‘Paroles d’enfants syriens’ de Bernie Bonvoisin

À voir absolument en ligne sur LCP, « Paroles d’enfants syriens «  n’est pas un film document comme les autres.

Des enfants qui (nous) font face
51 minutes « brutes » à suivre des enfants syriens en exil dans leur quotidien. 51 minutes d’expression de leur vérité : celle de ceux qui savent, qui vivent ce qu’est la guerre, l’exil, la mort violente, la destruction de sa/la vie, les parents qui ne sont pas là, la terreur et la misère. Puis la lente reconstruction ‘à l’étranger’ avec des personnes bienveillantes qui luttent avec eux jour après jour pour leur intégrité et leur dignité ; pour leur éducation, face au risque de haine et d’autodestruction ; pour qu’ils retrouvent un semblant d’enfance et de petits moments d’insouciance. Des enfants qui ont connu le pire, sont passés du jour au lendemain dans un horrible monde d’adultes et font face avec courage dans une hyper conscience du monde :

« Est-ce que je vais vivre toute ma vie dans une tente de réfugié ? Ou bien je vais mourir loin de mon pays ? Ils ont tué nos souvenirs. Ils ont même tué des humains. Ils ont détruit ma maison. Ils ont détruit mon pays. Où est la solution ?  »
(− Chaïma, 12 ans)

lcp_paroles-enfants-syriens_bernie-bonvoisin

D’autres ont leur projet

« Je vois la verdure en face, les fermes et la bananeraie. J’aimerais aller là-bas. J’irai là-bas. Je construirai ma maison et j’aurai ma propre société. » (− Qussai, 11 ans),

sont comme Imane, malheureux, ou rêvent de retourner en Syrie comme Marwan qui travaille jusqu’à 4 mois d’affilé à ramasser des pommes de terre pour 4 dollars par jour pour que la famille puisse payer… la location (?!) de la « tente » qui leur sert de « maison ».

lcp-paroles-enfants-syriens_bernie-bonvoisin

Bernie Bonvoisin : l’autre voix
C’est la voix d’un homme, et quelle voix. Celle de Bernie Bonvoisin qui n’en peut plus et qui s’est associé à Pedro Brito de Fonseca pour crier sa révolte et sa rage face à cette vérité : cette injustice sur laquelle tentent de se poursuivre, de se reconstruire des vies. Une claque dans la gueule, il n’y a pas d’autres mots, comme aucun journaliste ne l’a fait et pour cause (cherchez sur Internet qui est Bernie Bonvoisin si ce nom ne vous dit toujours rien). Une claque, puisqu’il en faut encore une pour comprendre et agir face à ce que je considère comme 5 ans d’échec international humanitaire, politique et diplomatique, d’inconscience et d’inaction de la part de (nos/vos) dirigeants qui ont le pouvoir de décision de vie et de mort entre leurs mains, qui ont le pouvoir de paix.
_
Paroles d’enfants syriens : la misère entre deux jardins
Par Bernie Bonvoisin et Pedro Brito da Fonseca (coréalisateur)/LCP

USA : where is your mind ?

Donald Trump est officiellement président des États-Unis. Tout candidat peut remporter une élection. Ouvrons enfin les yeux et agissons en conséquence pour la France sans attendre le 2e tour. Pour les États-Unis, c’est trop tard cette fois. Bad day for US.

new-york_guggenheim_virginie-de-galzain_

New York, Guggenheim © Virginie de Galzain

Denis Mukwege, prix de la paix de Séoul 2016

Depuis plus de 15 ans, le Dr Denis Mukwege opère et répare physiquement et psychologiquement des femmes, jeunes filles et bébés victimes de violences et tortures sexuelles, au péril de sa vie, dans son hôpital de Panzi (Sud-Kivu/République démocratique du Congo). Le 6 octobre prochain, il recevra un nouveau prix en reconnaissance de ses actions et de ses engagements pour le respect des droits humains : le prix de la Paix de Séoul 2016. Mais pendant ce temps, certains de ses proches sont arrêtés à Kinshasa. Pendant ce temps, des violences qui dépassent l’entendement se poursuivent en RDC, notamment dans le Kivu, depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps, la création d’un Tribunal pénal international (TPI ) au Congo contre le viol comme arme de guerre ne voit pas le jour.

Quid des actes concrets de la part de ceux qui pourraient aider son pays à se stabiliser sur le long terme, à faire reconnaître le viol de guerre comme crime de guerre et respecter les droits et l’intégrité des femmes, au-delà des mots et des beaux discours ?

Le 9 mars dernier, lors du colloque ‘Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République Démocratique du Congo » qui se tenait à la mairie de Paris, Denis Mukwege rappelait ceci : « Le viol est une arme destruction massive de la femme, de la famille, de la communauté. Il est pratiqué de façon méthodique, pour donner des souffrances, humilier, traumatiser. Parfois, il l’est en public, en associant les proches, le mari, le frère, les fils ! Les femmes concernées, depuis leur plus jeune âge parfois, ne peuvent plus avoir de vie privée ou ne peuvent plus avoir d’enfants. D’un point de vue sanitaire, elles ont souvent été contaminées lors de ces actes par des infections sexuelles qu’elles peuvent à leur tour, sans le savoir, transmettre à un homme, à un bébé. Il faut être très conscient que ces conséquences sont issues de la volonté de détruire un peuple et se portent sur plusieurs générations. Ces femmes deviennent des parias et fuient leur terre. Leurs enfants sont rejetés. Il y a une destruction du tissu social, des repères, de tout ce qui est sacré dans la communauté. Et c’est celui qui désorganise la société qui domine alors cette société. Aujourd’hui, nous sommes des survivants, elles sont des survivantes. »

Pour en savoir plus sur le Dr Mukwege, il est important de voir/lire ces documents, les seuls qui permettent de réaliser de façon très concrète qui il est et les conditions dans lesquelles il vit et se bat au quotidien aux côtés de celles et ceux qu’il défend, soigne et protège :
– le documentaire L’homme qui répare les femmes, de Thierry Michel et Colette Braeckman ;
– le livre Panzi : de Guy Bernard-Cadière et Denis Mukwege (éd. du Moment).

Prison insider : le site de référence sur les prisons

10,2 millions de personnes incarcérées dans le monde. Des conditions de détention globalement indignes à inhumaines selon les pays. Une situation qui tend à se dégrader par endroit avec des mesures qui permettent d’enfermer et d’exclure plus encore au lieu de trouver/appliquer des solutions complémentaires ou en amont. Et des microcosmes sur lesquels on ne sait à peu près rien faute de pouvoir y entrer. Des vies dont on ne peut appréhender, ressentir la réalité faute de les connaître/de chercher à les connaître.

C’est pourquoi Bernard Bolze (notamment fondateur de l’Observatoire international des prisons) et son équipe  ont décidé de « mettre un pied dans les portes » et d’ouvrir, peu à peu, cet autre monde, invisible et clos. Comment ? En créant Prison insider, le premier site d’information grand public sur les prisons dans le monde, lancé le 20 septembre dernier à la maison des Métallos, à Paris.

ÉCHANGER, PARTAGER, FAIRE SAVOIR
Actuellement disponible en 3 langues, l’objectif est ambitieux : collecter, compléter, analyser et retranscrire avec beaucoup de persévérance et de rigueur des données très peu accessibles voire falsifiées ou inexistantes. Un travail engagé titanesque, pour mieux informer et sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de détention des personnes enfermées où qu’elles le soient, sur le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité, sur les bonnes pratiques enfin, quand elles existent.

Fort de 9 permanents et de bénévoles stables aux compétences complémentaires (droit français et international, rédaction, traduction, développement, iconographie, partenariat…), Prison insider dispose déjà de 30 correspondants experts dans les 5 continents, et de nombreux acteurs relais de l’information dans leur pays d’exercice. Indispensable, ce maillage est développé de façon régulière mais très vigilante pour assurer l’information locale la plus juste possible. Une condition sine qua none pour garantir la crédibilité du site sur un sujet particulièrement difficile tant les écueils et enjeux sont nombreux et pour continuer de fédérer à ses côtés ceux qui agissent.

home-prison-insider

INFORMER DE L’INTÉRIEUR, RENDRE VISIBLE
« Fiches pays », « Que faire en cas d’arrestation », « Ressources » (enquêtes, reportages, analyses, travaux universitaires…) sont autant de points d’entrée qui permettent à chacun de puiser ce qui l’intéresse ou le concerne, de réfléchir, prévenir voire agir.

Fondamental et rare, le site valorise et donne la parole aux personnes détenues ou anciennement détenues, à leurs proches, à leur famille ; des témoignages intimes sur ce qu’est la prison, la notion d’enfermement, la réalité du quotidien, la violence des relations humaines et de l’environnement, les effets collatéraux. En complément, des portfolios extraits de reportages existants de photographes professionnels (à ce titre, je remercie chaleureusement Judith de m’avoir sollicitée pour un portfolio extrait de Prisons de Madagascar), de créations théâtrales, éditoriales et graphiques participent à compléter sur le long terme ce puzzle mondial. À montrer, concrétiser, rendre visible ceux qui ne le sont pas.

SOUTENIR PRISON INSIDER
Pour être viable, de façon indépendante et se développer, Prison insider a besoin de nous/vous. Sur le plan matériel d’abord, car sans moyens, plus de contenus (et le bénévolat a ses limites !). Vous pouvez donc choisir d’être donateur ponctuel ou donateur régulier.

Sur le plan du contenu ensuite : les informations sur les prisons et conditions de vie des prisonniers dans le monde demeurent tellement parcellaires ou cachées que toute participation sérieuse et pertinente pour enrichir le site est non seulement bienvenue mais nécessaire (témoignages, relais professionnels locaux…). Pour savoir comment procéder : contact@prison-insider.com

À CONSULTER, DIFFUSER, TRANSMETTRE SANS MODÉRATION
– le site www.prison-insider.com
– devenir un donateur régulier : www.prison-insider.com/subscribe
– faire un don ponctuel : www.prison-insider.com/agir/donation
– témoigner/transmettre un témoignage : www.prison-insider.com/agir/testimonies

Boxe : clin d’œil à Estelle Mossely

Clin d’œil à Estelle Mossely, médaille d’or Boxe poids légers aux J.O de Rio, première femme championne olympique dans cette discipline et brillante ingénieure !

reportage rsma r_virginie de galzain
Extrait du reportage ‘Le SMA : un enjeu d’avenirs‘ © Virginie de Galzain

Un seul combat : la paix !

 » La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. » – Albert Camus*

L’horreur, tous les jours quelque part dans le monde. À quand des manifestations mondiales pour plus de paix et d’égalité ?! Tout ce qui se passe ailleurs a eu, a et aura des répercussions sur tous : on ne peut plus rester autocentrés !

La guerre, les violences sont toujours le résultat de difficultés non résolues voire causées. Autrement dit, elles sont l’incarnation d’échecs humains, sociaux, politiques, stratégiques, diplomatiques.  Tous les moyens doivent être concentrés sur plus de justice sociale et de respect des droits ; sur la redéfinition des priorités, choix et alliances politiques (plan national et international) qui privilégient aujourd’hui trop souvent le pouvoir, la puissance, la supériorité et la force dans tous les sens des termes en lieu et place du service en faveur du bien commun. Cela vaut pour tous les États à différents niveaux, et plus encore pour les États dits démocratiques dont la responsabilité est d’autant plus importante.

* extrait de l’éditorial du quotidien clandestin Combat ; réaction aux bombardements sur Hiroshima (8 août 1945)

(publié le 29 juin, mis à jour le 15 juillet)

Pendant ce temps en Ethiopie

Médias : c’est sûr que des attaques en Éthiopie, quand il n’y a pas de morts étrangers ou que ce n’est pas revendiqué par une organisation terroriste, ça fait moins de bruit…. En plus, depuis, Prince est mort et Macron se fait remarquer…

« Depuis mercredi 20 avril, les drapeaux sont en berne en Éthiopie. Ces deux jours de deuil national décidés par le Parlement font suite au massacre, vendredi, de 208 personnes et de l’enlèvement de 125 enfants, à Gambella, une région jouxtant le Soudan du Sud. » (Cliquer sur l’image pour lire l’article de Vincent Defait) Lire la suite « Pendant ce temps en Ethiopie »

En 2016…

ON Y CROIT !

Oui la situation du monde est grave.
Oui les États jouent avec le feu.
Oui on s’est encore serré la ceinture.
Oui on a pleuré ceux qui nous ont violemment quittés.
Oui c’est très dur de croire que ça peut s’améliorer.

Mais
On vit malgré tout dans un pays qui n’est pas en conflit armé.
On est intelligents, on a des idées et on a tous envie que ça change.
Cela veut dire que tout est encore possible !

ON PREND DE LA DISTANCE SUR TOUT !
Ce qu’on lit, ce qu’on entend, ce qu’on voit…
Préservons notre esprit critique et nos libertés : liberté d’expression et de réflexion, d’analyse et d’opposition constructive ; liberté de mouvement, de manifestation, d’action !

ON ARRÊTE DE PARLER ‘DU PARTI DONT ON NE VEUT PAS’ !
Le monde est fragile et le sera bien plus si nous permettons aux extrêmes de progresser. Des extrêmes auxquels nous devons résister sans concession. Ne nous laissons pas paralyser par les discours sombres révélateurs d’impuissances passées et présentes ni tromper par des ombres politiques (ce Front d’un Naufrage national annoncé) qui nous mèneront vers des jours plus sombres encore.

Lire la suite « En 2016… »

Armes légères, paix civile, droits de l’enfant

Selon Small arms survey et Amnesty international, plus de 850 millions d’armes légères et petits calibres (ALPC) sont en circulation dans le monde, dont près de 100 millions de kalachnikovs. Je ne sais pas si on réalise ce que cela représente.
Elles sont majoritairement détenues par des civils. Et 40 à 60 % du commerce des armes légères dans le monde est, à un moment donné, illicite (source Nations Unies) sans toutefois être illégal (marché gris).

La paix et la sécurité du monde en question

Conflits internes, guérillas, attentats voire attaques isolées… sont à l’origine d’atteintes et de destructions finalement massives (physique et mentale, familiale et sociale, économique et environnementale). Ils sont majoritairement menés avec des armes légères.
Résultat, une capacité de violence et de terreur toujours plus simple, forte mais aussi anarchique. De nombreuses zones géographiques vivent, subissent cela de façon récurrente voire permanente. Certaines sont plus médiatiques ou médiatisées que d’autres selon une « hiérarchie », comme on dit dans le métier, assez troublante.
Les répercussions humaines sont insupportables :
– plus de 500 000 tués chaque année, chiffres qui ne sont manifestement toujours pas assez forts pour signifier l’horreur que cela constitue,
et cela peut se passer tous les jours, dans n’importe quel pays ;
– les armes font chaque année 300 000 victimes hors conflits armés ;
– plus de 1 500 personnes meurent chaque jour, dont 250 000 par an de la violence armée ;
– dans les conflits armés, 80% des victimes sont des civils.

Du 24 au 27 août 2015, s’est tenue la 1ère conférence des États parties du Traité sur le commerce des armes (TCA) à Cancun. Aucun média n’a relayé cet événement sous quelque angle que ce soit. Même si « le mal est fait » dans le sens où un nombre considérable d’armes sont dans les mains de ceux qui contribuent à la déstabilisation du monde, et que l’on ne peut présumer de l’efficacité future du TCA, c’est une avancée considérable pour réglementer davantage le commerce et le transfert des armes (croyons-y). L’enjeu humain est inestimable, mondial et son application concrète urgente.

Enfants : quel avenir présent possible ?

Les civils, notamment les enfants, sont les premières victimes.
– Comment grandir dans un contexte d’insécurité chronique ?
– Comment se construire et se consolider quand on a perdu l’un de ses parents voire les deux, et que l’on est livré à soi-même ; aux autres par la même occasion ?
Quand on voit la mort en face ? Quand on la vit ?
et je ne me lancerai pas dans une liste noire des horreurs et terreurs auxquelles la violence confronte.
– Comment étudier quand on ne peut plus aller à l’école car elles ont été bombardées ou réquisitionnées ? – quand il y en a.
– Comment survivre quand on ne peut plus être soigné car les centres de soins ont subi le même sort ou que les médicaments sont encore moins disponibles que d’habitude ou en quantité insuffisante au regard des besoins ?
– Comment boire, se nourrir quand tout a été détruit, pillé ?
Que les sources d’eau sont contaminées ?
– Comment avoir un avenir quand on doit fuir, dans la ville ou dans le pays voisin (majorité des cas), vivre sans toit, sans eau ni électricité, en dépendant de l’aide internationale et/ou locale, voire en étant année après année dans des camps ?
– Comment échapper à un enrôlement pour être enfant soldat ? 250 000 soldats enfants, estimation (la prolifération des armes légères et de destruction extrême hyper maniables et pas chères comme la kalachnikov étant un lien évident).
– Comment échapper au destin d’enfant kamikaze ?
– Comment « revenir » d’un parcours d’enfant soldat ?
– Comment se remettre d’une situation, souvent associée, d’esclave sexuel(le) ? De bouclier humain ?
Comment survivre à tout cela ?
Rester intégré dans son propre pays ? S’intégrer dans un autre ?
– Comment résister aux traumatismes et apprendre à vivre avec ?

Comment un enfant peut-il ainsi avoir sa place dans le monde ? Avoir ses droits respectés ? Vivre et grandir, simplement ?

SOURCES des données chiffrées : ONU, Amnesty international, Small arms survey, UNICEF

> Le témoignage d’Emmanuel Jal, chanteur, musicien, ancien enfant soldat (la vidéo ci après a été enregistrée avant l’entrée en vigueur (24 décembre 2014) du Traité sur le commerce des armes.

Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU

L’instabilité ne cesse de s’étendre. Les souffrances augmentent. Aucun pays n’est à l’abri. (…) Devant l’inhumanité flagrante, le monde a montré une paralysie troublante. ”

Exceptionnellement ci-dessous, reprise intégrale de l’appel publié sur le centre d’actualités de l’ONU

« (Genève, 31 octobre 2015) Le Secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, ont lancé un avertissement conjoint sans précédent sur l’impact des conflits actuels sur les civils et demandent que des mesures concrètes et urgentes soient prises face à la souffrance humaine et à l’insécurité.

Les deux hommes ont souligné l’importance de respecter le droit humanitaire international afin de mettre fin au chaos et d’empêcher une aggravation de l’instabilité.

Ils demandent aux États de prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts afin de trouver des solutions durables aux conflits et mener des actions concrètes dans cet objectif.
– Utiliser, à titre individuel et collectif, tous les moyens à leur disposition pour exercer une influence sur les parties impliquées dans des conflits afin qu’elles respectent le droit, y compris en menant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international, en s’assurant que les responsables Lire la suite « Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU »

Photo : Les temps modernes.2

Extrait de reportages et portraits, commandes et projets indépendants.
Madagascar, Paris, Rome, La Réunion, New York, Bastia.

.
> (re)voir Les temps modernes.1

Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe

Références et liens en fin d’article

Comme de nombreuses autres organisations de lutte pour le respect des droits humains en Tchétchénie, le Comité russe contre la torture (CAT) s’est vu contraint d’arrêter ses activités pour cause « d’agent de l’étranger contre le ministère de l’Intérieur ». Cette qualification établie par une « loi » de la Douma (2012) concerne notamment les structures dont une partie des fonds auraient une provenance à risque dont étrangère. Objectif : contrôler et empêcher toute forme de Lire la suite « Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe »

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
.

L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Tous avec Charlie.5

 » L’utopie partagée est le ressort de l’Histoire  » − Helder Camara

Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Avec Charlie hebdo 2

Paris 7 janvier 2015. La Rédaction de Charlie Hebdo est victime d’une fusillade meurtrière au cours de laquelle plusieurs de ses dessinateurs sont abattus : Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que deux de ses chroniqueurs : Elsa Cayat (psychanalyste) et Bernard Maris (économiste). Cinq autres personnes, dont deux policiers, perdent la vie.

En fin de journée, de nombreux rassemblements spontanés de soutien ont lieu en France, dont place de la République, à Paris. Un rassemblement simplement motivé par l’envie et le besoin « d’être là », unis face au choc, à la violence de la disparition d’hommes et de femmes qui faisaient ce en quoi ils croyaient.

paris, place de la republique, tous avec charlie hebdo, 7 janvier 2015Tous avec Charlie ! © Virginie de Galzain

Le petit gardien de zébus

Victor, les yeux fermés le temps d’un rêve…
Extrait du reportage Opération sourire, pour Médecins du Monde, à Madagascar.

victor_madagascar_virginie de galzainReportage Madagascar 2012 © Virginie de Galzain/MdM

Prisons de Madagascar, suite 2

prisons de Madagascar, 2012_virginie de galzain_mdm

Extrait du reportage Prisons de Madagascar © Virginie de Galzain/MdM

Sortie des « dortoirs » pour la distributions du 2e et dernier repas de la journée.
Dans les prisons de Madagascar, la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité des détenus. Faute de financements réguliers et suffisants, les directeurs d’établissement ne peuvent pas toujours payer les fournisseurs immédiatement, et se retrouvent parfois avec un niveau insuffisant de nourriture. Le nombre de repas peut alors tomber de 2 à 1 par jour.

A LIRE : Bilal sur la route des clandestins, de Fabrizio Gatti

À la suite d’un énième (!) naufrage de personnes migrantes non loin de Lampedusa, le grand reporter italien Fabrizio Gatti appelle à soutenir dès maintenant une candidature de l’île italienne au prix Nobel de la paix (SIgner pour une candidature de Lampedusa au prix Nobel de la paix http://temi.repubblica.it).

Dans son livre Bilal sur la route des clandestins, il raconte le quotidien de ces hommes et femmes qui fuient les dangers de leur pays, quotidien qu’il a vécu à leurs côtés en se faisant passer pour l’un des leurs. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins
« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Post À lire : l’enquête de Fabrizio Gatti publié initialement en mai 2011.

Mines antipersonnel : combattre une menace durable

Du 3 au 7 décembre 2012, Genève accueille la 12e Conférence des États parties au Traité d’Ottawa. Un événement à suivre dans un contexte mondial d’instabilité politique persistant, où la violation des droits humains et l’usage d’armes interdites se poursuit. De quoi parle-t-on ?

La Convention d’Ottawa
– ou Convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel – est la seule à imposer un cadre juridique international dédié. C’est aussi la seule convention à intégrer un soutien aux victimes des armes concernées. Signée en 1997, elle rassemble aujourd’hui près de 160 États parties.

Les mines antipersonnel
sont des armes de guerre aussi actives pendant qu’après les conflits. Utilisées par l’ensemble des forces armées de façon massive jusqu’à la fin des années 1990, elles sont placées sous ou sur le sol, ou à proximité, et explosent sur simple présence, proximité ou contact d’une personne. Marcher dessus revient à signer son arrêt de mort ou à être victime de mutilations (et donc amputé de bras, de jambes, avec des parties du corps ou organes vitaux broyés pour faire court). Les handicaps et les traumatismes qu’elles génèrent sont violents et parfois irréparables.

Les pays signataires s’engagent notamment
à agir de façon continue et définitive sur les plans matériels et humains et ainsi
– à ne pas produire, stocker, utiliser, céder… de mines antipersonnel ;
– à identifier et notifier les lieux concernés, les quantités existantes posées ou stockées ;
– à déminer les territoires, à détruire les mines antipersonnel posées et stockées par tout moyen possible ;
– à venir en aide aux États désireux de respecter ou de faire respecter le traité d’Ottawa
– à venir en aide aux personnes victimes de mutilations/blessures et à leur famille pour favoriser l’accès aux opérations de chirurgie puis aux soins la plupart du temps très insuffisants ; pour permettre la pose de prothèses ; pour les aider à avoir des assistances sociales et psychologiques pour qu’elles puissent survivre voire se réinsérer dans ce que l’on appelle la vie familiale, sociale et professionnelle. Concernant ce dernier point, Handicap international souligne la baisse de 30% des fonds d’aide aux victimes, une aide qui conditionne pourtant la survie des personnes mais aussi le (re)développement des zones concernées.

L’information des populations sur les risques d’exposition aux mines, mais aussi la prévention par la localisation et la délimitation des territoires doivent se poursuivre. Les États parties sont enfin tenus de demander toute assistance nécessaire en cas de difficultés à mettre en œuvre leurs obligations.

Depuis 15 ans,
les engagements liés au Traité ont permis de déminer de nombreuses zones, de détruire des millions d’engins explosifs et de diminuer par deux le nombre de victimes de mines antipersonnel. Mais les engagements sont à poursuivre de façon accélérée car près de 170 millions de mines seraient encore enfouies sous les sols d’environ 40 pays (source Handicap international). Lybie, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Ouganda restent parmi les plus concernés par le nombre de mines présentes sur le territoire. Autant de décès et/ou de mutilés potentiels : largement plus de deux fois la population de la France pour se donner une idée !

.Ces mines se situent pour beaucoup dans des pays où le minimum vital manque, et à proximité d’habitation, sur des zones agricoles ou de pâturages. Les trois quarts des victimes sont des civils dont des enfants. En outre, l’International campaign to ban landmines rappelle que le Soudan et le Yemen (États parties) sont soupçonnés de continuer à utiliser ces armes. La Syrie et le Myanmar l’ont fait cette année.

Les enjeux sont donc
de poursuivre et de finir ce qui a été initié par le Traité d’Ottawa en fédérant l’ensemble des pays parties, auxquels les États non parties doivent encore se joindre. De veiller à ce qu’aucun État ne dérape à nouveau vers l’utilisation de ces mines. De protéger les personnes qui vivent et travaillent dans les zones minées. De venir en aide à celles qui ont été ou seront victimes des mines et de maintenir les moyens engagés pour que les États puissent tenir leurs engagement matériels et humanitaires.

Des enjeux d’avenir d’ordres humain, sanitaire, éducatif, économique, politique, géopolitique qui posent les questions fondamentales liées à une industrie qui pèse des centaines de milliards de dollars. Qui expriment l’urgence de la réglementation et du contrôle du choix, de l’enregistrement, de l’usage et du commerce des armes. Qui font s’interroger sur des volontés de paix face à l’entretien volontaire des conflits quels qu’ils soient et par extension de la pauvreté, de la corruption et de la dépendance. 

@ SUIVRE : Handicap international, le Comité international de la Croix rouge, l’International campaign to ban landmines, le site de la Convention
.

ZOOM SUR… MASSOUD HASSANI, DESIGNER ENGAGÉ

Massoud Hassani est né en 1983 en Afghanistan. Il a fui son pays à l’adolescence après avoir perdu son père. Installé en Hollande, il fait ses études supérieures à la prestigieuse Design Academy Eindhoven et décide de faire mettre le design au service de problématiques sociales. Il est l’inventeur du « démineur » Mine Kafon, une sphère à base de cannes en bambou activée par la simple force du vent qui fait sauter les mines en roulant dessus. Un concept inspiré de jeux qu’il fabriquait enfant et dont les limites étaient, précisément, celles imposées par les terrains minés. La spécificité de cette sphère est qu’elle mémorise le parcours effectué et permet une localisation des zones « saines » ou « assainies » tout en permettant une destruction sécurisée des mines pour mieux sauver des vies humaines. Lire la suite « Mines antipersonnel : combattre une menace durable »

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


A LIRE : L’enquête de Fabrizio Gatti

« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Berlusconi : 2 docus à voir sur Arte.tv

À voir sur Arte.tv, deux documentaires pour comprendre l’Italie politique d’aujourd’hui. Un État dans l’État, où la corruption et la manipulation dominent en toute impunité. Qui ou quoi en signera la fin ? Et quand ?

Le dossier Berlusconi : http://videos.arte.tv/fr/videos/le_dossier_berlusconi-3671264.html
Un décryptage de l’ascension et du pouvoir du président du Conseil sur une voie tracée par la loge P2 (Propagande massonica n°2). Documentaire de Michael Busse et Maria-Rosa Bobbi

Il est des nôtres : http://videos.arte.tv/fr/videos/il_est_des_notres-3671268.html
Cinq portraits d’électeurs réalisés à l’occasion des élections régionales de 2010. Documentaire d’Antonio Bellia, Elisa Bolognini, Marzia Mete, Valentina Monti, Gianfranco Pannone et Andreas Pichler.

À lire : Cet autre, de Kapuscinski

 » Habitants de la planète, nous sommes tous des Autres face aux Autres : moi face à eux, eux face à moi « . (Ryszard Kapuscinski)

Cet Autre, une profonde réflexion sur « ce miroir dans lequel nous nous regardons » : l’Autre. Son auteur, Ryszard Kapuscinski (1932-2007) était un Grand reporter polonais. Un écrivain voyageur qui a passé près de 30 ans à couvrir ces événements qui restent dans les vies et l’Histoire, de la fin de l’Afrique coloniale en passant par la chute du Shah d’Iran, de l’Éthiopie au Mozambique, de la Bolivie au Pakistan, à l’Afghanistan… pour l’agence de presse polonaise.

Historien de formation, curieux inassouvi, son héritage littéraire est un celui d’un témoin de l’humanité, de ses bouleversements géopolitiques, économiques, sociétaux, structurels. Plus qu’un métier,  le journalisme était pour lui un devoir d’analyse ; une passion d’informer ; la mission engagée d’appréhender, de connaître, de comprendre, de restituer le monde  et d’aller à la rencontre de l’Homme.

Dans un monde profondément bouleversé par ce qu’on appelle la mondialisation, l’évolution  des modes de communication, l’affranchissement du colon et la redéfinition des frontières planétaires, la circulation des hommes et l’affirmation du métissage, Kapuscinski s’interroge sur cet Autre qui nous ressemble. Il a ses identités, ses repères, son histoire propres que nous érigeons parfois au rang de barrière. Des barrières qui prennent la couleur d’une peau, l’odeur de l’argent, la direction du nationalisme, le sens du fondamentalisme ou la trajectoire du plein pouvoir au point de nous empêcher de « voir », d’apprendre, de réaliser cet acte essentiel de la découverte de l’Inconnu, de  la (re)connaissance de l’Étranger.

Entre peur et espoir, isolement et ouverture, histoire, mémoire et avenir, les notions de respect, de bienveillance, de curiosité, d’humanité, d’égalité sont au cœur des questionnements liés à notre relation à l’Autre. Vivre ou ne pas vivre ensemble ?…


Cet autre, de Ryszard Kapuscinski. Éditions Plon. 18 €.
À lire également : Ébène, aventures africaines (10-18). Imperium (10-18). Le negus (Press pocket). Le Shah, ou la démesure du pouvoir (Flammarion). Neuf ou d’occasion, certains titres étant indisponibles à ce jour.

Millénaire pour le Développement : le temps presse !

Le projet 8 / Le temps presse, ce sont 8 réalisateurs qui s’engagent pour 8 grandes causes. L’objectif : sensibiliser et mobiliser sur les 8 objectifs du Millénaire pour le Développement ; et rappeler les engagements pris par 191 pays membres des Nations Unies pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici à 2015.

Les 8 courts-métrages sont signés Abderrahmane Sissako (l’extrême pauvreté), Gael Garcia Bernal (l’éducation), Mira Nair (l’égalité des sexes), Gus Van Sant (la mortalité infantile), Jan Kounen (la santé maternelle), Gaspar Noé (VIH), Jane Campion (l’environnement) et Wim Wenders (le développement).

À découvrir et à diffuser dès maintenant en cliquant sur l’image ci-dessous.


www.letempspresse.org

Haïti : l’urgence permanente

Rien à dire si ce n’est agir comme on peut face à l’injuste et à l’insoutenable. Souvenons-nous aussi que, outre cette situation d’urgence extrême, Haïti est depuis des décennies dans une situation d’insécurité politique, humaine, alimentaire, sanitaire, écologique, économique absolue. Pays le plus pauvre d’Amérique, et parmi les trop nombreux plus pauvres du monde, il avait aussi été au cœur des médias lors des émeutes de la faim en 2008 – lesquelles, vite oubliées le calme suffisamment apparent Lire la suite « Haïti : l’urgence permanente »

L’urgence durable : de Rome à Copenhague

 » La crise silencieuse de la faim représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde ». Jacques Diouf, directeur général de la FAO (ONU pour l’alimentation et l’agriculture).

Alors que le sommet de Copenhague est médiatisé depuis des mois (ce qui n’empêche pas  une réelle méconnaissance de son ordre du jour), le prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre ce 16 novembre à Rome avec nettement moins d’enthousiasme politique. Les émeutes d’avril 2008 semblent Lire la suite « L’urgence durable : de Rome à Copenhague »

EXPO Kréyol factory : les identités en question

Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc.

En texte et en photos, la tribune libre pour laquelle Stéphane Hoarau m’a sollicitée pour maloya.org. Sujet : Kréyol factory, les identités en question, en écho à l’exposition en cours à la Grande Halle de la Villette. Bonne lecture !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Kréyol Factory (Grande Halle de la Villette/Paris 2009) © Virginie de GALZAIN

Encore trois semaines pour voir ou revoir Kreyol factory, l’exposition d’art contemporain installée depuis le 7 avril dans la Grande Halle de la Villette (Paris). Pluridisciplinaire, artistique, esthétique, documentaire, pédagogique, sociologique, elle interpelle aujourd’hui sans distinction sur une question de société de fond : celle des identités créoles, et par là même, celle des différences, du métissage et des diversités. Un voyage à la découverte de l’Autre.

L’espace est gigantesque – 2 800 m2 –, et la scénographie de Raymond Sarti conçue comme un entrelacement de vagues, en écho aux migrations forcées de millions d’hommes et de femmes soumis au déracinement et à l’esclavage pendant des siècles. Pour Jacques Martial, président du Parc de la Villette : “ Il était urgent de parler de cette identité, de cette réalité particulière de la France que sont les mondes créoles : une histoire née de l’esclavage, de la colonisation, de la fin de la colonisation ”. C’est chose faite, et c’est une première.

UN VOYAGE SANS FRONTIÈRES

Kréyol factory est un voyage, une traversée en sept séquences pour mieux connaître et comprendre les évolutions du monde créole, comme autant d’univers, de paysages, de réflexions qui questionnent ses identités. Les artistes en sont les guides concernés qui tentent d’apporter leur réponse – ou du moins leur interprétation – subjective.

Martinique, Guadeloupe, Guyane, Haïti, Jamaïque, Porto Rico, République Dominicaine, mais aussi Maurice et La Réunion dévoilent tour à tour leurs spécificités et leurs similitudes, en essayant d’éviter le difficile écueil des clichés et des idées reçues. Libre à chacun de se faire ensuite sa propre idée. Mémoire, art et histoire sont mis en perspective avec le présent, comme des liens tissés vers un monde contemporain commun.

SENS DE L’ART ET ART DU SENS

Depuis le 7 avril, ils sont 60 artistes à présenter un ensemble de 85 oeuvres d’arts plastiques, 250 photographies et 9 espaces documentaires. “Notre volonté n’était pas d’être exhaustif, – ce qui aurait été impossible – souligne Yolande Bacot, commissaire de l’exposition, mais thématique”. À la question : “ Pourquoi tant de commandes là où il aurait été aussi possible de puiser dans un fonds local existant ? ”, elle répond sobrement : “ C’est vous qui le dites. Les artistes auxquels nous avons fait appel ont une écriture, un langage à exposer, et un sens qui répond aux besoins de l’exposition. (…) Les commandes passées confirment aussi notre volonté de susciter des travaux artistiques et plastiques, de soutenir matériellement la création contemporaine ”.

Ainsi, les installations, photographies, vidéos, mais aussi sculptures, peintures, musiques, textes littéraires et philosophiques… s’approprient, détournent, décodent, illustrent une histoire, ou plutôt des histoires nées de… et marquées par le colonialisme, l’exploitation de l’homme par l’homme et la domination raciale, la place de la femme dans la société, la réappropriation de son existence, mais aussi la reconstruction, le développement, la singularité et le partage ; la vie ensemble, enfin.

Entre humanisme et provocation, humour, idéalisme et réalisme, la diversité de fond et de forme rassemble, permettant de toucher chacun en fonction de sa sensibilité, de son contexte de vie, de ses origines, de son âge.

CRÉOLISATION ET MONDIALISATION

La créolisation, c’est cette capacité de l’homme à accueillir et à se laisser traverser et enrichir par des apports extérieurs, par la différence, pour ensuite grandir tout en restant lui-même”, explique Jacques Martial. Le terme pose la question des racines, de l’individu, de l’acceptation de l’Autre, des diversités et de la diversification du monde, de l’égalité entre les hommes et de la liberté.
Il nous renvoie au père de ce concept : le penseur, écrivain et poète humaniste Édouard Glissant, trop absent de cette manifestation. Un écho à ce qu’il appelle “ le métissage conscient de lui-même ”.

La définition nous confronte aussi aux réalités de l’évolution du monde, à la difficulté de participer et de tirer profit des modifications structurelles engendrées par la globalisation, tout en préservant les spécificités de chacun. À l’heure de la mondialisation, les enjeux économiques prévalent souvent sur les enjeux culturels, environnementaux et identitaires. L’uniformisation des codes de société guette, la consommation de masse s’intensifie, et avec elles, les risques d’accentuation identitaire, de déséquilibre et de dépendance.

L’exposition entière ouvre quant à elle des interrogations sur l’identité choisie ou forcée. Qu’est-ce qu’être soi ? Et comment ? Peut-on être chez soi partout aujourd’hui ? “ Être accepté, en particulier loin de chez soi est difficile dans les sociétés du monde, y compris dans la nôtre en particulier, ajoute Yolande Bacot. En raison de notre passé, des pesanteurs des histoires coloniales, d’une partition géographique qui correspond à une partition sociale. (…) L’amalgame parfois fait entre les problèmes économiques et sociaux, et les questions culturelles et identitaires est révélateur de cette fragilité ”.

*

Familière, surprenante, enthousiasmante, utile, pour certains, discutable, réductrice ou déroutante pour d’autres, l’exposition Kréyol factory ne laisse pas indifférent. Elle est un lieu de sens qui unit ou partage, et à l’évidence interroge, enrichit, permet de débattre et ouvre sur les autres “avec un profond respect”, confirment de nombreux visiteurs. Y aura-t-il une suite ? Au moins dans les esprits : “Ces espaces posent en effet de nombreuses questions en suspend, dont celle de la démocratie”, conclut Yolande Bacrot. De multiples champs d’exploration demeurent, à nous de les parcourir et d’y réfléchir ensemble.

PRATIQUE
Jusqu’au 5 juillet 2009. Grande Halle de la Villette, Paris 19.

De 14h à 22h du mardi au jeudi. De 11h à 19h du vendredi au dimanche.

PHOTO : Ricardo Rangel n’est plus

Le photojournaliste mozambiquais Ricardo Rangel est décédé jeudi dernier à l’âge de 85 ans. Né en 1924, il met un premier pied dans l’univers de la photo en entretenant la chambre noire d’un chasseur d’éléphants également photographe, avant de travailler pendant près de 10 ans comme tireur au sein du studio Focus, pour Le Noticias, le Guardian Lire la suite « PHOTO : Ricardo Rangel n’est plus »

Délit de solidarité

Trop peu de temps pour écrire en ce moment… Alors en attendant, rendez-vous sur le site de la Fédération internationale des droits de l’homme pour découvrir le rapport d’enquête sur les entraves aux défenseurs des droits des migrants en Lire la suite « Délit de solidarité »

Les portes de l’enfer

Les coulisses du grand reportage de guerre, avec Noël Quidu, photo reporter pour l’agence Gamma ; loin d’une image d’illustration convenue, lisse, sensationnelle ou facile comme on en voit de plus en plus dans de nombreux magazines. Pour mesurer les enjeux de l’information, de l’engagement du photographe et du Lire la suite « Les portes de l’enfer »

Diabète, obésité : la santé en danger

14 novembre : journée mondiale du diabète. La maladie est épidémique, non transmissible, et en passe de devenir un des principaux fléaux sanitaires du XXIe siècle. À l’origine de 2,9 millions de décès de cause directe ou indirecte par an, elle peut être évitée. Explications.

Diabète et obésité
Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une accumulation excessive de sucre dans le sang. Elle est due à une production insuffisante de l’insuline par l’organisme (diabète de type 1) ou à une mauvaise utilisation de l’insuline par ce dernier (diabète de type 2). Aujourd’hui, on estime à 246 millions le nombre de personnes atteintes de la maladie, dont 90 % de diabète de type 2. Une moyenne qui pourrait doubler d’ici à 2030 ! En France, près de  3 millions de personnes sont déjà concernées.

Le surpoids et l’obésité sont sources de pathologies chroniques graves dont le diabète de type 2, actuellement 4e cause de décès dans la majorité des pays riches. Une catastrophe en termes de santé publique, alors que l’obésité est non transmissible, et pour beaucoup liée à des causes évitables : consommation excessive de graisses, activité physique insuffisante notamment. Agir sur ces causes évitables, c’est agir sur le diabète et les maladies associées comme l’hypertension, certains cancers, et les maladies cardio-vasculaires — premières responsables du décès des diabétiques dans les pays industrialisés.

Le pourquoi du comment
Près de 1,7 milliard d’individus sont atteints de surpoids, dont 300 millions d’obésité. Compte tenu de l’ampleur des dégâts, il serait temps de prendre conscience que c’est avant tout une question de santé et de qualité de vie, et non d’esthétique même si… Comment en sommes-nous arrivés là ? Très simple : nous mangeons trop, nous mangeons mal, et nous avons réduit notre activité physique quotidienne à néant ou presque. Ce qui nous rapproche à vitesse grand V du modèle Couch potato ou « patate de canapé » selon la très visuelle expression consacrée.

En cause : l’urbanisation, la modernisation et l’occidentalisation industrielle du monde qui ont provoqué l’abandon de modes de vie traditionnels, la hausse des déplacements en transports en commun, mais aussi le développement des loisirs passifs (télévision, jeux vidéos and co) et du grignotage compulsif. Dans le même temps, l’industrie agro-alimentaire a multiplié la production d’aliments plus riches en tout (sucre, sel, matière grasse), les plats préparés souvent loin d’être équilibrés et les portions individuelles gargantuesques très énergétiques mais pas très nourrissantes. Cherchez l’erreur.

Le lobby industriel
Trop salés, trop sucrés, trop gras : le constat reste sans appel pour de nombreux produits préparés issus de l’industrie agro-alimentaire. Des céréales au chocolat « riches en vitamines, fer et blé complet » – et surtout en matières grasses – aux plats cuisinés « garants d’un bon équilibre alimentaire » – dont la teneur en sel est démontrée néfaste pour la santé – en passant par les produits laitiers « riches en calcium » à la valeur énergétique explosive et les conditionnements ludiques, tout est bon pour vendre et créer une dépendance du consommateur au produit. Et même si des efforts commencent à être faits pour réduire les ajouts excessifs en sucre, sel et matière grasse notamment, la logique reste le profit. Rien n’est gratuit, soyons réalistes.

D’autre part, certaines marques n’hésitent pas à détourner les messages du Programme national nutrition et santé (PNNS) en slogan publicitaire, manipulant habilement le client sur les réelles vertus nutritionnelles de ses achats. Toutes sont concernées, y compris celles qui sont engagées sur le terrain du programme Nutrition et santé, à grand renfort de consultants et de diététiciens pour donner une caution scientifique à leurs productions. Il est temps ! Business is business, et tout profite aux grands groupes, pour l’instant, qui créent de nouveaux besoins là où il n’y aurait pas lieu d’être. Ou comment créer un remède après avoir provoqué le mal.

Agir, et vite
Information et prévention sont les maîtres-mots :  » manger mieux et bouger plus  » donc, comme dit l’Inpes. Dans le monde, plus de 10 % des enfants sont déjà obèses, et ça ne va pas en s’améliorant. < À toute fin utile, les facteurs héréditaires sont minoritaires : inutile de se donner bonne conscience ou de se trouver des excuses avec cela. > On sait aussi que 50 % des enfants et adolescents en surpoids ou obèses le resteront à l’âge adulte. Par extension, cela augmente le risque de développer une maladie liée (dont le diabète de type 2) et réduit l’espérance de vie de 10 ans minimum. Dans tous les pays, la prévention doit passer conjointement par la famille, l’école, les institutionnels et l’industrie agro-alimentaire.

L’école doit proposer des repas équilibrés et limiter l’accès aux produits trop énergétiques. Idem à la maison, où l’enfant suit l’exemple qu’on lui donne et consomme ce qu’il y a dans les placards. Règle numéro un : éviter de manger entre les repas, et d’acheter des produits trop caloriques  non rassasiants (barres chocolatées, sodas, fritures, biscuits salés) au profit d’aliments sains (frais, en conserve ou surgelés, qu’importe, mais non cuisinés surtout). Règle numéro 2 : diminuer les activités sédentaires au profit des activités physiques (balade à pied, en rollers ou à vélo, piscine…). A cela, s’ajoute une réduction des messages publicitaires alimentaires incitatifs. Des informations nutritionnelles claires et lisibles sur les emballages. Sans oublier l’instauration de dépistage régulier et une information médicale systématisée, histoire d’éviter de plomber davantage le trou de la Sécu qui aboutit à toujours plus de taxations pour les malades.

Maux des temps modernes, le diabète et l’obésité en sont les nouveaux défis sanitaires. Ironie indécente : le nombre d’habitants affamés — 923 millions — est en hausse en 2008, et plus de 5 millions d’enfants décèdent chaque année des suites de la malnutrition. Si on ne modifie pas rapidement nos modes de vie et de consommation, on pourrait bientôt plus mourir de – mal – s’alimenter que d’avoir faim !

À LIRE  :
Sur le blog : obésité VS santé
L’obésité, de Jean-Michel Borys. Ed.Le cavalier bleu. 9 €

LIENS :
– Le Programme national nutrition et santé www.mangerbouger.fr
– La Fédération internationale du diabète www.idf.org

Bali nature

VOIR AUSSI LE DIAPORAMA Bali Golden age et d’autres photos en ligne sur le blog.


Bali 2008 ©Virginie de Galzain

Le paysage rural, sculpté par la culture du riz, est caractérisé par des rizières en terrasses. Les teintes frôlent un camaïeu de vert saturé, à la limite du phosphorescent en fonction de la lumière et des heures de la journée. En raison du relief, le mode de culture reste traditionnel mais fatiguant, accordé naturellement à la protection de l’environnement. À Bali, cette céréale a une dimension utilitaire mais aussi sacrée. Les paysans font des offrandes régulières à Dewi Seri, la déesse du riz.

Refusons la misère!

Depuis 20 ans, le 17 octobre est l’occasion de mobiliser plus encore que d’habitude la planète en faveur des plus démunis. Source et conséquence d’inégalités et d’indignité criantes, la misère est un autre révélateur du non respects des droits de l’Homme, un enjeu mondial de vie et de paix.

lutte-contre-la-misere.jpg

Précarité matérielle et morale, la misère revêt de multiples formes dans tous les domaines : emploi, scolarité, santé, logement, sécurité, intégration, politique, éducation, nutrition… Partout dans le monde, la misère détruit, la misère exclut de la société, de la famille, du droit à la vie.

Les premiers touchés sont les enfants. Et cela n’arrive pas qu’aux autres! En France, 2 millions d’enfants vivent dans la pauvreté, dans un quotidien sans cesse remis en question, des conditions de vie inacceptables, des préoccupations qui compromettent leur avenir dès leur plus jeune âge. Dans le monde, près de 5 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de malnutrition!

Des millions d’hommes et de femmes dont la préoccupation est avant tout de survivre, dans les riches démocraties occidentales comme dans les pays dits « pauvres »,  instables, totalitaires, tandis que d’autres meurent, victimes de la guerre, du manque de soins, de la faim, de la soif. Pour lutter contre ce fléau, toutes les actions sont bonnes, individuelles ou collectives car il n’y a pas de petits engagements.

Le slogan de la nouvelle campagne de MSF est celui-ci :
« Quand je serai grand je serai vivant »…

UN SITE parmi tant d’autres + signature de la déclaration de solidarité : www.oct17.org/fr
UN LIVRE parmi tant d’autres : La pauvreté en héritage, de Martin Hirsch

Ecotourisme : impact planétaire

Face au tourisme de masse, l’écotourisme apparaît aujourd’hui comme LA solution possible et nécessaire pour la sauvegarde de notre planète. Le point avec Pascal Languillon, président fondateur de l’AFE (Association française d’écotourisme).

association-francaise-decotourisme.jpg

√ L’environnement est l’enjeu clé du tourisme de masse. Quelle est votre définition de ce qu’on appelle l’écotourisme ?
Pascal Languillon:
L’environnement est en effet l’un des enjeux clés du tourisme de masse, mais il n’est pas le seul. Il y a également la préservation de la culture des lieux visités, la lutte contre la misère sociale, etc. L’écotourisme est un tourisme qui tente de minimiser les impacts négatifs du tourisme et de  » maximiser  » ses bénéfices : participer à la protection de l’environnement, favoriser le bien-être social et valoriser la culture des destinations. Il se pratique particulièrement au sein de structures à taille humaine, et revêt plusieurs formes (tours guidés au sein des milieux naturels, hébergement en hôtels écologiques, du plus rustique au plus luxueux, etc). Il peut se pratiquer en France ou à l’étranger, et relève d’une philosophie du voyage plus que d’une liste de pratiques standardisées.

Toutefois, il ne doit pas être confondu avec de l’humanitaire. L’écotourisme, ce sont des vacances avant tout, du plaisir ! On peut trouver par exemple un séjour à la rencontre des phoques dans la Baie de Somme ou bien une péniche solaire sur le Canal du Midi, un écolodge de luxe au Costa Rica ou une kasbah traditionnelle au Maroc, comme un voyage au rythme des nomades en Mongolie… De nombreux autres exemples comme celui-ci existent.

√ L’impact des comportements liés au tourisme est primordial. Et la prise de conscience se doit d’être générale, mondiale. Quels sont les gestes simples de l’écotouriste ?
P.L: A mon sens, il faut surtout savoir où on part et pourquoi : nombreux sont ceux qui choisissent encore leurs vacances par rapport à une offre tarifaire et un concept farniente (all-inclusive, …) plutôt qu’à un véritable intérêt pour un pays, d’où des comportements parfois peu respectueux dans les pays visités. Il faut savoir s’intéresser au patrimoine de la destination visitée, s’enrichir de la différence plutôt que de s’enfermer entre quatre murs de béton.

Afin de réduire son impact écologique, on peut bien sûr privilégier quand c’est possible le train, le vélo… Adopter quelques bonnes habitudes, valables dans la vie de tous les jours, comme éviter de jeter ses déchets dans la nature et les mettre dans une poubelle, ne pas arracher ni piétiner la végétation, respecter la faune et son habitat, éviter de gaspiller l’eau et l’énergie. Mais aussi s’informer sur la culture et les traditions locales, avoir des comportements adaptés aux niveaux relationnel et vestimentaire notamment… Enfin, nous conseillons également aux touristes de bien choisir leur hébergement et tour opérateur, en s’intéressant aux engagements de ces derniers pour le développement durable. C’est d’ailleurs la raison d’être de notre site Voyagerpourlaplanète.com.

L’écotourisme, phénomène de mode lucratif et galvaudé ou philosophie de vie pour l’avenir de la planète ?
P.L: L’écotourisme n’est malheureusement pas toujours lucratif ; s’il existe un intérêt réel et croissant de la part du public, le marché reste encore aujourd’hui très étroit et de nombreuses structures très impliquées dans le développement durable ont beaucoup de mal à pérenniser leurs actions. D’un autre côté, il existe de « gros » tours opérateurs solides qui commencent à utiliser les termes « écotourisme » et « responsable », il est vrai dans une démarche qui pourrait être qualifiée dans certains cas d’opportunisme marketing.

Pour autant, l’écotourisme est un mouvement qui est loin d’être galvaudé car en pleine renaissance. De nouvelles offres apparaissent tous les jours aux quatre coins du globe adaptées à chacun, et pas forcément plus onéreuses ni élitistes, contrairement aux idées reçues. L’avenir de la planète intéresse maintenant beaucoup de monde, et il y a fort à parier que la plupart des opérations touristiques du siècle à venir seront pensées avec l’environnement en tête.

POUR EN SAVOIR PLUS
www.ecotourisme.info & www.voyagespourlaplanete.com


A LIRE
Le chemin vers l’écotourisme
, Jean-Pierre Lozato-Giotard, Ed° Delachaux et Niestlé, 19 €

Urgence Laos : les Hmongs en sursis

Depuis plus de 30 ans, des populations Hmongs sont persécutées, pourchassées sans relâche par l’armée de la République Démocratique Populaire Lao. Une extermination programmée qui met en péril à court terme la survie d’environ 15 000 membres de cette minorité ethnique restés au Laos, ainsi que plus de 8 500 Hmongs réfugiés en Thaïlande, menacés de rapatriement forcé.

Trois questions à Rémi Fritsch, co-fondateur et président de l’association Urgence Humanitaire Asie.

Qui sont les Hmongs et pourquoi certains d’entre eux sont-ils persécutés depuis plus de 30 ans ?
Rémi Fritsch
: C’est une ethnie de montagnards descendus du sud de la Chine au fil des siècles. Ils représentent 7% de la population du Laos, soit 400 000 personnes environ. Les Hmongs ont toujours voulu vivre libres, et la grande majorité d’entre eux n’ont jamais accepté la dictature communiste. C’est pourquoi ils se sont battus au côté des Français jusqu’en 1954, puis avec les Américains jusqu’en 1975, qui les ont armés et financés pour qu’ils sécurisent et contrôlent, au Laos, la zone frontalière avec le Vietnam.

Depuis 1975, après le retrait des Américains du Vietnam, les membres du Politburo du parti communiste Pathet Lao ont juré, écrit et organisé l’extermination des Hmongs et de leurs familles qui n’ont jamais accepté de se soumettre.

Le seul crime de ces enfants, ces femmes et ces hommes affamés, traumatisés, malades, à bout de force, errant sans fin dans la jungle pour échapper aux attaques incessantes des soldats, est d’avoir été – pour les rares anciens – les acteurs, ou d’être, pour les plus jeunes, les descendants des Hmongs ayant combattu le régime du pouvoir en place il y a plus de 30 ans !

Comment est née Urgence Humanitaire Asie et quel est son objectif ?
R.F : A la suite de la diffusion en juin 2005 du reportage de Grégoire Deniau et Cyril Payen « Guerre Secrète au Laos », Arnaud Berthe et moi-même avons pris la décision d’aller sur le terrain. UHA est née début 2006, d’une rencontre avec des étudiants motivés, et devant les réponses  » Langues de Bois  » ou les non-réponses officielles à nos questions, tant de la part des autorités françaises que laotiennes, alors que 15 000 Hmongs sont réfugiés en France depuis 1975.

UHA a choisi avec humilité de porter son action strictement sur le plan humanitaire, loin des polémiques politiciennes sans fin et stériles depuis plus de 30 ans. UHA étant une association régie par la loi de 1901, profondément laïque, non politique, reconnue d’intérêt général, elle n’a d’autres textes de référence que les Déclarations des Droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant. Ces droits étant violés de manière répétitive et irréfutable au nord du Laos, à l’encontre des Hmongs, UHA intervient car la réponse de la communauté internationale à ces crimes contre l’humanité est, à ce jour, un silence assourdissant, l’indifférence et l’inaction sur le terrain.

De plus, historiquement, les Hmongs sont les frères de coeur et de sang des Français : nous préférons tenter de nous rendre utiles concrètement, agir maintenant et faire connaître le sort des derniers survivants dans l’espoir de les sauver, plutôt que de ne rien faire et attendre qu’ils soient tous exterminés.

Comment votre action s’organise-t-elle ?
R.F : UHA intervient de la manière la plus transparente qui soit, uniquement basée sur l’action de bénévoles, en collectant des peluches pour les enfants, des fonds privés et une subvention locale de la municipalité de Clichy-La-Garenne, où siège l’association, nous assurant notre indépendance d’action.

Depuis l’été 2006, nous nous fixons l’objectif d’une mission tous les 6 mois environ, dans le nord de la Thaïlande. Nous nous sommes faits connaître des autorités locales qui nous ont renouvelé leur autorisation de pénétrer dans la zone de regroupement des réfugiés, près du village de Huay Nam Khao, à 50 km de la frontière laotienne. A chaque mission, nous acheminons ainsi chacun 20 kg de peluches depuis la France, nous achetons sur place, dans les provinces de Phitsanulok et Phetchabun, le riz ainsi que divers équipements et matériaux de construction pour l’école UHA Public School.

Les contacts privilégiés noués avec les réfugiés Hmongs nous ont amenés à recueillir des témoignages terribles et bouleversants, que nous sommes en train de traduire, pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Nous avons transmis une lettre d’appel à la communauté internationale à Jacques Chirac et Georges Bush, téléchargeables, comme nos vidéos, sur notre site www.uhasie.org.

N’attendons pas que les 15 000 Hmongs encore pourchassés au nord du Laos soient tous morts pour n’avoir plus qu’à faire notre « devoir de mémoire » !

* « Guerre Secrète au Laos » de Grégoire Deniau et Cyril Payen
http://www.uhasie.org/index.php?2007/05/03/17-video-hmong-test

Migrations & droits de l’Homme

Dans le cadre du 36e Congrès de la FIDH (Lisbonne 19-25 avril), s’est tenu le Forum Migrations et Droits de l’Homme. Son objectif :
– informer de la situation des migrants et des flux migratoires dans le monde.
– dénoncer les violations des droits de l’Homme et agir en faveur du respect de ces mêmes droits.

– alerter et impliquer les dirigeants, comme le grand public, sur la nécessité de mettre en place ou de renforcer une politique de protection des migrants dans les terres d’accueil.

Quelques données clés
Les flux ont augmenté de 50% en 25 ans mais concernent environ 3% de la population mondiale. Toutes les régions du monde sont concernées, avec des évolutions mixtes : une terre d’accueil peut se retrouver pays d’émigration ou de passage et inversement. Les principales zones d’accueil sont les Etats-Unis, l’Europe occidentale et l’Australie mais aussi les pays pétroliers, le Japon et les Quatre Dragons.

De plus, et parallèlement à ce qui est ancré dans les esprits, les migrations ne se limitent plus aux flux Nord-Sud. Le phénomène Sud-Sud s’amplifie, notamment en raison du durcissement des conditions d’entrée en Europe mais aussi des conflits locaux et des déplacements de populations.

Principaux motifs de migration
De façon très schématique. Plusieurs motifs peuvent en effet être implicitement liés : les pays en guerre et/ou dont le régime politique est dit « fort » sont aussi souvent ceux qui sont touchés par une situation économique plus que précaire, des phénomènes climatiques aggravants, la faim, la maladie…

– 40 % quittent leur pays pour trouver un emploi, principalement vers les grandes métropoles.
– 60 % pour des raisons politiques (conflits, régime en vigueur, persécutions), écoclimatiques (sécheresse, catastrophes naturelles), alimentaires et sanitaires (famine, épidémies) et une minorité – en hausse cependant – pour faire des études ou suivre sa famille.

Spécificités
Environ 50 % des migrants seraient des femmes, lesquelles se déplacent de plus en plus souvent seules. D’une part en raison de la possibilité d’accéder à des emplois considérés comme  » féminins  » (emplois dits domestiques et liés à la personne, au sexe…). D’autre part en lien avec la prise de conscience de leurs droits.

Conséquences
Encore et toujours la violation des droits de l’Homme, et ceux des migrants en particulier. Une situation illustrée notamment par la hausse de la traite des humains (qui concerne officiellement plus de 500 000 personnes par an, essentiellement des femmes et des enfants au sein ou en dehors du pays d’origine, et représente la 3e source de revenus illicites dans le monde) et d’une forme d’esclavage  » moderne  » qui n’a de moderne que l’époque. Par extansion, la violence, la discrimination et les inégalités.


Egalement, l’insécurité tant dans les pays d’accueil qui tendent parfois à diaboliser la notion même d’immigration et favorisent indirectement des attitudes xénophobes ou racistes, que dans les pays d’origine où se développe un commerce lié à l’émigration clandestine. Le syndrome de « l’immigration jetable » (ou que faire quand on a fini de combler les besoins d’une démographie déficiente ou d’une main d’oeuvre bon marché?). Les expulsions arbitraires mettant en danger les migrants forcés de retourner dans leur pays d’origine.

La question centrale est d’envergure internationale : le respect des droits de ces nouveaux arrivants dans une nation, conformément à la législation internationale en vigueur, et la mise en place d’un statut légal local.

A l’est d’Aden : les passeurs de la mort

Chaque jour dans le monde, des milliers de personnes tentent de fuir leur pays ravagé par la guerre, l’insécurité, la pauvreté, la famine, la sécheresse… vers un ailleurs promesse d’un monde meilleur. Un drame humanitaire, politique et économique dont profitent les passeurs.

Eldorado_infierno
L’UNHCR (Haut commissariat des Nations Unis pour les réfugiés) dénonce aujourd’hui la reprise du trafic mortel d’êtres humains entre la Somalie et le Yémen. Dernier exemple en date, celui de plus de 100 personnes portées disparues ou décédées dans des conditions effroyables dans le golfe d’Aden, lien maritime entre la Somalie, l’Ethiopie et le Yémen. Le Yémen qui voit arriver chaque jour sur ses terres des centaines de migrants en quête d’espoir.

Le commerce de l’horreur
Pas d’états d’âme pour ces passeurs, trafiquants criminels qui monnayent la traversée à prix d’or. Un voyage vers l’enfer pour des milliers, désespérés au point de confier leur sort à une mer parfois déchaînée et à des hommes qui leur font miroiter un espoir de liberté.

A l’arrivée, le récit des survivants, quand il y en a, dépasse les pires fictions. Réduits à l’état de marchandises sans aucune valeur, les passagers subissent toutes les abominations : absence d’eau et de nourriture, violences, viols, avant d’être jetés à l’eau. L’envers d’une liberté au visage inhumain, que beaucoup payent de leur vie.

LIENS
Un livre : Eldorado de Laurent Gaudé, Actes Sud. La tragédie d’émigrants clandestins africains vue, notamment, par Salvatore Piracci, commandant d’un navire d’interception. Celle de « ces hommes assoiffés d’Eldorado, qui ont la richesse de ceux qui ne renoncent pas, qui rêvent toujours plus loin, jusqu’au bout de leurs forces, jetés en pâture à la mer. »

Deux photographes :
Michel Lozano, qui travaille depuis plusieurs années sur l’immigration clandestine entre le Maroc et l’Espagne. Les naufragés de la nuit révèle la terrible réalité des candidats à « un monde meilleur »  www.michellozano.com et www.photographie.com/?pubid=103956&secid=3&rubid=1
Raphaël Blasselle avec Migrants, co-réalisé en Sicile avec Daniele Comberiati. www.raphaelblasselle.eu

raphael-blasselle_persona-sconosciuta.jpg
©Raphaël Blasselle

Sida(ction): les enfants aussi!

bd.jpgLe sida, c’est d’abord un bilan qui dépasse les pires prévisions : 25 millions de morts et 40 millions de malades en sursis dans le monde. En France, 150 000 personnes sont séropositives.
Dans les pays en développement, déjà touchés par la famine, les guerres, la pauvreté, le sida ruine toute perspective d’avenir. Les enfants et les femmes enceintes sont la première cible de la maladie.

3 questions à… Anne Fouchard*, responsable de la Communication et de l’Information UNICEF France. (©photo_Jean-Pascal Roux)

Fin 2005, l’UNICEF a lancé la campagne  » Unissons-nous POUR les enfants CONTRE le Sida  » définie autour de quatre grandes priorités. De quoi s’agit-il ?
Anne Fouchard : L’une de ces priorités est de prévenir les nouvelles infections chez les 15-24 ans. Pour être adaptée à chaque culture, la prévention est mise en place et faite par des locaux. Nous espérons pouvoir dépister 10 millions de jeunes d’ici à 2010, et accélérer ainsi la prise en charge des enfants malades.

Il s’agit également de prévenir la transmission de la mère à l’enfant. Aujourd’hui, 2000 bébés naissent infectés chaque jour. Le seul moyen de limiter les risques de transmission pendant la grossesse et l’allaitement est la prise d’ARV. En Europe où les femmes ont accès à ces traitements, 97% des enfants naissent sains. Dans les pays en développement, la seule molécule disponible protège l’enfant dans seulement 50 % des cas. Et peut en plus favoriser chez la mère une résistance du virus.

Cela pose aussi la question des traitements pour les enfants. Le problème majeur est l’intolérance – connue chez l’adulte – aux médicaments, qui n’existent pas en dosage pédiatrique. Notre espoir : réussir à produire dans les deux ans un médicament adapté (sirop, mini gélules) à partir des formules de tri thérapies existantes. Il faut aussi soigner les maladies qui, contractées en plus du sida, provoquent la mort (tuberculose, méningite…). Assurer une alimentation équilibrée. Détecter la maladie le plus tôt possible. Avoir de l’eau potable et un minimum d’hygiène. Avoir des coûts adaptés aux pays pauvres. Notre action doit prendre en compte tous ces paramètres pour être efficaces.

Enfin, n’oublions pas que des millions d’enfants sont orphelins. Pour les protéger et préparer leur avenir, il nous faut les maintenir dans un système éducatif, obtenir l’accès gratuit à l’école, éviter la discrimination. Il s’agit aussi d’impliquer les ministères sur place pour limiter certaines pratiques locales et assurer la prévention et l’accès aux soins.

Comment faire comprendre aux nations riches, elles-mêmes touchées par la maladie, qu’elles doivent s’investir dans la lutte contre le sida dans le monde ? L’accès aux soins est un droit pour tous les malades, un devoir pour les politiques…
A.F : Le devoir est politique dans tous les sens du terme en effet. Si nous ne faisons rien, les enfants malades seront les mendiants, les prostitués, les soldats de demain ce qui anéantirait des décennies d’efforts. Notre démarche consiste mobiliser les institutions et les laboratoires pour favoriser l’accès des pays pauvres aux médicaments. L’Ouganda, le Brésil ou la Thaïlande ont mené une politique volontariste (formation du personnel médical, production de génériques…) qui porte déjà ses fruits. C’est la preuve irréfutable que c’est possible.

Votre plus grand espoir ?
A.F : Depuis 2006, des progrès ont été faits concernant les traitements pour enfants avec notamment des ARV pédiatriques à 60 dollars par enfant et par an. Le challenge est donc aujourd’hui le réussir le passage à l’échelle nationale de ces programmes.

Il faut des traitements adaptés pour les enfants et des médicaments accessibles au plus grand nombre. Pour que les femmes ne transmettent plus la maladie à leur bébé, pour que les enfants puissent vivre et grandir avec leurs parents.

PLUS D’INFOS SUR LE SITE DE L’UNICEF www.unicef.fr
Interview de Christian Saout, président de l’association AIDES, & prévention
(TOC magazine mars 2006)
http://vdegalzain.files. wordpress.com/2007/03/toc-032006_sida.pdf

A consulter :
www.sidaction.org
DU 23 AU 25 MARS, le Sidaction appelle à réagir, dons au 110.

www.aides.org
www.sida-info-service.org

http://education.france5.fr/sida/

www.cfes.sante.fr

www.actupparis.org

√ de nombreux liens sur www.vih.org

*ET AUSSI : retrouver Anne Fouchard sur BLOGTROTTERS.FR
http://www.blogtrotters.fr/work-in-progress/la-crise-du-darfour-fait-tache-dhuile-en-centrafrique à propos de la crise du DARFOUR et ses incidences sur la vie des enfants.

Histoires d’eau_histoire d’hommes

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au coeur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, économiques et politiques. En cette Journée mondiale de l’Eau, l’UNESCO appelle à la prise de conscience.

Gaspillage, pollution, réchauffement climatique, pauvreté, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences- directes de la pénurie d’eau. Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0.5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. Il ne s’agit donc pas tant de quantité que de répartition et de qualité exploitable. Une donnée essentielle pour comprendre l’urgence de la situation et son importance sur la durabilité de notre environnement et de notre développement.

Un enjeu vital
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable, causant chaque année près de 7 millions de décès dont celui de 2 millions d’enfants. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.
Dans les pays les plus pauvres, principalement en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour rendre l’eau accessible, la traiter et la purifier. D’où la prolifération exponentielle des maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra), la famine… Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Une crise planétaire
Les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation- favorisent la réduction des niveaux d’eau. Parallèlement, la pollution liée notamment aux rejets de produits industriels détériorent la qualité de l’eau et de l’environnement.
Dans certains pays, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles. Les habitants de ces derniers n’ont pas accès à l’eau courante et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution coûtant jusqu’à 10 fois plus cher que ceux des services publics.
Autant de raisons qui doivent engager les Etats et les responsables des réseaux de distribution à garantir et faciliter l’accès à une eau douce, assainie et potable pour tous, unis dans une politique responsable locale et nationale.

Le pouvoir et l’interdépendance
Le manque d’eau a des conséquences sur le développement économique, l’accès à une activité rémunérée (notamment pour les femmes auxquelles incombent dans certains pays, l’approvisionnement en eau et le soin des enfants malades), les inégalités, l’autonomie des populations.
Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, voire devenir un dangereux moyen de pression. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

L’urgence à long terme
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous, négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples, consommer et utiliser moins et mieux, mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

24 heures pour la vie des femmes

Le site du quotidien espagnol El Pais livre aujourd’hui un tour du monde en images des actions menées pour l’obtention et le maintien des droits de la femme et des enfants de sexe féminin. Une lutte qui concerne chaque pays, toutes classes sociales confondues. http://www.elpais.com/fotogaleria/Dia/Internacional/Mujer/Trabajadora/3527-10/elpgal/

L’histoire se déroule encore au XXIe siècle. Du déséquilibre hommes/femmes – adultes ou enfants – à la violation des droits de l’Homme, une liste  » brute « , dans sa plus odieuse réalité.
Violences physiques, violences conjugales, discrimination, exploitation sexuelle, viol, infanticide et avortement sélectif, déséquilibre démographique, trafic humain et enlèvement (prostitution, vente d’organes, achat d’épouse ou de domestique), mutilation sexuelle, esclavage, pauvreté, inégalités en matière d’éducation, de scolarisation, tradition patriarcale, mariage forcé, mariage précoce. Surmortalité infantile, mortalité maternelle (à l’accouchement), privation de soins, surexposition à certaines maladies (MST, dont le sida). Inégalités aussi concernant l’accès à l’emploi, à un salaire équitable, à des fonctions de politiques ou de décisionnaires, à la justice…

Cela se passe 365j/365, et c’est aux quatre coins du monde. http://www.unicef.fr/mediastore/FCKeditor/ViolencesFemmes.pdf?kmt=4adf94fefd092aa2aa713525d0ba3578