Votez !

Nous sommes responsables du pays dans lequel nous vivons. S’abstenir, c’est prendre le risque de remettre au prochain tour ce qui doit être fait aujourd’hui, ne pourra plus être fait demain et d’en payer le prix fort. Voter, c’est être acteur de l’avenir de notre pays et non objet de la décision des autres : l’action de chacun a des effets sur tous. Les Français s’investissent de plus en plus pour une société plus juste, plus solidaire : et si cette réalité se confirmait ? Votez !

« Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand État, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. Décidez dès aujourd’hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale. Préparez de vos propres mains l’avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens ! » − Pierre Mendès France

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Un seul combat : la paix !

 » La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » – Albert Camus*

L’horreur, tous les jours quelque part dans le monde. À quand des manifestations mondiales pour plus de paix et d’égalité ?! Tout ce qui se passe ailleurs a eu, a et aura des répercussions sur tous : on ne peut plus rester autocentrés !

La guerre, les violences sont toujours le résultat de difficultés non résolues voire causées. Autrement dit, elles sont l’incarnation d’échecs humains, sociaux, politiques, stratégiques, diplomatiques.  Tous les moyens doivent être concentrés sur plus de justice sociale et de respect des droits ; sur la redéfinition des priorités, choix et alliances politiques (plan national et international) qui privilégient aujourd’hui trop souvent le pouvoir, la puissance, la supériorité et la force dans tous les sens des termes en lieu et place du service en faveur du bien commun. Cela vaut pour tous les États à différents niveaux, et plus encore pour les États dits démocratiques dont la responsabilité est d’autant plus importante.

* extrait de l’éditorial du quotidien clandestin Combat ; réaction aux bombardements sur Hiroshima (8 août 1945)

(publié le 29 juin, mis à jour le 15 juillet)

Résister !

hope_virginie de galzain« HOPE », série Les temps modernes © Virginie de Galzain

Lutter contre l’ignorance, contre cette peur de l’Autre qui déshumanise et isole, exacerbe les tensions, les injustices et l’instabilité, c’est urgent. Résister au brouillage et au verrouillage des esprits, aux peurs, médiatisations et discours paralysants, à la restriction insidieuse des libertés : c’est fondamental. Cesser d’accepter que certaines décisions  et actions – dont les responsables sont ceux qui les prennent –  soient prises « en notre nom », et penser de nouveaux équilibres : c’est nécessaire. Agir pour la démocratie et la liberté, pour que chacun puisse vivre dignement, pour le respect des différences et pour la paix, ici et dans le monde : c’est possible. Long, difficile, mais possible.

Je refuse que mon pays devienne une terre du Front National ou de toute autre incarnation d’extrêmes ;

et je demande à tous ceux qui partagent cette volonté de le dire, de l’écrire, de (ré)agir. Je demande aux autres de prendre le temps de réfléchir. Le présent et l’avenir en dépendent. L’action de chacun peut avoir des effets sur tous. Nous sommes tous responsables.

Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU

L’instabilité ne cesse de s’étendre. Les souffrances augmentent. Aucun pays n’est à l’abri. (…) Devant l’inhumanité flagrante, le monde a montré une paralysie troublante. ”

Exceptionnellement ci-dessous, reprise intégrale de l’appel publié sur le centre d’actualités de l’ONU

« (Genève, 31 octobre 2015) Le Secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, ont lancé un avertissement conjoint sans précédent sur l’impact des conflits actuels sur les civils et demandent que des mesures concrètes et urgentes soient prises face à la souffrance humaine et à l’insécurité.

Les deux hommes ont souligné l’importance de respecter le droit humanitaire international afin de mettre fin au chaos et d’empêcher une aggravation de l’instabilité.

Ils demandent aux États de prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts afin de trouver des solutions durables aux conflits et mener des actions concrètes dans cet objectif.
– Utiliser, à titre individuel et collectif, tous les moyens à leur disposition pour exercer une influence sur les parties impliquées dans des conflits afin qu’elles respectent le droit, y compris en menant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international, en s’assurant que les responsables Lire la suite de « Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU »

La loi du marché : Vincent Lindon primé !

Enfin ! L’IMMENSE acteur/homme Vincent Lindon prix d’interprétation masculine Cannes 2015 pour le film La loi du marché, de Stéphane Brizé. Un film à voir absolument tant pour la force du sujet qu’il porte – le chômage – et la place qu’il redonne à celles et ceux qui luttent au quotidien pour rester dignes, que pour ses interprètes.

Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

A voir : l’expo ‘Paris Magnum’

Présentée à l’Hôtel de Ville jusqu’au 28 mars 2015, l’exposition Paris Magnum révèle une sélection inédite de photographies réalisées à Paris, des années 1930 à nos jours.

Raymond Depardon, David Seymour, Bruno Barbey, Marc Riboud, Martine Franck, Henri Cartier-Bresson… sous l’œil de 30 des photographes de l’agence Magnum, se dévoile une chronique de la vie parisienne qui remonte le fil du XXe siècle. Front Populaire, Libération de Paris, crise d’après-guerre et bidonvilles de Nanterre ; vie quotidienne et combats citoyens ; Mai 68 ; résistance intellectuelle et rayonnement culturel ; Picasso ; Malraux ; Gainsbourg ou Starck… Du photojournalisme à l’expression picturale, l’exposition évoque 80 ans d’évolution sociale, économique, politique mais aussi photographique et médiatique au cœur de mutations urbaines fortes.

Le visiteur évolue entre tirages et projections, guidé par des images noir et blanc et couleur associées de façon chronologique. Un voyage dans le temps pour mieux saisir les fragments de notre histoire. Des instants de vie qui composent une mémoire collective unique, née de regards à la fois passionnés et personnels, exigeants et indépendants.

La photographie a ceci de fascinant et d’essentiel qu’elle est universelle et sans frontières. Il suffit d’un regard pour « lire » le monde, de garder les yeux ouverts pour le comprendre. Plus que jamais, laissons ses droits à l’image pour Lire la suite de « A voir : l’expo ‘Paris Magnum’ »

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
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L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan

Dans le cadre de la semaine de lutte contre le sida, la Casa musicale de Perpignan propose ce soir, 5 décembre, « Un max de bruit contre le sida ! « . Un événement festif et solidaire organisé par Lire la suite de « L’expo ‘Vivre avec le VIH’ ce soir à Perpignan »

PHOTO : The Manhattan darkroom

The Manhattan darkroom est une rétrospective inédite et unique du photographe et photojournaliste français Henri Dauman. L’exposition vient de commencer, elle est visible pour un mois seulement au Palais d’Iéna, à Paris. Voici quelques indices…

En 1950, après avoir échappé à la rafle du Vel’d’hiv’ et perdu père et mère, Henri Dauman part définitivement vivre à New York où il devient rapidement photographe pour les plus grands médias internationaux. Soixante ans plus tard, c’est une sélection (drastique) de près de 200 photos d’archives qui nous est présentée.
Profonds noir et blanc et couleurs justes, planches et publications évoquent ou décryptent plusieurs décennies de l’histoire politique, sociale, économique et artistique des États-Unis. Dans le désordre et sans exhaustivité aucune : Kennedy et  Khrouchtchev. Des portraits inattendus de Fellini, Delon, Bardot, Giacometti. Le Viêt Nam. Les yeux de Liz Taylor et une sublime photo de rue de Saint-Laurent. Les grands mouvements de contestation (féministes,  anti-ségrégation, etc). Les figures du jazz et la contre-culture. La société de consommation, l’essor de la petite bourgeoisie et celui des laissés-pour-compte. John Lindsay. Warhol… Sans oublier quelques séquences comme on en voit très rarement.

Reportage, portrait, photo de rue, … Henri Dauman maîtrise les genres et traverse son temps avec une très grande liberté de représentation : directe, informative, icônique ou cinématographique, critique voire incisive ou décalée, mais toujours personnelle. Pour ne pas oublier que la photo est avant tout un regard porté sur… Qu’elle est aussi un laboratoire où il faut oser expérimenter, se faire plaisir, du plus conventionnel au plus inédit. Je ne connaissais pas Henri Dauman. Que dire… : courez-y !


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INFOS
The Manhattan darkroom. Jusqu’au jeudi 4 décembre 2014. Palais d’Iéna (Conseil économique, social et environnemental) : 9 place d’Iéna, 16e. Du lundi au samedi de 10h à 18h (jusqu’à 21h le jeudi). Dimanche de 12h à 18h. Entrée libre.

– Le site d’Henri Dauman : http://daumanpictures.com
– Le site de l’exposition : www.manhattan-darkroom.com

DOCUMENTAIRE À voir : Se battre !

 

 » Les gens ne peuvent pas savoir ce que c’est que de partir le matin au boulot et de se dire : Putain, mais qu’est-ce qu’ils vont manger mes gosses ce soir ? Faut y passer pour comprendre… « .

Sorti au cinéma en mars 2014, le documentaire Se battre, de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana est désormais disponible en VOD et en DVD. Tourné à Givors (Rhône), il suit le quotidien d’hommes et de femmes qui résistent chaque jour pour avoir ou garder un travail et un logement, pour nourrir leur famille ; qui se battent pour continuer à guider leur vie, et celle de leurs enfants, avec espoir et sens. Un film dont les acteurs pourraient être vous et moi, dans leur propre rôle, habités de dignité et de courage, de solidarité, de rage de vivre comme tout le monde.

Ce quotidien n’est pas une exception : il concerne des millions de Français qui vivent à quelques euros près par mois, dans notre pays. Vivre à quelques euros près, c’est devoir surmonter l’insécurité, l’inquiétude, la pauvreté ; se serrer la ceinture en permanence pour subvenir à ses besoins vitaux et payer ses factures ; connaître la faim parfois et l’aide alimentaire du Secours Populaire ; ne plus pouvoir lire parce qu’on ne peut pas faire renouveler ses lunettes ou avoir froid car se chauffer devient un luxe.

Le regard de la société, quant il se fait dur et blessant, exclut. Mais l’absence de tout regard tue. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à valoriser ceux que l’on ne voit pas avec une démarche profondément humaine face à l’indifférence, aux idées reçues, au mépris, à la banalisation de situations inacceptables. Vous trouverez plus bas un extrait de la note d’intention des deux auteurs de ce témoignage de vie(s), car personne, surtout pas moi, ne dira mieux qu’eux et que ses acteurs ce que ce film représente. Comme le dit Laurence dans les premières minutes du documentaire : « Faut y passer pour comprendre ». Car il faut réaliser ce que signifie l’obsession de s’en sortir, le plaisir de travailler et l’envie d’exister au-delà de la survie, face à des suspicions indécentes chroniques « d’assistanat », dans son acception la plus humiliante.

La dépendance des personnes en difficulté est de plus en plus forte. La priorité est d’adapter le marché aux nécessités humaines et environnementales pour dépasser, précisément, le stade de la survie. Mesdames et messieurs les Ministres, dirigeants, décideurs présents et à venir, étudiants amenés à exercer ces fonctions : à défaut « d’y passer », vous aussi regardez. Pour mieux décider et tendre vers le mieux vivre possible pour tous, particulièrement ceux qui en ont le plus besoin.

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Extrait de la note d’intention :

 » Ce n’est pas un film sur la précarité ou la pauvreté. C’est un film fait avec des êtres  qui traversent cette précarité dans la banalité du quotidien, du chômage, de la survie ou du travail mal payé. Ils sont le paysage à découvrir avec leur vitalité, leur détermination à vivre, leur culture de résistance. En effet, ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on est dénué de parole, de rêves, de sentiments, ou qu’on n’est pas dépositaire de mémoire et d’envie de transmettre à ses enfants l’idée d’un monde meilleur.  » — Jean-Pierre Duret et Andréa Santana

LE SITE DU FILM : www.sebattre.com
LE DVD : éd.Blaqout http://boutique.blaqout.com
OÙ VOIR LE FILM ? www.sebattre.com/projections

Témoignage :  » Se retrouver à la rue : il suffit de pas grand chose « 

Le témoignage que je vous invite à lire est celui de Jean, 51 ans. Nous sommes alors le 15 mai 2009 (voir extraits du reportage). Les enfants de Don Quichotte ont installé des tentes quai des Tuileries et appelé à une nouvelle mobilisation en faveur des personnes sans-abri, mal logées, des personnes en situation de précarité. En un mot : exclues. La nuit tombe, Jean raconte. C’est lui qui décide du début et de la fin.

Ces mots sont les siens, de façon intégrale, au fil de sa pensée, chaotique mais lucide et solide. Je les ai retrouvés ce matin en relisant des carnets de reportages noircis de témoignages. 5 ans déjà. Et le nombre de personnes à la rue ne cesse d’augmenter : plus de 140 000 en 2014 (100 000 en 2009). Celui des personnes mal logées ou en situation de fragilité locative : près de 10 millions, sur 66 millions de Français. Comment est-ce possible ?! Les différences et blessures invisibles guident, en partie, mon travail depuis 2007. La déshumanisation chronique des personnes en difficulté m’est insupportable. 

Avec les enfants de Don Quichotte
Extrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain.

 » J’ai été presque 3 ans à la rue. Il y a 7 mois, les Enfants du Canal* m’ont proposé une chambre contre un petit forfait par mois. Pour la première fois, on m’a dit : « Tu es chez toi« . Je me suis refait une santé et j’ai décidé de remonter la pente. Sans toit, c’était impossible. Il faut comprendre.

J’ai passé un examen de conducteur de poids lourd et suis devenu chauffeur du Bus-abri qui accueille les personnes qui n’ont pas de toit. En 6 mois, j’ai pu avoir tout cela, grâce à l’association.

Je suis d’Orléans. J’avais un emploi, un appartement. Et puis un jour, tout a commencé. Perdre son travail. Son logement. Se retrouver à la rue. Il suffit de pas grand chose. On finit par se dire qu’on s’en fout. On va dans les assos. On est envoyé de foyer en foyer. On ne mange pas. On ne dort pas. On voudrait juste savoir où on va. Et puis on peut tomber dans l’alcool : on a beau refaire le monde, on est rejeté de la société.

Je suis arrivé à Paris rue Saint-Denis. J’ai commencé à traîner. Quand tu n’as rien, tu dois malgré tout faire quelque chose. J’avais une tente que je démontais tous les matins : on s’y cache. On ne veut pas que les gens nous voient comme ça. On a notre fierté. Je me suis fait quelques copains. On passait la journée ensemble : Armée du Salut, Restos du cœur, Charonne… et puis on se séparait. Aujourd’hui, certains ont retrouvé un travail, d’autres…

Avec les enfants de Don QuichotteLa personne qui parle n’est pas représentée sur les photos © Virginie de Galzain.

J’ai une famille. Beaucoup en ont une. Mais tu te débrouilles tout seul dans ces cas-là. J’ai tenu grâce à mon chien. Il faut se battre. C’est dur la rue. On nous balade comme des bestiaux, on nous dit :  » Tu dors là « . S’il y a à manger on mange sinon on dort. Et à 6 heures, on doit  » dégager « . Tu parles d’une vie. Alors on se met à boire, pour oublier, parce que quand tu ne dors pas, il faut oublier.

Hommage aux morts dans la rue, 48 ans d’espérance de vie, en France…

Et puis un jour, tu « t’installes » dans la rue : tu laves tes fringues, tu prends un rythme, enfin celui que tu te donnes ; une bière ; plusieurs bières ; tu es bourré ; et ainsi de suite. Tu penses à la maladie. À la mort. On continue de te balader. Tu es fatigué. Tu laisses tomber. Ou tu te suicides. Ou tu attends que quelque chose t’emporte loin de tout ça.

L’Abri-bus des Enfants du Canal, les personnes à la rue connaissent. Elles savent qu’on est là. On discute avec elles. On mange un morceau. Il y a des gens qui sont dehors depuis 10 ans, 20 ans, avec leur vie dans un sac. On fait des maraudes, on donne un café ou un chocolat chaud et on discute. C’est très important, c’est ce que je préfère. Car quand tu as ramé, que tu t’en es sorti, tu fais envie de façon saine. Ca n’empêche pas certains de ne pas aimer voir les autres émerger. Mais ceux que tu rencontres voient que c’est possible et ils ont envie de prouver qu’ils peuvent y arriver aussi. « 

Avec les enfants de Don QuichotteExtrait de Sans-abri : une infraction tolérée aux droits de l’Homme © Virginie de Galzain
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> Le site des Enfants du Canal : https://www.lesenfantsducanal.fr
> La page Facebook des Enfants de Don Quichotte : https://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Enfants-de-Don-Quichotte
> Le site de l’association Droit au logement/DAL : https://www.droitaulogement.org

Se faire soigner
: quelques pistes
> les PASS (permanence d’accès aux soins de santé, plus de 400 en France)
> les centres de soins de Médecins du Monde (CASO)
> la Croix Rouge et le SAMU social…

Se renseigner auprès des associations, centres d’action sociale… pour avoir une domiciliation (adresse ou recevoir du courrier gratuitement), un repas, un hébergement d’urgence , savoir où se laver, s’habiller (vestiaires solidaires), se faire accompagner pour retrouver un logement, connaître ses droits, s’il existe des transports accessibles gratuitement, reconstruire un projet personnel entre autres. Le contact humain est fondamental et vital dans tous les sens du terme.

Prisons de Madagascar, suite 2

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Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Sortie des « dortoirs » pour la distributions du 2e et dernier repas de la journée.
Dans les prisons de Madagascar, la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité des détenus. Faute de financements réguliers et suffisants, les directeurs d’établissement ne peuvent pas toujours payer les fournisseurs immédiatement, et se retrouvent parfois avec un niveau insuffisant de nourriture. Le nombre de repas peut alors tomber de 2 à 1 par jour.

Mais votez !

Nous sommes responsables du pays dans lequel nous vivons. 38 % d’abstention c’est risquer de payer le prix de la démocratie ! Autrement dit, en l’occurrence, de voir progresser le Front National. C’est avoir pris le risque de remettre au prochain tour ce qui devait être fait hier et ne pourra, parfois, plus être fait demain !
Sait-on au moins ce que l’on ne veut pas ? À défaut de savoir ce que l’on souhaite ? Le 1er tour des élections présidentielles de 2002 serait-il déjà si loin ? Arrêtons d’avoir peur a posteriori : faisons en sorte que l’histoire ne se répète pas !

 » Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand Etat, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le RÔLE QUE VOUS POUVEZ JOUER, la contribution dans la marche en avant que vous pouvez apporter. DÉCIDEZ dès aujourd’hui de PESER de toutes vos forces sur la destinée nationale, PRÉPAREZ de vos propres mains l’AVENIR plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens !  « 

− Pierre Mendès France

A LIRE : Bilal sur la route des clandestins, de Fabrizio Gatti

À la suite d’un énième (!) naufrage de personnes migrantes non loin de Lampedusa, le grand reporter italien Fabrizio Gatti appelle à soutenir dès maintenant une candidature de l’île italienne au prix Nobel de la paix (SIgner pour une candidature de Lampedusa au prix Nobel de la paix http://temi.repubblica.it).

Dans son livre Bilal sur la route des clandestins, il raconte le quotidien de ces hommes et femmes qui fuient les dangers de leur pays, quotidien qu’il a vécu à leurs côtés en se faisant passer pour l’un des leurs. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins
« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Post À lire : l’enquête de Fabrizio Gatti publié initialement en mai 2011.

EXPO « Illettrisme : droit de savoirs ».3 sur RFI !

Exposition Illettrisme : droit de savoirs.3, c’est parti ! Présentée cette fois à l’initiative de la direction du service national, l’exposition extraite du reportage indépendant du même nom auquel j’ai consacré plus d’un an est complétée de plusieurs images inédites visibles jusqu’au 28 septembre 2013 au centre départemental Yvelines information jeunesse de Versailles.

Des photographies noir et blanc et des témoignages qui mettent en avant de façon indissociable deux des nombreuses actions mises en œuvre : l’importance de la détection de l’illettrisme chez les jeunes (Journées défense et citoyenneté) et le rôle fondamental de ceux qui prennent en charge et accompagnent celles et ceux qui sont concernés (association Savoirs pour réussir). Un face à face avec des personnes touchées par des difficultés taboues que l’on peut résoudre à tout âge, avec des hommes et des femmes qui s’engagent à leurs côtés.

Pour l’occasion, le journaliste Yvan Amar nous a proposé (lieutenant Baggio et moi-même) un entretien dans son émission La danse des mots, à réécouter en cliquant sur le lecteur ci-dessous > Image 3

affiche exposition Illettrisme : droit de savoirs 2013

EXPOSITION ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS : DU 6 AU 28 SEPTEMBRE 2013 Centre départemental Yvelines information jeunesse, 2 place Charost à Versailles (RER C Versailles château ou SNCF Versailles rive droite). Mardi, mercredi, vendredi : 10h-18h. Jeudi : 13h-18h. Samedi : 12h30-18h30Le site : droitdesavoirs.wordpress.com • Télécharger la présentation de l’exposition / le plan pour s’y rendre

• La danse des mots : www.rfi.fr/emission/20130905-illettrisme-droit-savoirs

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Mines antipersonnel : combattre une menace durable

Du 3 au 7 décembre 2012, Genève accueille la 12e Conférence des États parties au Traité d’Ottawa. Un événement à suivre dans un contexte mondial d’instabilité politique persistant, où la violation des droits humains et l’usage d’armes interdites se poursuit. De quoi parle-t-on ?

La Convention d’Ottawa
– ou Convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel – est la seule à imposer un cadre juridique international dédié. C’est aussi la seule convention à intégrer un soutien aux victimes des armes concernées. Signée en 1997, elle rassemble aujourd’hui près de 160 États parties.

Les mines antipersonnel
sont des armes de guerre aussi actives pendant qu’après les conflits. Utilisées par l’ensemble des forces armées de façon massive jusqu’à la fin des années 1990, elles sont placées sous ou sur le sol, ou à proximité, et explosent sur simple présence, proximité ou contact d’une personne. Marcher dessus revient à signer son arrêt de mort ou à être victime de mutilations (et donc amputé de bras, de jambes, avec des parties du corps ou organes vitaux broyés pour faire court). Les handicaps et les traumatismes qu’elles génèrent sont violents et parfois irréparables.

Les pays signataires s’engagent notamment
à agir de façon continue et définitive sur les plans matériels et humains et ainsi
– à ne pas produire, stocker, utiliser, céder… de mines antipersonnel ;
– à identifier et notifier les lieux concernés, les quantités existantes posées ou stockées ;
– à déminer les territoires, à détruire les mines antipersonnel posées et stockées par tout moyen possible ;
– à venir en aide aux États désireux de respecter ou de faire respecter le traité d’Ottawa
– à venir en aide aux personnes victimes de mutilations/blessures et à leur famille pour favoriser l’accès aux opérations de chirurgie puis aux soins la plupart du temps très insuffisants ; pour permettre la pose de prothèses ; pour les aider à avoir des assistances sociales et psychologiques pour qu’elles puissent survivre voire se réinsérer dans ce que l’on appelle la vie familiale, sociale et professionnelle. Concernant ce dernier point, Handicap international souligne la baisse de 30% des fonds d’aide aux victimes, une aide qui conditionne pourtant la survie des personnes mais aussi le (re)développement des zones concernées.

L’information des populations sur les risques d’exposition aux mines, mais aussi la prévention par la localisation et la délimitation des territoires doivent se poursuivre. Les États parties sont enfin tenus de demander toute assistance nécessaire en cas de difficultés à mettre en œuvre leurs obligations.

Depuis 15 ans,
les engagements liés au Traité ont permis de déminer de nombreuses zones, de détruire des millions d’engins explosifs et de diminuer par deux le nombre de victimes de mines antipersonnel. Mais les engagements sont à poursuivre de façon accélérée car près de 170 millions de mines seraient encore enfouies sous les sols d’environ 40 pays (source Handicap international). Lybie, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Ouganda restent parmi les plus concernés par le nombre de mines présentes sur le territoire. Autant de décès et/ou de mutilés potentiels : largement plus de deux fois la population de la France pour se donner une idée !

.Ces mines se situent pour beaucoup dans des pays où le minimum vital manque, et à proximité d’habitation, sur des zones agricoles ou de pâturages. Les trois quarts des victimes sont des civils dont des enfants. En outre, l’International campaign to ban landmines rappelle que le Soudan et le Yemen (États parties) sont soupçonnés de continuer à utiliser ces armes. La Syrie et le Myanmar l’ont fait cette année.

Les enjeux sont donc
de poursuivre et de finir ce qui a été initié par le Traité d’Ottawa en fédérant l’ensemble des pays parties, auxquels les États non parties doivent encore se joindre. De veiller à ce qu’aucun État ne dérape à nouveau vers l’utilisation de ces mines. De protéger les personnes qui vivent et travaillent dans les zones minées. De venir en aide à celles qui ont été ou seront victimes des mines et de maintenir les moyens engagés pour que les États puissent tenir leurs engagement matériels et humanitaires.

Des enjeux d’avenir d’ordres humain, sanitaire, éducatif, économique, politique, géopolitique qui posent les questions fondamentales liées à une industrie qui pèse des centaines de milliards de dollars. Qui expriment l’urgence de la réglementation et du contrôle du choix, de l’enregistrement, de l’usage et du commerce des armes. Qui font s’interroger sur des volontés de paix face à l’entretien volontaire des conflits quels qu’ils soient et par extension de la pauvreté, de la corruption et de la dépendance. 

@ SUIVRE : Handicap international, le Comité international de la Croix rouge, l’International campaign to ban landmines, le site de la Convention
.

ZOOM SUR… MASSOUD HASSANI, DESIGNER ENGAGÉ

Massoud Hassani est né en 1983 en Afghanistan. Il a fui son pays à l’adolescence après avoir perdu son père. Installé en Hollande, il fait ses études supérieures à la prestigieuse Design Academy Eindhoven et décide de faire mettre le design au service de problématiques sociales. Il est l’inventeur du « démineur » Mine Kafon, une sphère à base de cannes en bambou activée par la simple force du vent qui fait sauter les mines en roulant dessus. Un concept inspiré de jeux qu’il fabriquait enfant et dont les limites étaient, précisément, celles imposées par les terrains minés. La spécificité de cette sphère est qu’elle mémorise le parcours effectué et permet une localisation des zones « saines » ou « assainies » tout en permettant une destruction sécurisée des mines pour mieux sauver des vies humaines. Lire la suite de « Mines antipersonnel : combattre une menace durable »

Israël/Palestine : l’arbre de la paix

Lueurs en faveur de la paix Israël/Palestine, Paris 10 janvier 2009 © Virginie de Galzain

(Archives) Paris, 10 janvier 2009, place de la Nation : manifestation pour la paix entre Israël et la Palestine. Arrivée du cortège de plusieurs dizaines de milliers de personnes parties de la place de la République. Le 10 janvier 2009 avait été marqué par une mobilisation internationale de plusieurs centaines de milliers de personnes contre l’ « Opération plomb durci « .

Depuis le 8 novembre 2012, les affrontements entre Israël et Gaza sont à nouveau à l’origine de dizaines de personnes tuées et de centaines de blessés.

Arbre de la paix Israël/Palestine, Paris 10 janvier 2009 © Virginie de Galzain

A voir : Obama/Romney, le duel 2012

À quelques jours des élections présidentielles des États-Unis, le documentaire de Michael Kirk (Le duel 2012/The choice 2012) offre une analyse politique, psychologique et familiale du parcours de Barack Obama et Mitt Romney.

Michael Kirk a signé et produit de très nombreuses enquêtes filmées récompensées par les plus hautes distinctions du journalisme. Des sujets engagés dans les questions Lire la suite de « A voir : Obama/Romney, le duel 2012 »

Exposition ‘Illettrisme : droit de savoirs’ 1

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’exposition Illettrisme : droit de savoirs*, issue du photoreportage que je réalise en indépendant depuis 2011 (un complément est en prévision en 2013), voit le jour. Deuxième volet d’un travail photographique sur les différences invisibles, c’est le seul reportage en photographies et recueil de témoignages dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

Mêlant photographies et recueils de témoignages, elle met en lumière de façon indissociable la détection de l’illettrisme chez les jeunes (direction du service national), et la prise en charge indispensable des 16-25 ans pour les accompagner vers l’avenir (suivi de l’association Savoirs pour réussir Paris).

Présentée par l’espace linguistique 11-13 Chapelle avec le soutien de la mairie du 18e arrondissement, l’exposition a lieu jusqu’au 15 novembre 2012. J’espère vous y (re)voir à cette occasion. Elle sera ensuite disponible à la location.
* Tirages baryté traditionnels de l’excellent Andrés Romero / L ’œil complice

Jusqu’au 15 novembre 2012 (samedi 6, 13 et 20 octobre 2012 de 10h à 18h en présence de la photographe).
Espace 11-13 Chapelle. 2, impasse du Curé. 75018 Paris (M° Marx Dormoy, l.12)

VOIR LE SITE DU REPORTAGE : https://droitdesavoirs.wordpress.com.

flyer exposition illettrisme_vdegalzain

À qui s’adresse ce sujet ?
– À tous, sans distinction, parce qu’il s’agit d’un sujet qui touche tous les domaines de la vie sociale quotidienne.
– Aux acteurs de l’Emploi, afin de faire de la lutte pour l’égalité des droits et contre les exclusions une priorité nationale et sans frontières.
– Aux acteurs de l’Éducation, afin de favoriser une action transversale concrète des problématiques liées à l’illettrisme.
– Aux acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en reconnaissance de leurs actions et pour faire reconnaître l’importance et le succès de leurs actions. Pour les inscrire comme partenaires majeurs et référents dans un combat pour les droits fondamentaux que sont la liberté et l’égalité, l’éducation et l’emploi. Pour leur apporter une base de retours de la part des personnes concernées par l’illettrisme.
– Aux acteurs de l’Intérieur, car une scolarité réussie est un facteur essentiel d’intégration de tous, de lutte contre la délinquance, contre la ghettoïsation, contre la stigmatisation des jeunes.
– Aux personnes touchées par l’illettrisme ou en cours d’acquisition des savoirs fondamentaux, d’une formation professionnelle complémentaire pour les valoriser, afin qu’elles réalisent que l’on peut les aider, qu’elles peuvent s’en sortir et être fières.

Pourquoi une exposition ?
– La photographie a un rôle fondamental car elle permet de prendre le temps : celui de s’arrêter, de regarder, de réfléchir, de s’identifier. Elle est un face à face immédiat avec l’Autre, un relais, un dialogue, une communication au sens noble du terme. Elle confère aussi des dimensions de présent et d’avenirs possibles, donc de durabilité.
– Elle met en avant les différents enjeux du sujet, en photographies et en recueil de témoignages.
– Elle valorise tous ceux qui ont participé au projet et fédèrent de fait toutes les personnes touchées directement ou indirectement par l’illettrisme, tous ceux qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie desdites personnes et pour leur intégration au sein de la société.

Cette première exposition est réalisée à l’initiative du Cefil, de Langues plurielles et 11-13 Chapelle, avec le soutien de la Mairie du 18e arrondissement. Elle sera ensuite disponible à la location. Participer à la diffusion de ce projet, c’est informer autrement et concrètement sur une question de société humaine, éducative, professionnelle, citoyenne prioritaire.

Prisons de Madagascar

Premières images extraites d’un des deux reportages réalisés cet été à Madagascar avec Médecins du Monde. A suivre d’ici à…


Prisons de Madagascar ©Virginie de Galzain/MdM

Maraudes de nuit, santé, habitat, Roms & co

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Extraits ©Virginie de Galzain/MdM

En France, Médecins du Monde agit contre l’exclusion et pour l’accès aux soins pour tous. Elle vient notamment en aide aux personnes sans abri via un soutien médico-social. A Nice (cf diaporama), l’équipe dispense les premiers soins, offre des médicaments de première nécessité et des compléments alimentaires. Elle oriente aussi vers son Centre d’accès aux soins (CASO) et les structures médicales complémentaires.

Toute personne vivant dans la rue est de facto en situation d’insécurité physique et psychologique ; fragilisée par des privations permanentes, un environnement agressif, l’isolement. Et les enfants sont particulièrement exposés aux risques d’infections, été comme hiver. En outre, en raison des conditions héritées des politiques sécuritaires et/ou migratoires françaises, beaucoup de personnes sans domicile, avec ou sans papiers, se cachent de peur d’être interpellées voire reconduites à la frontière. Ce qui constitue une entrave de plus à l’accès aux soins. C’est aussi une difficulté supplémentaire pour les associations qui doivent chercher les personnes en question lors des tournées avant de pouvoir leur venir en aide, quand elles les retrouvent.

La région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) est une des plus touchées par la hausse de la précarité : 15,7% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté* ; 25% de ses salariés gagnent moins de 830 euros par mois**. En France, le nombre de personnes sans abri est de plus de 130 000 personnes, avec une hausse importante du nombre de jeunes, de femmes enceintes et de familles avec enfants mineurs !

A propos de…
On assiste une fois de plus à de nombreux démantèlements de camps habités par des Roms (on expulse l’été, on laisse se réinstaller l’hiver, on expulse quelques mois plus tard…) ; on invoque les risques sanitaires encourus par les personnes vivant « dans » et « à proximité » des bidonvilles dans lesquels vivent certains Roms. Il ne saurait en être autrement puisqu’un bidonville est, par définition, insalubre/non sain. Faisons « avec » ceux qui vivent sur notre territoire en proposant des emplacements de résidence, de travail sous conditions de part et d’autre, par pallier. Ce, en tenant compte de la répartition géographique souvent historique car toutes les communes ne sont pas concernées à égalité par le sujet. Plutôt que de laisser pourrir des situations en connaissance de cause, jusqu’à ce que cela ne devienne plus supportable pour qui que ce soit. Ce qui est insupportable, c’est que les personnes sans abri et sans domicile fixe le restent, avec les manques inhérents : sans existence humaine, sociale, administrative et sans ressources et/ou travail stable quand travail il y a. Ce qui est insupportable c’est que ces situations existent.

De l’insalubrité cachée
Pour élargir sur ce qu’on voit moins et qui touche environ un habitant sur 10 en France*** : si on parlait aussi des risques sanitaires et physiques encourus par ceux qui vivent « dans » des logements — cette fois-ci — mais insalubres, loués sans aucun scrupules par des propriétaires qui passent je ne sais comment entre les mailles du filet « normes » ? Des problèmes liés au saturnisme ? De la surpopulation locative faute de logement adapté parce que c’est inaccessible ou que les garanties demandées sont trop fortes, quand bien même on aurait de quoi payer ses factures ? Avec des sanitaires qui n’en sont pas, des modes de chauffage d’un autre âge, une isolation murale et sonore insuffisante, des parties communes non restaurées ? Est-ce que les politiques réalisent, au-delà des chiffres, ce que représente et ce qu’implique ce genre de vie ? L’angoisse des parents qui aimeraient offrir d’autres conditions de vie à leurs proches et dont on n’imagine pas, en les voyant, qu’ils vivent de façon indigne ? Les enfants qui s’isolent faute de pouvoir inviter un ami de classe chez eux en raison de… ?

Une politique en faveur du respect des droits fondamentaux humains ?
L’accès aux soins, à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à l’emploi sont 5 des piliers des droits fondamentaux de l’Homme. Certes, il y a « la crise » dont on ne peut faire abstraction, et même « les crises ». Mais si on n’investit pas sur un « minimum syndical » de bien-être des êtres humains, sur quoi investir ? Si ceux qui sont « au pouvoir » et ont ce pouvoir de prendre des décisions là où ils ne l’avaient pas hier, s’ils n’amorcent pas des améliorations en ce sens : où va-t-on ?

Les décisions à prendre doivent tenir compte de TOUS les paramètres : société, santé, éducation, emploi, économie, logement, environnement, sécurité, immigration… Ce, dans une même direction : la possibilité pour chacun de vivre, sinon le mieux, du moins le moins mal possible de façon digne et autonome au sein d’un monde désormais totalement interdépendant.

«  Le redressement est indispensable, mais il ne sera possible que dans la justice. Fiscalité, éducation, logement, santé, accès à l’énergie, sécurité, services publics, nouveaux droits, culture : l’âme de la France, c’est l’égalité.  » (François Hollande, Le projet). La question est donc d’agir avec équité et éthique sur ces piliers fondamentaux : emploi stable, habitat décent, éducation égalitaire pour tous (condition d’avenir et de sécurité au sens très large du terme), alimentation quotidienne de qualité, accès aux soins et protection de l’environnement qui doivent être absolument prioritaires sur tout le reste. Ce, en remettant en question un système économique concentré dans les mains de quelques centaines de puissants, de façon à ce qu’il soit au service de la société et non pas subi par celle-ci. Sans quoi, la société en question, dont la part de celle qui a cru en « vous » Monsieur le Président, sans illusion mais avec espoir, risque fort de se radicaliser.
.
* Sources INSEE  *2012 ** 2009. *** Fondation Abbé Pierre.

Présidentielles 2012 : expressions d’une victoire !

Extraits, en cours de complément…

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6 mai 2012 : Paris, place de la Bastille. Les électeurs de la gauche se sont rassemblés depuis la fin de l’après-midi pour fêter le candidat annoncé vainqueur. En attendant l’arrivée de François Hollande, les interventions politiques et intermèdes musicaux se succèdent. Dans la foule, l’heure est à la fête mais aussi à l’attention, aux attentes. Pas d’illusion ni d’aveuglement, mais des étincelles de ce qu’on appelle l’espoir. Ce sont les anonymes de cette foule que j’ai choisi de prendre en photo en lieu et place des « célèbres » qui nous représentent. Pourquoi ?

Parce que des dizaines de photographes d’agences/collectifs and co se concentraient déjà sur les élus, que faire de plus ? Parce que j’ai 5 ans pour « prendre » François Hollande, ce qui induit une bonne marge. Alors que ce rassemblement, ceux qui l’ont composé, leurs visages, leurs attitudes, leurs emblèmes resteront uniques. Et parce que j’aime par dessus tout ces manifestations où la présence de chacun a un sens, oubliant celle du photographe ou cherchant, pour une fois, la correspondance : me laissant le plaisir – parce que c’en est un – de saisir les expressions, les détails éphémères de la mémoire d’un soir.

Les temps modernes.9 / Mobilité

Mobilité, frontières, liberté, voyage, réfugiés, migration, vacances, emploi, économie, famille, politique, tolérance, société, vivre ensemble, éducation, échanges, codéveloppement, ouverture, mondialisation !

©Virginie de Galzain

A lire dans les archives de ce blog :
– L’enquête de Fabrizio Gatti  Bilal, sur la route des clandestins
– Migrations et droits de l’homme De quoi parle-t-on ?
Sans oublier cet ouvrage de référence : Pour un autre regard sur les migrations, construire une gouvernance mondiale, éditions La Découverte .

Illettrisme : Publication d’une tribune

A lire sur le site www.sps.fr (cliquer sur le lien toutefois)
À la suite du photoreportage que j’ai réalisé sur le sujet de la lutte contre l’illettrisme (Illettrisme : droit de savoirs), le Syndicat de la presse sociale m’a proposé une tribune sur le sujet. Je remercie sincèrement Philippe Marchal de cette sollicitation et de son intérêt. Elle pose dans les grandes lignes les enjeux de l’urgence de cette question de société fondamentale qui touche à l’éducation, à la formation et à l’emploi. Une réalité réversible pour plus de 3 millions de personnes en France, qui ont été scolarisées ! pourvu que tous les acteurs concernés ouvrent les yeux et agissent de la petite enfance à l’âge adulte.

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Les temps modernes.7 / Consignes de vote

A gauche : un authentique bulletin de vote Présidentielles 2012. A droite…
Dimanche 22 avril, consigne 1 : sortez du lit. Consigne 2 : sortez voter !!
Et votez « bien » surtout.

© Virginie de Galzain

Les temps modernes, suite.3 / Résistance

Suite extraite d’une série de diptyques dont la notion de résistance demeure en filigrane : résistance au temps, aux inégalités, à une peur insidieuse, au conditionnement des esprits… Pour préserver la liberté et la vie, ce qui existe de positif et de joli. Rien n’est jamais acquis, donc tout est possible !

© Virginie de Galzain

Les temps modernes, suite.2 / Sécurité

© Virginie de Galzain                                      *I believe in miracles   / *Trop de sécurité nuit gravement à la liberté


La sécurité oui au sens de permettre aux individus de vivre libres, et dans un environnement dans lequel ils ne se sentent pas en danger ni discriminés. Aux dimensions initiales de service public et de protection.

CE, en évacuant les dérives pseudo justicières et vengeresses dont certains se sentent investis de façon préjudiciable et non respectueuse des personnes et des droits dont ils sont censés assurer la protection et la garantie. Ce, en cessant les pratiques sécuritaires liberticides, violentes, indignes, sectaires, statistiques au nom de… En donnant les moyens humains nécessaires à ceux qui en sont chargés.

En privilégiant aussi une information de fond sur les nombreuses réalités de terrain, en lieu et place de focus événementiels non digérés qui stigmatisent, diabolisent ou angélisent tour à tour tel département, tel membre des forces de l’ordre, tel jeune de… Un « changement » de perspective donc.

POUR RAPPEL "Le code de déontologie de la police et de la gendarmerie 
subordonne l'exercice des missions de police au strict respect de la 
Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, de la Constitution, 
des conventions internationales et des lois."
(source ministère de l'Intérieur)

 

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


Un logement – décent – pour tous : signez !

Mobilisation contre le mal logement : je ne comprends pas que cette pétition n’ait pas encore atteint ses 400 000 signatures ! Ce qui resterait peu sur plus de 65 millions de Français. Signez aussi et faites suivre : contrairement à ce que l’on croit, cela sert !

http://www.mobilisationlogement2012.com/je-signe-la-petition

Laisser des personnes vivre en situation de déséquilibre chronique, voire  à la rue est une infraction tolérée à la Déclaration universelle des droits de l’homme. On « encourage » l’accès à la propriété, on assure « suffisamment » de places en hébergement pour les sans-logis (comment peut-on appeler cela une « amélioration »), on « promet » plus de logements sociaux*. La belle affaire ! Le niveau de vie des Français a baissé : plus de la moitié vit avec 1500 euros et moins par mois. Certes, il y a pire ailleurs. Mais une situation qui se dégrade localement ne permet jamais à celle des autres pays de s’améliorer : cela ne fait qu’ajouter à l’instabilité générale. Instabilité sociale, économique, géographique, démocratique.

Le chômage, l’emploi instable, les revenus qui plafonnent (mais ne sont pas plafonnés par ailleurs au-delà d’un certain montant), la hausse des prix… fragilisent des millions de personnes. Aujourd’hui, trouver un logement adapté relève de l’exploit si on ne gagne pas au moins 3 à 4 fois le loyer + caution multiple (j’insiste sur cette notion) dont tout le monde ne dispose pas. Quant à acheter : quand la priorité est déjà d’assurer le quotidien/le présent, l’avenir attend.

Près de 700 000 personnes sont sans domicile fixe en France (foyer, hébergement d’urgence, hôtel de marchands de sommeil, caravane, cabane, voiture…), dont 133 000 personnes qui vivent dans la rue.
+ 2,7 millions de personnes mal logées (logement privé des conforts sanitaire, matériel, sécuritaire et j’en passe ; logement insalubre pour ne pas dire taudis, trop petit par rapport au nombre de personnes…)
+ 5 millions de personnes fragilisées par la crise du logement (loyers impayés faute d’argent, copropriété en difficultés et/ou dégradées faute de moyens, surpeuplement, logement chez un tiers…)

Sans oublier les près de 600 000 propriétaires et en phase d’acquisition qui sont en difficultés de paiement. *1,2 million de ménages toujours en attente de logement social. Et en considérant que près de 4 millions de personnes n’ont pas les moyens de se chauffer correctement l’hiver car la facture d’électricité est trop chère.

= entre 8 et 10 millions de personnes – des hommes, des femmes et leurs enfants – touchées par la crise du logement et en situation de survie : pas de logement, un logement précaire et/ou indécent, un logement en passe d’être perdu.

A LIRE : L’enquête de Fabrizio Gatti

« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Berlusconi : 2 docus à voir sur Arte.tv

À voir sur Arte.tv, deux documentaires pour comprendre l’Italie politique d’aujourd’hui. Un État dans l’État, où la corruption et la manipulation dominent en toute impunité. Qui ou quoi en signera la fin ? Et quand ?

Le dossier Berlusconi : http://videos.arte.tv/fr/videos/le_dossier_berlusconi-3671264.html
Un décryptage de l’ascension et du pouvoir du président du Conseil sur une voie tracée par la loge P2 (Propagande massonica n°2). Documentaire de Michael Busse et Maria-Rosa Bobbi

Il est des nôtres : http://videos.arte.tv/fr/videos/il_est_des_notres-3671268.html
Cinq portraits d’électeurs réalisés à l’occasion des élections régionales de 2010. Documentaire d’Antonio Bellia, Elisa Bolognini, Marzia Mete, Valentina Monti, Gianfranco Pannone et Andreas Pichler.

Bonne année !

(NikonFM2, Ilford HP5 plus, 50mm) ©Virginie de GALZAIN

Un peu de douceur et de chaleur pour commencer cette nouvelle année. Pour ne pas oublier ces instants de vie essentiels qui permettent de continuer. L’année 2011 sera forcément politique. Face à des décisions qui ont participé à la fragilisation ou à la dégradation des conditions de vie d’une grande partie de la population, à nous de poursuivre nos engagements et d’être solidaires pour en faire une année plus sociale et humaine, de résister pour maintenir l’équilibre démocratique, de réagir pour préserver les libertés et les droits individuels. Je reste convaincue que l’action de chacun est une action pour tous. Que l’essentiel est avant tout d’essayer.

En attendant, je vous souhaite le meilleur pour 2011 !

Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et les autres

Depuis un an, la vie de Stéphane et Hervé est entre les mains des Talibans d’Afghanistan. Depuis un an, la vie de Stéphane et Hervé est entre les mains du gouvernement français.

Depuis 2009 ajouterai-je, si l’on s’en tient à notre pays, ce sont 8 Français qui sont officiellement retenus en otages :  un agent de la DGSE – (pseudo : Denis Allex) – au service de l’Etat donc – enlevé à Mogadiscio le 14 juillet  2009, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier enlevés en Afghanistan le 29 décembre 2009 et  5 personnes (Thierry Dol, Marc Ferret, Daniel et Françoise Larribe, Pierre Legrand âgés d’environ 25 à 62 ans) enlevées au Niger le 16 septembre 2010.

En 2010, 5 otages français ont été libérés tandis qu’un autre (Michel Germaneau) a été exécuté.

Aujourd’hui, huit personnes de plus sont transformées en outil de pression et en monnaie d’échange économique et politique idéale, à la hauteur des intérêts français dans le monde, et notamment en Afrique et de l’engagement de nombreux journalistes et ONG dans les pays en conflit ou en situation de détresse alimentaire et sanitaire grave. Huit personnes a priori vivantes, pourvu que le gouvernement français réagisse à temps et n’en sacrifie aucune sur l’hôtel du chantage, de la menace et d’une forme de terrorisme inacceptable. L’avenir de la liberté en est purement et simplement l’enjeu.

DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien

Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

PHOTO : reportage expo 1

D’après le reportage que j’ai réalisé au sein du service Immunologie de l’HEGP/AP-HP. Un travail photographique en immersion au cœur du lieu intime de la prise en charge des patients initié fin 2008, et réalisé en 2009.
Pendant plusieurs mois. De août à décembre 2009, j’ai pu suivre les patients Lire la suite de « PHOTO : reportage expo 1 »

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

29 janvier 2009 : un an plus tard…

Le 29 janvier 2009, un mouvement multigénérationnel et interprofessionnel réunissait plus de 2 millions de manifestants dans les rues de façon solidaire et engagée contre des mesures gouvernementales qui menacent les droits sociaux et sanitaires, l’accès à l’éducation dans de bonnes conditions, l’emploi, la liberté et l’égalité. Un an plus tard, l’urgence est toujours là !

Paris 29 janvier 2009 (Nikon, 50mm, portra 160nc) ©Virginie de GALZAIN

 » Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.  » À quand « de grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables » (je cite) ? Une économie véritablement concernée ? Des mesures prospectives efficaces ? Qu’est-ce qui est encore « possible » ?

Haïti : l’urgence permanente

Rien à dire si ce n’est agir comme on peut face à l’injuste et à l’insoutenable. Souvenons-nous aussi que, outre cette situation d’urgence extrême, Haïti est depuis des décennies dans une situation d’insécurité politique, humaine, alimentaire, sanitaire, écologique, économique absolue. Pays le plus pauvre d’Amérique, et parmi les trop nombreux plus pauvres du monde, il avait aussi été au cœur des médias lors des émeutes de la faim en 2008 – lesquelles, vite oubliées le calme suffisamment apparent Lire la suite de « Haïti : l’urgence permanente »

2e Nuit solidaire pour le logement 2009

Aujourd’hui, vendredi 27 novembre, le Collectif des associations unies organise la 2e Nuit solidaire pour le logement. L’objectif : sensibiliser et/ou mobiliser chacun, mais aussi rappeler aux politiques au sens large l’urgence et le devoir de garantir l’accès à un logement décent et la possibilité d’y rester, en France.
Réduire les gaz à effets de serre dont les conséquences peuvent être stabilisées mais certainement plus diminuées (le mal est fait !), certes ; mais autant faut-il que chacun puisse se nourrir, se vêtir, se loger et travailler, bref vivre et non survivre.

Photos (Nikon, Af 50mm, film Ilford 400) & montage ©Virginie de GALZAIN

Retour sur la nuit du 15 mai 2009 ; celle des Enfants de Don Quichotte dont le campement avait été évacué par la police Quai des Tuileries ; celle de l’ordre dit public face à la citoyenneté impliquée dans le respect des droits humains vitaux.

L’urgence durable : de Rome à Copenhague

 » La crise silencieuse de la faim représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde ». Jacques Diouf, directeur général de la FAO (ONU pour l’alimentation et l’agriculture).

Alors que le sommet de Copenhague est médiatisé depuis des mois (ce qui n’empêche pas  une réelle méconnaissance de son ordre du jour), le prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre ce 16 novembre à Rome avec nettement moins d’enthousiasme politique. Les émeutes d’avril 2008 semblent Lire la suite de « L’urgence durable : de Rome à Copenhague »

Diaporama : les Enfants de Don Quichotte, 15 mai

“On n’a rien, on est à la rue, et on nous prend le peu qu’on a. On a notre vie dans un sac, un duvet pour dormir, et c’est tout. On n’a nulle part où aller dignement, on n’existe pas, la société nous ignore et on nous chasse d’un abri de toile “.

> VOIR LES PHOTOS

Photos (Nikon F90, films Ilford HP5Plus, 50 mm) & montage©Virginie de Galzai

En France, près de 100 000 personnes sont sans abri. Plus de 3 millions de personnes sont victimes de mal-logement ou sans domicile fixe, dont 600 000 enfants. Et des millions sont en situation de précarité d’habitat (8 millions de pauvres).

15 mai 2009 : les Enfants de Don Quichotte appellent à une nouvelle mobilisation en faveur des sans-abri, des mal logés, des personnes en situation de précarité. Ils installent des tentes sur les quais des Tuileries (Paris), avant d’être évacués par la police à la tombée de la nuit. Laisser des personnes vivre dans la rue, en situation de précarité, est une infraction tolérée à la Déclaration universelle des droits de l’homme.


> Le site des Enfants de Don Quichotte

Manifestation du 19 mars

Les images de la manifestation du 19 mars 2009, à suivre dans la journée (pas trop le temps hier). Une participation qui égale celle du CPE en 2006 avec près de 3 millions de participants dans toute la France. Merci monsieur Fillon de penser « crise » et « Europe », nous y pensons aussi mais la France a ses difficultés propres qu’il convient de résoudre de façon urgente.

En attendant, vous pouvez revoir le diaporama de la manifestation du 29 janvier dernier en cliquant sur la photo ci dessous.

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Photos (Nikon F90, AF 50mm)
©Virginie de Galzain

Droit au logement, Paris 15 mars

Un clin d’œil à une question de vie essentielle :  le droit à un logement stable et salubre. Un droit de l’homme insuffisamment respecté, en France comme ailleurs, un devoir politique à honorer.


Photos
(Nikon F90, AF 50mm, IlfordHP5Plus), & montage ©Virginie de Galzain

Zimbabwe : alerte au choléra

25 décembre 2008, le ministère de la Santé du Zimbabwe notifie 26 497 cas de choléra, dont 1518 mortels. 30 janvier 2009 : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre plus de 60 000 personnes contaminées, et plus de 3 100 morts. Un bilan certainement en deçà de la réalité, au sujet de l’épidémie qui sévit dans le pays depuis août 2008. Le point.

Quid du choléra
Le choléra est une maladie intestinale extrêmement contagieuse, qui se propage par le bacille Vibrio cholerae et  » se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés  » (OMS). La base du traitement : l’hydratation, et l’administration de sels de réhydratation orale (SRO) en raison de très fortes diarrhées et de vomissements à répétition. Voire un traitement antibiotique.

C’est une maladie facile à soigner, guérissable dans la plupart des cas, pourvu qu’on en ait les moyens. Car sans traitement adapté, on peut mourir de cette maladie dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes. Le risque de mortalité de la population peut alors passer de 1 à
50 %. Au Zimbabwe, cela signifie que 6 des quelque 12 millions d’habitants sont concernés. Inconcevable en France (métropolitaine je précise) où ⎯ à titre de grossière et incomparable comparaison ⎯  l’état d’alerte sanitaire est décrété dès qu’une amorce de menace de chinkungunya plane.

Les moyens conditionnent la fin
Du côté de la population, comment avoir accès à l’information, à la prévention quand on vit dans une zone reculée ? Comment bénéficier de soins quand on n’a pas d’argent pour se déplacer dans une structure sanitaire ? Comment éviter la maladie ou se soigner quand le minimum nécessaire et vital, une eau potable et saine, n’est pas disponible ?

Les professionnels de la santé ⎯ dont une bonne partie a quitté le pays ⎯ rencontrent aussi de nombreuses difficultés. Le manque de moyens pour se rendre sur leur lieu de travail ou chez les habitants touchés par des maladies. Idem pour exercer leur métier : comment enrayer une épidémie quand on n’a pas les moyens humains et matériels pour soigner les malades ? Quand le gouvernement et les administrations en place ne s’engagent pas et n’apportent pas le soutien nécessaire ? Quand la situation politique, économique, sociale et sanitaire d’un pays s’aggrave d’année en année ? Pas de moyens. Tout est là. Ici, comme dans des dizaines d’autres pays du monde.

L’eau : origine et solution du mal
Le manque d’eau potable et de réseaux d’assainissement* est à l’origine de nombreuses maladies infectieuses intestinales et de millions de décès annuels. Le premier cause un défaut d’hydratation vitale, et des problèmes d’hygiène corporelle et alimentaire ; par extension, il touche l’agriculture, l’élevage, la pêche… Le deuxième favorise le développement et la propagation de maladies en raison d’eaux souillées, par des matières fécales notamment.

Les difficultés économiques et politiques critiques que traverse le Zimbabwe conditionnent une situation géographique et météorologique déjà fortement pénalisante. Les habitants des pays sous-développés et en voie de développement étant les plus vulnérables et les plus dépendants. La saison des pluies en cours, et les mouvements de population vers l’Afrique du Sud et le Mozambique notamment, sont des risques supplémentaires de contamination.

Le Zimbabwe en quelques chiffres**
Le Zimbabwe comprend entre 12 et 13 millions d’habitants. C’est un des pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire (40 %) et le VIH Sida (20 % des 15-49 ans). Près de 1,3 million d’enfants sont orphelins, la majorité ont perdu leurs parents des suites du VIH. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 40 ans (plus de 80 ans en France). Le taux de mortalité des moins de 5 ans est de
105 ‰, un chiffre qui a presque doublé en 20 ans (taux de mortalité infantile en France : 3,6 ‰). Les dépenses moyennes de santé par an et par habitant avoisinent les 28 dollars (plus de 3800 dollars en France).

Le choléra dans le monde
L’OMS dénombre aujourd’hui plus de 236 800 cas de choléra, répartis dans plus de 50 pays en Afrique, en Asie du Sud et dans les Amériques ; un chiffre qui correspondrait à 10 % du nombre de cas réels. La multiplication d’épisodes météorologiques extrêmes (tempêtes, sécheresse, cyclones, inondations, etc) favorisent les dégradations sanitaires et aqueuses locales. Et le changement climatique fait craindre une accentuation des éléments précités, ainsi qu’une réapparition de certaines maladies dans des zones où elles avaient totalement disparu : l’Europe étant bien sûr concernée.

Chaque situation doit être considérée non seulement d’un point de vue local, mais aussi mondial, au risque d’arriver à des impasses sanitaires aberrantes et inhumaines. Ce qui concerne d’autres  régions aujourd’hui, pourrait nous concerner demain, à moyen ou long terme.

*1,4 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. 2,3 milliards de personnes ne disposent d’aucune installation sanitaire.
**Les chiffres France sont là pour donner une échelle de valeur et non à titre de comparaison.
Sources Médecins du monde, Unicef, Ined.

Vade retro chikungunya !

Il y a une semaine jour pour jour, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, annonçait un plan de lutte contre la dissémination de la dengue et du chikungunya (deux maladies transmises par un moustique) en métropole. Malaise à l’île de La Réunion, où le virus a fait des ravages sans précédent entre 2005 et 2007. Principal motif : le désengagement des autorités compétentes de l’époque.

Chronique d’une épidémie
22 février 2005, les premiers cas de chikungunya sont recensés à La Réunion, zone du territoire français s’il est besoin de le rappeler. Le virus se propage comme une trainée de poudre, accentué par des conditions climatiques favorables à son développement. Début 2006, malgré les alertes répétées, la situation n’est pas jugée préoccupante par les politiques, au niveau local et surtout national. La porte-parole de l’OMS relate même une estimation de 2 400 et quelque cas dans l’Ile. Une information très largement sous-estimée.

Le 1er mars 2006, la sénatrice Gélita Hoareau fait le bilan à l’occasion d’un énième appel : à cette période, on dénombre déjà au moins 160 000 cas, soit 20 % de la population totale. Plusieurs pathologies présentent une gravité inédite et des dizaines de patients sont décédés, fait nouveau pour la maladie. Gélita Hoareau rappelle l’évidence de mettre TOUS les départements français sur le même pied d’égalité. Et l’urgence d’enrayer une épidémie qui compromet le présent comme l’avenir d’une île peuplée d’environ 750 000 habitants. La prise de conscience s’amorce enfin.

Un scandale multiformes
Loin d’une polémique gratuite, on peut objectivement parler de négligence, le principe de précaution élémentaire n’ayant même pas été appliqué. Les impacts se mesurent au niveau sanitaire, économique et écologique. Plus de 266 000 personnes ont été officiellement touchées, soit plus de 35% de la population ! Des centaines de morts de cause directe ou indirecte, et des milliers de personnes marquées de séquelles à vie, rappelait cette semaine Témoignages, un des principaux quotidiens de l’Île.

De plus, la forte proportion d’arrêts maladies parfois longue durée liés, a provoqué d’importantes perturbations de l’activité, et de nombreux dépôts de bilan. La psychose chikungunya s’est développée hors des frontières insulaires, occasionnant une chute du tourisme avec une baisse du chiffre d’affaires allant jusqu’à 60% au plus fort de l’épidémie. Enfin, les premiers insecticides utilisés sans ménagement étaient des substances hautement polluantes et toxiques tant pour l’être humain, que pour l’environnement (faune, flore, cultures, eau…). Depuis, ils ont été retirés du marché, mais leurs effets secondaires ne sont pas résolus.

LA Métropole
Mouvements de population oblige, réchauffement climatique aidant, les moustiques sont vite transposés à des milliers de kilomètres et s’installent. Un phénomène pas nouveau en soi, si ce n’est que la reproduction de l’insecte en question se fait majoritairement dans des eaux stagnantes, à proximité des habitations (des fonds de vases mal rincés en passant par l’écuelle du chien jusqu’aux flaques d’eau, par exemple). Après environ 250 cas déclarés en Italie en 2007, le sud de la France (Alpes Maritimes et Var) et la Corse accueillent malgré eux les petits envahisseurs.

La situation est jugée tellement sérieuse qu’un plan de lutte est lancé, à grand renfort de communication, et dossiers spéciaux de prévention et d’information, très réussis il faut bien le dire. Le 22 juillet, le chikungunya s’invite à nouveau dans les médias, suscitant l’inquiétude avec un cas « faiblement positif » (???) « peut-être » diagnostiqué. La prudence et l’anticipation sont de mise, c’est incontestable. Force est de constater cependant que les mesures appliquées dans l’Hexagone sont loin, très loin de celles qui avaient été mises en place à La Réunion alors que de nombreux cas étaient déjà avérés.

Question de priorité
La Réunion a essuyé les plâtres,  et en subit toujours le contrecoup bien que l’épidémie soit enrayée. Aujourd’hui, l’Île est toujours sous surveillance, précaution oblige. La métropole, pour un peu, serait en état d’alerte. La question des priorités se pose donc, forcément. Le chikungunya est connu depuis les années 1950. Sur quels critères le degré de gravité d’une alerte sanitaire est-il établi ? Pourquoi la métropole bénéficie-t-elle de ce qu’on peut qualifier d’avantages certains au regard de la situation Outre mer ? Je vous laisse le choix des réponses.

Récemment, l’Île a suscité un regain d’intérêt lors de la conférence internationale qu’elle a organisée avec l’ONERC et l’UICN sur les effets du réchauffement climatique. Au coeur des enjeux internationaux, et beaucoup plus médiatique.

Otages en Colombie : l’importance de la mobilisation

Hier après-midi, se tenait à Sciences Po une conférence animée par Fabrice Delloye, Florence Aubenas et Anne Proenza. L’occasion de revenir sur la situation en Colombie et l’urgence d’une mobilisation sous toutes ses formes, pour la libération d’Ingrid Betancourt et des otages. Détenus pour certains depuis près de 10 ans.

 

Sans revenir sur les détails de l’Histoire, voilà près de 15 ans que la Colombie est rongée par l’industrie des enlèvements. Des années rythmées par des affrontements, des déplacements de population, plus de 25 000 morts de mort violente par an, par un commerce inhumain qui gangrènent peu à peu le pays le plongeant dans l’inégalité, l’horreur de la menace et de la peur, un immense sentiment d’injustice et plus un mot, plus un geste de soutien ni de solidarité. « Peu à peu, tout le monde est devenu coupable, précise Fabrice Delloye, et le silence s’est installé. » Et les prises de position se radicalisent au détriment de toute possibilité de réflexion, d’ouverture et de négociation.

« Il n’y a pas de mode d’emploi dans cette lutte » dit Florence Aubenas, grand reporter détenue en otage cinq mois en Irak de janvier à juin 2005. Pas de mode d’emploi dans un contexte où le maître mot est la non négociation en lieu et place d’une nécessaire politique de conciliation; mais des pistes, des évidences, comme se mobiliser.

Pourquoi se mobiliser? D’aucuns diront que ce n’est pas cela qui va libérer les otages. Qu’une issue favorable dépend seule de l’action des politiques. Certes, le lien de cause à effet n’est pas direct, ni évident. Et pourtant, se taire, c’est masquer, renier la vérité, renier le dialogue, la réconciliation. C’est prendre le risque de sacrifier des vies sur l’hôtel de l’indifférence ou de l’inaction, exacerber l’injustice et activer la spirale du pire.

Alors « médiatiser la gravité de la situation, parler d’Ingrid Betancourt, c’est donner aux citoyens les moyens de comprendre ce qui se passe en Colombie à travers son combat pour les droits de l’homme et la vie d’un peuple, et la situation des otages, » poursuit Florence Aubenas. C’est donner les clés pour agir en connaissance de cause. Une façon essentielle de lutter contre le chantage, l’isolement, de faire tomber le mur construit entre les otages et le reste du monde. Et de construire un mouvement mondial de solidarité, reflet concret d’une opinion publique active, concernée et influente.

Se mobiliser est aujourd’hui la seule façon pour les citoyens de lutter contre cette forme du terrorisme, parmi tant d’autres. C’est essayer, rendre visible, dire qu’on n’oublie pas, que tout est possible ou du moins qu’il faut y croire. C’est offrir une scène politique et médiatique à tous les acteurs de la libération, montrer aux dirigeants l’impérieuse urgence de la négociation, de la solidarité, de mettre l’être humain au centre de tous les enjeux et de toutes les décisions. Se mobiliser, c’est transmettre son soutien aux otages et à leurs familles, et redonner toute sa dimension humaine à une démarche odieuse de menace permanente et de mise à l’écart de la vie, qui nous concerne tous.

« Si nous continuons à assister à la dégradation des otages, ajoute Fabrice Delloye, s’ils ne sortent pas de cette situation insupportable, (…), cela va en plus créer une tache indélébile, et une rupture qui sera extrêmement difficile à porter dans les relations avec la Colombie comme avec les autres nations du monde. »

www.agirpouringrid.com

Migrations & droits de l’Homme

Dans le cadre du 36e Congrès de la FIDH (Lisbonne 19-25 avril), s’est tenu le Forum Migrations et Droits de l’Homme. Son objectif :
– informer de la situation des migrants et des flux migratoires dans le monde.
– dénoncer les violations des droits de l’Homme et agir en faveur du respect de ces mêmes droits.

– alerter et impliquer les dirigeants, comme le grand public, sur la nécessité de mettre en place ou de renforcer une politique de protection des migrants dans les terres d’accueil.

Quelques données clés
Les flux ont augmenté de 50% en 25 ans mais concernent environ 3% de la population mondiale. Toutes les régions du monde sont concernées, avec des évolutions mixtes : une terre d’accueil peut se retrouver pays d’émigration ou de passage et inversement. Les principales zones d’accueil sont les Etats-Unis, l’Europe occidentale et l’Australie mais aussi les pays pétroliers, le Japon et les Quatre Dragons.

De plus, et parallèlement à ce qui est ancré dans les esprits, les migrations ne se limitent plus aux flux Nord-Sud. Le phénomène Sud-Sud s’amplifie, notamment en raison du durcissement des conditions d’entrée en Europe mais aussi des conflits locaux et des déplacements de populations.

Principaux motifs de migration
De façon très schématique. Plusieurs motifs peuvent en effet être implicitement liés : les pays en guerre et/ou dont le régime politique est dit « fort » sont aussi souvent ceux qui sont touchés par une situation économique plus que précaire, des phénomènes climatiques aggravants, la faim, la maladie…

– 40 % quittent leur pays pour trouver un emploi, principalement vers les grandes métropoles.
– 60 % pour des raisons politiques (conflits, régime en vigueur, persécutions), écoclimatiques (sécheresse, catastrophes naturelles), alimentaires et sanitaires (famine, épidémies) et une minorité – en hausse cependant – pour faire des études ou suivre sa famille.

Spécificités
Environ 50 % des migrants seraient des femmes, lesquelles se déplacent de plus en plus souvent seules. D’une part en raison de la possibilité d’accéder à des emplois considérés comme  » féminins  » (emplois dits domestiques et liés à la personne, au sexe…). D’autre part en lien avec la prise de conscience de leurs droits.

Conséquences
Encore et toujours la violation des droits de l’Homme, et ceux des migrants en particulier. Une situation illustrée notamment par la hausse de la traite des humains (qui concerne officiellement plus de 500 000 personnes par an, essentiellement des femmes et des enfants au sein ou en dehors du pays d’origine, et représente la 3e source de revenus illicites dans le monde) et d’une forme d’esclavage  » moderne  » qui n’a de moderne que l’époque. Par extansion, la violence, la discrimination et les inégalités.


Egalement, l’insécurité tant dans les pays d’accueil qui tendent parfois à diaboliser la notion même d’immigration et favorisent indirectement des attitudes xénophobes ou racistes, que dans les pays d’origine où se développe un commerce lié à l’émigration clandestine. Le syndrome de « l’immigration jetable » (ou que faire quand on a fini de combler les besoins d’une démographie déficiente ou d’une main d’oeuvre bon marché?). Les expulsions arbitraires mettant en danger les migrants forcés de retourner dans leur pays d’origine.

La question centrale est d’envergure internationale : le respect des droits de ces nouveaux arrivants dans une nation, conformément à la législation internationale en vigueur, et la mise en place d’un statut légal local.

Histoires d’eau_histoire d’hommes

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au coeur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, économiques et politiques. En cette Journée mondiale de l’Eau, l’UNESCO appelle à la prise de conscience.

Gaspillage, pollution, réchauffement climatique, pauvreté, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences- directes de la pénurie d’eau. Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0.5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. Il ne s’agit donc pas tant de quantité que de répartition et de qualité exploitable. Une donnée essentielle pour comprendre l’urgence de la situation et son importance sur la durabilité de notre environnement et de notre développement.

Un enjeu vital
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable, causant chaque année près de 7 millions de décès dont celui de 2 millions d’enfants. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.
Dans les pays les plus pauvres, principalement en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour rendre l’eau accessible, la traiter et la purifier. D’où la prolifération exponentielle des maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra), la famine… Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Une crise planétaire
Les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation- favorisent la réduction des niveaux d’eau. Parallèlement, la pollution liée notamment aux rejets de produits industriels détériorent la qualité de l’eau et de l’environnement.
Dans certains pays, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles. Les habitants de ces derniers n’ont pas accès à l’eau courante et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution coûtant jusqu’à 10 fois plus cher que ceux des services publics.
Autant de raisons qui doivent engager les Etats et les responsables des réseaux de distribution à garantir et faciliter l’accès à une eau douce, assainie et potable pour tous, unis dans une politique responsable locale et nationale.

Le pouvoir et l’interdépendance
Le manque d’eau a des conséquences sur le développement économique, l’accès à une activité rémunérée (notamment pour les femmes auxquelles incombent dans certains pays, l’approvisionnement en eau et le soin des enfants malades), les inégalités, l’autonomie des populations.
Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, voire devenir un dangereux moyen de pression. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

L’urgence à long terme
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous, négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples, consommer et utiliser moins et mieux, mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.