A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

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Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a Lire la suite de « A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen »

Photojournalisme : Alixandra Fazzina

Je n’ai trouvé aucune statistique sur le nombre de femmes photojournalistes en France et dans le monde. Simplement parce qu’il n’en existe pas. Pas plus qu’il n’en existe concernant le photojournalisme – ou j’ai très mal cherché -. Force est de constater qu’elles sont peu représentées en agences et collectifs. L’occasion de faire un zoom sur Alixandra Fazzina, qui a rejoint le 1er juillet dernier NOOR images.

Née en 1974, la photographe britannique est la première journaliste lauréate de la distinction Nansen pour les réfugiés, (2010) remise chaque année par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Alixandra Fazzina consacre en effet l’essentiel de son travail et de sa vie à mettre en lumière les réalités et conséquences humaines des conflits, des migrations forcées, de la violence, de l’exploitation de la pauvreté, tant au sein de la population civile que sur la maternité. Un engagement initié dans les années 2000 en Europe de l’est, qu’elle poursuit aujourd’hui de façon indépendante. Bosnie, Sierra Leone, Angola, Afghanistan… sont parmi ses territoires d’investigation et d’expression.

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From A Million Shillings, Escape from Somalia © Alixandra Fazzina/NOOR

Reconnue pour son courage et son regard, elle a été relayée par des médias comme Newsweek, The Sunday times, The New York times. Elle sera prochainement rééditée par l’éditeur Trolley, pour un travail personnel de près de deux ans sur les migrants de la Somalie vers la péninsule arabique : A Million Shillings, Escape from Somalia. Un voyage au cœur des détresses et des attentes de femmes, d’enfants et d’hommes ; sur les traces des passeurs, dans l’enfer des trafics du golfe d’Aden. Ses images sont des tableaux qui traduisent des réalités vécues jour et nuit au quotidien par des populations qui tentent de fuir le danger, qui perdent leurs racines et parfois leur vie pour un semblant de liberté. Les compositions, la lumière sont des révélateurs de désordres, d’urgences, d’émotions saisis avec disponibilité, patience, respect.

Porte-parole des oubliés de l’actualité, Alixandra Fazzina symbolise aussi l’importance du rôle de  cette profession, à l’heure où l’on ne pense plus seulement à relayer l’information mais à faire du chiffre, à satisfaire un certain type de lectorat voire à anticiper sur ses envies au risque de se tromper ; à l’heure où la différence, le malheur, l’étranger, la vie de centaines de millions de personnes en substance, sont de plus en plus voilés, occultés au profit d’une réalité plus acceptable  (?), légère (?), divertissante (?). À l’heure enfin, où des photographies sont retouchées, saturées ou désaturées, contrastées, lissées, voire ce que l’on appelle esthétisées au point de perdre l’âme, la matière et le réalisme  initiaux,  au point de dénaturer et de travestir la vérité : pourquoi ? Pour la rendre plus visible ?

Alixandra Fazzina dépeint un réel en mouvement permanent, avec intuition, force et sensibilité, comme on peut le faire lorsque l’on est profondément touché et conscient de se qui se passe autour de soi, en s’oubliant et en donnant le meilleur de son art. Ses images sont d’une honnêteté humaine, intellectuelle et photographique qui interpelle. Des arrêts sur l’Histoire, qui se déroule non plus à des kilomètres, mais aujourd’hui, sous nos yeux.

La photographe vit depuis trois ans à Islamabad. Elle vient d’être témoin de ce que beaucoup considèrent comme une des pires catastrophes naturelles des temps modernes : les inondations survenues au Pakistan.

Galeries photo : www.noorimages.com
À paraître : A Million Shillings, Escape from Somalia. Éd. Trolley. Environ 30 €.

Philip Blenkinsop : Visa d’or news

Samedi dernier, lors de la semaine professionnelle du 20e festival Visa pour l’image, à Perpignan, étaient décernés les prestigieux Visa d’or. C’est le photographe australien Philip Blenkinsop qui a remporté le Visa d’or ‘news’ pour son reportage sur le tremblement de terre au Sichuan, en Chine.

Né en 1965, Philip Blenkinsop figure parmi les photojournalistes les plus importants de sa génération. En 1989, il quitte le quotidien The Australian, pour s’installer à Bangkok, en Thaïlande. Un pays au coeur d’importantes mutations. Depuis, il travaille essentiellement en Asie, et témoigne par l’image des dures réalités des conflits, des catastrophes humanitaires. L’horreur figée entre la vie et la mort, expression d’une violence extrême et d’un rapport extrême à la violence.  » Une violence omniprésente en Asie, à laquelle les Occidentaux ne sont pas habitués, que les photographes eux-mêmes ont du mal à représenter telle quelle «  précise-t-il.

Des Philippines au Népal, de la Birmanie au Laos ou à la Thaïlande, etc, il rend la vie aux oubliés, immortalise l’oppression, donnant à voir aux yeux du monde un quotidien cruel voire infernal. Une photo témoin extrêmement marquante, dénuée de censure. Un document inestimable qui ouvre les consciences, et une perception personnelle de moments clés, historiques, identitaires, dans une dimension humaniste hautement artistique.

Récompensé de nombreux prix, il est aujourd’hui l’un des membres de NOOR images, fondée fin 2007. L’agence rassemble neuf photographes, et pas des moindres (Pep Bonet, Stanley Greene, Francesco Zizola, mais aussi Samentha Appleton, Jon Lowenstein, Yuri Kozyrev, Jan Grarup et Kadir van Lohuizen), engagés dans une volonté de compréhension du monde, dans la pure tradition du photojournalisme. Un documentaire est actuellement en cours sur son travail. En voici dix minutes.


LE SITE : www.noorimages.com