L’Expo ‘Le droit d’apprendre’ à la Maison de l’Europe

Bonne nouvelle : après Bordeaux en 2016, l’exposition « Le droit d’apprendre »* est à la Maison de l’Europe, à Paris, jusqu’au 1er avril 2017. Un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible.

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Lutte contre le chômage, égalité des droits, responsabilité sociale et éducative… Quels sont les enjeux de la formation tout au long de la vie ? Comment consolider ses compétences, évoluer, sécuriser les parcours ? Comment apprenants et formateurs construisent-ils ensemble un parcours d’autonomie et de réussite ?

“ La notion de formation continue, telle un mouvement, est inhérente à Turbulences !, à l’image de l’intermittence du spectacle. C’est fondamental pour maintenir une dynamique, consolider et explorer. C’est ce qui permet le maintien et l’évolution des niveaux de qualification de la structure et des personnes. ” – Philippe Duban (Turbulences!)

Extraites de plusieurs reportages, les photographies – légendées de nombreux témoignages de formateurs et d’apprenants – mettent en lumière l’engagement d’organismes de formation pour adultes et d’entreprises d’insertion auprès de personnes parfois fragilisées. Elles valorisent les apprenants dans leur démarche d’apprentissage. Elles évoquent la diversité des pratiques des formateurs. Elles humanisent un droit qui participe à l’amélioration des compétences et au bien-être de chacun ainsi qu’à la stabilité et à la qualité de vie de l’entreprise.

Du 3 au 30 mars 2017
Exposition « Le Droit d’apprendre » : Maison de l’Europe. 35-37, rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris. Tous les jours, week-ends inclus, de 14h à 18h : entrée libre.
D’autres expositions sont à suivre en 2017 en France.

*Avec le soutien de l’agence Erasmus+France Éducation Formation/EPALE, qui m’a confié ce beau projet collectif dans le cadre de ses actions liées à la l’éducation et à la formation des adultes. En collaboration avec Turbulences!, Langues Plurielles et la Table de Cana, sujets au sens plein du terme de ce travail que je remercie tout autant. Tirages Picto Paris.


Coulisses : la lutte contre l’illettrisme et exclusions associées et l’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi pour tous est un nombreux enjeux sur lequel je travaille depuis plusieurs années. L’exposition « Le droit d’apprendre » résulte de nombreuses semaines de travail collectif, tant pour sa préparation que pour – la réalisation des prises de vues pour valoriser au mieux chaque structure, les liens humains entretenus, les ateliers et actions mis en œuvre, – les recueils de témoignages pour incarner et donner la parole aux personnes impliquées – le choix et la préparation des images – la synthèse des textes – la réalisation des maquettes photos/textes et le suivi de fabrication enfin.

« Handicaps, faire face » : l’expo

Nouveau : j’ai le plaisir de vous annoncer que le projet Handicaps : faire face, réalisé avec le CASVP, a été inauguré. Il commence sa diffusion sous la forme d’une exposition en mars (me contacter pour le lieu). En images et en témoignages, des agents du CASVP s’exposent et livrent leur regard sur le handicap, notamment au travail. Des visages reflet d’une vraie noblesse du cœur. Des mots sensibles et lucides qui nous permettent d’en apprendre plus sur une nécessité d’adaptation permanente, des souffrances contenues et une envie de partager pour avancer ensemble, à égalité. Pour en savoir plus > cliquez ici.

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© Virginie de Galzain

Divines : deux talents bruts

Encore un prix d’interprétation, archi mérité, pour le duo de choc de Divines : Déborah Lukumuena (César de la meilleure actrice dans un second rôle) et Oulaya Amamra (César du meilleur espoir féminin), deux fortes personnalités habitées par leur rôle et d’une présence inouïe. Je n’ajouterai rien de plus car c’est à regarder / écouter pour en saisir la pleine mesure. La bande annonce donne le ton mais ne vous arrêtez surtout pas là. Si vous n’avez pas vu le film en salle, séance de rattrapage impérative en VOD !

Quant à Houda Benyamina, la réalisatrice de Divines, elle a remporté le César de la meilleure première œuvre (pari sur Grand Corps Malade et Mehdi Idir pour Patients en 2018) après avoir déjà reçu le prix du meilleur premier film aux Lumières de la presse étrangère 2017 et la Caméra d’or au festival de Cannes 2016. Un beau et vrai défi pour celle qui a créé en 2006 l’association 1000 visages. Une structure innovante et engagée qui initie et forme les jeunes issus des quartiers populaires aux métiers du cinéma, détecte et accompagne des talents, tend à rendre accessible à tous le 7e Art et plus largement la culture tout en promouvant les valeurs citoyennes.

Exposition ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ à Périgueux

Le 1er décembre 2016, le Détachement du Service militaire adapté (DSMA) fêtait ses 20 ans au musée d’art Vesunna de Périgueux sous le haut patronage d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-Mer.

Pour accompagner cet événement, je suis très heureuse que vous annoncer que l’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs* est présentée à Périgueux pendant 5 semaines.
• Du 29 novembre au 4 décembre 2016 : Musée d’art Vesunna, parc de Vésone, 20 rue du 26e régiment d’Infanterie, Périgueux. • Du 7 décembre 2016 au 3 janvier 2017 : Hôtel de Ville 23 rue du Président Wilson, Périgueux. Entrée libre. (*tirages à l’agrandisseur : Andres Romero)
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L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine

J’ai le plaisir de vous annoncer que ma prochaine exposition – « Le droit d’apprendre » – sera notamment présentée lors des Journées européennes du Patrimoine 2016 par l’agence Erasmus, à Bordeaux.

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« Le droit d’apprendre »* est un projet photographique destiné à informer, sensibiliser, montrer de l’intérieur l’importance d’un droit fondamental : le droit à la formation pour tous, à tout âge, quelles que soient ses compétences. Un bien commun qui doit être diffusé, connu et accessible. Lire la suite « L’exposition ‘Le droit d’apprendre’ aux journées du Patrimoine »

Violences sexuelles en RDC : création ‘Rentrez chez vous et racontez’

Depuis plus de 20 ans, l’est du Congo est ravagé par des combats sans fin entre milices et bandes armées. Les femmes et les enfants en sont les premières victimes, détruites de l’intérieur par des violences sexuelles insoutenables. En France, deux comédiens âgés de 27 ans – Claudia Mongumu* et Charles Meunier* – sont leur relais et donnent leurs voix depuis près de 4 ans à celles et ceux qui n’en ont pas. Des voix pudiques et brutes à entendre lors du colloque «Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République démocratique du Congo (RDC) », le 9 mars à Paris. Photos et entretien croisé avec les deux interprètes autour d’une création engagée : Rentrez chez vous et racontez.

Claudia Mongumu/Charles Meunier, 7 mars 2016, repetition Rentrez chez vous et racontez
Claudia Mongumu & Charles Meunier © Virginie de Galzain

• Comment est né Rentrez chez vous et racontez ?
Claudia : Rentrez chez vous et racontez a vu le jour dans le cadre de Créer pour agir, un événement organisé en novembre 2012 par l’association Voix/es Alternatives que j’ai co-fondée la même année. Il est né de la volonté de dénoncer l’utilisation de violences et mutilations sexuelles comme arme de guerre, une arme de « destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté » comme le dit le docteur Denis Mukwege*, notamment au Congo. Un Congo déstabilisé à l’Est par les suites du génocide du Rwanda, théâtre de guérillas incessantes et de barbaries tues, quasi impunies sur le plan national et international depuis plus de 20 ans.

Le titre reprend la phrase lancée par certaines milices Lire la suite « Violences sexuelles en RDC : création ‘Rentrez chez vous et racontez’ »

L’expo ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs’ aux Invalides

L’exposition extraite du photoreportage Le SMA : un enjeu d’avenirs, était présentée aux Invalides le 4 février 2016 à l’occasion d’une soirée spéciale du Service militaire adapté, que je remercie sincèrement à nouveau. (tirages à l’agrandisseur Andrès Romero)

Je vous invite à consulter le site présentant des extraits de ce travail qui me tient particulièrement à cœur unenjeudavenirs.wordpress.com, avec ses enjeux, des images inédites, des extraits de témoignages révélateurs des réalités de vie de jeunes qui se portent volontaires pour apprendre un métier au SMA, mais aussi de l’investissement des militaires qui les accompagnent pendant leur formation. Un reportage qui va bien au-delà de l’envie d’informer qui fait partie intégrante de mon métier et qui répond à un engagement personnel de long terme d’alerter sur la nécessité urgente de permettre à tous de bénéficier d’une éducation et d’une formation égalitaire (et non identique).
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                                    Salons du Gouverneur militaire de Paris/Invalides © Virginie de Galzain

Expo en cours de fabrication !

Les tirages de l’exposition extraite du reportage réalisé au régiment du Service militaire adapté de La Réunion sont prêts. Magie du baryté traditionnel, à l’agrandisseur… (par Andrès Romero !). Étape suivante : scan chez I-labo…

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La loi du marché : Vincent Lindon primé !

Enfin ! L’IMMENSE acteur/homme Vincent Lindon prix d’interprétation masculine Cannes 2015 pour le film La loi du marché, de Stéphane Brizé. Un film à voir absolument tant pour la force du sujet qu’il porte – le chômage – et la place qu’il redonne à celles et ceux qui luttent au quotidien pour rester dignes, que pour ses interprètes.

Notre histoire

 » Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » — Frantz Fanon

kreyolfactory 04_virginiedegalzainExtrait d’une série réalisée pour Maloya.org, expo Kréyol factory (La Villette, 2009) © Virginie de Galzain

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour Lire la suite « A voir : l’expo ‘Paris Magnum’ »

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par Lire la suite « L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan »

PHOTO : ‘Family love’, de Darcy Padilla

Récompensé notamment par le prix Eugene Smith en 2010 et deux World Press (2011 et 2012), Family love (ex Julie project) de Darcy Padilla vient d’être publié aux éditions de La Martinière, en coédition avec la revue 6 mois. Réalisé sur une période de 18 ans, ce « portrait photographique » unique raconte la vie de Julie jusqu’à sa disparition. Une vie faite de combats incessants et de violences multiples, avec, en fil rouge, un besoin Lire la suite « PHOTO : ‘Family love’, de Darcy Padilla »

PHOTO : The Manhattan darkroom

The Manhattan darkroom est une rétrospective inédite et unique du photographe et photojournaliste français Henri Dauman. L’exposition vient de commencer, elle est visible pour un mois seulement au Palais d’Iéna, à Paris. Voici quelques indices…

En 1950, après avoir échappé à la rafle du Vel’d’hiv’ et perdu père et mère, Henri Dauman part définitivement vivre à New York où il devient rapidement photographe pour les plus grands médias internationaux. Soixante ans plus tard, c’est une sélection (drastique) de près de 200 photos d’archives qui nous est présentée.
Profonds noir et blanc et couleurs justes, planches et publications évoquent ou décryptent plusieurs décennies de l’histoire politique, sociale, économique et artistique des États-Unis. Dans le désordre et sans exhaustivité aucune : Kennedy et  Khrouchtchev. Des portraits inattendus de Fellini, Delon, Bardot, Giacometti. Le Viêt Nam. Les yeux de Liz Taylor et une sublime photo de rue de Saint-Laurent. Les grands mouvements de contestation (féministes,  anti-ségrégation, etc). Les figures du jazz et la contre-culture. La société de consommation, l’essor de la petite bourgeoisie et celui des laissés-pour-compte. John Lindsay. Warhol… Sans oublier quelques séquences comme on en voit très rarement.

Reportage, portrait, photo de rue, … Henri Dauman maîtrise les genres et traverse son temps avec une très grande liberté de représentation : directe, informative, icônique ou cinématographique, critique voire incisive ou décalée, mais toujours personnelle. Pour ne pas oublier que la photo est avant tout un regard porté sur… Qu’elle est aussi un laboratoire où il faut oser expérimenter, se faire plaisir, du plus conventionnel au plus inédit. Je ne connaissais pas Henri Dauman. Que dire… : courez-y !


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INFOS
The Manhattan darkroom. Jusqu’au jeudi 4 décembre 2014. Palais d’Iéna (Conseil économique, social et environnemental) : 9 place d’Iéna, 16e. Du lundi au samedi de 10h à 18h (jusqu’à 21h le jeudi). Dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

– Le site d’Henri Dauman : http://daumanpictures.com
– Le site de l’exposition : www.manhattan-darkroom.com

DOCUMENTAIRE À voir : Se battre !

 

 » Les gens ne peuvent pas savoir ce que c’est que de partir le matin au boulot et de se dire : Putain, mais qu’est-ce qu’ils vont manger mes gosses ce soir ? Faut y passer pour comprendre… « .

Sorti au cinéma en mars 2014, le documentaire Se battre, de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana est désormais disponible en VOD et en DVD. Tourné à Givors (Rhône), il suit le quotidien d’hommes et de femmes qui résistent chaque jour pour avoir ou garder un travail et un logement, pour nourrir leur famille ; qui se battent pour continuer à guider leur vie, et celle de leurs enfants, avec espoir et sens. Un film dont les acteurs pourraient être vous et moi, dans leur propre rôle, habités de dignité et de courage, de solidarité, de rage de vivre comme tout le monde.

Ce quotidien n’est pas une exception : il concerne des millions de Français qui vivent à quelques euros près par mois, dans notre pays. Vivre à quelques euros près, c’est devoir surmonter l’insécurité, l’inquiétude, la pauvreté ; se serrer la ceinture en permanence pour subvenir à ses besoins vitaux et payer ses factures ; connaître la faim parfois et l’aide alimentaire du Secours Populaire ; ne plus pouvoir lire parce qu’on ne peut pas faire renouveler ses lunettes ou avoir froid car se chauffer devient un luxe.

Le regard de la société, quant il se fait dur et blessant, exclut. Mais l’absence de tout regard tue. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à valoriser ceux que l’on ne voit pas avec une démarche profondément humaine face à l’indifférence, aux idées reçues, au mépris, à la banalisation de situations inacceptables. Vous trouverez plus bas un extrait de la note d’intention des deux auteurs de ce témoignage de vie(s), car personne, surtout pas moi, ne dira mieux qu’eux et que ses acteurs ce que ce film représente. Comme le dit Laurence dans les premières minutes du documentaire : « Faut y passer pour comprendre ». Car il faut réaliser ce que signifie l’obsession de s’en sortir, le plaisir de travailler et l’envie d’exister au-delà de la survie, face à des suspicions indécentes chroniques « d’assistanat », dans son acception la plus humiliante.

La dépendance des personnes en difficulté est de plus en plus forte. La priorité est d’adapter le marché aux nécessités humaines et environnementales pour dépasser, précisément, le stade de la survie. Mesdames et messieurs les Ministres, dirigeants, décideurs présents et à venir, étudiants amenés à exercer ces fonctions : à défaut « d’y passer », vous aussi regardez. Pour mieux décider et tendre vers le mieux vivre possible pour tous, particulièrement ceux qui en ont le plus besoin.

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Extrait de la note d’intention :

 » Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres  qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.  » — Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

LE SITE DU FILM : www.sebattre.com
LE DVD : éd.Blaqout http://boutique.blaqout.com
OÙ VOIR LE FILM ? www.sebattre.com/projections

Reportage de guerre : Michaël Zumstein

Être vigilant, donner un point de vue, réaliser des images qui ont du sens et résister à la demande/consommation de photos sensationnelles qui n’informent pas et banalisent. Garder à l’esprit le risque de manipulation. Rester en vie aussi…

Lire l’interview du photographe Michaël Zumstein : Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne. (Nouvel Observateur, 30 août) : « Pour sa 26e édition, le festival Visa pour l’image de Perpignan expose ses photos sur le conflit centrafricain dans une série intitulée « De terreur et de larmes. » Un reportage au long cours de plusieurs mois, commencé début septembre 2013, à l’aube de la lutte armée qui allait opposer la Séléka, mouvement rebelle à majorité musulmane, et les anti-balaka, milices chrétiennes d’autodéfense. De la formation des milices aux multiples exactions commises par les deux camps, le photographe a suivi toutes les évolutions du conflit dont…

Le site de Michaël Zumstein : michael-zumstein.com

L’expo Illettrisme : droit de savoirs au forum Défense/Illettrisme

Post un peu tardif faute de temps (!)… Pour sa 4e diffusion, l’exposition extraite du reportage Illettrisme : droit de savoirs est présentée le 20 juin au forum Défense/Illettrisme qui se tient aux Invalides, salle Turenne. Sous le haut patronage de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration (SGA), il est organisé par la direction du service national (DSN) – que je remercie – en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale/DEPP.

Télécharger le pdf de l’exposition

Street art : Les mains de JonOne

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Installation de l’œuvre Stay awake à l’hôpital Bichat, janvier 2014

JonOne naît et grandit à Harlem où il réalise ses premières œuvres. Peintre graffiti autodidacte, il évolue dans l’univers libre de la rue où il se forge une identité. Ses toiles monumentales sont des flash abstraits de couleurs, la traduction d’un mouvement urbain, de son énergie. Exposé dans le monde depuis les années 90, l’art est pour lui une expression de ses émotions et de sa vie, qu’il associe régulièrement à une dimension sociale. En 2011, il a réalisé une fresque hommage à l’Abbé Pierre dans le square des Deux-Nèthes à Paris, visage calligraphié autour de l’appel de l’hiver 1954. En janvier dernier, il faisait don de son œuvre Stay awake à l’hôpital Bichat : une toile de 10 mètres de long pour inviter au voyage, faire évoluer les codes d’exposition, être un lien insolite entre différents lieux et situations de vie.

PHOTO : Saul Leiter, hommage

« Voir des choses auxquelles vous n’aviez jamais prêté attention auparavant. Considérer le monde autrement. Continuer à photographier pour le plaisir. Trouver la beauté où elle est, parfaite ou imparfaite… » (Saul Leiter)

Le photographe américain Saul Leiter est décédé à la veille de ses 90 ans. Douceur, élégance, délicatesse, onirisme sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour caractériser ce regard et ses photographies uniques, que l’on ne peut comparer à aucun(es) autre(s). Humilité, discrétion, humour et générosité seraient pour l’homme.

Né en 1923, le photographe américain fut l’un des premiers à jouer le jeu de la couleur à la fin des Années 40, à une époque où le noir et blanc domine – la couleur étant réservée à la publicité et non à l’art ou au documentaire. Étrangement méconnu, il avait été exposé pour la première fois en France à la Fondation Henri Cartier Bresson, au printemps 2008, puis à la galerie Camera Obscura, et au musée Nicéphore Niépce en 2009.

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Photographe de mode, Saul Leiter était aussi un photographe « de rues ». Celles de New York, prises à hauteur d’homme, humanisant de façon inédite une ville labyrinthique aux proportions déjà gigantesques. Cet univers pictural et ce sens inné et fascinant de la couleur (Saul Leiter était aussi peintre) et du noir et blanc mettaient en valeur des images personnelles, parfois intimes. Des images de tous les jours, des touches de paysages urbains, des tableaux de vie qui évoquent des quotidiens, des personnes, de façon discrète et apaisante.

Une atmosphère, vivante, presque palpable, sensorielle ou sensuelle dont on semble avoir étouffé les bruits pour se concentrer sur chaque sujet. L’écriture photographique est imprégnée d’une chaleur et d’une douceur inédite, dévoilant un autre visage de la ville et de la vie.

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Une œuvre à regarder inlassablement dans les rares mais beaux ouvrages édités chez Steidl. Un photographe découvrir dans le documentaire sorti en septembre 2013 : In no great hurry, 75 minutes d’entretien avec un homme enjoué, concentré sur sa passion comme art de vivre au sens plein du terme, la recherche d’extraits d’une certaine beauté du monde. Il était loin des agitations médiatiques, courses à la visibilité et illusions de succès, loin des nouvelles technologies, de la vitesse, du sensationnel. Ce qui comptait, c’était la photo, le temps, les autres.

LE SITE + LIEN ACHAT DVD :
In no great hurry, 13 lessons in life de Tomas Leach, 18 € environ
LES LIVRES :
Early color, 168 p., éd.Steidl, 38 €
Early black and white, éd.Steidl, 75 €
Saul Leiter by Saul Leiter, 152 p., éd.Steidl, à chercher en occasion.

Trailer de In no great hurry

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

Illettrisme : en attendant la 3e expo…

 » J’ai encore beaucoup à faire pour savoir bien lire et écrire. J’aime apprendre, j’ai envie d’être quelqu’un de cultivé, mais c’est dur. (…) Ce qui compte le plus pour moi, c’est la liberté, de pouvoir faire des choix. » (M., 20 ans, 2011)

En attendant la 3e exposition en cours de préparation pour septembre avec la direction du service national, une archive extraite du reportage Illettrisme, droit de savoirs illustre un article consacré à l’association Savoirs pour réussir Paris association au sein de laquelle j’ai réalisé une partie du projet en 2011. L’article est paru dans le magazine trimestriel A Paris de l’été 2013, rubrique Solidarité.

lutte contre illettrisme_a paris_ete 2013_savoir pour reussir_virginie de galzain copieAtelier d’écriture, SPR Paris, 2011 ©Virginie de Galzain

Exposition « Illettrisme : droit de savoirs ».2 !

Pour la 2e diffusion, c’est la la Ville d’Aubervilliers qui accueille l’exposition Illettrisme : droit de savoirs* du 17 novembre au 14 décembre 2012. Elle est extraite du photoreportage du même nom que j’ai réalisé en indépendant sur de très nombreux mois en 2011, le seul de long terme dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

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Elle sera successivement accrochée dans le hall  de l’Hôtel de Ville, puis au Centre communal d’action sociale (CCAS) à partir du 23 novembre après-midi pour finir au 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Très engagée dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme, Aubervilliers a mis en place un Plan local en partenariat avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme). Elle a rejoint le collectif initié par l’Agence pour la demande de label grande cause nationale 2013 : une cause urgente qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays.

Trois millions de personnes qui ont été scolarisées en France mais ont perdu ou mal acquis la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la lecture et du calcul. Auxquelles s’ajoutent près de 40 000 jeunes en situation d’illettrisme détectés chaque année par la Direction du service national (tests réalisés au cours des journées Défense et Citoyenneté). Autant d’hommes et de femmes répartis sur tout le territoire qui se trouvent aujourd’hui dans une situation cachée, taboue, fragilisante inacceptable. Une réalité qui constitue une inégalité des droits en matière d’éducation, de formation, d’emploi, et qui conditionne la vie au quotidien.

> Exposition du 17 novembre au 14 décembre 2012 :
– Mairie d’Aubervilliers, 2 rue de la commune de Paris : du 17 au 23.
– Puis à quelques mètres au CCAS : 6 rue Charron, 1er étage : à partir du 23 novembre. Et 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Entrée libre.
> Le site du photoreportage : droitdesavoirs
> Soutenir la demande de label Illettrisme, grande cause 2013 : www.illettrisme2013.fr
> Lire les 8 pages consacrées au reportage dans le magazine Déclic photo

* tirages baryté traditionnels Andrés Romero
La 1ere exposition a eu lieu à l’espace 11-13 chapelle, 2 impasse du Curé, 75018

Exposition ‘Illettrisme : droit de savoirs’ 1

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’exposition Illettrisme : droit de savoirs*, issue du photoreportage que j’ai réalisé en indépendant sur l’année 2011, voit le jour. Deuxième volet d’un travail photographique sur les différences invisibles, c’est le seul reportage en photographies et recueil de témoignages dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

Mêlant photographies et recueils de témoignages, elle met en lumière de façon indissociable la détection de l’illettrisme chez les jeunes (direction du service national), et la prise en charge indispensable des 16-25 ans pour les accompagner vers l’avenir (suivi de l’association Savoirs pour réussir Paris).

Présentée par l’espace linguistique 11-13 Chapelle avec le soutien de la mairie du 18e arrondissement, l’exposition a lieu jusqu’au 15 novembre 2012. J’espère vous y (re)voir à cette occasion. Elle sera ensuite disponible à la location.
* Tirages baryté traditionnels de l’excellent Andrés Romero / L ’œil complice

Jusqu’au 15 novembre 2012 (samedi 6, 13 et 20 octobre 2012 de 10h à 18h en présence de la photographe).
Espace 11-13 Chapelle. 2, impasse du Curé. 75018 Paris (M° Marx Dormoy, l.12)

VOIR LE SITE DU REPORTAGE : https://droitdesavoirs.wordpress.com.

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À qui s’adresse ce sujet ?
– À tous, sans distinction, parce qu’il s’agit d’un sujet qui touche tous les domaines de la vie sociale quotidienne.
– Aux acteurs de l’Emploi, afin de faire de la lutte pour l’égalité des droits et contre les exclusions une priorité nationale et sans frontières.
– Aux acteurs de l’Éducation, afin de favoriser une action transversale concrète des problématiques liées à l’illettrisme.
– Aux acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en reconnaissance de leurs actions et pour faire reconnaître l’importance et le succès de leurs actions. Pour les inscrire comme partenaires majeurs et référents dans un combat pour les droits fondamentaux que sont la liberté et l’égalité, l’éducation et l’emploi. Pour leur apporter une base de retours de la part des personnes concernées par l’illettrisme.
– Aux acteurs de l’Intérieur, car une scolarité réussie est un facteur essentiel d’intégration de tous, de lutte contre la délinquance, contre la ghettoïsation, contre la stigmatisation des jeunes.
– Aux personnes touchées par l’illettrisme ou en cours d’acquisition des savoirs fondamentaux, d’une formation professionnelle complémentaire pour les valoriser, afin qu’elles réalisent que l’on peut les aider, qu’elles peuvent s’en sortir et être fières.

Pourquoi une exposition ?
– La photographie a un rôle fondamental car elle permet de prendre le temps : celui de s’arrêter, de regarder, de réfléchir, de s’identifier. Elle est un face à face immédiat avec l’Autre, un relais, un dialogue, une communication au sens noble du terme. Elle confère aussi des dimensions de présent et d’avenirs possibles, donc de durabilité.
– Elle met en avant les différents enjeux du sujet, en photographies et en recueil de témoignages.
– Elle valorise tous ceux qui ont participé au projet et fédèrent de fait toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’illettrisme, tous ceux qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie desdites personnes et pour leur intégration au sein de la société.

Cette première exposition est réalisée à l’initiative du Cefil, de Langues plurielles et 11-13 Chapelle, avec le soutien de la Mairie du 18e arrondissement. Elle sera ensuite disponible à la location. Participer à la diffusion de ce projet, c’est informer autrement et concrètement sur une question de société humaine, éducative, professionnelle, citoyenne prioritaire.

Expo ’47, portraits d’insurgés’ à Paris_Raharimanana & Pierrot Men

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.
Art, Histoire et Mémoire. Après avoir été exposé au festival d’Avignon 2009 et à l’université de Nanterre (2011), 47, portraits d’insurgés est à voir absolument jusqu’au 27 mai au Lire la suite « Expo ’47, portraits d’insurgés’ à Paris_Raharimanana & Pierrot Men »

Pierrot Men : le livre, le site, une expo !

Le photographe Pierrot Men (voir posts ici, ici, ici, ) a enfin sa première monographie : Chroniques malgaches. Sur 128 pages, plus de 80 photographies, dont certaines inédites, sont à découvrir en noir et blanc et en couleur. Après un lancement remarqué à Paris photo 2011, quelques-unes de ses images sont exposées sur les murs de Lire la suite « Pierrot Men : le livre, le site, une expo ! »

L’expo Vivre avec le VIH à Ivry-sur-Seine

L’expo photo Vivre avec le VIH/Sida est tout le week-end à « Ivry en fête ». Elle sera ensuite exposée au Point Information Jeunesse de la Mairie, en parallèle de Solidays. Elle est extraite du reportage indépendant que j’ai effectué pendant plusieurs mois. C’est la 7e exposition de ce travail en France. Télécharger la présentation du projet .
Voir le diaporama

Sandra, 19 ans/Vivre avec le VIH/Sida ©Virginie de Galzain

Les 18 et 19 juin: Ivry en fête, Espace Jeunesse de 14h à 19h et jusqu’au 27 juin 2011 au Point information jeunesse : 3-5 rue Raspail, 94200 Ivry-sur-Seine.

PHOTO 47, portraits d’insurgés : le livre

Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.
En 2008-2009, le photographe Pierrot Men et l’écrivain Raharimanana réalisent un travail de mémoire associant photographies et textes : 47, portraits d’insurgés. Ce dernier présente les portraits et recueils de témoignages des derniers rebelles de (19)47, une insurrection anticoloniale dont la répression, les tortures, massacres et exécutions sommaires ont meurtri des familles entières et causé plusieurs dizaines milliers de morts à Madagascar. Lire la suite « PHOTO 47, portraits d’insurgés : le livre »

EXPO Vivre avec le VIH, à Chalon/Saône

L’exposition extraite du reportage que j’ai effectué sur la vie avec le VIH-Sida pendant plusieurs mois (télécharger pdf de la présentation) poursuit son chemin. Après plusieurs diffusions en 2010 (voir onglet Expos), elle est à la mairie de Chalon-sur-Saône du 1er au 22 29 avril. Elle est par ailleurs intégrée à la programmation de la semaine de lutte contre les discriminations de la Ville, qui se tiendra du 11 au 16 avril.

Je remercie à nouveau les nombreux patients et les membres de l’équipe médicale du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP pour leur confiance et leur aide, et tous ceux qui me soutiennent via la diffusion de ce projet.

Je suis sur un autre sujet depuis plusieurs mois, retour au film noir et blanc cette fois. A suivre.

Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida ©Virginie de Galzain

Mairie de Chalon/Saône : 03 85 90 50 50. Tirages d’exposition : PICTO Bastille/Paris. Parrainage : association internationale de photographie sociale Sophot/Pour que l’esprit vive. Contact vdegalzain.gmail.com

EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.

Art, Histoire et Mémoire. Après avoir été exposé au festival d’Avignon 2009, 47, portraits d’insurgés est à voir absolument jusqu’au 5 avril à l’université Paris Ouest Nanterre/La Défense. L’exposition sera au centre de nombreux débats, projections, rencontre et lectures. Pour l’occasion, je remets en ligne l’article dédié que j’avais posté en juillet 2009 après plusieurs heures d’entretiens avec les 2 auteurs. J’espère que de très nombreux autres suivront, car ce travail est essentiel et remarquable.

> Quand Raharimanana, écrivain et dramaturge, s’associe au photographe Pierrot Men, cela donne 47, portraits d’insurgés, un duo image/texte d’une force inédite. Une Lire la suite « EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana »

Photo : festival Circulation(s)

Circulation(s), c’est « le » nouveau festival porté par l’association Fetart, qui fait partie des nouvelles références françaises sur la scène de la photographie contemporaine. Son ambition : faire découvrir des talents de la jeune photographie européenne pour Lire la suite « Photo : festival Circulation(s) »

PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées

Deux expositions dédiées au photojournaliste Paolo Pellegrin sont prolongées en février. Depuis plus de 15 ans, Paolo Pellegrin s’attache à témoigner des injustices et des souffrances qui bouleversent et détruisent le quotidien des hommes. Ses photos sont comme des cicatrices éternelles du monde et de l’Histoire, invitations pressantes à regarder et à réfléchir, à savoir.

Qu’il couvre des conflits au plus près de la barbarie ou qu’il réalise des photos de mode ou des portraits des célébrités de notre temps, Paolo Pellegrin garde toujours l’essentiel : la vérité de l’instant et sa relation à l’être humain. Rendez-vous Lire la suite « PHOTO. Paolo Pellegrin : expos prolongées »

PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite

À la suite du photoreportage réalisé pendant plusieurs mois au sein du service Immunologie de l’HEGP avec l’autorisation exceptionnelle de l’AP-HP, plusieurs expositions ont été commandées depuis juin 2010 (voir onglet Expositions). J’ai le plaisir de vous annoncer la poursuite de la diffusion du projet Vivre avec le vih (télécharger le pdf de présentation).


Extrait du reportage Vivre avec le vih-sida
©Virginie de Galzain

POURQUOI CE SUJET : initié en 2008, ce projet a vu le jour en 2009. C’est le premier volet d’un projet photographique de long terme sur les différences invisibles, multiples, parfois taboues, qui conditionnent la vie au quotidien. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature sur ce sujet en France. ▪ Les questions liées à cette maladie d’ampleur mondiale sont universelles, avec comme enjeu : la vie et l’acceptation de tous dans la société. Près de trente ans après la découverte du VIH, la discrimination persistante à l’égard Lire la suite « PHOTO : expos ‘Vivre avec le VIH-Sida’ suite »

Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin

Co-fondateur du collectif Tendance Floue, représenté par la Galerie Baudoin Lebon,  Thierry Ardouin est de ces photographes qui prennent le temps : celui du monde qui les entoure, de la lumière, des atmosphères. Celui du regard libre, de l’exigence, des mots choisis. Le paysage est son territoire d’exploration, empreint de correspondances personnelles.

Sa nouvelle exposition, La bonne mauvaise graine vient de commencer au cœur de Paris. Totalement inédite sur la forme artistique, elle pose aussi une question de fond : celle de Lire la suite « Tendance Floue : zoom sur Thierry Ardouin »

PHOTO : Pierrot Men à Paris

Dans le cadre du Mois de la Photo off 2010, le collectif Demain nos enfants expose Madagascar. Michel Augendre, Marthe Lemelle, Corinne Kortchinsky et Didier Le Tennier signent les photographies de reportages sur deux associations locales (Graines de bitume et Feon’ny Fanantenana) qui agissent pour l’égalité des droits et des chances des enfants.

Le grand photographe Pierrot Men en est l’invité d’honneur. À la frontière de l’art et de l’émotion, de l’humanisme poétique et de la peinture sociale, il est la mémoire visuelle du peuple malgache depuis près de 30 ans. Il présente 40 photographies – dont Lire la suite « PHOTO : Pierrot Men à Paris »

Mœbius à la Fondation Cartier


Exposition Mœbius Transe-Forme/Fondation Cartier ©Virginie de Galzain

Réalisé dans le cadre d’un entretien avec Mœbius (à paraître), en lien avec l’exposition MŒBIUS TRANSE-FORME qui a lieu à la Fondation Cartier. Un homme fascinant, un auteur de bande dessinée multiple et génial au sens plein du terme, qui livre une œuvre aux métamorphoses élégantes, aux frontières de l’étrange, du rêve et du fantastique. La scénographie permet une immersion dans les profondeurs, les ambiances, les sens d’un univers mythique à (ré)explorer sans attendre. Plus de photos ici
Sincères remerciements : Jean Giraud, Linda Chenit et Matthieu Simonnet.

Exposition MŒBIUS TRANSE FORME. Jusqu’au 13 mars 2011. Fondation Cartier pour l’art contemporain : 261, bd Raspail, Paris 14e. Tél. : 01 42 18 56 50. http://fondation.cartier.com

Mode & liberté de la presse : tous les chemins mènent…

En 2009, il avait fait défiler un modèle incarnant l’espoir et le changement, portant une robe  impressions… Barack Obama. En 2010, le directeur artistique Guillermo Mariotto, de la célèbre maison de couture italienne Gattinoni, frappe à nouveau. Hier soir, en pleine semaine de la mode  AltaRoma AltaModa, c’est une mariée baillonnée d’un Lire la suite « Mode & liberté de la presse : tous les chemins mènent… »

DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien


Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

EXPO « La Russie : l’autre visage »

À voir ! Jusqu’au 11 juillet, a lieu La Russie, l’autre visage sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris. Organisée par le collectif du « off » de France-Russie 2010 avec Reporters sans frontières (RSF), l’exposition est la première à rassembler en France des ONGs ou mouvements de société russes, acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des Lire la suite « EXPO « La Russie : l’autre visage » »

PHOTO : reportage expo 1

D’après le reportage que j’ai réalisé au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP. Un travail photographique en immersion au cœur du lieu intime de la prise en charge des patients initié fin 2008, et réalisé en 2009.
Pendant plusieurs mois. De août à décembre 2009, j’ai pu suivre les patients Lire la suite « PHOTO : reportage expo 1 »

PHOTO Pierrot Men : chroniques malgaches

Les propos recueillis ci-dessous ne sont pas libres de reproduction et d’utilisation, comme l’ensemble des éléments figurant sur ce blog. Photos reçues et mises en ligne avec l’accord de Pierrot Men.

Lire la suite « PHOTO Pierrot Men : chroniques malgaches »

Christian Poveda : Alain Mingam raconte

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés le 2 septembre dernier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. À l’occasion de la sortie en DVD de La vida loca, documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, Alain Mingam (que je remercie encore), grand reporter, et ambassadeur du film, revient sur le tournage, les gangs maras, le Salvador, la violence dans les médias.

Près de 90 000 entrées en salle plus tard en France, le film est désormais disponible à la vente. Un regard sans concession, engagé et humain. À voir d’urgence.

interview réalisée  pour http://www.lmde.tv / images-montage Yannick Hanafi

Le DVD : 19,99 € (prix indicatif, sur fnac.com, amazon.fr…)
Le site Internet : www.lavidaloca-lefilm.fr

PHOTO : Zoom sur… JR

En attendant d’avoir le temps d’écrire un post digne de ce nom, un clin d’oeil à un photographe de 25 ans à la démarche unique : JR. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il incarne la photographie contemporaine, audacieuse, sans frontières dans tous les sens du terme, de l’engagement artistique pour les droits et la dignité de l’Homme à la démocratisation d’un art qui rassemble.

Loin de l’élitisme, il se nourrit de l’art urbain et créé le concept de l Lire la suite « PHOTO : Zoom sur… JR »

À lire : Cet autre, de Kapuscinski

 » Habitants de la planète, nous sommes tous des Autres face aux Autres : moi face à eux, eux face à moi « . (Ryszard Kapuscinski)

Cet Autre, une profonde réflexion sur « ce miroir dans lequel nous nous regardons » : l’Autre. Son auteur, Ryszard Kapuscinski (1932-2007) était un Grand reporter polonais. Un écrivain voyageur qui a passé près de 30 ans à couvrir ces événements qui restent dans les vies et l’Histoire, de la fin de l’Afrique coloniale en passant par la chute du Shah d’Iran, de l’Éthiopie au Mozambique, de la Bolivie au Pakistan, à l’Afghanistan… pour l’agence de presse polonaise.

Historien de formation, curieux inassouvi, son héritage littéraire est un celui d’un témoin de l’humanité, de ses bouleversements géopolitiques, économiques, sociétaux, structurels. Plus qu’un métier,  le journalisme était pour lui un devoir d’analyse ; une passion d’informer ; la mission engagée d’appréhender, de connaître, de comprendre, de restituer le monde  et d’aller à la rencontre de l’Homme.

Dans un monde profondément bouleversé par ce qu’on appelle la mondialisation, l’évolution  des modes de communication, l’affranchissement du colon et la redéfinition des frontières planétaires, la circulation des hommes et l’affirmation du métissage, Kapuscinski s’interroge sur cet Autre qui nous ressemble. Il a ses identités, ses repères, son histoire propres que nous érigeons parfois au rang de barrière. Des barrières qui prennent la couleur d’une peau, l’odeur de l’argent, la direction du nationalisme, le sens du fondamentalisme ou la trajectoire du plein pouvoir au point de nous empêcher de « voir », d’apprendre, de réaliser cet acte essentiel de la découverte de l’Inconnu, de  la (re)connaissance de l’Étranger.

Entre peur et espoir, isolement et ouverture, histoire, mémoire et avenir, les notions de respect, de bienveillance, de curiosité, d’humanité, d’égalité sont au cœur des questionnements liés à notre relation à l’Autre. Vivre ou ne pas vivre ensemble ?…


Cet autre, de Ryszard Kapuscinski. Éditions Plon. 18 €.
À lire également : Ébène, aventures africaines (10-18). Imperium (10-18). Le negus (Press pocket). Le Shah, ou la démesure du pouvoir (Flammarion). Neuf ou d’occasion, certains titres étant indisponibles à ce jour.

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

Stanley Greene : à voir, à lire

ON DOIT PRENDRE DES PHOTOS AVEC LE CŒUR, PAS AVEC LA TÊTE.

Vient de paraître : Black passport*, du photojournaliste Stanley Greene (voir aussi ce lien). Le jeu de questions/réponses proposé par mail – et non de visu – ne me satisfaisant pas à cette échelle… et l’interview forcée un jour de dédicace parisienne n’étant pas dans mes habitudes, il faudra se contenter de mes mots avant de vous précipiter en librairie (!) au moins “ pour voir”.

Né en 1949, photographe dit “ de guerre ”, Stanley Greene est surtout un photographe de la vie. D’une certaine vie, qui un jour dérape pour sombrer, faire sombrer dans le chaos, la douleur, la violence, la domination, la soumission, la mort. Au-delà du Lire la suite « Stanley Greene : à voir, à lire »

Reportage ‘Vivre avec le VIH-sida en France’

Télécharger la présentation du reportage.


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Exposition disponible à la location (précisions sur ce lien)
22 tirages argentique couleur 60×90 contrecollés dibond, 8 textes tirages alu 21×40

Ce reportage de plusieurs mois continus a été réalisé au sein du service immunologie de l’Hôpital européen Georges-Pompidou/AP-HP. C’est le premier volet d’un projet photographique indépendant de long terme sur les différences invisibles. C’est aussi le seul travail photographique de cette nature, sur ce sujet, en France.

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Extrait du reportage “Vivre avec le VIH Sida”  © Virginie de GALZAIN

Le VIH-Sida, ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui vivent aujourd’hui avec une maladie qui bouleverse la vie dans toutes ses dimensions : psychologique et physique, sociale, professionnelle, sanitaire et familiale. Près de trente ans après la découverte du VIH, si les avancées médicales sont considérables, la discrimination persistante à l’égard des personnes séropositives, les idées reçues, les tabous sont une réalité. Une situation qui peut occasionner un isolement et une dissimulation inacceptables. En France, 52 % n’ont pas révélé leur séropositivité à un membre de leur famille. Pourquoi en est-on encore là ?

Parce que le VIH-Sida ne se voit pas, ne se dit pas, mais est vécu souvent seul, de l’intérieur, l’exposition est un face à face intime avec les personnes séropositives. Elle donne à entrevoir, en photographies et en extraits de témoignages, la vie avec le virus, ici, en France.
Commencer un sujet lié au VIH-Sida en rencontrant des personnes séropositives dans un milieu hospitalier me paraissait indispensable. Depuis presque trente ans, c’est le lieu intime de la prise en charge des patients. Ils y ont des attaches fortes, de confiance et souvent affectives avec le personnel médical. C’est aussi un des rares endroits, parfois le seul, où ils parlent de leur situation sans barrière. Ce reportage est une immersion forte dans un univers où l’être humain est au centre de tout : de la relation humaine, de la relation médicale, de la prise en charge, de la mort, de la vie avec une égalité de traitement pour tous, dans la mesure des moyens disponibles.

Pendant plusieurs mois, j’ai pu suivre les consultations, les hospitalisations « court séjour », les bilans. Laisser la parole aux personnes séropositives sur leur quotidien. Suivre dans le même temps l’engagement du corps médical dans son combat pour la vie. J’ai ainsi croisé le chemin de plus d’une centaine de patients, et j’ai pu m’entretenir avec environ cinquante d’entre eux, de quelques minutes à plus d’une heure et demi. Des hommes, des femmes de 17 à 81 ans, français ou d’origine étrangère, homosexuels ou hétérosexuels, parents ou en projet de l’être, avec ou sans emploi, favorisés ou en situation de détresse, certains sans logement.

Dans le cadre de ce sujet, seuls les membres du personnel médical ont accepté d’être photographiés à visage découvert en vue d’une possible diffusion grand public. Concernant les patients, à l’exception d’un seul, le respect de leur anonymat a été une condition de ma présence. Et tous les témoignages ont été pris en notes. Le simple fait que ma présence soit acceptée était déjà pour moi un signe positif. J’ai décidé de me laisser guider par celles et ceux qui m’ont confié une part d’eux-mêmes et de rester fidèle à cette réalité : celle d’une maladie qui n’est pas écrite sur un visage, mais qui est supportée sans avoir pleinement le choix d’en montrer un.

Ma volonté : humaniser le sujet, l’établir dans sa réalité. Montrer que tout le monde peut être concerné. Ouvrir les yeux sur la nécessaire acceptation de toutes les différences pour permettre à chacun de vivre comme les autres au sein de la société. Voir ou ne pas voir les visages n’est pas une fin en soi. Les gestes, les positions du corps, des mains sont un autre miroir de l’âme. Ils traduisent, transmettent, livrent des états intérieurs, des sentiments. Ils communiquent intimement, sans artifice, sans frontière avec l’Autre.

Famille, vie privée, santé, emploi, niveau de vie… En évoquant des situations du quotidien, chaque histoire individuelle participe un peu plus à l’universalité du sujet. Ce qui compte, c’est le message, l’identité des parcours, la dignité que chacun offre.

Remerciements : Direction de la Communication de l’AP-HP, Service Immunologie de l’HEGP/AP-HP, personnel médical qui m’a accordé son savoir-faire et sa disponibilité et les patients, qui m’ont accordé leur temps et surtout leur confiance absolue, et pour qui j’espère faire et voir aboutir les projets prévus.

ARTICLES À TÉLÉCHARGER :

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DIAPORAMA Nuit Blanche_Impressions

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Photos & montage©Virginie de Galzain

Étincelles d’un nomadisme urbain : des impressions saisies au vol se font reflets d’individualités  ou d’intimités dans la ville au cours d’un événement culturel fédérateur. Le patrimoine devient un prétexte à se laisser guider par les autres, à figer des instants de partage ou de solitude, la place de l’homme dans le tissu social.

PHOTO Pierrot Men : un livret, une expo

Sortie d’un carnet photographique de Pierrot Men, grand photographe franco malgache, dont j’ai le plaisir de signer le texte à sa demande, un vrai cadeau. Un photographe d’exception pour qui j’ai une profonde admiration, tant au niveau artistique que personnel,  et c’est peu de le dire. Ceci explique cela…

Vous pourrez découvrir quelques-unes de ses œuvres (trop peu… en noir et blanc, et inédit, en couleur) dans ce titre ; un aperçu sensible et profond du quotidien dans toutes ses dimensions, dans toute son humanité et sa dignité : l’essence de Madagascar, où il est né et où il vit. Ses photographies sont la mémoire visuelle de l’Ile, un regard Lire la suite « PHOTO Pierrot Men : un livret, une expo »

Christian Poveda_vida loca !

Christian Poveda, photoreporter et documentariste, nous a quittés hier à 54 ans, assassiné au Salvador où il vivait. Son dernier documentaire sur le quotidien des gangs salvadoriens, La vida loca (La vie folle), sort en salle le 30 septembre. Ces liens www.lafemme-endormie.com/vidaloca (site du film) et http://www.agencevu.com/photographers (ses portfolios au sein de l’agence VU) parlent pour lui de ce qu’il était, de ce qu’il faisait, mieux que tout ce que l’on pourra en dire de beau aujourd’hui.

affiche_vida_loca_christian poveda

La Villette_projections…

En reportage photo pour quelques semaines dans un service hospitalier, petite pause en ces chaudes soirées d’été. Histoire de prolonger les plaisirs avec un fm2 que j’aurais du acquérir bien plus tôt ! Et non, la photo n’est pas retouchée…

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Série “Les temps modernes (nikon fm2, portra 400 vc, af 35mm) © Virginie de GALZAIN

PHOTO_47, portraits d’insurgés. De Pierrot Men & Raharimanana

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.

Un papier que je publie à nouveau sur une expo à voir absolument si vous passez par Avignon d’ici au 29 juillet. De mémoire, peu de retours presse dessus (hors « remaniement » de dossier de presse ?) ce qui est absolument insensé compte tenu du niveau, de la qualité, de la sensibilité de l’événement ; de la force et de l’intérêt du thème, des photos et Lire la suite « PHOTO_47, portraits d’insurgés. De Pierrot Men & Raharimanana »

Mad in France : Tendance Floue résiste et signe

Entre projets photographiques, expositions et ouvrages d’art ; après la Chine et l’Inde, le collectif de photographes Tendance Floue a sillonné l’Hexagone pour le troisième volet de son défi photographique annuel : Mad in France. Lancement aux Rencontres internationales de la Lire la suite « Mad in France : Tendance Floue résiste et signe »

EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana

Les photographies, textes et recueils de témoignages présentés sur ce blog ne sont pas libres de droits. Photos reçues de Pierrot Men et mises en ligne avec son accord.

Quand Raharimanana, écrivain et dramaturge, s’associe au photographe Pierrot Men, cela donne 47, portraits d’insurgés, un duo image/texte d’une force inédite. Une exposition sensible, esthétique, pédagogique et engagée, proposée dès aujourd’hui à la chapelle du Miracle, en marge du festival d’Avignon. Aperçu, et extraits de longs entretiens très privilégiés.

47. 1947. 29 mars 1947 : le point de départ d’une insurrection anticoloniale dont la répression, les tortures, massacres et exécutions sommaires ont meurtri des familles entières et causé plusieurs dizaines milliers de morts à Madagascar. Une période méconnue aux frontières de l’horreur et de la civilisation, restée jusqu’à présent dans l’ombre de l’histoire coloniale française. Lire la suite « EXPO 47, portraits d’insurgés : de Pierrot Men & Raharimanana »

EXPO Kréyol factory : les identités en question

Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc.

En texte et en photos, la tribune libre pour laquelle Stéphane Hoarau m’a sollicitée pour maloya.org. Sujet : Kréyol factory, les identités en question, en écho à l’exposition en cours à la Grande Halle de la Villette. Bonne lecture !

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Kréyol Factory (Grande Halle de la Villette/Paris 2009) © Virginie de GALZAIN

Encore trois semaines pour voir ou revoir Kreyol factory, l’exposition d’art contemporain installée depuis le 7 avril dans la Grande Halle de la Villette (Paris). Pluridisciplinaire, artistique, esthétique, documentaire, pédagogique, sociologique, elle interpelle aujourd’hui sans distinction sur une question de société de fond : celle des identités créoles, et par là même, celle des différences, du métissage et des diversités. Un voyage à la découverte de l’Autre.

L’espace est gigantesque – 2 800 m2 –, et la scénographie de Raymond Sarti conçue comme un entrelacement de vagues, en écho aux migrations forcées de millions d’hommes et de femmes soumis au déracinement et à l’esclavage pendant des siècles. Pour Jacques Martial, président du Parc de la Villette : “ Il était urgent de parler de cette identité, de cette réalité particulière de la France que sont les mondes créoles : une histoire née de l’esclavage, de la colonisation, de la fin de la colonisation ”. C’est chose faite, et c’est une première.

UN VOYAGE SANS FRONTIÈRES

Kréyol factory est un voyage, une traversée en sept séquences pour mieux connaître et comprendre les évolutions du monde créole, comme autant d’univers, de paysages, de réflexions qui questionnent ses identités. Les artistes en sont les guides concernés qui tentent d’apporter leur réponse – ou du moins leur interprétation – subjective.

Martinique, Guadeloupe, Guyane, Haïti, Jamaïque, Porto Rico, République Dominicaine, mais aussi Maurice et La Réunion dévoilent tour à tour leurs spécificités et leurs similitudes, en essayant d’éviter le difficile écueil des clichés et des idées reçues. Libre à chacun de se faire ensuite sa propre idée. Mémoire, art et histoire sont mis en perspective avec le présent, comme des liens tissés vers un monde contemporain commun.

SENS DE L’ART ET ART DU SENS

Depuis le 7 avril, ils sont 60 artistes à présenter un ensemble de 85 oeuvres d’arts plastiques, 250 photographies et 9 espaces documentaires. “Notre volonté n’était pas d’être exhaustif, – ce qui aurait été impossible – souligne Yolande Bacot, commissaire de l’exposition, mais thématique”. À la question : “ Pourquoi tant de commandes là où il aurait été aussi possible de puiser dans un fonds local existant ? ”, elle répond sobrement : “ C’est vous qui le dites. Les artistes auxquels nous avons fait appel ont une écriture, un langage à exposer, et un sens qui répond aux besoins de l’exposition. (…) Les commandes passées confirment aussi notre volonté de susciter des travaux artistiques et plastiques, de soutenir matériellement la création contemporaine ”.

Ainsi, les installations, photographies, vidéos, mais aussi sculptures, peintures, musiques, textes littéraires et philosophiques… s’approprient, détournent, décodent, illustrent une histoire, ou plutôt des histoires nées de… et marquées par le colonialisme, l’exploitation de l’homme par l’homme et la domination raciale, la place de la femme dans la société, la réappropriation de son existence, mais aussi la reconstruction, le développement, la singularité et le partage ; la vie ensemble, enfin.

Entre humanisme et provocation, humour, idéalisme et réalisme, la diversité de fond et de forme rassemble, permettant de toucher chacun en fonction de sa sensibilité, de son contexte de vie, de ses origines, de son âge.

CRÉOLISATION ET MONDIALISATION

La créolisation, c’est cette capacité de l’homme à accueillir et à se laisser traverser et enrichir par des apports extérieurs, par la différence, pour ensuite grandir tout en restant lui-même”, explique Jacques Martial. Le terme pose la question des racines, de l’individu, de l’acceptation de l’Autre, des diversités et de la diversification du monde, de l’égalité entre les hommes et de la liberté.
Il nous renvoie au père de ce concept : le penseur, écrivain et poète humaniste Édouard Glissant, trop absent de cette manifestation. Un écho à ce qu’il appelle “ le métissage conscient de lui-même ”.

La définition nous confronte aussi aux réalités de l’évolution du monde, à la difficulté de participer et de tirer profit des modifications structurelles engendrées par la globalisation, tout en préservant les spécificités de chacun. À l’heure de la mondialisation, les enjeux économiques prévalent souvent sur les enjeux culturels, environnementaux et identitaires. L’uniformisation des codes de société guette, la consommation de masse s’intensifie, et avec elles, les risques d’accentuation identitaire, de déséquilibre et de dépendance.

L’exposition entière ouvre quant à elle des interrogations sur l’identité choisie ou forcée. Qu’est-ce qu’être soi ? Et comment ? Peut-on être chez soi partout aujourd’hui ? “ Être accepté, en particulier loin de chez soi est difficile dans les sociétés du monde, y compris dans la nôtre en particulier, ajoute Yolande Bacot. En raison de notre passé, des pesanteurs des histoires coloniales, d’une partition géographique qui correspond à une partition sociale. (…) L’amalgame parfois fait entre les problèmes économiques et sociaux, et les questions culturelles et identitaires est révélateur de cette fragilité ”.

*

Familière, surprenante, enthousiasmante, utile, pour certains, discutable, réductrice ou déroutante pour d’autres, l’exposition Kréyol factory ne laisse pas indifférent. Elle est un lieu de sens qui unit ou partage, et à l’évidence interroge, enrichit, permet de débattre et ouvre sur les autres “avec un profond respect”, confirment de nombreux visiteurs. Y aura-t-il une suite ? Au moins dans les esprits : “Ces espaces posent en effet de nombreuses questions en suspend, dont celle de la démocratie”, conclut Yolande Bacrot. De multiples champs d’exploration demeurent, à nous de les parcourir et d’y réfléchir ensemble.

PRATIQUE
Jusqu’au 5 juillet 2009. Grande Halle de la Villette, Paris 19.

De 14h à 22h du mardi au jeudi. De 11h à 19h du vendredi au dimanche.

PHOTO : Ricardo Rangel n’est plus

Le photojournaliste mozambiquais Ricardo Rangel est décédé jeudi dernier à l’âge de 85 ans. Né en 1924, il met un premier pied dans l’univers de la photo en entretenant la chambre noire d’un chasseur d’éléphants également photographe, avant de travailler pendant près de 10 ans comme tireur au sein du studio Focus, pour Le Noticias, le Guardian Lire la suite « PHOTO : Ricardo Rangel n’est plus »

Les enfants invisibles

À découvrir le 20 mai au cinéma, Les enfants invisibles, sept destins d’enfants vus par 8 réalisateurs de renom. L’idée de départ, rendre visible et sensibiliser sur le quotidien pas comme les autres d’enfants du monde, aux quatre coins de la planète.

Enfants soldats (Tanza, de Medhi Charef) ; enfants détenus (Blue Gypsy, d’Emir Kusturica) ; malades (Jesus, Children of America, de Spike Lee) ; victimes de la guerre (Jonathan, de Jordan Scott & Ridley Scott) ; enfants des Lire la suite « Les enfants invisibles »

Saul Leiter : Dancing in the street

Une exposition en cours, à découvrir absolument au musée Nicéphore Niépce, à Châlon-sur-Saône : Dancing in the street, 40 photographies de Saul Leiter. Né en 1923, le photographe américain fut un des premiers à jouer le jeu de la couleur à la fin des Années 40, à une époque où le Noir et Blanc domine, la couleur étant réservée à la publicité et non à Lire la suite « Saul Leiter : Dancing in the street »

William Eggleston : l’art du familier

William Eggleston, 69 ans, photographe américain, (s’)expose dès aujourd’hui à la Fondation Cartier pour l’art contemporain avec sa dernière série  : Paris, réalisée sur commande entre 2006 et 2008 (deux mois de séjour en tout). Ce chantre de la photographie démocratique saisit le quotidien, tout le quotidien, dans ses aspects les plus (extra)ordinaires comme les plus insolites. Sans niveau d’intérêt. Sans distinction. Sans même  parfois Lire la suite « William Eggleston : l’art du familier »

Zoom sur… Slumdog Millionaire

Huit Oscars, dont celui du meilleur film, du meilleur scénario adapté et du meilleur réalisateur. Si vous n’avez pas encore vu le dernier film de Danny Boyle, Slumdog Millionaire, il est encore temps ! L’histoire de Jamal Malik, enfant des bidonvilles accusé de tricherie alors qu’il est sur le point de devenir richissime à 18 ans grâce à l’émission « Qui veut gagner des millions ? » Présenté tour à tour comme un « conte de fée » ou une « comédie sociale » — j’avoue que ce n’est pas ce qui m’est venu à l’esprit en sortant de la salle  ! — le film est aussi l’illustration d’une enfance de la rue et de la débrouille, et le miroir de c Lire la suite « Zoom sur… Slumdog Millionaire »

Grand Palais : des images de la Nuit

Photos (Nikon F90, AF 50mm) & montage ©Virginie de Galzain

Si vous n’êtes pas allé au Grand Palais tant qu’il était encore temps, voici  un aperçu en diaporama de la scénographie d’Alain Fleischer (Directeur artistique du Fresnoy) : Dans la nuit, des images. 130 oeuvres projetées, pour une immersion au coeur d’un univers inédit, entre onirisme et violence, réel et virtuel. Pas de frontières, pas de tabous, juste l’épreuve de sensations multiples, d’images et de sons dans un monde pas si imaginaire. La dernière avait lieu le 31 décembre 2008.

Zoom sur… Soleïman Badat

Pour donner suite à un feuillet paru hier (29 décembre 2008) sur Imaz Press… Un complément s’imposait.

Le Réunionnais Soleïman Badat est un de ces touche-à-tout de génie qui ont la tête dans les nuages et les pieds sur terre. Vidéaste, mais aussi musicien, auteur et compositeur, graphiste, infographiste, story-boarder, photographe, il évolue sans hiérarchie dans de multiples champs artistiques, dans une démarche commune guidée par trois fondamentaux : la vie, la liberté et la vérité.

Depuis plus de 15 ans, il s’attache à questionner ce qui l’entoure, sans pour autant porter de jugement. Observateur critique, il s’évertue à ne pas “ intégrer de manière frontale ce qu’il pense ” comme il aime à le rappeler, investi dans un travail expérimental engagé, à la fois hyper lucide et contemporain, ludique et créatif. Ses thèmes de réflexion touchent la société de consommation, ses dérives narcissiques et modes mimétiques, mais aussi l’évolution des paysages urbains et la détérioration de notre environnement, les revers de la communication et la massification de l’individualisme, de la peur de l’autre. La vie politique n’est pas en reste, entre protection citoyenne, défense des libertés et sécuritarisme déviant, voire illusoire.

Ma vision du monde est à la fois optimiste et désenchantée ; profondément marquée par la conscience que ceux qui clament haut et fort leur combat pour les droits de l’homme sont aussi de ceux qui ne les appliquent pas. Nous sommes de plus en plus dans un monde aseptisé, un monde où l’humain, l’erreur, le vieux, le laid, l’approximatif ne semblent plus avoir leur place “, précise-t-il.

Making off de Running upstair, été 2008

Soleïman Badat est un citoyen globe trotter aujourd’hui installé à Vienne : une ville ouverte à la création et à l’innovation (mise à jour décembre 2016 sur le lieu de résidence : La Réunion). New York, Jerusalem, Bombay seront de ses projets futurs ; la mobilité, comme occasion de découvertes, de rencontres et d’apprentissages permanents faisant partie intégrante de sa vie. La liberté d’engagement aussi ! Puisqu’il est aussi bien actif au sein des collectifs vidéo Kino 5 (Vienne) et Kino Réunion que du collectif APOROS (photo et journalisme) et de Shamaans (groupe post-rock expérimental), notamment. Conséquence logique, l’année 2008 s’est avérée belle, et bien agitée, avec de nombreuses créations, et des projections vidéos au festival Saint-Denis expos-photos (mars), au Festival international de l’image environnementale, à Paris (mai), à la Vienna nightwalk (août) et au Festival international du court-métrage, à Budapest (septembre).

Point d’orgue : une résidence d’artiste à la Maison Flottante du très actif et reconnu Centre national de l’estampe et de l’art imprimé (CNEAI)* au cours de laquelle Soleïman Badat a réalisé son premier DVD, Flowers for the grave. Un concentré original chargé de sens et ultra créatif de sept vidéos, paru en septembre dans l’Hexagone. La Réunion va à son tour découvrir cette production et bien d’autres courant 2009 : on attend avec impatience la confirmation de la date d’une Soirée spéciale prévue au Séchoir, lieu alternatif de l’Île. Osons aussi croire à une consécration — au minimum locale — qui pourrait par exemple avoir lieu lors de la prochaine Nuit des musées, le 16 mai, avec la mise en place de l’installation Nowhere at the same time & Right time wrong place, ou comment l’homme peut-il trouver sa place dans un monde perdu entre réel et virtuel ? À suivre !

SON LIEN : http://soleimanbadat.wix.com/artwork
SON DVD : Flowers for the grave, 20 €, auquel j’ai eu le plaisir de collaborer pour le texte
à commander à cneai@cneai.com en partenariat avec l’Artothèque de La Réunion

Dédicace ce jour/librairie La Martinière

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Dédicace d’un beau livre dont j’ai signé les textes. Un ouvrage sur l’esprit d’un site hors du commun, porteur d’un projet universel : le Domaine du Rayol. Une illustration vivante de l’écologie humaniste de son créateur : le paysagiste Gilles Clément. Pour l’occasion, plusieurs images de Guillaume Bonnel, auteur des photos de l’ouvrage, seront exposées. À plus tard !
17 rue Jacob, Paris. M° Saint Germain des Prés. Dès 17 h, jusqu’à 19h30/20h.

Depardon et Virilio : Ailleurs commence ici

Une exposition inédite débute aujourd’hui à la Fondation Cartier : Terre natale, Ailleurs commence ici, de Raymond Depardon et Paul Virilio. Un dialogue dynamique sous forme de projections sur l’état du monde et de ses habitants aujourd’hui. Une conversation mise en scène entre le cinéaste-photographe et l’urbaniste-philosophe mais aussi entre les univers rural et urbain, entre les habitants du monde contemporain et les visiteurs. La scénographie laisse toute sa place à l’image pour un face à face hyper réel avec l’Autre, alternant diffusion sur écrans géants et principe de mosaïques vidéo suspendues – trop petites – nous bombardant – trop vite – d’archives. La projection sphérique des données migratoires est une belle réalisation technique mais demeure scolaire, factuelle pour qui est déjà un peu informé. Et paradoxalement sans analyse sur les lourdes conséquences qu’elles auront au niveau individuel et mondial.

Quelle est la place de l’homme dans une société mondialisée à double vitesse ? Quels sont les fondements et que reste-t-il de son identité, de son histoire, de sa survie alors qu’il est menacé par un exode forcé ? Quels sont les nouveaux nomades et les nouveaux sédentaires dans un monde qui vit au rythme des migrations ?
«  J’ai voulu donner la parole à ceux qui ne l’ont pas  » disait Raymond Depardon hier soir, à l’inauguration, au sujet d’un des films présentés. Et la seule chose que ces gens savaient est que j’étais là pour les écouter.  » À voir. Pour Depardon. Même si ce n’est pas ce qu’il y a de plus représentatif de son superbe cheminement.

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Honolulu, Day 5 ©Raymond Depardon

PRATIQUE
Jusqu’au 15 mars 2009. Fondation Cartier pour l’art contemporain. 261, boulevard Raspail Paris 14e. Tél. : 01 42 18 56 50. Tlj, sauf le lundi, de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h. Tarif : 6,50 €, réduit : 4,50 €. Accès libre pour les – 18 ans mercredi de 14h à 18h. Autres infos sur http://fondation.cartier.com

Avec les réfugiés climatiques, à Paris

Dans le cadre des Journées parisiennes de l’énergie et du climat (voir post du 28), le collectif Argos présente une exposition pédagogique : Avec les réfugiés climatiques. Un extrait d’un travail documentaire et photographique de grande ampleur, qui révèle les impacts présents et à venir du réchauffement climatique sur les vies humaines.

Retour sur quatre ans d’investigation dans neuf régions du monde avec Laurent Weyl, photographe, et Guy-Pierre Chomette, rédacteur.


© Collectif ARGOS_Tuvalu

Comment est né le projet Réfugiés climatiques ? Comment l’avez-vous préparé ?
Laurent WEYL :
Depuis sa création en 2001, le collectif est engagé dans une démarche documentaire liée aux mutations et enjeux sociaux et environnementaux. Nous voulions humaniser un concept qui demeure essentiellement scientifique, – particulièrement ici, en France : le réchauffement climatique, et de mettre en avant ses conséquences humaines. Il a fallu près d’un an de préparation sur la base d’avis d’experts (Giec, IRD, AEE, etc) pour choisir les destinations, avoir une caution scientifique, prendre conscience de tous les enjeux. Selon l’ONU, près de 150 millions de personnes vont devoir quitter leur lieu de vie en raison des dérèglements climatiques liés d’ici à 2050. 150 millions de vies en danger de mort.

Guy-Pierre CHOMETTE : La première difficulté résidait dans l’ampleur du sujet. Il aurait été impossible de traiter de tous les aspects liés à l’environnement. Peu à peu, nous nous sommes recentrés sur le réchauffement climatique, la question de la responsabilité des pays développés dans l’augmentation de l’effet de serre. La responsabilité de l’activité humaine sur la vie de millions d’hommes et de femmes.
La deuxième difficulté consistait à consolider le projet, puisque nous abordions un sujet très sensible tant d’un point de vue scientifique que politique. Nous avons par exemple du renoncer à partir au Brésil et dans les Andes… Il nous fallait aussi définir les origines des déplacements de populations : montée des eaux, désertification, intensification des cyclones, etc, pour montrer leur caractère universel. Tout le monde est concerné aujourd’hui !


© Collectif ARGOS_Halligen

Neuf destinations, quatre ans de travail et un contact étroit avec les populations…
L.W :
Il a fallu faire un choix parmi les nombreuses destinations touchées par le réchauffement climatique : les îles Tuvalu, les Maldives, les deltas du Bangladesh et Halligen concernés par la montée du niveau des eaux ; le Tchad et la Chine par la désertification ; mais aussi la fonte des glaciers au Népal, les cyclones dévastateurs aux Etats-Unis ou le dégel en Alaska.
Ensuite, nous avons fonctionné en tandem rédacteur/photographe, et sommes retournés dans l’ensemble au moins deux fois sur place à environ six mois d’intervalle. Chaque fois, nous avons passé de 5 à 9 semaines au sein d’une famille ou d’un quartier, d’un village pour partager leur quotidien, nous imprégner de la vie locale et la comprendre. Nous avons tous été frappés par la conscience que les futurs réfugiés avaient des modifications climatiques et des incidences sur leur vie. Même au fin fond du Bangladesh, les habitants ont reçu une formation sommaire sur les conséquences du réchauffement climatique. Et ce qu’ils veulent par dessus tout, c’est s’adapter. Pour rien au monde ils ne veulent partir, car ils savent qu’ils ne reviendront jamais.

G.P.-C : Nous avons du franchir quelques difficultés d’ordres administratif, politique et langagier bien sûr (Maldives, Chine notamment). Mais ensuite, l’idée était en effet de rester le plus longtemps possible avec les mêmes personnes pour gagner leur confiance, enlever toutes les barrières jusqu’à être liés à leur univers et devenir invisibles. Il était nécessaire d’avoir des regards parallèles et complémentaires pour couvrir le maximum de choses, être confrontés à des situations différentes et recueillir de nombreux témoignages. Pour enfin parvenir à décrypter les conséquences du réchauffement climatique aux quatre coins du monde.


© Collectif ARGOS_
Blarigui

Votre approche est à la fois narrative et iconographique. Un enjeu documentaire artistique  pour sensibiliser le grand public.
L.W :
Tous les membres du collectif sont journalistes. Notre approche est donc volontairement axée sur les aspects narratifs ET photographiques. En fonction des destination, les textes abordent des extraits du quotidien des réfugiés climatiques au travers de citations, d’une histoire, de destins ordinaires parfois tragiques. Les images que nous avons rapportées sont moins des regards que des informations photographiques. C’est là que réside toute la force du projet. Il y a aujourd’hui une conscience du problème puisque tout le monde est informé. Mais il manque une vraie prise de conscience qui se concrétise par l’action. Chacun doit agir individuellement pour éviter l’aggravation de la situation, y compris en France.

G.P.-C : Les déplacements de populations liés au réchauffement climatique sont irréversibles et vont avoir des conséquences dramatiques sur des millions de vies, déracinées de leur environnement, de leur repères de vie et même de survie. Ce qui est en jeu également, c’est la disparition à terme de cultures, d’expressions artistiques, d’identités et de modes de vie ancestraux broyés par l’obligation de s’adapter à d’autres lieux résolument différents. La négation sociale et culturelle.

Au Tchad, la hauteur du lac est aujourd’hui de 1,50 mètre, contre 6 mètres dans les années 60. A Shishmaref (Alaska), la banquise cède de plus en plus souvent sous le poids des motoneiges, mettant la vie des hommes en danger et compromettant la survie des phoques, base de l’alimentation et de la culture des Inupiaks. En Polynésie, la montée des eaux menace Tuvalu.  » Si je devais m’en aller loin de l’océan, je perdrais mon énergie et mon désir  » déclare un habitant.

Lié à la nature, l’homme subit les bouleversements du climat de plein fouet, et va devoir s’adapter parfois sans transition. Riches ou pauvres, en milieu rural ou urbain, le problème est universel.

PRATIQUE
Jusqu’au 30 octobre. Journées parisiennes de l’énergie et du climat. De 10h à 19h. Esplanade de l’Hôtel de Ville. Paris 1er. www.paris.fr
Le livre : Réfugiés climatiques, Collectif ARGOS, Ed. Infolio, 356 p. 39 € à commander à collectifargos@collectifargos.com
Le site :
www.collectifargos.com

Lee Miller au Jeu de Paume

Jusqu’au 4 janvier 2009, au Jeu de Paume (Paris), se tient une rétrospective inédite, évocation de la vie et de l’oeuvre fascinante de la photographe américaine Lee Miller. Brillante et volontaire, d’une beauté et d’une distinction peu communes, elle mena pendant plus de vingt ans un parcours qui la conduisit devant comme derrière l’objectif. Paris, New York, Le Caire, Londres, Munich… chaque voyage fut source d’inspirations et de rencontres, et d’évolutions artistiques.

Portrait de l’espace. Prise de vue 4, version finale, 1937 Lee Miller
© Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved
http://www.leemiller.co.uk

Lee Miller commença sa carrière de mannequin pour Vogue après avoir croisé Conde Nast en manquant de se faire écraser par une voiture, fut l’inspiratrice d’artistes comme Picasso, l’inoubliable muse de Man Ray et ouvrit son propre studio avec son frère à New York au début des Années 1930. En 1934, elle quitta les États-Unis pour suivre son mari en Égypte. Et en 1939, elle quitta son mari pour rejoindre le peintre Roland Penrose avec qui il partagera le reste de sa vie.

Série Women with Fire Masks, Downshire Hill, London 1941 Lee Miller
© Lee Miller Archives, England 2008. All rights reserved
http://www.leemiller.co.uk

Elle fut surtout la première femme photographe correspondante de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle couvrit avec un recul et une frontalité surprenantes le théâtre de la guerre. Une guerre qu’elle vécut autant qu’elle la saisit. Des infirmières engagées, à la Libération de Paris, des corps empilés de Dachau aux anciens gardiens des camps de Buchenwald, son regard sur l’Histoire illustre alors l’instant, les paradoxes de la condition humaine, entre froideur apparente et création sensible nouvelle.
Elle continua la photo jusqu’en 1953.

PRATIQUE
L’art de Lee Miller. Jusqu’au 4 janvier 2009. Jeu de Paume : 1, place de la Concorde 75008 Paris. Infos : 01 47 03 12 50 & http://www.jeudepaume.org

À LIRE
Les vies de Lee Miller, de Antony Penrose, éd.Thames & Hudson. 32 euros.
L’oeil du silence, de Marc Lambron, Livre de Poche.

Xavier Perrot à la Cité de l’Architecture

Plasticien du paysage, Xavier Perrot, 28 ans, est l’un des associés de Cao|Perrot studio. Lauréat de nombreux prix, dont les “Nouveaux albums des jeunes architectes et des paysagistes 2008″, il participe à l’exposition dédiée à la Cité de l’architecture et du patrimoine, inaugurée hier soir. Il fait sans aucun doute partie de la relève du petit monde du paysage, talentueuse, innovante et créative. Rencontre*.

xavier perrot_virginie de galzain
Xavier Perrot devant le Pavillon rouge/Jardins, jardin aux Tuileries, Paris 2008 ©Virginie de Galzain

> Cao|Perrot a une histoire particulière. Quel a été votre parcours ?
J’ai grandi en Bretagne. Mes parents étaient agriculteurs ; c’est sans doute ce qui m’a donné cette fibre d’arriver dans le paysage. A la fin de ma scolarité, j’ai intégré l’École du Paysage de Saint-Ilan, en Bretagne, pendant deux ans, avant de suivre une formation complémentaire au Conservatoire International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. C’est là que j’ai rencontré Andy Cao, en 2001. Artiste paysagiste américain d’origine vietnamienne, il participait au festival international de jardins avec Desert Sea, un jardin contemporain de contemplation. On peut vraiment parler d’une rencontre affinitaire. Peu de mots, mais une compréhension et une sensibilité communes immédiates.

Je venais de tenter le concours de l’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, quand il a appris qu’il avait remporté le Grand prix de Rome**. Il m’a proposé de partir avec lui pour une année de recherches à l’Académie américaine de Rome. Ca a été une expérience fascinante ! Une ouverture sur différentes disciplines, qui permet aussi d’appréhender la façon dont chacun – chercheurs, artistes, archéologues, architectes, compositeurs, historiens de l’art – conceptualise ses projets. Je me suis rendu compte que nous étions finalement tous à la recherche de la même chose : stimuler les émotions. Nous avons réalisé notre première installation : la Red Box, une réinterpretation de l’érotisme dans les églises romaines. Un environnement sensoriel, qui offrait un parcours sensuel inédit aux visiteurs : caresser un mur de gazon, humer l’encens qui se consume, recevoir un massage de pieds, écouter un solo de clarinette, contempler un mur de bougies…

Red box, vues intérieur & extérieur/Académie américaine de Rome, Italie 2002  ©Stephen Jerrom

> Vous avez une approche très plurielle de la notion de jardin et de paysage : une conception plasticienne et pratique qui tend vers l’oeuvre d’art vivante et accessible. Cette dimension est nouvelle en France.
La première question qu’il faut s’autoriser à se poser est : qu’est-ce que le jardin aujourd’hui ? Qu’est-ce que la nature ? Pour nous, cela ne se résume pas à des plantes disposées avec esthétique. C’est un environnement, une atmosphère, des dynamiques. Tout espace comportant une idée peut être un jardin ! Faire fusionner les disciplines plutôt que de les cloisonner fait partie de notre approche, et la façon dont on conçoit un projet et dont on le réalise est aussi importante que le résultat. Nous avons toujours eu des intérêts multiples, pour les arts, la mode, l’architecture, etc. On donne vie à un jardin, on imagine des histoires en nous appropriant des éléments icôniques de telle ou telle culture, on l’habille en détournant l’utilisation de matériaux courants.

Nous voulons donner à chacun la possibilité de rentrer dans le jardin, au sens propre du terme, de s’intégrer à la réalisation paysagère et artistique, tout en gardant une dimension contemplative très présente. Chaque jardin comporte des inspirations, des influences subtiles qui permettent aux promeneurs de puiser dans leur propre histoire, de retrouver des traces de leur culture, des évocations revisitées de leur quotidien. Nous n’imposons rien. Libre à chacun de vivre et d’agir pleinement, d’interpréter librement ce qu’il voit, ce qu’il ressent. De toucher un gazon vertical, de marcher pieds nus sur une île de verre ou une lande de nylon crocheté, de s’asseoir sur des cousins végétaux, de percevoir des parfums subtils. Un voyage, et un éveil absolu des sens.

Lullaby garden/Cornerstone Festival of Gardens, Californie 2004 ©Stephen Jerrom

> Vos réalisations sont à la fois très sophistiquées et très authentiques, lumineuses et aériennes, à la frontière du rêve et du réel…
Dans la plupart des projets, la préparation est très longue. Nous devons sans cesse nous adapter au milieu. Nous aimons l’idée de ne pas être prisonniers des courants, des modes. Andy Cao et moi-même avons des origines différentes, mais aussi de nombreux points communs qui ont ouvert nos horizons. C’est vital. Dans tout ce que nous faisons, on essaie toujours d’apporter une sensibilité particulière au paysage, et de créer une expérience des sens et un dialogue avec l’observateur. De stimuler une réponse émotionnelle. De mixer une approche contemporaine et accessible, une sophistication naturelle, des énergies. De garder une dimension humaine forte, dans tous les sens du terme.

On se place à la fois sur le paysage et les arts plastiques, en créant des connexions avec l’environnement. Beaucoup de nos réalisations sont faites à la main, avec une utilisation détournée des matériaux que l’on a l’habitude de voir dans le quotidien. Comme le grillage à poule utilisé pour le Pavillon rouge exposé lors de Jardin, Jardins aux Tuileries ; des bogues de noix de coco au sol, le fil de pêche pour le Lullaby garden ou les Cocons installés dans la Baie de San Francisco ; des objets en verre fusionnés ou polis qui permettent de capter la lumière de façon magique, de donner des aspects saisissants, incandescents, métalliques ou liquides… Nous donnons une nouvelle identité et une nouvelle vie aux matériaux, en essayant de représenter l’idée de cycle et de dynamique omniprésente dans la nature. Un paysage imaginaire avec tout ce qu’il peut avoir de légèreté et d’impermanence, le somptueux de l’éphémère.

Jardin des Hespérides/Festival des jardins de Métis, Québec 2006-2007 ©Louise Tanguay

> Comment vous positionnez-vous face à la déferlante “aménagement durable” ?
L’aménagement, le développement durable, ce n’est pas nouveau ! C’est très bien en soi. C’est une démarche qu’on essaie d’avoir bien sûr, avec l’utilisation de matériaux recyclés par exemple. La possibilité de travailler avec des artisans étrangers comme cela a été le cas pour le Lullaby Garden, pour lequel nous sommes partis au Vietnam, le pays natal de mon associé qui n’y était pas retourné depuis 25 ans. Mais nous devons aussi nous adapter aux demandes. Le projet du futur Central Park (nouveau district de Guangming à Shenzhen) en Chine, représente un véritable défi en termes de développement durable. D’autant qu’il s’agit d’un site agricole de 240 hectares qui va être en grande partie réaménagé de la main de l’homme. Un réel paradoxe. Ce qui est dérangeant est que tout cela devient un argument publicitaire, une étiquette pour vendre. Cette notion est surmédiatisée aujourd’hui, mais peu sont ceux qui en font réellement. Beaucoup ne savent pas de quoi ils parlent, l’appliquent pour se donner bonne conscience. C’est tout de même étrange de créer une piste de ski dans un désert à 45°C, non ?

Notre approche se situe à un autre niveau. Il s’agit de repenser l’idée de « déchets » selon deux principes : puiser dans la terre des ressources, les utiliser, puis les redonner à la terre à la fin de leur cycle, et réutiliser le reste, recycler. Nous devons penser à consommer autrement, à nous libérer de cette dépendance qu’on nous impose : le tout jetable, le tout plastique et synthétique, le pétrole… pour ne citer que quelques exemples. À concevoir autrement, et là, c’est notre devoir de concepteurs. Puisqu’on ne peut pas se passer de la voiture, pourquoi ne pas envisager sérieusement les technologies de substitution, non polluantes ? Transformer les champs et les forêts pour le compte des bio-carburants : belle gageure! L’écologie, c’est avoir une conception globale du développement, qui va dans le sens d’une vraie pensée : biologique, humaine, territoriale, environnementale, etc, en évitant les abus et l’exploitation. Les solutions existent alors que les lobbies prônent la destruction de la planète ! L’écologisme, dans le sens politique et militant, n’a jamais fait de nous des citoyens écolos. Soyons éco-logiques plutôt qu’écologistes !

EN SAVOIR PLUS
www.caoperrotstudio.com

EXPO
Du 8 octobre 2008 au 25 janvier 2009 : expo à la Cité de l’architecture et du Patrimoine (Nouveaux albums des jeunes architectes et des paysagistes). 1 place du Trocadéro. Paris 16e. www.citechaillot.fr
* Interview réalisée le 21 juillet 2008, à Paris; ** équivalent du Prix Médicis.

Gilles Clément, Guillaume Bonnel, et moi

Petite auto promo pour une fois : la sortie d’un livre* dont j’ai le plaisir de signer les textes ; les photos sont de Guillaume Bonnel. Voyage au coeur du Domaine du Rayol, un site conçu par un homme que j’admire profondément, le paysagiste Gilles Clément (qui signe la préface), représentation d’une écologie humaniste plaçant le vivant au coeur de toute préoccupation. Un concentré de la beauté du monde, révélateur des enjeux de la survie planétaire.
Éditions La Martinière/Aubanel. En vente dès aujourd’hui en librairie !


*Les jardins du Domaine du Rayol. Voyage en Méditerranées.
Ed°. AUbanel/La Martinière. 160 p. 32 euros.
Un immense merci à Caroline Petit, Gilles Clément et Anne Serroy, qui nous ont confié ce superbe projet.
Le site de Gilles Clément : www.gillesclement.com  Le domaine du Rayol : www.domainedurayol.org

Laurent Gaudé : interview

Laurent Gaudé, écrivain et dramaturge français, vient de publier son dernier roman, La porte des Enfers. Une fable sur la condition humaine, un voyage d’amour à la frontière de la vie et de la mort. Rencontre* avec un auteur pour qui l’homme et la littérature sont à jamais liés.

Matteo et Giuliana sont frappés par la mort de Filippo, leur fils de six ans, au coeur d’une fusillade. L’histoire se déroule dans la région de Naples.

Laurent Gaudé : Naples est une ville qui aime marier les contraires, où coexistent la violence et la douceur, les croyants et les païens, la laideur et la beauté. Il était essentiel que cette dualité soit présente. Dans la géographie même de la cité, est localisée l’entrée des Enfers, au lac d’Averne. En novembre 1980, la terre a tremblé à Naples. C’était donc l’endroit idéal pour permettre un glissement continu entre le réel et la fiction, la fiction et le réel, pour que le lecteur puisse y croire.

La vie et la mort semblent parfois se confondre, prendre la place l’une de l’autre. L’écriture en est la messagère.
Filippo meurt violemment, un matin. Pour ses parents, restent l’absence et la révolte, une souffrance indiscible et la mort. Une longue descente aux Enfers commence pour tenter de rester en vie, et de redonner vie à leur enfant. Tandis que le fils part à la recherche de son père. Les morts se rappellent sans cesse à nous, posant l’idée que le monde des vivants est parfois plus vide encore. Écrire est une forme de lutte contre la mort, contre l’oubli ; une fixation de la mémoire. Tels André Malraux, ou René Char… La mémoire de ceux qui sont encore vivants est la seule chose qui compte. C’est ma seule arme.

Ce qui frappe dans toutes vos oeuvres est la réalité et la dignité des personnages, si durs que soient leur univers et leur vie.
Ce qui est à la fois passionnant et difficile est de comprendre et de raconter ce qu’un homme peut vivre, si proche ou si éloigné soit-il de ce que vous vivez. La capacité à être derrière lui parce qu’il vous touche, à se projeter par le biais de l’écriture. Mes livres sont durs, mais les personnages qui les habitent tiennent droit. Ils résistent aux assauts de la vie, malgré le malheur, la violence, la mort. Matteo, au plus fort de son errance et de son désepoir, rencontre ceux qui lui permettront d’entreprendre son voyage aux Enfers. Giuliana continue sa route en accord avec elle-même. Je crois en l’homme, à sa capacité à tenir, à trouver les ressources en lui alors même que tout semble fini. C’est ce qui fait la beauté de l’humanité.

Votre écriture a un pouvoir d’identification très fort, et une dimension presque cinématographique. Comment justifiez-vous cette démarche artistique ?
Le roman a une forme classique, mais c’est aussi un vrai lieu de construction. Quand je commence à écrire, je sais où je veux aller, la trajectoire est définie à l’avance, même si les personnages, l’histoire, évoluent au fil du temps. C’est une écriture presque visuelle, car je fais le déroulé de la scène à l’avance ; une sorte de fonctionnement par séquence. Ensuite, le silence dans lequel un livre vous plonge laisse sa place à un jeu mental avec le lecteur, plus encore qu’avec le théâtre, où l’expression orale a une place prépondérante.

Comment situez-vous le livre face aux nouveaux médias ?

Je crois en la force du roman, et suis très optimiste sur la place du livre, bien que le temps accordé à la télévision ou aux jeux videos empiète beaucoup sur la lecture. Le livre est un formidable espace de liberté car rien n’est imposé. Un espace d’apprentissage aussi, sans frontières, sans limite d’âge. Chacun y voit ce ce qu’il souhaite, en conserve des souvenirs et des couleurs qui lui sont propres.

La littérature fait sa rentrée ; la sélection des prix va commencer. Vous êtes vous-même lauréat de plusieurs d’entre eux (Goncourt des Lycéens, Goncourt, Prix Giono). Quel regard portez-vous sur la médiatisation de la littérature ?
Les prix ont leur légitimité et leur intérêt. La méfiance dont ils font parfois l’objet ne me semble pas fondée, même si tout est perfectible. On devrait davantage se poser la question de la concentration de groupes qui influent sur la production littéraire, et donc sur certains titres et ouvrages “phares”. Avec le risque d’une moins grande diversité. Et celui de tout axer sur le chiffre et la performance. Sans oublier la collusion des métiers, avec des membres de comités de lecture qui sont aussi auteurs, membres de jury, journalistes. Cela peut remettre en question le bien fondé d’un choix.

Quelles sont vos clés d’écrivain ?
Au-delà d’une passion, d’un plaisir, d’une envie, au-delà des aspects “littéraires”, pour “apprendre” à écrire, il faut vivre pleinement. S’imprégner de ses joies et de ses peines, des déceptions. Il faut voyager, se remplir d’expérience, et affiner son regard. En permanence. C’est la seule école qui me vienne à l’esprit. Ensuite, cela demande une discipline très personnelle. Et un luxe, qui est le temps. On a tous des rêves d’écriture, mais il y en a peu finalement qui aboutissent : il faut être persévérant, aller au bout de la démarche, finir ce qui est initié, le montrer. Et recommencer.

actes-sud
La Porte des Enfers, de Laurent Gaudé. Ed.Actes Sud. 19,50 €
*interview réalisée le 2 septembre 2008, parution Génération Solidaire Automne 2008

Expo Saul Leiter

Un post rapide, je détaillerai peut-être plus tard, pour annoncer l’expo de photos Saul Leiter qui se tient à la galerie Camera Obscura*, à Paris. Né en 1923, le photographe américain a été exposé pour la première fois en France, à la Fondation Henri Cartier Bresson, au printemps dernier.

Photographe de mode, Saul Leiter est aussi un photographe « de rues ». Celles de New York, prises à hauteur d’homme, humanisant de façon discrète une ville labyrinthique aux proportions déjà gigantesques. Un univers pictural et un sens inné et fascinant de la couleur (Saul Leiter est aussi peintre). Des images de tous les jours, véritables touches de paysages, tableaux de vie qui évoquent le quotidien des habitants de façon discrète et apaisante.

Une atmosphère, vivante, presque palpable, dont on semble avoir étrangement étouffé les bruits pour se concentrer sur chaque sujet. L’écriture photographique est imprégnée d’une chaleur et d’une douceur inédite, dévoilant un autre visage de la ville. A voir absolument.

Postmen, 1952 ©Saul LEITER

Canopy, 1958 ©Saul LEITER

*EXPOSITION SAUL LEITER (en partenariat avec la galerie Howard Greenberg). Jusqu’au 18 octobre 2008. Galerie Camera Obscura, 268 boulevard Raspail, 75014 Paris. www.galeriecameraobscura.fr & Early color, 168 p., éd.Steidl.

Philip Blenkinsop : Visa d’or news

Samedi dernier, lors de la semaine professionnelle du 20e festival Visa pour l’image, à Perpignan, étaient décernés les prestigieux Visa d’or. C’est le photographe australien Philip Blenkinsop qui a remporté le Visa d’or ‘news’ pour son reportage sur le tremblement de terre au Sichuan, en Chine.

Né en 1965, Philip Blenkinsop figure parmi les photojournalistes les plus importants de sa génération. En 1989, il quitte le quotidien The Australian, pour s’installer à Bangkok, en Thaïlande. Un pays au coeur d’importantes mutations. Depuis, il travaille essentiellement en Asie, et témoigne par l’image des dures réalités des conflits, des catastrophes humanitaires. L’horreur figée entre la vie et la mort, expression d’une violence extrême et d’un rapport extrême à la violence.  » Une violence omniprésente en Asie, à laquelle les Occidentaux ne sont pas habitués, que les photographes eux-mêmes ont du mal à représenter telle quelle «  précise-t-il.

Des Philippines au Népal, de la Birmanie au Laos ou à la Thaïlande, etc, il rend la vie aux oubliés, immortalise l’oppression, donnant à voir aux yeux du monde un quotidien cruel voire infernal. Une photo témoin extrêmement marquante, dénuée de censure. Un document inestimable qui ouvre les consciences, et une perception personnelle de moments clés, historiques, identitaires, dans une dimension humaniste hautement artistique.

Récompensé de nombreux prix, il est aujourd’hui l’un des membres de NOOR images, fondée fin 2007. L’agence rassemble neuf photographes, et pas des moindres (Pep Bonet, Stanley Greene, Francesco Zizola, mais aussi Samentha Appleton, Jon Lowenstein, Yuri Kozyrev, Jan Grarup et Kadir van Lohuizen), engagés dans une volonté de compréhension du monde, dans la pure tradition du photojournalisme. Un documentaire est actuellement en cours sur son travail. En voici dix minutes.


LE SITE : www.noorimages.com

Une nuit avec Almodovar

C’est possible. Et c’est ce soir. Sur écran géant. À la Villette. Avec LA nuit  » Les femmes de Pedro « . Au programme : Attache moi ! Volver et Kika. Ce, dans le cadre de la dix-huitième édition  » Cinéma en plein air « .

Pour le contexte, le thème de cette année est Ava, Rita, Gina…Les étoiles ne meurent jamais. Encore une quinzaine de films à (re)voir donc, jusqu’au 17 août, entre oeuvres mythiques et futurs grands classiques (Roger Vadim, Georg Wilhelm Pabst, Howard Hawks, François Ozon mais aussi Scorsese, Coppola, une nuit Le Parrain, etc, etc, etc). Programme complet sur le site.

Jusqu’au 17 août. Prairie du Triangle. M° Pte de Pantin. Entrée 2 euros. Se renseigner avant en cas de temps incertain au 01 40 03 75 75 (cela dit, un ciné en plein air s’il pleut des cordes… entre nous…) & La Villette.

ET EN AOÛT, DANS TOUT PARIS, OU PRESQUE
Cinéma au clair de lune : trois semaines de déambulation proposées par le Forum des images en 16 projections. Au hasard, Talons aiguilles (Almodovar encore) dans les jardins du Trocadéro, Blow up (Antonioni) au parc de Choisy, Le troisième homme (Orson Welles) au parc André Citroën ou Lisbonne story (Wim Wenders) dans le 15e. Programme complet sur le site, pour ne pas changer.

Du 6 au 24 août. 21h30. Lieu en fonction des dates. 01 44 76 63 00 et Cinéma au clair de lune.

Mad in India : l’épopée photographique de Tendance Floue

Présentée en ouverture des Rencontres d’Arles 2008, la nouvelle revue photographique de Tendance Floue vient de paraître. Un an après un premier numéro performance à Pékin, le collectif de photographes* renouvelle l’expérience « Mad in » avec Mad in India. Le résultat de trois semaines intensives, de la réalisation des reportages à la maturation du projet : un portrait personnel, reflet de l’Inde contemporaine.

Mad in India 2008/ Portraits décalés © Tendance Floue

LA VIE EN QUESTION
Liberté. Improvisation. Questionnement. Expression. Tels pourraient être les piliers de la démarche de Tendance Floue. Plus de 17 ans passés à explorer le monde, à en extraire des touches de réalité, devenues valeurs de référence à un instant précis. Témoins de moments de vie, les photographes (onze sur « Mad in », douze au total) se font relais de ce dont on ne parle pas, de ceux qu’on ne voit pas. Une confrontation du réel au réel, une cohabitation de tous les mondes, sans cesse remis en question tant les réponses sont complexes et multiples. “ On part sans idées préconçues, raconte Philippe Lopparelli. Parfois, on revient même avec le contraire de ce pourquoi on était parti. Cela occasionne des surprises, ça fait partie de la vie.  » À cette volonté d’interroger ce qui l’entoure, Tendance Floue ajoute celle d’aller toujours plus loin, osant se mettre en danger tant d’un point de vue individuel que collectif. Le photoreportage mis à l’épreuve du dialogue des genres narratifs et photographiques.

Mad in India 2008 / Next city © Tendance Floue

UNE PASSION COLLECTIVE
Avec « Mad in », le collectif a pris le parti de concevoir en toute liberté le portrait subjectif d’une destination émergente, au travers de sujets portés par l’improvisation.  » Mad in ? C’est une idée qui sort un mercredi soir après un apéro et ensuite il ne faut pas lâcher !  » poursuit Philippe Lopparelli. Et s’en donner les moyens…  » Plutôt que d’attendre le soutien de magazines, nous avons rapidement décidé de transformer ce projet en une revue indépendante. De faire la presse nous-mêmes. Et surtout tous ensemble « , ajoute Mat Jacob. Une aventure humaine inédite, renforcée cette année par le fait que beaucoup découvraient l’Inde pour la première fois. Un vrai choc.  » Chacun s’est projeté, immergé dans une histoire avec laquelle il avait une affinité. Parfois sans repères, dans un contexte très bouleversant « , confie Thierry Ardouin. Avec une difficulté particulière : éviter les clichés, l’imagerie standard, tout en préservant l’identité. Sans oublier l’envie de faire partager au plus près leurs regards et leurs perceptions.

De Bombay à Delhi, de Bénarès à Calcutta en passant par la campagne indienne, on retient son souffle devant un tel flux d’images et d’informations.  » On a été frappés par le chaos et l’agitation de la vie sur place !, explique Thierry. On voulait que le lecteur ressente cette impression en découvrant la revue.  » Pari réussi : au fil des pages, défile la réalité effervescente et poignante d’une vie grouillante. Couleur, noir et blanc, portraits, ambiances, témoignages, récits rythment la lecture sur un mode faussement déstructuré. Pas de sommaire, mais une interaction permanente ; des sujets qui posent des questions, et montrent sans caricature les enjeux humains d’une nation propulsée puissance montante de la mondialisation.

Mad in India 2008/Kolkata © Tendance Floue

UN PORTRAIT COMPOSITE
Condensé d’impressions personnelles, Mad in India offre à voir de façon subtile une nation contrastée et complexe, tour à tour dynamique et étouffante. Avec, en fil rouge, l’humanisation. Pendant que Pascal Aimar s’immerge dans l’actualité locale, à Calcutta, aux côtés des photographes du Telegraph, le premier quotidien de la ville, Olivier Culmann fixe un côté off de l’Inde high-tech, ses visages hypnotisés par les écrans plasma et ses employés. Un reportage un peu anticipé, soumis à des autorisations de prises de vue. Les villes nouvelles et leurs tours inhumaines semblent surgir de nulle part sous l’objectif de Patrick Tourneboeuf. Les photomontages de Meyer ponctuent l’ouvrage de regards pénétrants, expressions décalées d’un pays à la religion omniprésente, aux castes figées.

En contrepoint, l’Inde rurale de Thierry Ardouin. En proie à une crise profonde, elle représente près de 70% des habitants.  » Ce qui m’a le plus frappé, dit-il, c’est que l’on ne voit pas les visages des paysans, cachés par les fardeaux ou dissimulés derrière les corps accroupis. Ce sont des liens essentiels avec le paysage. » Loin de l’imagerie moderne et lisse, la vie laborieuse dans la casse de Delhi : Mayapuri.  » Cet endroit est une métaphore de l’Inde pour moi, précise Denis Bourges. Celle de la rue. Celle du petit rien. Je voulais montrer l’Inde des incompris et des oubliés à travers ces hommes.  » De son côté, Bertrand Meunier livre une errance hypersensible dans Calcutta. Des images sombres, révélateurs durs d’une ville malmenée, presque fantomatique. Une ville prisonnière d’une image imposée, qui a finalement détourné Mat Jacob de son projet initial pour le conduire à Bénarès. Loin des clichés de la crémation. De son côté, Gilles Coulon dévoile de l’intérieur la vie de Dharavi, un des plus grands bidonvilles du monde bientôt rayé de Bombay, au profit d’une cité dite moderne. Autre sujet sensible, la marche des moines tibétains de Dharamsala à Delhi, par Flore-Aël Surun. Paisible et intimiste, Philippe Lopparelli s’est laissé guider par d’autres pas : ceux de Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature en 1913.  » Au milieu de toute cette agitation ambiante, j’avais besoin de me rattacher au texte de Tagore, et d’attendre que les choses se mettent en place autour de moi.  »

UNE PARUTION ATTENDUE
Au fil des voyages, le projet évolue, les enjeux rédactionnels et artistiques se précisent. La première impression se confirme : un très bel objet pour une prise en main aisée. Nouveau format, nouvelle pagination, et une version bilingue accessible et lisible dans bien des parties du monde. À cela, s’ajoutent une mise en forme structurée à l’identité graphique renouvelée, la participation exclusive d’auteurs, journalistes et spécialistes indiens, et les propos rapportés d’habitants. Un écho intérieur passionnant, qui permet de nous ouvrir plus concrètement encore à la culture indienne. Sans oublier les 115 photographies et créations originales – sélection drastique s’il en est – que je vous laisse le plaisir, ou au moins la curiosité, de découvrir. L’ensemble parfaitement et solidement relié, une finition soignée dans les moindres détails, jusque dans l’enveloppe textile. Dernière précision : le tirage est de 3 200 exemplaires, et l’on peut déjà parier sans risque qu’ils seront épuisés bien avant l’année prochaine à la même date !

*Merci encore à Thierry Ardouin, Denis Bourges et Philippe Lopparelli ! Les propos cités ont été recueillis le 10 juillet  à Paris.

EN SAVOIR PLUS
Le site :
www.tendancefloue.net
La revue : Mad in Idia. Ed°. Tendance Floue. 18 x 26 cm. 200 p. 19 .

PHotoEspaña 2008

PHotoEspaña attire chaque année à Madrid plus de 600 000 visiteurs. Pour sa onzième édition, un des plus importants festivals de la photographie et des arts visuels contemporains réunit 230 artistes et créateurs originaires de 35 pays, autour d’un thème : le lieu. Territoire d’exploration infini, d’expérience ou de rencontres, d’isolement ou d’errance, zone frontalière, espace idéologique ou cadre de vie…, le lieu – public ou confidentiel – est exposé aux multiples variables du regard, de la perception, et de l’écriture artistique, en interaction permanente avec le photographe.


PHotoEspana2008 © 2008 VG Bildkunst, Beate Gutschow, Barbara Gross Gallery, Munich

Jusqu’au 27 juillet, près de 69 expositions, installations et projections, mais aussi des rencontres et débats, master class, ateliers pour les enfants, sont ainsi proposés au grand public et aux professionnels de l’image. Carrefour artistique innovant, PHotoEspaña se démarque par sa volonté de mettre en avant des valeurs montantes et jeunes talents, aux côtés de ceux qu’on appelle les maîtres, tant dans des lieux d’exposition traditionnels que sur des sites alternatifs, jusque dans les rues de la capitale. On pourra découvrir ou revoir, notamment, les oeuvres de Florian Maier-Aichen, Mathieu Pernot, Yves Gellie, Marcellvs L., mais aussi Bill Brandt, W. Eugene Smith et Leonardo Cantero. Une programmation à découvrir en in et en off.

Infos :
www.phedigital.com & www.lafabrica.com

PHotoEspana 2008© Robert Smithson, Hotel Palenque, 1969-72. Solomon R. Guggenheim Museum, New York

Le spectacle de la démocratie

Depuis le 4 juillet, se tient à Barcelone une exposition inédite, base d’une réflexion sur l’évolution de la communication politique internationale. Spots electorales. El espectaculo de la democracia est une rétrospective d’envergure audacieuse, avec une sélection de plus de 2 500 documents audiovisuels, réalisés entre 1989 et 2008 dans près de 70 pays. Du Canada au Chili, de la France aux États-Unis, de l’Israël au Kenya et à l’Italie, etc, on assiste au passage de l’information d’un programme à la promotion d’idées, et à celle d’un candidat placé au rang de produit publicitaire. Le spot électoral devient un outil stratégique d’influence, plus encore que de convictions. Un spectacle qui met en scène un nom à la limite de l’icône.

Les enjeux de la politique sont sur l’hôtel du multimédia et de la publicité, renforcés par le développement de la cyber-politique et l’utilisation systématique de thèmes fédérateurs quasi emblématiques (immigration, sécurité, éducation, emploi, droits de l’homme notamment). Entre démocratie dite participative, grand public et interactive et information impactante transversale ultra-rapide, de la communication people à la manipulation ultra ciblée, l’approche se veut avant tout objective, un décryptage offrant aux visiteurs les moyens de s’informer, de comparer et de se faire leur propre opinion.

Organisée sur deux principes clairement thématisés, l’événement propose d’une part la projection de documentaires, campagnes politiques, spots, analyses de la narration et de la scénarisation politique, …, et d’autre part un espace interactif permettant une consultation multi-critères de l’ensemble des archives rassemblées pour l’occasion. Des sciences politiques au marketing électoral, images d’un système à double tranchant.

Pratique : jusqu’au 28 septembre au Palau de la Virreina. La Rambla, 99. Barcelone, puis itinérante. Tarif plein : 4,10 euros (voir sur place pour les réductions), gratuit – 16 ans. Du mardi au vendredi : 11h-14h & 16h-20h30. Samedi : 11h-20h30. Dimanche et fêtes : 11h-15h.
Spots electorales (castellano e ingles + 4 DVD), Ed.Turner, 25 euros.