’améliorer l’intégration sociale de chacun ?

▪ C’est ce que le reportage aborde en remontant la chaîne du combat pour l’accès aux savoirs fondamentaux, au “Droit de savoirs”. Avec, dans un premier temps, le suivi de deux maillons clés :

– la détection, avec la direction du service national (DSN/secrétariat général pour l’administration SGA / ministère de la Défense). Lors des Journées défense et citoyenneté (JDC), elle met en oeuvre la détection des difficultés de lecture auprès de 750 000 jeunes âgés de 17 à 25 ans, grâce aux tests d’évaluation des acquis de la langue française*. Chaque année, ils permettent de détecter entre 35 000 et 40 000 jeunes Français en situation d’illettrisme. C’est la seule initiative d’ampleur dans un processus de lutte contre l’illettrisme sur cette génération, à laquelle s’ajoutent les entretiens proposés aux jeunes déscolarisés et le relais vers des structures d’accompagnement adaptées.

– l’accompagnement, avec l’association Savoirs pour réussir Paris. Engagée dans la lutte contre l’illettrisme auprès des 16-25 ans, l’association appartient au réseau national du même nom co-fondé par le linguiste Alain Bentolila et le général Fassier. Composée de deux salariées et 30 bénévoles permanents, elle propose des ateliers internes (écriture, calcul, lecture, presse…) et des ateliers pédagogiques menés en partenariat avec des acteurs culturels et d’intérêt général engagés (Petit Palais, APSV/Parc de La Villette, fondations…). Ses objectifs : réconcilier les jeunes avec les savoirs de base, restaurer leur confiance et l’envie d’apprendre pour préparer l’avenir.

PHOTOGRAPHIES ET TÉMOIGNAGES : INFORMER, VALORISER, RENDRE VISIBLE

Entre portraits de jeunes, de tuteurs et de membres de la DSN, détails et scènes de vie en test ou en apprentissage, les photographies évoquent des instants d’investissement personnel, de partage, d’implication, de doute et de solitude, de fierté retrouvée. Partie intégrante du reportage, les témoignages sont un autre « arrêt sur image » : l’expression pour les jeunes, comme pour ceux qui les accompagnent des difficultés et de la nécessaire reprise de la confiance en soi pour progresser, construire son avenir. Et par là même celui de sa famille, de son entreprise, de son pays. Avec en fil rouge, l’ouverture aux autres et à soi-même ; le désir et le plaisir d’apprendre toujours plus.
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EXPO Vivre avec le VIH, à Chalon/Saône

L’exposition extraite du reportage que j’ai effectué sur la vie avec le VIH-Sida pendant plusieurs mois (télécharger pdf de la présentation) poursuit son chemin. Après plusieurs diffusions en 2010 (voir onglet Expos), elle est à la mairie de Chalon-sur-Saône du 1er au 22 29 avril. Elle est par ailleurs intégrée à la programmation de la semaine de lutte contre les discriminations de la Ville, qui se tiendra du 11 au 16 avril.

Je remercie à nouveau les nombreux patients et les membres de l’équipe médicale du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP pour leur confiance et leur aide, et tous ceux qui me soutiennent via la diffusion de ce projet.

Je suis sur un autre sujet depuis plusieurs mois, retour au film noir et blanc cette fois. A suivre.

Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida ©Virginie de Galzain

Mairie de Chalon/Saône : 03 85 90 50 50. Tirages d’exposition : PICTO Bastille/Paris. Parrainage : association internationale de photographie sociale Sophot/Pour que l’esprit vive. Contact vdegalzain.gmail.com

PHOTO : D’Agata. Un documentaire. Une expo.

 » Mon seul enfer, c’est moi. Ma seule issue, mon seul espoir c’est l’Autre  » Antoine d’Agata

Membre inclassable de l’agence Magnum, Antoine d’Agata repousse sans cesse les limites ; toutes les limites ; les siennes ; celles d’une société qui broie, conditionne, dépossède et annihile l’individu ; celles de l’ordre ; de la morale ; des tabous ; des archétypes ; des interdits ;  celles de l’esthétique ; du sens de l’image ; de l’essence même de l’acte photographique ; de la condition de l’être humain ; de la vie, de la mort.

Chaos. Intimité.  Subversion.  Autodestruction. Oppression. Obsession.  Désir. Douleur. Perversion. Aversion. Dégout. Horreur. Peur. Folie. Hallucination. Fascination. Cynisme. Déviance. Art. Esthétique. Equivoque. Trouble. Malaise. Sens. Silence. Solitude. Folie. Lucidité. Inconscience. Errance. Fuite. Illusion… Quelques-uns des mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on se trouve face aux images du photographe Antoine d’Agata. Quelles que soient les émotions, les accords ou les divisions qu’il provoque, son travail ne laisse personne indifférent.

http://www.festivalpointdoc.fr/la-chambre-cambodgienne.htm
The Cambodian Room
© Giuseppe Schillaci et Tommaso Lusena De Sarmiento

Tommaso Lusena De Sarmiento et Giuseppe Schillaci l’ont suivi à Phnom Penh et en ont tiré un documentaire de 55 minutes : The Cambodian room. Prix spécial du jury au Torino film festival 2009, il  révèle un portrait éprouvant, dur et troublant d’un homme qui n’engage que lui-même, dont la photographie se confond corps et âme avec son existence, dans une tension vers l’extrême, vers ce qu’il appelle un  » sentiment d’être « . Un point de non retour ?
Le documentaire peut être vu encore quelques jours sur le site du Festival PointDoc* (sur lequel vous pourrez découvrir la présélection dont il fait partie), ce, en attendant une prochaine diffusion à préciser sur Arte, et un DVD.

Autre actualité, l’exposition Ice, une rétrospective en cours de préparation au musée Nicéphore Niépce, à Chalon-sur-Saône. Elle comprendra notamment des pièces appartenant aux séries La frontière, Insomnia, Situations, Agonie, mais aussi des planches, une projection et une partie qui évoluera de façon hebdomadaire, au gré de l’éditing du photographe. Le tout sur une scénographie dite expérimentale.

Spectrales, introspectives, noires, les photographies, les films d’Antoine d’Agata sont l’aperçu d’une réaction au monde. Une mise à nue qui puise son expression dans l’épreuve de la nuit, de l’enfermement, du sexe, de la drogue jusqu’à l’épuisement. Une confrontation physique frontale violente, une fuite, mues par une quête insatiable d’un essentiel ou d’un absolu fatal.


© Antoine D’Agata / Magnum Photos, Courtesy Magnum Gallery

PRATIQUE
– Le site du docu www.cambodianroom.net
– Le festival Pointdoc : www.festivalpointdoc.fr
créé par Mahalia Frizon et Marie Blandin, réalisatrices, cette première édition présente une sélection de 20 documentaires d’auteur pas ou peu diffusés. L’objectif : valoriser des talents peu visibles, donner un nouveau souffle à un genre exigeant et destiné à tous. Outre le prix du jury, les Internautes sont invités à voter pour désigner leur coup de coeur.
– L’exposition : du 12 février au 15 mai 2011. Musée Nicéphore Niépce 28 quai des Messageries, Chalon-sur-Saône. www.museeniepce.com
– L’agence Magnum photos : www.magnum photos.com

PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées

Deux expositions dédiées au photojournaliste Paolo Pellegrin sont prolongées en février. Depuis plus de 15 ans, Paolo Pellegrin s’attache à témoigner des injustices et des souffrances qui bouleversent et détruisent le quotidien des hommes. Ses photos sont comme des cicatrices éternelles du monde et de l’Histoire, invitations pressantes à regarder et à réfléchir, à savoir.

Qu’il couvre des conflits au plus près de la barbarie ou qu’il réalise des photos de mode ou des portraits des célébrités de notre temps, Paolo Pellegrin garde toujours l’essentiel : la vérité de l’instant et sa relation à l’être humain. Rendez-vous Lire la suite « PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées »

PHOTO : Robert Lebeck

En attendant de reprendre un peu plus activement le blog, je vous invite à vous rendre sur le site de Robert Lebeck, photographe allemand né en 1929. Reporter depuis près de 50 ans, il est le témoin de l’histoire de nombreux pays du monde, la mémoire de l’évolution de son pays, un portraitiste Lire la suite « PHOTO : Robert Lebeck »

PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite

À la suite du photoreportage réalisé pendant plusieurs mois au sein du service Immunologie de l’HEGP avec l’autorisation exceptionnelle de l’AP-HP, plusieurs expositions ont été commandées depuis juin 2010 (voir onglet Expositions). J’ai le plaisir de vous annoncer la poursuite de la diffusion du projet Vivre avec le vih (télécharger le pdf de présentation).


Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida
©Virginie de Galzain

POURQUOI CE SUJET : initié en 2008, ce projet a vu le jour en 2009. C’est le premier volet d’un projet photographique de long terme sur les différences invisibles, multiples, parfois taboues, qui conditionnent la vie au quotidien. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature sur ce sujet en France. ▪ Les questions liées à cette maladie d’ampleur mondiale sont universelles, avec comme enjeu : la vie et l’acceptation de tous dans la société. Près de trente ans après la découverte du VIH, la discrimination persistante à l’égard Lire la suite « PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite »

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier : 300 jours de trop

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, et leurs trois accompagnateurs afghans, qui travaillaient pour le magazine « Pièces à conviction » de France 3, ont été enlevés, le 30 décembre dans la province de Kapisa (Est). Une pétition de soutien pour leur libération est en ligne sur le site de Reporters Sans Frontières.

Se mobiliser est aujourd’hui la seule façon pour les citoyens de lutter contre cette forme du terrorisme, parmi tant d’autres. C’est essayer, rendre visible, dire qu’on n’oublie pas, que tout est possible ou du moins qu’il faut y croire. C’est offrir une scène politique et médiatique à tous les acteurs de la libération, montrer aux dirigeants l’impérieuse urgence de la négociation, de la solidarité, de mettre l’être humain au centre de tous les enjeux et de toutes les décisions. Se mobiliser, c’est transmettre son soutien aux otages et à leurs familles, et redonner toute sa dimension humaine à une démarche odieuse de menace permanente et de mise à l’écart de la vie, qui nous concerne tous.

 

REPORTAGE « Vivre avec le VIH-Sida »

Le reportage photo que j’ai réalisé en indépendant pendant plusieurs mois (août-décembre 2009) au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP s’achève à peine.  Il fait partie d’un travail de long terme sur les différences invisibles, multiples, qui conditionnent la vie au quotidien. Ce travail comportera plusieurs volets (santé, éducation, environnement, société).

Après avoir vu les premières images, Alain Miguet* m’a proposé de répondre à ses questions sur les motivations, les angles, les enjeux et les perspectives de ce projet. LIRE L’INTERVIEW

*Rédacteur en chef de Sida-Info-Service.org/association nationale de lutte contre le sida


“Vivre avec le VIH en France” (nikon fm2,  film Kodak Portra 800) © Virginie de GALZAIN

Stanley Greene : à voir, à lire

ON DOIT PRENDRE DES PHOTOS AVEC LE CŒUR, PAS AVEC LA TÊTE.

Vient de paraître : Black passport*, du photojournaliste Stanley Greene (voir aussi ce lien). Le jeu de questions/réponses proposé par mail – et non de visu – ne me satisfaisant pas à cette échelle… et l’interview forcée un jour de dédicace parisienne n’étant pas dans mes habitudes, il faudra se contenter de mes mots avant de vous précipiter en librairie (!) au moins “ pour voir”.

Né en 1949, photographe dit “ de guerre ”, Stanley Greene est surtout un photographe de la vie. D’une certaine vie, qui un jour dérape pour sombrer, faire sombrer dans le chaos, la douleur, la violence, la domination, la soumission, la mort. Au-delà du Lire la suite « Stanley Greene : à voir, à lire »

300e post !

La première image d’un reportage en cours depuis plusieurs semaines. J’en dirai davantage un peu plus tard. Un sujet lié aux impacts d’une maladie sur une vie sociale, publique et privée.

Au passage, un grand merci à ceux qui participent de près ou de loin à la vie de ce blog.

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(nikon fm2, portra 400 vc) © Virginie de GALZAIN

Christian Poveda_vida loca !

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés hier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. Son dernier documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, La vida loca (La vie folle), sort en salle le 30 septembre. Ces liens www.lafemme-endormie.com/vidaloca (site du film) et http://www.agencevu.com/photographers (ses portfolios au sein de l’agence VU) parlent pour lui de ce qu’il était, de ce qu’il faisait, mieux que tout ce que l’on pourra en dire de beau aujourd’hui.

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Infolio, éditeur engagé

 » Sans doute est-il plus facile de donner de l’argent que de changer son mode de vie, constate Hubert Reeves. (…) Pourtant, L’Europe ne sera pas épargnée. (…) Nous sommes tous des Terriens, et, devant le péril du réchauffement climatique, il faut s’organiser autrement. Vite. « 

 

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Créées en 1999, les éditions Infolio ont construit une ligne éditoriale exigeante autour de l’archéologie, l’architecture, l’histoire, l’art ou la photographie. Pour chacune de ses collections, elle s’entoure des meilleurs spécialistes pour offrir des ouvrages d’une grande qualité graphique et rédactionnelle. Avec une quarantaine de publications par an, elle privilégie sélection et qualité des projets, alliant thématiques pointues et parutions grand public.
Le 15 novembre sera marqué par la sortie de leur dernière publication en librairie : Réfugiés climatiques*, du collectif Argos (lire entretiens du 15/11).

Préfacé par l’astrophysicien Hubert Reeves et Jean Jouzel (vice-président du groupe scientifique du Giec, organisme co-prix Nobel de la paix 2007), le livre est une mise en exergue de la situation alarmante des migrations liées exclusivement au réchauffement climatique. Un focus en textes, témoignages et quelque 200 sublimes photos sur neuf régions du monde déjà affectées : du Tchad au Bengladesh, en passant par le Népal et la Chine, des Maldives aux îles Tuvalu, l’Alaska, Halligen et la Nouvelle-Orléans. Sans militantisme décalé, les journalistes du collectif Argos (photographes et rédacteurs) signent ici la chronique engagée et très humaine d’une prise de conscience urgente : changer nos modes de vie.

L’éditeur a volontairement choisi un format intermédiaire (18×24) incitant à la lecture et invitant à s’immerger dans les superbes images d’une réalité instable. La mise en page sobre et élégante allie mise en valeur iconographique rythmée par des textes riches d’expériences, comme autant de scènes de vie, d’histoires, de cultures millénaires, dont la perte sera irréversible.

*Réfugiés climatiques, Collectif ARGOS, Ed. Infolio, 356 pages. 39 €
www.infolio.ch & www.collectifargos.com
**Remerciements : Apolline Alaguillaume.