Migrations : Odysseia, d’Antoine D’Agata

Odysseia, du photographe Antoine d’Agata. Un travail exceptionnel sur et avec ceux que l’on appelle des migrants. À lire, voir, regarder, faire passer pour comprendre, s’interroger sur le pourquoi de ces odyssées d’hommes, de femmes et d’enfants ; sur les conséquences sur des vies individuelles et collectives. Et au-delà, sur un monde en (dés)équilibre où tout interagit.

Les discours de stigmatisation et de peur de l’Autre sont inacceptables tant humainement que politiquement, outre la méconnaissance apparente ou manifeste qu’ils traduisent ; ce, face au courage et aux souffrances passés, présents et à venir de ceux qui ont ces parcours, ces passages quand ils sont surmontés, ces voyages de survie. http://dagata.arte.tv/

odysseia_antoine d agata_

ODYSSEIA, d’Antoine D’agata
– le site : http://dagata.arte.tv/
– le livre : André Frère éditions, 192p., 32 €
http://www.andrefrereditions.com/livres/photographie/odysseia

A lire absolument également :
– l’enquête de Fabrizio Gatti : lire le post dédié Bilal, sur la route des clandestins, éd. Liana Levi/Piccolo
– l’ouvrage documentaire : Pour un autre regard sur les migrations (collectif), éd. La Découverte
et les fictions Ulysse from Bagdad, d’Éric-Emmanuel Schmidt, éd. Albin Michel ou Livre de Poche & Eldorado, de Laurent Gaudé, éd. Actes Sud.

À toutes fins utiles, je rappelle que tout ce qui est sur ce blog depuis 2007 relève de choix personnels,
sans aucune influence ni demande extérieure et moins encore avec une quelconque contrepartie !

Zoom sur… Soleïman Badat

Pour donner suite à un feuillet paru hier (29 décembre 2008) sur Imaz Press… Un complément s’imposait.

Le Réunionnais Soleïman Badat est un de ces touche-à-tout de génie qui ont la tête dans les nuages et les pieds sur terre. Vidéaste, mais aussi musicien, auteur et compositeur, graphiste, infographiste, story-boarder, photographe, il évolue sans hiérarchie dans de multiples champs artistiques, dans une démarche commune guidée par trois fondamentaux : la vie, la liberté et la vérité.

Depuis plus de 15 ans, il s’attache à questionner ce qui l’entoure, sans pour autant porter de jugement. Observateur critique, il s’évertue à ne pas “ intégrer de manière frontale ce qu’il pense ” comme il aime à le rappeler, investi dans un travail expérimental engagé, à la fois hyper lucide et contemporain, ludique et créatif. Ses thèmes de réflexion touchent la société de consommation, ses dérives narcissiques et modes mimétiques, mais aussi l’évolution des paysages urbains et la détérioration de notre environnement, les revers de la communication et la massification de l’individualisme, de la peur de l’autre. La vie politique n’est pas en reste, entre protection citoyenne, défense des libertés et sécuritarisme déviant, voire illusoire.

Ma vision du monde est à la fois optimiste et désenchantée ; profondément marquée par la conscience que ceux qui clament haut et fort leur combat pour les droits de l’homme sont aussi de ceux qui ne les appliquent pas. Nous sommes de plus en plus dans un monde aseptisé, un monde où l’humain, l’erreur, le vieux, le laid, l’approximatif ne semblent plus avoir leur place “, précise-t-il.

Making off de Running upstair, été 2008

Soleïman Badat est un citoyen globe trotter aujourd’hui installé à Vienne : une ville ouverte à la création et à l’innovation (mise à jour décembre 2016 : il vit de nouveau à La Réunion). New York, Jerusalem, Bombay seront de ses projets futurs ; la mobilité, comme occasion de découvertes, de rencontres et d’apprentissages permanents faisant partie intégrante de sa vie. La liberté d’engagement aussi ! Puisqu’il est aussi bien actif au sein des collectifs vidéo Kino 5 (Vienne) et Kino Réunion que du collectif APOROS (photo et journalisme) et de Shamaans (groupe post-rock expérimental), notamment. Conséquence logique, l’année 2008 s’est avérée belle, et bien agitée, avec de nombreuses créations, et des projections vidéos au festival Saint-Denis expos-photos (mars), au Festival international de l’image environnementale, à Paris (mai), à la Vienna nightwalk (août) et au Festival international du court-métrage, à Budapest (septembre).

Point d’orgue : une résidence d’artiste à la Maison Flottante du très actif et reconnu Centre national de l’estampe et de l’art imprimé (CNEAI)* au cours de laquelle Soleïman Badat a réalisé son premier DVD, Flowers for the grave. Un concentré original chargé de sens et ultra créatif de sept vidéos, paru en septembre dans l’Hexagone. La Réunion va à son tour découvrir cette production et bien d’autres courant 2009 : on attend avec impatience la confirmation de la date d’une Soirée spéciale prévue au Séchoir, lieu alternatif de l’Île. Osons aussi croire à une consécration — au minimum locale — qui pourrait par exemple avoir lieu lors de la prochaine Nuit des musées, le 16 mai, avec la mise en place de l’installation Nowhere at the same time & Right time wrong place, ou comment l’homme peut-il trouver sa place dans un monde perdu entre réel et virtuel ? À suivre !

SON LIEN : http://soleimanbadat.wix.com/artwork
SON DVD : Flowers for the grave, 20 €, auquel j’ai eu le plaisir de collaborer pour le texte
à commander à cneai@cneai.com en partenariat avec l’Artothèque de La Réunion