Education, formation : un droit pour tous

 » Penser constamment à la jeunesse est la seule manière de construire toujours en fonction du futur, c’est la seule méthode pour être certain de ne jamais sacrifier l’avenir au présent, ce qui est en définitive le devoir suprême de l’homme d’Etat. (…)
Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. « 

— Pierre Mendès France

Depuis fin 2010, je travaille aussi sur les thèmes de la lutte contre l’illettrisme et de l’accès à l’éducation et à la formation pour tous. Ce projet photographique « à tiroirs » a pour objectif de rappeler l’urgence du respect de l’égalité du ‘droit d’apprendre et de savoirs’, de mettre en lumière les parcours et réalités de vie des personnes concernées mais aussi de fédérer et de valoriser les acteurs engagés. Le premier volet (Illettrisme : droit de savoirs) a été initié en collaboration avec la Direction du service national (DSN/SGA/ministère de la Défense) et l’association Savoirs pour réussir Paris, en lien avec l’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). Il fait l’objet de plusieurs expositions depuis 2012. Un nouveau volet, réalisé avec le Service militaire adapté depuis la publication de ce post (mise à jour début 2016) est visible sur unenjeudavenirs.wordpress.com.

N’oublions pas que le respect des droits fondamentaux, dont l’éducation fait partie, est une des clés de la stabilité et de la cohésion sociale, de la liberté et de la démocratie, tant sur le plan local qu’international. Que la lutte pour la diminution de la pauvreté et des inégalités croissantes – et par extension des exclusions, dépendances, corruptions, violences et manipulations – est une condition sine qua none urgente de l’accès à ces droits sur le long terme dans tous les pays du monde. N’oublions pas, surtout, le rôle et la place de la jeunesse dans ces deux dimensions qui me sont chères de « futurs des possibles » et « d’utopies concrètes ».

fisheye3_48 49_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_50 51_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_52 53_illettrisme_virginie de galzain fisheye3_54 55_illettrisme_virginie de galzainExtrait du reportage Illettrisme, droit de savoirs © Virginie de Galzain
Parution Fisheye n°3 (avec mes remerciements)

Le site du reportage : droitdesavoirs.wordpress.com

Reportage sur l’illettrisme en France : le nouveau site

Le nouveau site du reportage Illettrisme : droit de savoirs est en ligne ! En images et en textes, retrouvez les infos sur l’origine du reportage, ses liens, l’exposition, ses relais aussi. Evolutions à suivre sur http://droitdesavoirs.wordpress.com

droitdesavoirs.wordpress.com

À TÉLÉCHARGER :
le pdf de présentation de la dernière expo
les 8 pages parues dans le magazine Déclic photo
les 7 pages parues dans le magazine photo Fisheye

‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine !

EN KIOSQUE ! 7 pages d’extraits du reportage
dans le magazine photo FISHEYE, novembre-décembre !

fisheye 3_illettrisme droit de savoir_virginie de galzain

Lire la suite « ‘Illettrisme, droit de savoirs’ dans Fisheye magazine ! »

A relire…

Quelques liens vers des archives que je remets en accès direct en attendant la suite !

Eau potable : L’urgence au quotidien
 Migrations forcées : l’enquête du grand reporter Fabrizio Gatti
Armement : la menace durable des mines antipersonnel
Éducation : le photoreportage dédié à la lutte contre l’illettrisme et par extension à l’échec scolaire
Livre : Cet autre, de Kapuscinski OU Cesser de considérer l’Autre comme une menace

Avec, en fil rouge, la notion de frontière(s) à repenser entièrement. Physique ou imaginaire, elle tend elle à devenir une entrave à une vie décente ou à l’accès aux droits, qu’ils soient sociaux, sanitaires, éducatifs, juridiques, professionnels ou simplement privés. Quand elle n’est pas cette forteresse illusoire de protection en lieu et place d’une réflexion sur le rôle et la valeur de chacun dans un monde interdépendant.

Exposition « Illettrisme : droit de savoirs ».2 !

Pour la 2e diffusion, c’est la la Ville d’Aubervilliers qui accueille l’exposition Illettrisme : droit de savoirs* du 17 novembre au 14 décembre 2012. Elle est extraite du photoreportage du même nom que j’ai réalisé en indépendant sur de très nombreux mois en 2011, le seul de long terme dédié à la lutte contre l’illettrisme et pour l’accès aux connaissances de base pour tous, en France.

.
Elle sera successivement accrochée dans le hall  de l’Hôtel de Ville, puis au Centre communal d’action sociale (CCAS) à partir du 23 novembre après-midi pour finir au 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Très engagée dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme, Aubervilliers a mis en place un Plan local en partenariat avec l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme). Elle a rejoint le collectif initié par l’Agence pour la demande de label grande cause nationale 2013 : une cause urgente qui concerne plus de 3 millions de personnes dans notre pays.

Trois millions de personnes qui ont été scolarisées en France mais ont perdu ou mal acquis la maîtrise de la lecture, de l’écriture, de la lecture et du calcul. Auxquelles s’ajoutent près de 40 000 jeunes en situation d’illettrisme détectés chaque année par la Direction du service national (tests réalisés au cours des journées Défense et Citoyenneté). Autant d’hommes et de femmes répartis sur tout le territoire qui se trouvent aujourd’hui dans une situation cachée, taboue, fragilisante inacceptable. Une réalité qui constitue une inégalité des droits en matière d’éducation, de formation, d’emploi, et qui conditionne la vie au quotidien.

> Exposition du 17 novembre au 14 décembre 2012 :
– Mairie d’Aubervilliers, 2 rue de la commune de Paris : du 17 au 23.
– Puis à quelques mètres au CCAS : 6 rue Charron, 1er étage : à partir du 23 novembre. Et 31/33, rue de la Commune de Paris à partir du 7 décembre. Entrée libre.
> Le site du photoreportage : droitdesavoirs
> Soutenir la demande de label Illettrisme, grande cause 2013 : www.illettrisme2013.fr
> Lire les 8 pages consacrées au reportage dans le magazine Déclic photo

* tirages baryté traditionnels Andrés Romero
La 1ere exposition a eu lieu à l’espace 11-13 chapelle, 2 impasse du Curé, 75018

Illettrisme : Publication d’une tribune

A lire sur le site www.sps.fr (cliquer sur le lien toutefois)
À la suite du photoreportage que j’ai réalisé sur le sujet de la lutte contre l’illettrisme (Illettrisme : droit de savoirs), le Syndicat de la presse sociale m’a proposé une tribune sur le sujet. Je remercie sincèrement Philippe Marchal de cette sollicitation et de son intérêt. Elle pose dans les grandes lignes les enjeux de l’urgence de cette question de société fondamentale qui touche à l’éducation, à la formation et à l’emploi. Une réalité réversible pour plus de 3 millions de personnes en France, qui ont été scolarisées ! pourvu que tous les acteurs concernés ouvrent les yeux et agissent de la petite enfance à l’âge adulte.

Image 15

REPORTAGE ‘Illettrisme : droit de savoirs’

« Illettrisme : droit de savoirs » est le 2e volet du projet photographique de long terme que je mène sur les différences invisibles. Un sujet de plusieurs mois réalisé en lien avec l’ANLCI, en collaboration avec la direction du service national/DSN (détection des difficultés de lecture) et l’association Savoirs pour réussir Paris (prise en charge de jeunes de 16 à 25 ans). Le magazine Déclic photo (n°75, en kiosque jusqu’au 8 décembre 2011) consacre 8 pages au reportage avec une interview sur le sujet et la démarche.

EN SAVOIR PLUS
Le site du reportage http://droitdesavoirs.wordpress.com.

ILLETTRISME : DROIT DE SAVOIRS !

▪ Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais «délicat» de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale. Une réalité encore taboue qui concerne plus de 3 millions de personnes âgées de 16 ans et plus, qui ont été scolarisées mais ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul.

▪ En France, l’instruction est obligatoire à partir de 6 ans, pour tous les enfants français ou étrangers résidant en France ; et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans révolus. Or, près de 9% des personnes en situation d’illettrisme ont entre 18 et 25 ans. C’est avec ces dernières que j’ai eu envie de commencer à travailler, parce qu’elles sont situées à une période cruciale de leur vie : à la frontière de la scolarité, de la formation et de la vie active.

LE REPORTAGE : REMONTER LA CHAÎNE D’UN DROIT FONDAMENTAL

L’illettrisme n’est pas une fatalité : c’est une inégalité cachée, aux causes multiples que l’on peut mesurer et résoudre à tout âge. Un cap à franchir. Face à cela, qui agit ? Dans quel contexte ? Comment détecter ? Aider ? Résoudre ? Quelles sont les actions et interactions qui permettent, peu à peu, d’ouvrir les yeux sur cette question de société, d’améliorer l’intégration sociale de chacun ?

▪ C’est ce que le reportage aborde en remontant la chaîne du combat pour l’accès aux savoirs fondamentaux, au “Droit de savoirs”. Avec, dans un premier temps, le suivi de deux maillons clés :

– la détection, avec la direction du service national (DSN/secrétariat général pour l’administration SGA / ministère de la Défense). Lors des Journées défense et citoyenneté (JDC), elle met en oeuvre la détection des difficultés de lecture auprès de 750 000 jeunes âgés de 17 à 25 ans, grâce aux tests d’évaluation des acquis de la langue française*. Chaque année, ils permettent de détecter entre 35 000 et 40 000 jeunes Français en situation d’illettrisme. C’est la seule initiative d’ampleur dans un processus de lutte contre l’illettrisme sur cette génération, à laquelle s’ajoutent les entretiens proposés aux jeunes déscolarisés et le relais vers des structures d’accompagnement adaptées.

– l’accompagnement, avec l’association Savoirs pour réussir Paris. Engagée dans la lutte contre l’illettrisme auprès des 16-25 ans, l’association appartient au réseau national du même nom co-fondé par le linguiste Alain Bentolila et le général Fassier. Composée de deux salariées et 30 bénévoles permanents, elle propose des ateliers internes (écriture, calcul, lecture, presse…) et des ateliers pédagogiques menés en partenariat avec des acteurs culturels et d’intérêt général engagés (Petit Palais, APSV/Parc de La Villette, fondations…). Ses objectifs : réconcilier les jeunes avec les savoirs de base, restaurer leur confiance et l’envie d’apprendre pour préparer l’avenir.

PHOTOGRAPHIES ET TÉMOIGNAGES : INFORMER, VALORISER, RENDRE VISIBLE

Entre portraits de jeunes, de tuteurs et de membres de la DSN, détails et scènes de vie en test ou en apprentissage, les photographies évoquent des instants d’investissement personnel, de partage, d’implication, de doute et de solitude, de fierté retrouvée. Partie intégrante du reportage, les témoignages sont un autre « arrêt sur image » : l’expression pour les jeunes, comme pour ceux qui les accompagnent des difficultés et de la nécessaire reprise de la confiance en soi pour progresser, construire son avenir. Et par là même celui de sa famille, de son entreprise, de son pays. Avec en fil rouge, l’ouverture aux autres et à soi-même ; le désir et le plaisir d’apprendre toujours plus.
.

L’illettrisme en France (bis)

En parallèle de la Journée internationale de l’alphabétisation, quelques chiffres sur la situation de l’illettrisme – défini comme « une incapacité à lire, comprendre et écrire un message simple » – en France.

√ 3 100 000 de personnes illettrées,
soit 9 % des adultes de 18 à 65 ans :
Près de 1 adulte sur 10 de 18 à 25 ans est illettré (2,4 sur 10 de 18 à 35 ans)
Plus de la moitié des illettrés ont plus de 45 ans
59 % sont des hommes et 41 % sont des femmes
√ 74 % des personnes illettrées utilisaient uniquement le français chez elles à l’âge de 5 ans
√ Plus de la moitié (57 %) des personnes illettrées exercent une activité professionnelle
√ 50 % des personnes illettrées vivent dans des zones rurales (28 %) ou dans des communes de moins de 20 000 habitants
√ 50 % vivent dans des zones urbaines dont 10 % en région parisienne et 10 % en Zone urbaine sensible
√ 26 % des allocataires du RMI sont en situation d’illettrisme

Voir aussi sur le blog l’interview de Hervé Fernandez, Secrétaire général de Agence nationale de lutte contre l’illettrisme – 13 avril).

Source : Enquête Information et Vie Quotidienne 2002-2005 menée en France par l’INSEE et l’ANLCI sur une population de 18 à 65 ans. www.anlci.gouv.fr

L’illettrisme en France

▪ Vers le site du photoreportage Illettrisme : droit de savoirs

Nom : illettrés. Profil : hommes et femmes scolarisés en France vivant et travaillant apparemment comme les autres. Nombre : 3 100 000 millions ! Soit 9% des 18-65 ans. Qu’est ce que l’illettrisme ? Pourquoi le devient-on ? Comment le prévenir et le combattre ? Etat des lieux avec Hervé Fernandez, Secrétaire général de l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme).

On a l’habitude en France de distinguer l’illettrisme et l’analphabétisme – distinction que ne font pas tous les pays d’ailleurs. Quelles sont les différences fondamentales entre ces deux terminologies ?
H.F : On peut en effet distinguer deux types de situations : celle des personnes qui ont été scolarisées en France et qui ne parviennent toujours pas à lire, comprendre et transmettre un message simple de la vie quotidienne, et celles qui sont venues s’installer en France pour différentes raisons et qui vont donc devoir apprendre le français comme une langue étrangère.

Deux situations bien distinctes donc qui appellent des réponses différenciées. L’illettrisme est la plupart du temps très mal vécu et amène souvent les personnes concernées à user de nombreux stratagèmes pour que leurs proches ne s’en rendent pas compte, sans pour autant forcément se donner les moyens d’y remédier. A la différence des personnes qui vont souhaiter apprendre notre langue et s’orienter plus naturellement vers des formations.

Comment expliquer ce phénomène ? Comment peut-on y remédier, notamment dans le secteur de l’emploi ?
H.F : L’illettrisme est encore très tabou et les personnes touchées ressentent parfois un phénomène de rejet et de honte. Dans une société où l’on mise beaucoup sur les diplômes, les parcours chaotiques et échecs scolaires successifs sont mal perçus. Il est donc indispensable d’apporter des réponses appropriées.
On sait que sur 3,1 millions de personnes, plus de la moitié ont une activité professionnelle. Une information qui montre la nécessité de mettre en place des formations ciblées tout au long de la vie professionnelle. Les situations ne sont pas toujours révélées car ces salariés sont compétents. C’est à l’occasion de changements dans leur poste de travail que l’on peut s’apercevoir des difficultés de certains à lire et à écrire. Certains salariés refusant des promotions à cause de cela.

Nous avons engagé l’opération nationale du Forum permanent des bonnes pratiques*. Mis en place localement, il a permis de voir que certaines entreprises anticipent les changements dans le cadre d’une politique de gestion prévisionnelle des emplois. Un cadre non stigmatisant : celui de l’évolution naturelle des compétences. On ne parle donc plus de lutte contre l’illettrisme, mais de développement des acquis professionnels dans lequel on peut alors intégrer des formations à l’écriture et au calcul notamment. La difficulté n’est pas tant de mettre en place des solutions que d’en parler et de dédramatiser les situations.

Les résultats de l’enquête Information Vie Quotidienne menée par l’INSEE avec l’ANLCI font tomber de nombreuses idées reçues.
H.F : Outre le fait que l’illettrisme n’empêche pas d’avoir une activité professionnelle, l’enquête met en avant des éléments essentiels.

– Les jeunes ne sont pas les plus touchés : plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont plus de 45 ans. On sait que la capacité à lire et à écrire se perd très vite si elle n’est pas éprouvée au quotidien. De nombreuses ruptures dans un parcours scolaire (incarcération d’un parent, maladie, discrimination) peuvent favoriser une situation d’illettrisme. D’où la nécessité d’impliquer les parents pour pouvoir agir sur les enfants.
– Ce phénomène n’est pas limité aux zones urbaines, et notamment aux zones dites sensibles : 50 % des personnes en situation d’illettrisme vivent dans des zones rurales. Le renforcement de la lutte et de la prévention doit donc aussi être fait auprès des zones faiblement peuplées et des entreprises de façon à couvrir tous les besoins.
– Enfin, ce n’est pas seulement le fait de l’immigration : 74 % des personnes illettrées utilisaient uniquement le français chez elles à l’âge de 5 ans.

L’illettrisme est un mal invisible. Les personnes en situation d’illettrisme vivent, réussissent sans pour autant bien savoir lire et écrire. Ces résultats sont essentiels car ils lèvent le voile sur des idées reçues, montrent mieux qui est touché, permettant ainsi d’agir. Comment ? En levant les freins psychologiques, en organisant des actions conjuguées à des solutions, en impliquant les acteurs comme les décideurs. La lutte contre l’illettrisme est l’affaire de tous.

* Du 20 au 22 Juin prochains à Lyon, se tiendront les rencontres nationales du Forum des bonnes pratiques.
EN SAVOIR PLUS : https://vdegalzain.files.wordpress.com/2007/04/illetrisme.pdf & ANLCI www.anlci.gouv.fr