Photo : Les temps modernes.2

Extrait de reportages et portraits, commandes et projets indépendants.
Madagascar, Paris, Rome, La Réunion, New York, Bastia.

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> (re)voir Les temps modernes.1

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


Ville de Paris : un été solidaire

Être sans abri, c’est être plus fragile à tout. Être sans toit, c’est ne pas avoir accès au minimum vital ; ce, toute l’année, été comme hiver. Pour faciliter l’accès à l’eau potable pour les personnes sans abri et sans domicile fixe, notamment en cas de forte chaleur, la Ville de Paris a édité une carte qui recense plus de 900 points d’eau dans la capitale. Autre support : le guide Solidarité été 2010, avec des conseils pratiques, des sites de distribution alimentaire en Lire la suite « Ville de Paris : un été solidaire »

Zimbabwe : alerte au choléra

25 décembre 2008, le ministère de la Santé du Zimbabwe notifie 26 497 cas de choléra, dont 1518 mortels. 30 janvier 2009 : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre plus de 60 000 personnes contaminées, et plus de 3 100 morts. Un bilan certainement en deçà de la réalité, au sujet de l’épidémie qui sévit dans le pays depuis août 2008. Le point.

Quid du choléra
Le choléra est une maladie intestinale extrêmement contagieuse, qui se propage par le bacille Vibrio cholerae et  » se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés  » (OMS). La base du traitement : l’hydratation, et l’administration de sels de réhydratation orale (SRO) en raison de très fortes diarrhées et de vomissements à répétition. Voire un traitement antibiotique.

C’est une maladie facile à soigner, guérissable dans la plupart des cas, pourvu qu’on en ait les moyens. Car sans traitement adapté, on peut mourir de cette maladie dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes. Le risque de mortalité de la population peut alors passer de 1 à
50 %. Au Zimbabwe, cela signifie que 6 des quelque 12 millions d’habitants sont concernés. Inconcevable en France (métropolitaine je précise) où ⎯ à titre de grossière et incomparable comparaison ⎯  l’état d’alerte sanitaire est décrété dès qu’une amorce de menace de chinkungunya plane.

Les moyens conditionnent la fin
Du côté de la population, comment avoir accès à l’information, à la prévention quand on vit dans une zone reculée ? Comment bénéficier de soins quand on n’a pas d’argent pour se déplacer dans une structure sanitaire ? Comment éviter la maladie ou se soigner quand le minimum nécessaire et vital, une eau potable et saine, n’est pas disponible ?

Les professionnels de la santé ⎯ dont une bonne partie a quitté le pays ⎯ rencontrent aussi de nombreuses difficultés. Le manque de moyens pour se rendre sur leur lieu de travail ou chez les habitants touchés par des maladies. Idem pour exercer leur métier : comment enrayer une épidémie quand on n’a pas les moyens humains et matériels pour soigner les malades ? Quand le gouvernement et les administrations en place ne s’engagent pas et n’apportent pas le soutien nécessaire ? Quand la situation politique, économique, sociale et sanitaire d’un pays s’aggrave d’année en année ? Pas de moyens. Tout est là. Ici, comme dans des dizaines d’autres pays du monde.

L’eau : origine et solution du mal
Le manque d’eau potable et de réseaux d’assainissement* est à l’origine de nombreuses maladies infectieuses intestinales et de millions de décès annuels. Le premier cause un défaut d’hydratation vitale, et des problèmes d’hygiène corporelle et alimentaire ; par extension, il touche l’agriculture, l’élevage, la pêche… Le deuxième favorise le développement et la propagation de maladies en raison d’eaux souillées, par des matières fécales notamment.

Les difficultés économiques et politiques critiques que traverse le Zimbabwe conditionnent une situation géographique et météorologique déjà fortement pénalisante. Les habitants des pays sous-développés et en voie de développement étant les plus vulnérables et les plus dépendants. La saison des pluies en cours, et les mouvements de population vers l’Afrique du Sud et le Mozambique notamment, sont des risques supplémentaires de contamination.

Le Zimbabwe en quelques chiffres**
Le Zimbabwe comprend entre 12 et 13 millions d’habitants. C’est un des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire (40 %) et le VIH Sida (20 % des 15-49 ans). Près de 1,3 million d’enfants sont orphelins, la majorité ont perdu leurs parents des suites du VIH. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 40 ans (plus de 80 ans en France). Le taux de mortalité des moins de 5 ans est de
105 ‰, un chiffre qui a presque doublé en 20 ans (taux de mortalité infantile en France : 3,6 ‰). Les dépenses moyennes de santé par an et par habitant avoisinent les 28 dollars (plus de 3800 dollars en France).

Le choléra dans le monde
L’OMS dénombre aujourd’hui plus de 236 800 cas de choléra, répartis dans plus de 50 pays en Afrique, en Asie du Sud et dans les Amériques ; un chiffre qui correspondrait à 10 % du nombre de cas réels. La multiplication d’épisodes météorologiques extrêmes (tempêtes, sécheresse, cyclones, inondations, etc) favorisent les dégradations sanitaires et aqueuses locales. Et le changement climatique fait craindre une accentuation des éléments précités, ainsi qu’une réapparition de certaines maladies dans des zones où elles avaient totalement disparu : l’Europe étant bien sûr concernée.

Chaque situation doit être considérée non seulement d’un point de vue local, mais aussi mondial, au risque d’arriver à des impasses sanitaires aberrantes et inhumaines. Ce qui concerne d’autres  régions aujourd’hui, pourrait nous concerner demain, à moyen ou long terme.

*1,4 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. 2,3 milliards de personnes ne disposent d’aucune installation sanitaire.
**Les chiffres France sont là pour donner une échelle de valeur et non à titre de comparaison.
Sources Médecins du monde, Unicef, Ined.

L’eau potable pour tous : une utopie concrète?

La journée mondiale de l’Eau 2008 est célébrée dans le contexte de l’Année internationale de l’assainissement. Une question prioritaire qui conditionne l’équilibre et la durabilité de notre planète et de ses habitants.

Près de 2,5 milliards de personnes sur les 6,68 milliards que compte le monde ne bénéficient pas d’installations sanitaires assainies, et 1 milliard n’a pas accès à de l’eau potable. Une situation qui constitue une grave menace pour la santé et cause notamment chaque année la mort de 1,6 million d’enfants. Sur les 3% d’eau douce qui composent la Terre, à peine 0.5 % est utilisable par l’homme. Côté consommation, on estime la moyenne annuelle à 1500 m3 par habitant dans un pays riche, contre 100 m3 par habitant dans un pays pauvre. Des quantités et une qualité très inégalement réparties, qui ne répondent pas pour beaucoup au minimum vital, et dont les ressources, épuisables, diminuent un peu plus chaque année.

La raréfaction d’une ressource vitale
L’accès à l’eau potable conditionne la santé, et par extension l’égalité, la dignité et le développement social de l’homme, le maintien et la stabilité de son environnement. À des échelles différentes, chaque pays est concerné. Les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux problèmes de rejets de produits chimiques et des eaux usées, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et à une activité humaine négligeante (gaspillage, surconsommation, installations luxueuses).
Quant aux pays pauvres et en voie de développement, ils n’ont pas accès, pour la plupart, à une eau potable et saine, tant en quantité qu’en qualité, et ne disposent pas de moyens suffisants pour l’acheminer, s’approvisionner ou la purifier. D’autre part, leur gestion de l’eau est freinée par des infrastructures et des réseaux défectueux, voire une méconnaissance de son utilisation dans le cadre d’activités de production par exemple. Enfin, l’eau est au cœur d’enjeux politiques stratégiques, devenant un véritable outil de pression et une arme de guerre, dont les premières victimes sont comme toujours les populations civiles, particulièrement dans les zones défavorisées et fragiles.

Le réchauffement climatique
On en parle, on en parle. Mais de la prise de conscience à l’action, du chemin reste à parcourir. Le constat est pourtant sans équivoque et irréversible. Jean Jouzel, directeur de recherches au CEA et vice-président du groupe scientifique du GIEC rappelle l’urgence de la situation :  » Il est acquis que le réchauffement climatique des dernières décennies a déjà des conséquences perceptibles. (…) Les impacts sont très susceptibles d’augmenter dans tous les secteurs, ressources en eau, santé humaine entre autres, et de forcer des populations entières à devenir des réfugiés climatiques.  »
Hausse des températures, assèchement progressif des sols, intensification des cyclones, élévation du niveau des mers, vagues de chaleur, etc, le processus est enclenché, et risque de remettre en question la vie et la survie de millions d’hommes supplémentaires.

Une responsabilité collective
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose de le rendre possible ! Ce qui dépend des hautes instances, dirigeantes et décisionnaires dont chaque action conditionne davantage l’équilibre ou le désordre mondial. Cela passe aussi par chacun d’entre nous ; avec des réflexes simples au quotidien (prévenir les fuites d’eau, adapter sa consommation, limiter le gaspillage, recycler, récupérer l’eau, limiter l’usage de produits polluants pour protéger l’environnement, etc) : le moindre geste compte.

Santé, habitat, industrie, économie, environnement, ressources, etc, tous les domaines liés de près ou de loin à la vie de l’homme sont menacés par une détérioration de la qualité de l’eau et une diminution de ses réserves. Loin d’un catastrophisme clinique, cet état des lieux avéré est un défi que l’humanité se doit de relever maintenant.  » Future  » ou  » no future  » ? Là est la réponse.

www.unesco.org/water & www.who.int/topics/water/fr
Voir aussi post 22 mars 2007

Histoires d’eau_histoire d’hommes

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au coeur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, économiques et politiques. En cette Journée mondiale de l’Eau, l’UNESCO appelle à la prise de conscience.

Gaspillage, pollution, réchauffement climatique, pauvreté, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences- directes de la pénurie d’eau. Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0.5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. Il ne s’agit donc pas tant de quantité que de répartition et de qualité exploitable. Une donnée essentielle pour comprendre l’urgence de la situation et son importance sur la durabilité de notre environnement et de notre développement.

Un enjeu vital
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable, causant chaque année près de 7 millions de décès dont celui de 2 millions d’enfants. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.
Dans les pays les plus pauvres, principalement en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour rendre l’eau accessible, la traiter et la purifier. D’où la prolifération exponentielle des maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra), la famine… Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Une crise planétaire
Les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation- favorisent la réduction des niveaux d’eau. Parallèlement, la pollution liée notamment aux rejets de produits industriels détériorent la qualité de l’eau et de l’environnement.
Dans certains pays, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles. Les habitants de ces derniers n’ont pas accès à l’eau courante et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution coûtant jusqu’à 10 fois plus cher que ceux des services publics.
Autant de raisons qui doivent engager les Etats et les responsables des réseaux de distribution à garantir et faciliter l’accès à une eau douce, assainie et potable pour tous, unis dans une politique responsable locale et nationale.

Le pouvoir et l’interdépendance
Le manque d’eau a des conséquences sur le développement économique, l’accès à une activité rémunérée (notamment pour les femmes auxquelles incombent dans certains pays, l’approvisionnement en eau et le soin des enfants malades), les inégalités, l’autonomie des populations.
Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, voire devenir un dangereux moyen de pression. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

L’urgence à long terme
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous, négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples, consommer et utiliser moins et mieux, mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.