Paroles d’enfants syriens de Bernie Bonvoisin

À voir absolument en ligne sur LCP, « Paroles d’enfants syriens «  n’est pas un film document comme les autres.

Des enfants qui (nous) font face
51 minutes « brutes » à suivre des enfants syriens en exil dans leur quotidien. 51 minutes d’expression de leur vérité : celle de ceux qui savent, qui vivent ce qu’est la guerre, l’exil, la mort violente, la destruction de sa/la vie, les parents qui ne sont pas là, la terreur et la misère. Puis la lente reconstruction ‘à l’étranger’ avec des personnes bienveillantes qui luttent avec eux jour après jour pour leur intégrité et leur dignité ; pour leur éducation, face au risque de haine et d’autodestruction ; pour qu’ils retrouvent un semblant d’enfance et de petits moments d’insouciance. Des enfants qui ont connu le pire, sont passés du jour au lendemain dans un horrible monde d’adultes et font face avec courage dans une hyper conscience du monde :

« Est-ce que je vais vivre toute ma vie dans une tente de réfugié ? Ou bien je vais mourir loin de mon pays ? Ils ont tué nos souvenirs. Ils ont même tué des humains. Ils ont détruit ma maison. Ils ont détruit mon pays. Où est la solution ?  »
(− Chaïma, 12 ans)

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D’autres ont leur projet

« Je vois la verdure en face, les fermes et la bananeraie. J’aimerais aller là-bas. J’irai là-bas. Je construirai ma maison et j’aurai ma propre société. » (− Qussai, 11 ans),

sont comme Imane, malheureux, ou rêvent de retourner en Syrie comme Marwan qui travaille jusqu’à 4 mois d’affilé à ramasser des pommes de terre pour 4 dollars par jour pour que la famille puisse payer… la location (?!) de la « tente » qui leur sert de « maison ».

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Bernie Bonvoisin : l’autre voix
C’est la voix d’un homme, et quelle voix. Celle de Bernie Bonvoisin qui n’en peut plus et qui s’est associé à Pedro Brito de Fonseca pour crier sa révolte et sa rage face à cette vérité : cette injustice sur laquelle tentent de se poursuivre, de se reconstruire des vies. Une claque dans la gueule, il n’y a pas d’autres mots, comme aucun journaliste ne l’a fait et pour cause (cherchez sur Internet qui est Bernie Bonvoisin si ce nom ne vous dit toujours rien). Une claque, puisqu’il en faut encore une pour comprendre et agir face à ce que je considère comme 5 ans d’échec international humanitaire, politique et diplomatique, d’inconscience et d’inaction de la part de (nos/vos) dirigeants qui ont le pouvoir de décision de vie et de mort entre leurs mains, qui ont le pouvoir de paix.
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Paroles d’enfants syriens : la misère entre deux jardins
Par Bernie Bonvoisin et Pedro Brito da Fonseca (coréalisateur)/LCP

Liberté, humanité, solidarité

Rester unis. Paris place de la République, novembre 2015 © Virginie de Galzain

Dernier retour en arrière… Paris, place de la République, novembre 2015. Je viens de terminer des prises de vues de Dominique A. rue Saint Maur avec Aurélie S., qui réalisait l’interview. Toujours chaleureux, Eric M. « fait comme si » mais il est très marqué ; certains de ses proches ont perdu un des leurs au Bataclan. Je rejoins la place de la République par la rue de la Fontaine au Roi où j’ai vécu, où je passe régulièrement, où j’étais la veille des attentats du 13 novembre.

L’ambiance est surréaliste. Des équipes de télévision de Rédactions de différents pays ceinturent la place. Des projecteurs rompent une intimité dont on aurait besoin. J’ai subitement l’impression d’arriver dans une arène ; ce décalage m’est difficilement supportable. Nul doute que l’impossibilité de NOUS rassembler massivement en raison de l’état d’urgence a concentré les chocs et traumatismes ressentis. Chacun encaisse comme il peut pour garder un semblant d’équilibre. Je m’avance près de la statue pour me joindre à ceux, nombreux, venus se recueillir, témoigner de leur soutien ou dire un dernier « au revoir ». Le temps est suspendu. On entend à peine les bruits urbains. Avant de repartir, je sors mon appareil pour prendre quelques photos. Juste quelques images, pour mémoire, pour eux, pour moi. Les seules que j’ai réussi à faire.

Je n’aurais pas pu répondre à la moindre commande sur ces événements. La vie continue

USA : where is your mind ?

Donald Trump est officiellement président des États-Unis. Tout candidat peut remporter une élection. Ouvrons enfin les yeux et agissons en conséquence pour la France sans attendre le 2e tour. Pour les États-Unis, c’est trop tard cette fois. Bad day for US.

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New York, Guggenheim © Virginie de Galzain

Pendant ce temps en Ethiopie

Médias : c’est sûr que des attaques en Éthiopie, quand il n’y a pas de morts étrangers ou que ce n’est pas revendiqué par une organisation terroriste, ça fait moins de bruit…. En plus, depuis, Prince est mort et Macron se fait remarquer…

« Depuis mercredi 20 avril, les drapeaux sont en berne en Éthiopie. Ces deux jours de deuil national décidés par le Parlement font suite au massacre, vendredi, de 208 personnes et de l’enlèvement de 125 enfants, à Gambella, une région jouxtant le Soudan du Sud. » (Cliquer sur l’image pour lire l’article de Vincent Defait) Lire la suite « Pendant ce temps en Ethiopie »

Deng Thiak Adut : itinéraire d’un enfant soldat

– Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit

Unlimited, la campagne intelligente de la Western Sydney University valorise des parcours d’étudiants que l’on qualifie d’exception. Découvrez celui de Deng Thiak Adut, ancien enfant soldat au Soudan, aujourd’hui avocat reconnu dans l’un des cabinets (AC Law group) les plus respectés en Australie mais aussi hors frontières, notamment pour son engagement pour le respect des droits des migrants et contre la criminalité, la corruption, les trafics (humains, drogue…). Un cabinet dont il est cofondateur et associé. (le texte continue sous la 1ère vidéo…)

Ce parcours de réussite – au sens non élitiste du terme – pourrait être, peut être celui de tout enfant arrivé dans des conditions d’urgence dans un autre pays, notamment le nôtre. Pourvu qu’on lui en donne/laisse la possibilité. Un enfant sur 9 vit aujourd’hui dans une zone de conflit*.  Et plus de la moitié des réfugiés sont des enfants**.

Dans ces contextes de déséquilibres géopolitiques et humains croissants, permettre l’accès au sol, à un toit, à des soins, à l’éducation pour les enfants déracinés, ainsi qu’à la formation et à l’emploi pour leurs parents quand ils sont encore en vie est fondamental. Pourquoi ? Pour le présent et l’avenir de chacun. Pour la sécurité individuelle et collective VS rejet, injustices et précarité toujours sources d’instabilités locales et internationales. De cette sécurité et de cette équité qui permettent aux hommes de vivre « en paix » dans tous les sens du terme, dans un univers protégé, stable pour mieux grandir, s’épanouir, vivre en un mot. Autant de conditions d’égalité, non pas des « chances » mais des droits, qui concernent les enfants venus d’ailleurs comme ceux nés sur chaque territoire.

Je vous invite à écouter attentivement l’intervention de Deng Adut lors de l’Australia day address (ci-dessous), qui évoque son enfance, ce qu’il avait perdu, ce qu’il a pu retrouver. Ce que d’autres pourraient retrouver si… Ce que d’autres pourraient éviter de perdre si…

* sources *UNICEF et **UNHCR

Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU

L’instabilité ne cesse de s’étendre. Les souffrances augmentent. Aucun pays n’est à l’abri. (…) Devant l’inhumanité flagrante, le monde a montré une paralysie troublante. ”

Exceptionnellement ci-dessous, reprise intégrale de l’appel publié sur le centre d’actualités de l’ONU

« (Genève, 31 octobre 2015) Le Secrétaire-général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, ont lancé un avertissement conjoint sans précédent sur l’impact des conflits actuels sur les civils et demandent que des mesures concrètes et urgentes soient prises face à la souffrance humaine et à l’insécurité.

Les deux hommes ont souligné l’importance de respecter le droit humanitaire international afin de mettre fin au chaos et d’empêcher une aggravation de l’instabilité.

Ils demandent aux États de prendre les mesures urgentes suivantes :
– Redoubler d’efforts afin de trouver des solutions durables aux conflits et mener des actions concrètes dans cet objectif.
– Utiliser, à titre individuel et collectif, tous les moyens à leur disposition pour exercer une influence sur les parties impliquées dans des conflits afin qu’elles respectent le droit, y compris en menant des enquêtes efficaces sur les violations du droit international, en s’assurant que les responsables Lire la suite « Conflits dans le monde : l’appel du CICR et de l’ONU »

Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe

Références et liens en fin d’article

Comme de nombreuses autres organisations de lutte pour le respect des droits humains en Tchétchénie, le Comité russe contre la torture (CAT) s’est vu contraint d’arrêter ses activités pour cause « d’agent de l’étranger contre le ministère de l’Intérieur ». Cette qualification établie par une « loi » de la Douma (2012) concerne notamment les structures dont une partie des fonds auraient une provenance à risque dont étrangère. Objectif : contrôler et empêcher toute forme de Lire la suite « Droits humains : la Tchétchénie persiste et signe »

Notre histoire

 » Moi l’homme de couleur, je ne veux qu’une chose. Que jamais l’instrument ne domine l’homme. Que cesse à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme. C’est à dire de moi par un autre. Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme où il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. » — Frantz Fanon

kreyolfactory 04_virginiedegalzainExtrait d’une série réalisée pour Maloya.org, expo Kréyol factory (La Villette, 2009) © Virginie de Galzain

Rester vigilant…

Rester vigilant… Les récents événements ne doivent pas donner lieu à des décisions trop rapides. Décisions/lois qui seraient/sont acceptées/votées – sans temps de réaction possible – dans un contexte extrême, au risque d’en voir les effets boomerang trop tard sur les libertés individuelles et collectives.

Rester vigilant, c’est notamment garder une distance juste. C’est agir, réagir, réfléchir de façon constante, suivie, lucide. C’est soutenir, consolider mais aussi alerter, résister. C’est une attention permanente à l’Autre, à ce qui nous entoure, à ce qui nous concerne. Ensemble.

« Les droits humains ne sont pas un frein à la sécurité mais contribuent à la solution. » Et tout mettre en œuvre pour tendre vers un accès aux droits humains pour tous, pour l’égalité des droits, est une condition sine qua non de stabilité sociale et de paix civile.

amnesty appel liberte presidence de la republique         Pour signer : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression
.

L’histoire se répète, souvent, happés que nous sommes par une immédiateté qui peut être aveuglante, l’émotion, l’individualisme, un conditionnement insidieux qui vise à maîtriser un peu plus chaque jour nos vies. Tandis que les victimes des auteurs d’actes de terreur se chiffrent rapidement par milliers en quelques mois dans des zones du monde qui semblent impuissantes, sans moyens/volontés politiques. Sans soutien concret.
Une chose est sûre, tout usage massif de procédés de surveillance et d’investigation individuelle et collective, et par extension de restriction implicite ou explicite des libertés fait glisser de la présomption d’innocence vers le « tous suspects » par défaut.

29012009_virginie de galzain                                                  Paris, 29 janvier 2009 © Virginie de Galzain

Droits humains : « faites pas l’autruche » !

La nouvelle campagne d’Amnesty international est en ligne. Une invitation à s’engager pour le respect des droits humains dans l’entreprise et concernant toute forme de travail, partout dans le monde. Pour lutter contre l’exploitation, le travail forcé, les conditions de travail indignes, la violation du droit du travail et des droits de l’Homme. En savoir plus : www.faitespaslautruche.org/

A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen

(Mise à jour). Puisque le documentaire Mémoire de l’oubli n’est plus simplement accessible (c’est bien dommage…), revoir cette vidéo de la photographe au sujet de son reportage Nigeria : one nation under gods.

 > Voir les photos de Bénédicte Kurzen

Dernier jour pour revoir le troisième volet de la série Mémoire de l’oubli*sur Arte. Invitée : la photojournaliste française Bénédicte Kurzen, rare si ce n’est unique à couvrir et à décrypter depuis 2009 la situation au Nigeria. Indépendante, Bénédicte Kurzen a Lire la suite « A revoir. Le Nigeria de Bénédicte Kurzen »

A LIRE : Bilal sur la route des clandestins, de Fabrizio Gatti

À la suite d’un énième (!) naufrage de personnes migrantes non loin de Lampedusa, le grand reporter italien Fabrizio Gatti appelle à soutenir dès maintenant une candidature de l’île italienne au prix Nobel de la paix (SIgner pour une candidature de Lampedusa au prix Nobel de la paix http://temi.repubblica.it).

Dans son livre Bilal sur la route des clandestins, il raconte le quotidien de ces hommes et femmes qui fuient les dangers de leur pays, quotidien qu’il a vécu à leurs côtés en se faisant passer pour l’un des leurs. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins
« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Post À lire : l’enquête de Fabrizio Gatti publié initialement en mai 2011.

PHOTO : Pep Bonet. Continuer à témoigner.

 » A child is marked by his place of birth » (Pep Bonet*, photographe). L’endroit où nous naissons conditionne nos vies. C’est tellement évident que nous l’oublions souvent. C’est source de tant d’injustices qu’il convient de ne pas l’oublier (et nul besoin d’aller loin pour s’en rendre compte). Mais au Tchad, pour ne citer que ce pays, un enfant sur deux demeure non immunisé contre des infections évitables, et plus de 40% souffrent de malnutrition chronique. En clair : ces enfants ont faim, ne peuvent pas bénéficier de vaccinations ni de soins élémentaires, n’ont pas assez d’eau ni d’eau potable, n’ont parfois plus de parents pour s’occuper d’eux. Ce n’est pas seulement surréaliste : c’est totalement inhumain et scandaleux. Le taux de mortalité infantile avant 5 ans y est de 20%.

C’est là que le photographe Pep Bonet a réalisé The most beautiful hell I know/El infierno mas bonito que conozco, un documentaire qui vous plonge au cœur d’un service de pédiatrie infantile. En attendant sa diffusion complète, un trailer de plus de 3 minutes est d’ores et déjà visible : ces images renvoient aux pires crises humanitaires des années 70, notamment, mais elles sont nécessaires pour témoigner de la réalité de vie de très nombreuses familles sur cette planète. Elles engagent aussi celles et ceux qui s’investissent au quotidien, qui ne baissent pas les bras. Bien au-delà d’un constat, le sens de ces reportages tient dans une volonté tournée vers l’avenir : voir, savoir, croire et agir. C’est ce qui nous mène !

Nous sommes au XXIe siècle. Si le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans baisse régulièrement dans le monde depuis les années 1990** – seulement – (amélioration convergente de l’économie + accès aux soins + sensibilisation des familles + éducation + veille au respect des droits humains…), il demeure encore bien trop élevé, notamment dans certains pays d’Afrique et d’Asie du sud. Chaque année, plus de 7 millions d’enfants meurent avant cet âge : soit plus de 19 000 par jour ! En question : une alimentation insuffisante en quantité et en qualité, des maladies prévenues voire éradiquées dans certaines parties du globe qui continuent pourtant de tuer par manque de moyens matériels et sanitaires de base (maladies respiratoires, diarrhées, paludisme, vih-sida) ! Des facteurs régulièrement aggravés par une mortalité importante des mamans à la naissance, l’insécurité mondiale, les migrations forcées massives, les épidémies (choléra, rougeole…) entre autres.

En question aussi, ne nous leurrons pas, des volontés et implications bien insuffisantes de la part des décideurs quels qu’ils soient et où qu’ils soient. L’argent va à l’argent.

Nous sommes au XXIe siècle : l’histoire se construit et se déconstruit de façon vertigineuse, de plus en plus incontrôlable. Et Pep Bonet fait partie de ceux qui croient en la transmission du virus de l’espoir. Et c’est primordial.

*membre de l’agence Noor images (référence absolue avec Magnum)_** Sources UNICEF

Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite

Rapidement, en passant… et compte tenu de l’importance que j’accorde à cette collaboration qui dure depuis plusieurs années maintenant : une news ! À la suite du reportage réalisé pour Médecins du Monde sur la mission de chirurgie réparatrice Opération sourire (Madagascar), un livret de 24 pages a été édité sur le format carnet de route photos/textes (textes Nolwenn Roussier). Une des photos fait aussi la Une du dernier rapport d’activités dédié.  Quelques images de l’autre reportage, Prisons de Madagascar, sont toujours en ligne sur ce lien.

> Télécharger le livret au format pdf
> Voir la page du reportage Chirurgie réparatrice : opération sourire

carnet route Mada_MdM_virginie de galzain Lire la suite « Médecins du Monde : ‘Opération sourire’ suite »

Mines antipersonnel : combattre une menace durable

Du 3 au 7 décembre 2012, Genève accueille la 12e Conférence des États parties au Traité d’Ottawa. Un événement à suivre dans un contexte mondial d’instabilité politique persistant, où la violation des droits humains et l’usage d’armes interdites se poursuit. De quoi parle-t-on ?

La Convention d’Ottawa
– ou Convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel – est la seule à imposer un cadre juridique international dédié. C’est aussi la seule convention à intégrer un soutien aux victimes des armes concernées. Signée en 1997, elle rassemble aujourd’hui près de 160 États parties.

Les mines antipersonnel
sont des armes de guerre aussi actives pendant qu’après les conflits. Utilisées par l’ensemble des forces armées de façon massive jusqu’à la fin des années 1990, elles sont placées sous ou sur le sol, ou à proximité, et explosent sur simple présence, proximité ou contact d’une personne. Marcher dessus revient à signer son arrêt de mort ou à être victime de mutilations (et donc amputé de bras, de jambes, avec des parties du corps ou organes vitaux broyés pour faire court). Les handicaps et les traumatismes qu’elles génèrent sont violents et parfois irréparables.

Les pays signataires s’engagent notamment
à agir de façon continue et définitive sur les plans matériels et humains et ainsi
– à ne pas produire, stocker, utiliser, céder… de mines antipersonnel ;
– à identifier et notifier les lieux concernés, les quantités existantes posées ou stockées ;
– à déminer les territoires, à détruire les mines antipersonnel posées et stockées par tout moyen possible ;
– à venir en aide aux États désireux de respecter ou de faire respecter le traité d’Ottawa
– à venir en aide aux personnes victimes de mutilations/blessures et à leur famille pour favoriser l’accès aux opérations de chirurgie puis aux soins la plupart du temps très insuffisants ; pour permettre la pose de prothèses ; pour les aider à avoir des assistances sociales et psychologiques pour qu’elles puissent survivre voire se réinsérer dans ce que l’on appelle la vie familiale, sociale et professionnelle. Concernant ce dernier point, Handicap international souligne la baisse de 30% des fonds d’aide aux victimes, une aide qui conditionne pourtant la survie des personnes mais aussi le (re)développement des zones concernées.

L’information des populations sur les risques d’exposition aux mines, mais aussi la prévention par la localisation et la délimitation des territoires doivent se poursuivre. Les États parties sont enfin tenus de demander toute assistance nécessaire en cas de difficultés à mettre en œuvre leurs obligations.

Depuis 15 ans,
les engagements liés au Traité ont permis de déminer de nombreuses zones, de détruire des millions d’engins explosifs et de diminuer par deux le nombre de victimes de mines antipersonnel. Mais les engagements sont à poursuivre de façon accélérée car près de 170 millions de mines seraient encore enfouies sous les sols d’environ 40 pays (source Handicap international). Lybie, Afghanistan, Pakistan, Yemen, Ouganda restent parmi les plus concernés par le nombre de mines présentes sur le territoire. Autant de décès et/ou de mutilés potentiels : largement plus de deux fois la population de la France pour se donner une idée !

.Ces mines se situent pour beaucoup dans des pays où le minimum vital manque, et à proximité d’habitation, sur des zones agricoles ou de pâturages. Les trois quarts des victimes sont des civils dont des enfants. En outre, l’International campaign to ban landmines rappelle que le Soudan et le Yemen (États parties) sont soupçonnés de continuer à utiliser ces armes. La Syrie et le Myanmar l’ont fait cette année.

Les enjeux sont donc
de poursuivre et de finir ce qui a été initié par le Traité d’Ottawa en fédérant l’ensemble des pays parties, auxquels les États non parties doivent encore se joindre. De veiller à ce qu’aucun État ne dérape à nouveau vers l’utilisation de ces mines. De protéger les personnes qui vivent et travaillent dans les zones minées. De venir en aide à celles qui ont été ou seront victimes des mines et de maintenir les moyens engagés pour que les États puissent tenir leurs engagement matériels et humanitaires.

Des enjeux d’avenir d’ordres humain, sanitaire, éducatif, économique, politique, géopolitique qui posent les questions fondamentales liées à une industrie qui pèse des centaines de milliards de dollars. Qui expriment l’urgence de la réglementation et du contrôle du choix, de l’enregistrement, de l’usage et du commerce des armes. Qui font s’interroger sur des volontés de paix face à l’entretien volontaire des conflits quels qu’ils soient et par extension de la pauvreté, de la corruption et de la dépendance. 

@ SUIVRE : Handicap international, le Comité international de la Croix rouge, l’International campaign to ban landmines, le site de la Convention
.

ZOOM SUR… MASSOUD HASSANI, DESIGNER ENGAGÉ

Massoud Hassani est né en 1983 en Afghanistan. Il a fui son pays à l’adolescence après avoir perdu son père. Installé en Hollande, il fait ses études supérieures à la prestigieuse Design Academy Eindhoven et décide de faire mettre le design au service de problématiques sociales. Il est l’inventeur du « démineur » Mine Kafon, une sphère à base de cannes en bambou activée par la simple force du vent qui fait sauter les mines en roulant dessus. Un concept inspiré de jeux qu’il fabriquait enfant et dont les limites étaient, précisément, celles imposées par les terrains minés. La spécificité de cette sphère est qu’elle mémorise le parcours effectué et permet une localisation des zones « saines » ou « assainies » tout en permettant une destruction sécurisée des mines pour mieux sauver des vies humaines. Lire la suite « Mines antipersonnel : combattre une menace durable »

Monde : les enjeux de l’accès à eau

À 10 jours de la journée mondiale de l’Eau, deux forums dédiés se tiennent à Marseille : le Forum mondial, mais aussi le Forum mondial alternatif de l’eau(1) qui sera ouvert et accessible à tous en entrée libre à partir du 14 mars. L’occasion de (re)faire le point.
Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au cœur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, sanitaires et alimentaires, économiques et politiques. Pauvreté, pollution, réchauffement climatique, gaspillage, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences – directes de la pénurie d’eau.

▪ XXIe siècle : quid de l’accès à l’eau ?
Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0,5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. En 20 ans, grâce aux progrès réalisés en matière d’assainissement et d’alimentation en eau, 2 milliards d’êtres humains de plus ont pu avoir accès à une eau potable. MAIS environ 2,5 milliards de personnes (36 % de la population mondiale) ne bénéficient toujours pas d’installations sanitaires assainies, et près de 900 millions (soit 13% de la population mondiale) n’ont aucun accès à de l’eau potable ; bien davantage si l’on compte celles et ceux qui ont un accès très ponctuel. Des chiffres à prendre de façon indicative – d’autant que la population augmente rapidement – pour une situation qui constitue une menace pour l’équilibre mondial.

▪ Un enjeu vital
Dans les pays les plus pauvres ou en voie de développement, principalement situés en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté politique ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour traiter l’eau, la purifier et la rendre accessible tant matériellement que financièrement. À cela peut s’ajouter une méconnaissance de l’utilisation et de la gestion de l’eau, dans le cadre d’activités de production par exemple. D’où la prolifération continue ou chronique de maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra…) voire de la famine. Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Conséquence : chaque année, en raison de maladies liées à une eau contaminée, on recense plusieurs millions de décès dont celui de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans (plus de 4 000 enfants par jour !). Ce, dans des pays où l’accès aux soins demeure insuffisant. Difficile aussi dans ces conditions de résoudre la question de la faim dans le monde et de produire une alimentation de qualité. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Et selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.

▪ Une crise planétaire
À des échelles différentes, tous les pays sont concernés. En effet, les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation et l’élevage -, et de façon indirecte la modification des comportements alimentaires favorisent la réduction des niveaux d’eau.

D’autre part, les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux usages qui dégradent depuis des décennies la qualité et la quantité de l’eau : les rejets industriels de produits chimiques et des eaux usées, l’utilisation massive d’engrais et de pesticides dans certaines pratiques agricoles ; sans compter une activité humaine négligente (gaspillage, surconsommation, cultures inadaptées au climat ou forcées, installations luxueuses).

▪ Eau = marchandise = luxe
Dans certaines parties du monde, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles nés d’une urbanisation galopante. Les habitants de ces derniers n’ont souvent pas accès à l’eau courante (réseau de distribution classique si vous préférez) et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution (de l’eau en bouteille au prix prohibitif à celle acheminée par un camion citerne pas toujours contrôlée par les services sanitaires) coûtant a minima 10 à 15 fois plus cher que les services publics dont bénéficient les plus favorisés.

Notons que ces services privés, si nécessaires peuvent-ils être, ne sont pas des solutions de long terme et permettent, en attendant, à des multinationales comme à des producteurs d’eaux embouteillées (la France et la Suisse en tête) d’augmenter leur chiffre d’affaires : les pays dits « émergents » mais aussi les moins émergents représentant un marché important. À qui ceci profite-t-il le plus ? Je pose la question…

▪ Le pouvoir et l’interdépendance
Outre les impacts sur la santé et l’alimentation, le manque d’eau ou d’eau potable a des conséquences sur l’accès à l’éducation quand elle est possible : les enfants affaiblis par la malnutrition et les maladies associées ne peuvent plus aller à l’école ; une réalité accentuée pour les filles et jeunes filles que l’on charge de la récupération de l’eau entre autres tâches ménagères. Le développement agricole et économique, l’autonomie des populations sont donc concernés de fait. Ainsi se perpétue une des spirales de la pauvreté et de la dépendance.

Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, devenir un dangereux moyen de pression, voire une arme diplomatique ou de guerre. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

▪ Agir pour le long terme
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose d’admettre que l’on sait ce qu’il faut faire – car nous le savons – et de le rendre possible !
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous ; négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples ; consommer et utiliser moins et mieux ; mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, alimentation, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

À SUIVRE…
> (1)Le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME). Du 14 au 17 mars 2012 : Dock des Suds, 12 rue Urbain V, Marseille. Ouvert à tous. Entrée (libre) avec participation (libre) aux frais. Débats, ateliers, manifestations culturelles, forum des jeunes et concert de clôture > Infos sur www.fame2012.org/fr 

Doté d’un comité d’organisation composé d’une centaine d’association et d’ONG locales, nationales et internationales, le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME) a notamment reçu le soutien du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa raison d’être : trouver des solutions à la crise mondiale de l’eau et faire face à la marchandisation abusive et inégalitaire de cette ressource vitale ; ressource qui doit être reconnue comme un bien commun et dont l’accès doit être un droit fondamental. Et “ construire, je cite, une alternative concrète au 6e Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s’arroger la gouvernance mondiale de l’eau. ” Comment ? En informant et en sensibilisant, en réunissant spécialistes et citoyens autour de débats, rencontres, ateliers et manifestations culturelles.

ET AUSSI
> Le site de ONU/Eau www.unwater.org/discover_fr.html
> Le 6e forum de l’Eau, Marseille : du 12 au 17 mars 2012 www.worldwaterforum6.org.fr
> Journée mondiale de l’eau 2012 : 22 mars www.unwater.org/worldwaterday/index_fr.html

À LIRE
> Les scandales de l’eau en bouteille, de Jacques Neirynck, éd° Favre. 13 €


A LIRE : L’enquête de Fabrizio Gatti

« Dans le Sahara, certaines nouvelles se propagent comme en l’an mil, portées par la voix des voyageurs. Ainsi faut-il voyager pour savoir ».

Fabrizio Gatti est grand reporter au sein de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Depuis près de 20 ans, il s’investit en faveur du respect des droits fondamentaux et contre l’organisation internationale du crime. Engagé dans de nombreuses enquêtes en infiltré, il ne conçoit pas l’information sans l’épreuve des réalités et la rencontre de ceux qui les vivent ou les subissent. – Une conception du métier de plus en plus difficile à honorer tant à l’écrit qu’en photographie si l’on veut en vivre (ndlr). – Son livre Bilal a obtenu le prix Terzani* en 2008. Il a été réédité par les éditions Liana Levi fin 2010 en format poche. À lire absolument.

Bilal sur la route des clandestins raconte des destins hors norme au travers du parcours de Fabrizio Gatti, l’homme, le journaliste qui s’est fait lui-même clandestin, du Sénégal à la Libye jusqu’à Lampedusa pour comprendre, mieux révéler, restituer et dénoncer l’inimaginable et l’inhumain. Les clandestins, ce sont ici des Africains qui fuient la guerre, la faim, la pauvreté, la survie pour ce qu’ils pensent être leur salut : un pays européen. En l’occurrence, l’Italie. Et par extension, une chance de travailler et d’aider leurs familles restées au pays. Entre lucidité cruelle, inconscience et espérance, ils se risquent à tenter de franchir des milliers de kilomètres dans des conditions dangereuses.

Pour y parvenir, ils quittent leurs proches, leur pays (Sénégal, Sierra Leone, Liberia, Nigéria, Togo, Côte d’Ivoire…) pour affronter le désert, la soif, la maladie, la mer, la mort et ceux – manipulés ou criminels – qui détiennent leur vie entre leurs mains : militaires, policiers, administrations, passeurs. Ce n’est pas une fiction, ce n’est pas un scénario mélo. C’est à considérer très concrètement bien au-delà de ce qu’on peut entrevoir de façon parcellaire dans les médias : une réalité pour des centaines de milliers de personnes. Des millions si l’on considère ceux que l’on appelle les déplacés de force.

Racket, mauvais traitements, corruption et tortures sur le trajet et aux postes frontaliers, marchandisation de l’homme, « trafic humanitaire », machination dès les premières heures à parcourir qui se poursuit au gré des frontières… Tel est le quotidien vécu parfois sur des milliers de kilomètres : de Dakar à Kayes, Bamako, Gao et Niamey, en passant par Agadez, Dirkou jusqu’au camp de Gatrun avant Lampedusa, pour ceux qui y parviendront ou voudront y parvenir. Et une fois là-bas ?

En contrepoint, les accords tacites et/ou formels conclus sur plusieurs années entre le gouvernement Berlusconi et le colonel Khadafi, faisant de la Libye un rempart contre l’immigration clandestine, faisant de Lampedusa « l’engrenage central des déportations de masse mises en œuvre par l’Italie avec la complicité de l’Allemagne et de l’Union européenne (…) ».

Un livre essentiel et unique pour savoir. Pour reconsidérer la question des migrations forcées, car toutes ne le sont pas. Pour penser autrement ces migrations et faire en sorte que les migrants clandestins ne soient plus vus comme un danger mais avant tout comme des personnes en situation de danger. Les évolutions et les bouleversements du monde doivent être intégrés pour une cohabitation des situations partout et pour tous ; car ériger des barrières ne pourra qu’exacerber les injustices et les tensions, maintenir les précarités, lesquelles favorisent instabilité et insécurité locales et internationales.

Pour élargir le sujet – ne perdons pas de vue que tout est lié directement ou indirectement et le sera de plus en plus – le chômage, le mal logement, la fragilité sont dans nos murs ; la faim, la maladie, la guerre sont à nos portes. Quant aux révolutions en cours et à venir, si elles ouvrent la voie vers plus de démocratie et d’égalité des droits au prix de nombreuses vies, la chute de dirigeants n’est évidemment pas un remède instantané aux crises traversées depuis des décennies, d’où la poursuite notamment des migrations vers nos terres.

Malgré cela, ou à cause de cela tout reste encore possible, pourvu que l’on intègre l’idée que ce qui arrive aux autres pourraient nous arriver pour mieux le prévenir, l’éviter ou l’améliorer ; pourvu que l’on privilégie l’homme et son avenir en considérant à 360 ° les réalités locales et globales présentes ; pourvu que l’on cesse de renforcer le pouvoir de ceux qui prônent ou véhiculent des principes de peur, de haine ou d’exclusion de l’Autre, du Différent, de l’Étranger ; pourvu que le développement soit envisagé pour tous et avec tous et non pour une élite.

L’heure est définitivement à l’union, à l’humanité et à l’action pour aller vers le moins mal possible, pour tendre vers le mieux si ce n’est vers le meilleur. Au moins essayer.

* prix littéraire international, du nom de Tiziano Terzani, journaliste et écrivain italien.

Bilal sur la route des clandestins. Éd. Liana Levi/Piccolo. 13 €

Visa pour l’image : David Guttenfelder

 » J’aime les images qui ont un message universel sur les hommes. J’ai vu la photographie aider des gens, c’est une part importante de notre métier. « 

En plus de 15 ans, le photoreporter David Guttenfelder a couvert les conflits dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen Orient, notamment pour l’Associated press (AP) pour laquelle il travaille. Lauréat de nombreux prix internationaux (dont quelques World Press), il a aussi fait l’objet ces jours-ci de six pages de publication pour un reportage sur les troupes américaines en Afghanistan avec un iPhone (relaté en mars par Denverpost.com). Je conçois que le procédé technique puisse, à la limite, intriguer, mais de là à… non.

Indépendamment de ce que je considère comme une anecdote, voici (plus bas) deux liens pour en savoir un peu plus sur la démarche et les images de ce photographe qui sont loin d’en être une – anecdote -. Liberia, Rwanda, Irak, Pakistan, Afghanistan, …, offrent à voir des réalités odieuses qui continuent de traverser les frontières et d’anéantir des vies. Des existences dignes, transmises pour que nous les regardions en face. Pas en feuilletant rapidement l’hebdo du moment, entre le Portrait et les pages Conso. Pas en faisant défiler 30 images/minute sur un site Internet. Mais en prenant le temps : il restera toujours cette image, celle qui résiste aux autres, qui touche, fait réfléchir. Voire ré-agir.

En 2007, David Guttenfelder avait repoussé les limites et codes habituels du travail en agence de presse en nous livrant The dark side of a wire photographer : une  approche plus intime et intuitive de la vie, dans ces lieux dans lesquels il s’engage, une évocation en marge de ce qu’il appelle le centre de l’Histoire. Il sera à nouveau en France pour une projection lors du prochain Visa pour l’image, une rétrospective de ses reportages en Afghanistan. Rendez-vous à Perpignan le 4 septembre 2010.

→ Lien photo www.lightstalkers.org/david_guttenfelder
Interview, en cliquant sur l’image ci-dessous ↓

DIAPORAMA La Russie : l’autre visage

Si vous n’avez pu vous rendre à l’exposition La Russie : l’autre visage, qui se tenait du 9 au 11 juillet à Paris, retour en photo set en textes sur l’événement et les participants. Organisée par Reporters sans frontières et le Collectif du « off » France-Russie 2010, elle rassemblait pour la première fois en France 10 organismes russes (ONG, mouvements de société) acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des droits humains en Russie. Une page dédiée est à consulter  via ce lien


Photo, textes, montage ©Virginie de GALZAIN

EXPO « La Russie : l’autre visage »

À voir ! Jusqu’au 11 juillet, a lieu La Russie, l’autre visage sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris. Organisée par le collectif du « off » de France-Russie 2010 avec Reporters sans frontières (RSF), l’exposition est la première à rassembler en France des ONGs ou mouvements de société russes, acteurs de l’amélioration des conditions de vie et du respect des Lire la suite « EXPO « La Russie : l’autre visage » »

Travail des enfants : les États-Unis aussi

Dans le monde, 215 millions d’enfants* travaillent, dont plus de 70 % dans l’agriculture. Ils sont 126 millions * à exercer des travaux dangereux.

Dans son rapport intitulé Fields of Peril: Child Labor in US Agriculture (Champs dangereux : Le travail des enfants dans l’agriculture aux États-Unis), Human Right Watch met en lumière un des aspects de cette question fondamentale relative aux droits de l’homme, témoignages à l’appui. Je vous invite à lire l’article paru à ce sujet sur son site http://www.hrw.org/fr/news/2010/05/04/tats-unis-la-vie-dangereuse-des-enfants-ouvriers-agricoles

Chaque année aux États-Unis, des centaines de milliers d’enfants de moins de 18 ans travaillent dans le secteur agricole dans des conditions qui peuvent être nocives pour leur éducation, leur santé physique et mentale. Accidents, maladies, intoxications voire violences et exploitations sexuelles  font partie des risques auxquels ils sont exposés. Certains sont employés à temps partiel dès l’âge de 7 ans. Le nombre d’heures journalières pouvant atteindre plus de 10 heures. Zama Coursen-Neff, directrice adjointe de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch, rappelle que la loi en vigueur sur le travail des enfants date des années 1930.

Les 10 et 11 mai, à La Haye, se tiendra la prochaine conférence mondiale sur le travail des enfants. L’Organisation internationale du travail (OIT) compte appeler les états à renforcer leurs actions pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016, et pour abolir le travail des enfants.
* Source : Organisation internationale du travai

Pétition : droits des migrants afghans

Lettre-pétition de l’écrivain et cinéaste afghan Atiq Rahimi, (Prix Goncourt 2008 : Syngué sabour, P.O.L éditions) en faveur des immigrés sans-abri afghans à Paris.

« Ils sont jeunes, certains ont à peine quinze ans, aucun plus de trente. Les plus chanceux ont une écharpe et un bonnet. Presque pas un n’a de gants. Le thermomètre pointe zéro. Qu’est-ce que ça change ? De toute façon, ce n’est pas le maigre brasier, deux planches minables, quatre cageots humides qui vont les réchauffer.

Ils sont cent cinquante à peu près. Cinq cents dans tout Paris, à marcher dans des tennis troués, à tourner, sans trouver où s’arrêter au chaud.

Ils sont Afghans.

Ils ont lâché leur vie, leur famille, leurs amis, leur pays. La plupart viennent de régions contrôlées par les talibans. D’autres non. Quelle importance. Des bombes sautent à Kaboul. C’est tout le pays qui s’abandonne à la guerre.

La France, c’est-à-dire nous, les poursuit comme des criminels. Menottes, avion : c’est aux barbus qu’on les remet puisque les intégristes sont les seuls à leur ouvrir les bras.

Souvenez vous de ce temps : on appelait encore un mineur un enfant. Aucun ministre alors ne se serait permis de nous laisser croire qu’il est bon de laisser un enfant l’hiver dans la rue. Même étranger.

Et il y a certainement eu une époque où on appelait un immigré un homme. Même s’il était sans papier.

Ces enfants, ces hommes sont venus chez nous portés par l’espoir d’échapper à la violence. D’étudier. De mener une vie paisible. D’être dignes. Ce ne doit pas être trop demander.

Ne jetons pas dans les eaux du canal le manteau que St Martin a partagé avec un pauvre. »

Atiq Rahimi

SOUTIEN, ET SIGNATURE DE LA PÉTITION SUR AFGHANS.PARIS

Liberté de la presse 2009

Au dernier classement mondial de la liberté de la presse, la France perd encore du terrain et passe de la 35e (2008) à la 43e place (2009). Et ce n’est pas le seul pays dit démocratique concerné.

De la limitation d’accès aux sources à la rétention d’information et à la confiscation de matériel, de la manipulation médiatique à la communication et à la désinformation, du monopole étatique à la censure voire à l’auto censure, les formes d’entrave à la liberté d’informer – et donc d’être informé – sont multiples.

L’instabilité et l’insécurité croissantes de la situation Lire la suite « Liberté de la presse 2009 »

MONDE : Les Hmongs en sursis

L’armée thaïlandaise a commencé l’expulsion de plus de 4000 Hmongs vers le Laos, peut-on lire ou entendre ce jour. Je doute que cela intéresse suffisamment de monde. Moins en tout cas que le prochain Nigérian, Yéménite et autre Pakistanais qui sera malade dans les toilettes d’un avion en partance pour les États-Unis… Et pourtant ! Pour revenir au sujet, de nombreux Hmongs ont combattu aux côtés de la France puis des États-Unis entre les années 1950 et 1970. Aucune des deux nations précitées n’a manifesté de soutien effectif à cette minorité dont certains membres vivent dans des conditions inhumaines*. Entretien avec Rémi Fritsch, fondateur et président de l’association Urgence humanitaire Asie. Lire la suite « MONDE : Les Hmongs en sursis »

Les enfants invisibles

À découvrir le 20 mai au cinéma, Les enfants invisibles, sept destins d’enfants vus par 8 réalisateurs de renom. L’idée de départ, rendre visible et sensibiliser sur le quotidien pas comme les autres d’enfants du monde, aux quatre coins de la planète.

Enfants soldats (Tanza, de Medhi Charef) ; enfants détenus (Blue Gypsy, d’Emir Kusturica) ; malades (Jesus, Children of America, de Spike Lee) ; victimes de la guerre (Jonathan, de Jordan Scott & Ridley Scott) ; enfants des Lire la suite « Les enfants invisibles »

La grippe A(nxiogène)

La grippe A : dernière psychose sanitaire contrôlée ? Je me pose la question. Ou plutôt je ne me la pose pas. Indépendamment des modes de contamination que nous connaissons déjà bien chaque hiver, et que seule une quarantaine généralisée pourrait singulièrement freiner. Et indépendamment des incertitudes et méconnaissances liées à tout virus en mutation. Les conséquences sur l’organisme variant selon l’individu, l’âge, l’état initial de santé et le niveau de vie, la zone géographique, les primordiales conditions d’accès aux soins et à l’information, les conditions sanitaires locales… Soyons lucides.

Loin de moi l’idée de minimiser les risques, réels. Mais en attendant, la grippe saisonnière provoque chaque année dans le monde 250 000 à 500 000 décès* (soit 684 à 1 369 personnes par jour, on en est loin) – dont plusieurs milliers en France, et touche en moyenne 3 et 5 millions de personnes sous des formes aggravées. Qui s’en soucie ? Je ne parle des nombreuses autres maladies qui font autant voire plus de ravages au quotidien.

Mais la grippe porcine elle, renommée grippe A pour les raisons que l’on sait, c’est une « vraie » épidémie dangereuse, qu’on nous localise jour après jour de façon anxiogène sur une carte. Et qui génère des angoisses visibles dès qu’un individu se met à tousser dans les transports en commun, par exemple. Un peu comme un sac abandonné qui pourrait contenir une mauvaise surprise. Bref. Principe de précaution : sans aucun doute ; conditionnement obsessionnel mondialisé malsain à la limite de la manipulation : non.

Et les labos dans tout cela ? Bonne pub pour LE (ou les futurs) détenteur(s) des « doses » salvatrices que je ne nommerai pas, qui ne se prive pas d’en rajouter une couche à renfort de bannières publicitaires sur Internet ces jours-ci. À la frontière de l’indécence.
L’occasion de se replonger dans cet excellent reportage – Maladies à vendre**paru dans le non moins excellent magazine XXI (dont je reparlerai plus tard) fondé par Patrick de Saint Exupery. On y lève le voile sur le lobby de l’industrie pharmaceutique, le subtil contrôle des prescriptions médicales. Ou comment certaines maladies seraient devenues des marchandises, dont le moteur essentiel serait la durée de vie du brevet des médicaments. Affaire À suivre.

*Source OMS (www.who.int/fr)

**À lire dans le n° Octobre/Novembre/Décembre 2008, Destins d’Afrique, toujours en vente dans les librairies et sur http://www.fnac.com entre autres.

Manifestation Continuité LKP : des droits pour les DOM-TOM

Aujourd’hui, le collectif Continuité LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) appelait à manifester contre la vie chère, pour l’égalité et pour le respect des droits dans les DOM-TOM. Un mouvement de solidarité avec les populations françaises d’Outre-mer qui subissent la crise et la baisse du pouvoir d’achat de plein fouet, déjà affaiblies par une situation locale économique et sociale critique.

À Paris, des milliers de personnes ont défilé dès 14 h. Côté politiques, on remarque une fois de plus l’absence du gouvernement — pas grand monde côté PS non plus cela dit ! — et Arlette Laguiller et Jean-Luc Mélenchon, notamment, fidèles au poste. Clique sur le lien ‘DIAPORAMA’ pour voir les photos.

Palestine/Israël : unis pour la paix ?!

Des manifestations ont lieu aujourd’hui dans plusieurs villes de France, mais aussi à Berlin, Montréal, Londres… pour appeler à l’arrêt de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza. Des photos suivront en tout début de semaine. En attendant, deux images des 60 ans de la Palestine à Paris, le 17 mai 2008.

60anspalestine025_virginie de galzain© Virginie de Galzain

60anspalestine013_virginie de galzain
60 ans de la Palestine, Paris 17 mai 2008 © Virginie de Galzain

À LIRE CE JOUR :
Le blog de la FIDH : « un véritable crime contre l’humanité » à Gaza
La Tribune des droits humains : Pas de consensus sur Gaza au Conseil des droits de l’homme
UNICEF : un choc terrible pour les enfants de Gaza
AMNESTY : Gaza, un cessez-le-feu non suivi

Liberté de la presse : la France 35e suite !

C’est le chiffre de la semaine. Après une petite progression en 2007, la France perd à nouveau des points au classement mondial de la liberté de la presse 2008. Elle passe de la 31e à la 35e place, sa position de l’année 2006. Rendez-vous sur le site de Reporters sans frontières pour le classement et l’état des lieux mondial complet 2008 (1er septembre 2007 au 1er septembre 2008).
www.rsf.org

À NOTER : le dernier album 100 photos de Reza pour la liberté de la presse, édité par RSF, est toujours en vente au prix de 9,90 euros. Le site du photographe iranien Reza : www.destinscroises.org

Les Hmongs en sursis : interview Rémi Fritsch

Depuis près de trois ans, Rémi Fritsch poursuit son engagement pour la liberté des Hmongs. Fondateur et président de l’association Urgence humanitaire Asie, il rappelle l’urgence de la situation en invitant à nouveau chacun à signer une pétition destinée au Président de la République. Le 31 mai 2007 (voir post), nous avions réalisé ensemble une interview que je fais remonter pour l’occasion. Explications.

URGENCE LAOS : LES HMONGS EN SURSIS

Depuis plus de 30 ans, des populations Hmongs sont persécutées, pourchassées sans relâche par l’armée de la République Démocratique Populaire Lao. Une extermination programmée qui met en péril à court terme la survie d’environ 15 000 membres de cette minorité ethnique restés au Laos, ainsi que plus de 8 500 Hmongs réfugiés en Thaïlande, menacés de rapatriement forcé.

Trois questions à Rémi Fritsch, co-fondateur et président de l’association Urgence Humanitaire Asie.

> Qui sont les Hmongs et pourquoi certains d’entre eux sont-ils persécutés depuis plus de 30 ans ?
Rémi Fritsch
: C’est une ethnie de montagnards descendus du sud de la Chine au fil des siècles. Ils représentent 7% de la population du Laos, soit 400 000 personnes environ. Les Hmongs ont toujours voulu vivre libres, et la grande majorité d’entre eux n’ont jamais accepté la dictature communiste. C’est pourquoi ils se sont battus au côté des Français jusqu’en 1954, puis avec les Américains jusqu’en 1975, qui les ont armés et financés pour qu’ils sécurisent et contrôlent, au Laos, la zone frontalière avec le Vietnam.

Depuis 1975, après le retrait des Américains du Vietnam, les membres du Politburo du parti communiste Pathet Lao ont juré, écrit et organisé l’extermination des Hmongs et de leurs familles qui n’ont jamais accepté de se soumettre.

Le seul crime de ces enfants, ces femmes et ces hommes affamés, traumatisés, malades, à bout de force, errant sans fin dans la jungle pour échapper aux attaques incessantes des soldats, est d’avoir été – pour les rares anciens – les acteurs, ou d’être, pour les plus jeunes, les descendants des Hmongs ayant combattu le régime du pouvoir en place il y a plus de 30 ans !

> Comment est née Urgence Humanitaire Asie et quel est son objectif ?
R.F : A la suite de la diffusion en juin 2005 du reportage de Grégoire Deniau et Cyril Payen « Guerre Secrète au Laos », Arnaud Berthe et moi-même avons pris la décision d’aller sur le terrain. UHA est née début 2006, d’une rencontre avec des étudiants motivés, et devant les réponses  » Langues de Bois  » ou les non-réponses officielles à nos questions, tant de la part des autorités françaises que laotiennes, alors que 15 000 Hmongs sont réfugiés en France depuis 1975.

UHA a choisi avec humilité de porter son action strictement sur le plan humanitaire, loin des polémiques politiciennes sans fin et stériles depuis plus de 30 ans. UHA étant une association régie par la loi de 1901, profondément laïque, non politique, reconnue d’intérêt général, elle n’a d’autres textes de référence que les Déclarations des Droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant. Ces droits étant violés de manière répétitive et irréfutable au nord du Laos, à l’encontre des Hmongs, UHA intervient car la réponse de la communauté internationale à ces crimes contre l’humanité est, à ce jour, un silence assourdissant, l’indifférence et l’inaction sur le terrain.

De plus, historiquement, les Hmongs sont les frères de coeur et de sang des Français : nous préférons tenter de nous rendre utiles concrètement, agir maintenant et faire connaître le sort des derniers survivants dans l’espoir de les sauver, plutôt que de ne rien faire et attendre qu’ils soient tous exterminés.

> Comment votre action s’organise-t-elle ?
R.F : UHA intervient de la manière la plus transparente qui soit, uniquement basée sur l’action de bénévoles, en collectant des peluches pour les enfants, des fonds privés et une subvention locale de la municipalité de Clichy-La-Garenne, où siège l’association, nous assurant notre indépendance d’action.

Depuis l’été 2006, nous nous fixons l’objectif d’une mission tous les 6 mois environ, dans le nord de la Thaïlande. Nous nous sommes faits connaître des autorités locales qui nous ont renouvelé leur autorisation de pénétrer dans la zone de regroupement des réfugiés, près du village de Huay Nam Khao, à 50 km de la frontière laotienne. A chaque mission, nous acheminons ainsi chacun 20 kg de peluches depuis la France, nous achetons sur place, dans les provinces de Phitsanulok et Phetchabun, le riz ainsi que divers équipements et matériaux de construction pour l’école UHA Public School.

Les contacts privilégiés noués avec les réfugiés Hmongs nous ont amenés à recueillir des témoignages terribles et bouleversants, que nous sommes en train de traduire, pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Nous avons transmis une lettre d’appel à la communauté internationale à Jacques Chirac et Georges Bush, téléchargeables, comme nos vidéos, sur notre site www.uhasie.org.

N’attendons pas que les 15 000 Hmongs encore pourchassés au nord du Laos soient tous morts pour n’avoir plus qu’à faire notre « devoir de mémoire » !
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Télécharger la pétition
– Regarder lereportage de Grégoire Deniau et Cyril Payen :
Guerre Secrète au Laos
– Voir le reportage du photographe Philip Blenkinsop, Worldpress en 2004 pour ce sujet

Environmental buzz

« I know if all the money spent on war was spent on finding environmental answers, ending poverty and finding treatises, what a wonderful place this earth would be !”

Encore une vidéo qui tourne en ce moment sur la toile, plus de 15 ans après. Severn Cullis-Suzuki a 12 ans lorsqu’elle prononce son discours au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992. L’année suivante, elle reçoit le Global 500 Roll of Honour du Programme de l’environnement des Nations Unies (UNEP). Née au Canada, cette activiste écologiste (Environmental children’s organization, United Nation’s Earth Charter Commission, etc) suit les traces de son père : le généticien et chercheur David Suzuki. Militant actif et influent, il a reçu le prix Hommage des Prix canadiens de l’environnement en 2005.

À 28 ans, Severn Cullis-Suzuki est diplômée en Sciences de l’écologie, en biologie évolutionnaire, et en ethnobotanique. Auteur de plusieurs articles et ouvrages, elle poursuit ses recherches et son engagement en faveur de la protection de l’environnement et de la justice sociale. La conscience de l’interaction entre l’homme et son milieu de vie (habitat, famille, économie, politique…) étant une de ses clés de voute, et l’action au quotidien à tous les niveaux une nécessité. Une évidence que nous avons tous à l’esprit, mais dont la prise de conscience effective demeure totalement insuffisante voire au stade virtuel. Attendre que le pire survienne pour se sentir concerné. Plutôt que d’anticiper.

La jeune femme est considérée comme une des personnalités citoyennes les plus importantes de la nouvelle génération canadienne.

Chine : grand nettoyage de printemps

Petite pause dans mon week-end studieux, je vous invite à lire cet article de Joseba Elola paru dans El Pais ce jour. China limpia las calles de ‘indeseables’ ante los Juegos.

Dans les grandes lignes, la Chine nettoie les rues plus que jamais à l’approche des J.O. Exit les indésirables : chauffeurs de taxis sans permis, marchands ambulants, prostituées et drogués, sans oublier les paysans (note perso) qui font « tache » comme on dit ici; et comme on pouvait s’y attendre la répression et les persécutions des pacifistes ont été renforcées. Direction les centres de « rééducation » et de « détention ». Sans oublier la situation au Tibet, laquelle loin d’être nouvelle, aggrave le cas. En attendant, des visites guidées sont orchestrées pour les médias en guise de bonne volonté… Un air de déjà vu. Bonne lecture.

La flamme symbolique

En route vers les J.O 2008, la flamme olympique démarre aujourd’hui son périple de plus de 130 000 km direction Pékin. Héritage antique et sportif, porteuse d’histoires, de victoires et de messages, pour qui brillera-t-elle ?

Nuit des temps
Fascination, vénération et peur, vie et mort, le feu tour à tour confère pouvoir à qui le détient, incarne la lumière et la vie, la purification des âmes impures, jusqu’aux guerres et tortures les plus odieuses. On repense rapidement à Prométhée, supplicié pour avoir défié Zeus en rapportant aux hommes le feu divin. Aux célébrations païennes et aux sacrifices humains. Aux J.O antiques où la flamme représentait la pureté. A des siècles d’Histoire ponctués par sa quête puis ses usages. Un livre ouvert passionnant qui continue d’être écrit…

24 mars 2008
Que reste-t-il de la flamme olympique, emblème de liberté, de paix, du rassemblement des 5 continents signifiés par les 5 anneaux conçus par Pierre de Coubertin – et revisités pour l’occasion par les Fùwa, les mascottes officielles ? Que reste-t-il des Jeux, de tant de belles valeurs et de fraternité sportives ? Les J.O embrasent le monde. Les J.O. soulèvent et enthousiasment les foules. Les J.O. sont vecteurs d’émotions intenses. L’homme se dépasse aux J.O. Les J.O. sont universels. Les J.O. sont un spectacle, mais quel spectacle ?

Instrumentalisation politique
Rien de neuf sous le soleil : le voile se lève une fois de plus sur le totalitarisme, la violation des droits de l’homme, l’exploitation, la corruption et la répression. Ce, dans un climat de délation et de censure exacerbées et pour cause. Comment isoler un pays sous le coup de condamnations internationales, organisateur d’un événement parmi les plus populaires, suivis et couverts du monde et prochainement envahi par des centaines de milliers de dangereux spectateurs venus d’ailleurs ?

Faut-il boycotter les J.O. ?
A qui cela profitera-t-il ? Et surtout à qui cela nuira-t-il le plus ? A supposer que cela fasse très momentanément reculer le gouvernement chinois, il y a fort à parier que la situation empirera ensuite. Peut-être est-ce une des seules occasions pour certains Chinois de s’informer et d’informer, ne serait-ce qu’un peu plus, le monde extérieur ? On peut surtout se poser la question du crédit accordé par le CIO aux autorités chinoises, qui s’étaient engagées à améliorer la situation interne de leur pays ! De la flamme olympique au leurre politique, il n’y a qu’un pas.

AU CHOIX
Le site des JO 2008 http://fr.beijing2008.cn
Le site de Reporters sans frontières http://www.rsf.org
Mad in China, Tendance Floue www.tendancefloue.net/livres/mad.php
Le prochain Pierre Haski : La Chine, Internet, la censure. Le Seuil (mai 2008)

L’eau potable pour tous : une utopie concrète?

La journée mondiale de l’Eau 2008 est célébrée dans le contexte de l’Année internationale de l’assainissement. Une question prioritaire qui conditionne l’équilibre et la durabilité de notre planète et de ses habitants.

Près de 2,5 milliards de personnes sur les 6,68 milliards que compte le monde ne bénéficient pas d’installations sanitaires assainies, et 1 milliard n’a pas accès à de l’eau potable. Une situation qui constitue une grave menace pour la santé et cause notamment chaque année la mort de 1,6 million d’enfants. Sur les 3% d’eau douce qui composent la Terre, à peine 0.5 % est utilisable par l’homme. Côté consommation, on estime la moyenne annuelle à 1500 m3 par habitant dans un pays riche, contre 100 m3 par habitant dans un pays pauvre. Des quantités et une qualité très inégalement réparties, qui ne répondent pas pour beaucoup au minimum vital, et dont les ressources, épuisables, diminuent un peu plus chaque année.

La raréfaction d’une ressource vitale
L’accès à l’eau potable conditionne la santé, et par extension l’égalité, la dignité et le développement social de l’homme, le maintien et la stabilité de son environnement. À des échelles différentes, chaque pays est concerné. Les pays industrialisés doivent redoubler de vigilance face aux problèmes de rejets de produits chimiques et des eaux usées, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et à une activité humaine négligeante (gaspillage, surconsommation, installations luxueuses).
Quant aux pays pauvres et en voie de développement, ils n’ont pas accès, pour la plupart, à une eau potable et saine, tant en quantité qu’en qualité, et ne disposent pas de moyens suffisants pour l’acheminer, s’approvisionner ou la purifier. D’autre part, leur gestion de l’eau est freinée par des infrastructures et des réseaux défectueux, voire une méconnaissance de son utilisation dans le cadre d’activités de production par exemple. Enfin, l’eau est au cœur d’enjeux politiques stratégiques, devenant un véritable outil de pression et une arme de guerre, dont les premières victimes sont comme toujours les populations civiles, particulièrement dans les zones défavorisées et fragiles.

Le réchauffement climatique
On en parle, on en parle. Mais de la prise de conscience à l’action, du chemin reste à parcourir. Le constat est pourtant sans équivoque et irréversible. Jean Jouzel, directeur de recherches au CEA et vice-président du groupe scientifique du GIEC rappelle l’urgence de la situation :  » Il est acquis que le réchauffement climatique des dernières décennies a déjà des conséquences perceptibles. (…) Les impacts sont très susceptibles d’augmenter dans tous les secteurs, ressources en eau, santé humaine entre autres, et de forcer des populations entières à devenir des réfugiés climatiques.  »
Hausse des températures, assèchement progressif des sols, intensification des cyclones, élévation du niveau des mers, vagues de chaleur, etc, le processus est enclenché, et risque de remettre en question la vie et la survie de millions d’hommes supplémentaires.

Une responsabilité collective
L’urgence, c’est une redéfinition des projets économiques et politiques, compatibles avec la vie de l’homme et favorables au développement de la planète. Durable, évidemment, car qui dit développement dit durabilité. Ce qui suppose de le rendre possible ! Ce qui dépend des hautes instances, dirigeantes et décisionnaires dont chaque action conditionne davantage l’équilibre ou le désordre mondial. Cela passe aussi par chacun d’entre nous ; avec des réflexes simples au quotidien (prévenir les fuites d’eau, adapter sa consommation, limiter le gaspillage, recycler, récupérer l’eau, limiter l’usage de produits polluants pour protéger l’environnement, etc) : le moindre geste compte.

Santé, habitat, industrie, économie, environnement, ressources, etc, tous les domaines liés de près ou de loin à la vie de l’homme sont menacés par une détérioration de la qualité de l’eau et une diminution de ses réserves. Loin d’un catastrophisme clinique, cet état des lieux avéré est un défi que l’humanité se doit de relever maintenant.  » Future  » ou  » no future  » ? Là est la réponse.

www.unesco.org/water & www.who.int/topics/water/fr
Voir aussi post 22 mars 2007

One day in Bangkok

La nouvelle, comme tant d’autres, circule depuis une petite semaine : « 300 000 dollars pour bien manger et voir des pauvres« . Où? À Bangkok, au Mezzaluna, un restaurant pas très typical comme son nom le confirme, situé au 65e étage d’un hôtel cinq étoiles. Quand? Le 5 avril. Comment? Un dîner princier préparé par trois chefs étoilés français, invités pour l’occasion. En guise d’amuse-bouche, 50 des 100 et quelque clients annoncés se rendront dans la province de Surin, considérée comme une des plus pauvres du pays, pour voir un camp d’éléphants et les difficultés de la vie dans cette région. Pourquoi? On se le demande!

Couac : Michel Trama, Alain Solivérès et Jean-Michel Lorain ont décliné l’invitation après avoir appris qu’aucune somme ne serait versée à aucune organisation caritative. Certes, c’est un lieu commun, partout dans le monde le luxe borde souvent la misère sans jamais l’approcher pour autant. Et nombreux sont ceux qui voyagent en ne voyant que ce qu’ils veulent bien voir. Certes, la question du développement et de la sous-traitance – plus que précaire – dans les pays dits pauvres ou en voie de développement ne date pas d’hier et ne peut que s’accentuer.

Alors, rien de tel après cette visite d’affaires, ou exotisme déplacé c’est selon, tellement banal finalement et bien contrariant au demeurant, qu’une bonne langouste et de délicates truffes noires pour faire passer la pilule et signer quelques contrats bien juteux? Ainsi va le monde. Show must go on.

On attend quoi ?!

Ingrid Betancourt est en danger. Six ans que ses proches se battent jour après jour pour sa libération. Six ans qu’ils attendent un signe d’espoir, un geste politique. Six ans de mobilisation incessante pour faire revenir parmi eux une femme d’un courage et d’une volonté de fer, enlevée pour son intégrité et son combat pour la liberté et les droits de l’homme.

On attend quoi ?!

Si demain nous apprenions la disparition d’Ingrid Betancourt, les rues et les églises se rempliraient, des centaines de milliers, voire des millions de personnes sortiraient manifester leur indignation, leur émotion aux côtés de sa famille. Et pourquoi pas maintenant? Avant qu’il ne soit trop tard? En organisant une manifestation mondiale?

Vingt quatre heures d’actions planétaires, un post sur chaque blog, le portrait des otages diffusés sur les chaînes du monde entier, un appel lancé de façon unanime par l’opinion publique et chaque état démocratique, une ultime tentative pour faire pression sur les dirigeants concernés et les Farcs. Est-ce si difficile? Tout, sauf dire oui à ce qui se passe, tout sauf l’indifférence! Faites passer, surtout.

Ingrid Betancourt et les otages détenus avec elle doivent être libérés !
Actions en faveur de, et pétition Ingrid Betancourt www.agirpouringrid.com

La FIDH lance son blog

Jour J + 1 pour le lancement officiel du blog de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). De l’info, de l’info et rien que de l’info, transversale, rythmée de vidéos, photos, bonnes et beaucoup moins bonnes nouvelles.

Composée de 155 organisations à travers le monde, la FIDH lutte pour le maintien ou l’acquisition de tous les droits et libertés fondamentales énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

Enquêtes, témoignages, investigations et actions sont menés pour obtenir des preuves des violations des droits humains aux quatre coins du monde. Dénoncer, informer et protéger sont au coeur des engagements de la FIDH, là où tortures, enlèvements et violences, disparitions, exécutions sommaires et traite des humains sont un quotidien d’une banalité terrifiante.

Plus que jamais, « gardons les yeux ouverts ». Réagissons en citoyens concernés, sans auto-censure, tant les acquis sont fragiles, les démocraties parfois instables ou équivoques et les combats toujours aussi nombreux.
http://blog.gardonslesyeuxouverts.org

Otages en Colombie : l’importance de la mobilisation

Hier après-midi, se tenait à Sciences Po une conférence animée par Fabrice Delloye, Florence Aubenas et Anne Proenza. L’occasion de revenir sur la situation en Colombie et l’urgence d’une mobilisation sous toutes ses formes, pour la libération d’Ingrid Betancourt et des otages. Détenus pour certains depuis près de 10 ans.

 

Sans revenir sur les détails de l’Histoire, voilà près de 15 ans que la Colombie est rongée par l’industrie des enlèvements. Des années rythmées par des affrontements, des déplacements de population, plus de 25 000 morts de mort violente par an, par un commerce inhumain qui gangrènent peu à peu le pays le plongeant dans l’inégalité, l’horreur de la menace et de la peur, un immense sentiment d’injustice et plus un mot, plus un geste de soutien ni de solidarité. « Peu à peu, tout le monde est devenu coupable, précise Fabrice Delloye, et le silence s’est installé. » Et les prises de position se radicalisent au détriment de toute possibilité de réflexion, d’ouverture et de négociation.

« Il n’y a pas de mode d’emploi dans cette lutte » dit Florence Aubenas, grand reporter détenue en otage cinq mois en Irak de janvier à juin 2005. Pas de mode d’emploi dans un contexte où le maître mot est la non négociation en lieu et place d’une nécessaire politique de conciliation; mais des pistes, des évidences, comme se mobiliser.

Pourquoi se mobiliser? D’aucuns diront que ce n’est pas cela qui va libérer les otages. Qu’une issue favorable dépend seule de l’action des politiques. Certes, le lien de cause à effet n’est pas direct, ni évident. Et pourtant, se taire, c’est masquer, renier la vérité, renier le dialogue, la réconciliation. C’est prendre le risque de sacrifier des vies sur l’hôtel de l’indifférence ou de l’inaction, exacerber l’injustice et activer la spirale du pire.

Alors « médiatiser la gravité de la situation, parler d’Ingrid Betancourt, c’est donner aux citoyens les moyens de comprendre ce qui se passe en Colombie à travers son combat pour les droits de l’homme et la vie d’un peuple, et la situation des otages, » poursuit Florence Aubenas. C’est donner les clés pour agir en connaissance de cause. Une façon essentielle de lutter contre le chantage, l’isolement, de faire tomber le mur construit entre les otages et le reste du monde. Et de construire un mouvement mondial de solidarité, reflet concret d’une opinion publique active, concernée et influente.

Se mobiliser est aujourd’hui la seule façon pour les citoyens de lutter contre cette forme du terrorisme, parmi tant d’autres. C’est essayer, rendre visible, dire qu’on n’oublie pas, que tout est possible ou du moins qu’il faut y croire. C’est offrir une scène politique et médiatique à tous les acteurs de la libération, montrer aux dirigeants l’impérieuse urgence de la négociation, de la solidarité, de mettre l’être humain au centre de tous les enjeux et de toutes les décisions. Se mobiliser, c’est transmettre son soutien aux otages et à leurs familles, et redonner toute sa dimension humaine à une démarche odieuse de menace permanente et de mise à l’écart de la vie, qui nous concerne tous.

« Si nous continuons à assister à la dégradation des otages, ajoute Fabrice Delloye, s’ils ne sortent pas de cette situation insupportable, (…), cela va en plus créer une tache indélébile, et une rupture qui sera extrêmement difficile à porter dans les relations avec la Colombie comme avec les autres nations du monde. »

www.agirpouringrid.com

Obésité : idées reçues

« On est foutus, on mange trop »… et mal surtout. 1,7 milliard d’individus sont en surpoids dans le monde, dont 300 millions atteints d’obésité. 2,5 millions de décès liés par an. Et ça ne s’arrange pas avec le temps!

A venir prochainement en ces lendemains de fêtes gargantuesques pour certains, et de Journée de dépistage de l’obésité infantile pour tous (la journée pas l’obésité, quoique…), quelques idées reçues sur une maladie chronique ravageuse. Une épidémie mondiale, véritable enjeu de santé public à prévenir de toute urgence.
En attendant, un peu de lecture (cliquer sur l’image).

La vérité en face

} La Déclaration universelle des droits de l’homme a d’abord été l’initiative de gouvernements. Aujourd’hui, c’est une entreprise commune pour tous les habitants de la planète.

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Iran, 2007 © Halabisaz/AP/PA Photo

Tous les êtres humains ont des droits. Telle est l’essence même de notre humanité. Cette condition nous impose le devoir de lutter, pas simplement pour nos droits, mais également pour ceux des autres. Voilà l’esprit de la solidarité internationale. Voilà ce que signifient réellement des droits humains universels et indivisibles. ~
Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International.

Infolio, éditeur engagé

 » Sans doute est-il plus facile de donner de l’argent que de changer son mode de vie, constate Hubert Reeves. (…) Pourtant, L’Europe ne sera pas épargnée. (…) Nous sommes tous des Terriens, et, devant le péril du réchauffement climatique, il faut s’organiser autrement. Vite. « 

 

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Créées en 1999, les éditions Infolio ont construit une ligne éditoriale exigeante autour de l’archéologie, l’architecture, l’histoire, l’art ou la photographie. Pour chacune de ses collections, elle s’entoure des meilleurs spécialistes pour offrir des ouvrages d’une grande qualité graphique et rédactionnelle. Avec une quarantaine de publications par an, elle privilégie sélection et qualité des projets, alliant thématiques pointues et parutions grand public.
Le 15 novembre sera marqué par la sortie de leur dernière publication en librairie : Réfugiés climatiques*, du collectif Argos (lire entretiens du 15/11).

Préfacé par l’astrophysicien Hubert Reeves et Jean Jouzel (vice-président du groupe scientifique du Giec, organisme co-prix Nobel de la paix 2007), le livre est une mise en exergue de la situation alarmante des migrations liées exclusivement au réchauffement climatique. Un focus en textes, témoignages et quelque 200 sublimes photos sur neuf régions du monde déjà affectées : du Tchad au Bengladesh, en passant par le Népal et la Chine, des Maldives aux îles Tuvalu, l’Alaska, Halligen et la Nouvelle-Orléans. Sans militantisme décalé, les journalistes du collectif Argos (photographes et rédacteurs) signent ici la chronique engagée et très humaine d’une prise de conscience urgente : changer nos modes de vie.

L’éditeur a volontairement choisi un format intermédiaire (18×24) incitant à la lecture et invitant à s’immerger dans les superbes images d’une réalité instable. La mise en page sobre et élégante allie mise en valeur iconographique rythmée par des textes riches d’expériences, comme autant de scènes de vie, d’histoires, de cultures millénaires, dont la perte sera irréversible.

*Réfugiés climatiques, Collectif ARGOS, Ed. Infolio, 356 pages. 39 €
www.infolio.ch & www.collectifargos.com
**Remerciements : Apolline Alaguillaume.

MyStarForever.com is born

Lancé le 25 septembre, le site MyStarForever.com s’annonce comme une petite révolution dans le ciel virtuel. Simple et efficace, il propose à chacun d’avoir sa propre étoile, porteuse d’un message éternel, tout en étant solidaire de la planète.

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Pour inaugurer le lancement officiel, trois questions à Joël Bloch, co-fondateur du site*. Entrepreneur et investisseur, Joël Bloch est l’ancien dirigeant et fondateur du site Psychonet.fr (aujourd’hui propriété de Hi-Média). MyStarForever est sa quatrième start-up.

Comment est né le concept de MyStarForever ?
Joël Bloch :
Le principe est né il y a quelques mois en discutant autour d’une bonne table. Avec une idée simple : nous sommes tous uniques, mais mortels, et chacun d’entre nous souhaite laisser une trace de son passage, transmettre à ceux qu’il aime un message qui reste. Nous avons imaginé de créer un espace, un ciel virtuel où chaque individu pourrait déposer ce message.

Les formes sont multiples. Ca peut être une note, un souhait, une lettre… A la mémoire d’un disparu ou en hommage à un proche, à ses enfants, petits enfants, amis ou encore à celui ou celle que l’on aime. Pour reprendre notre  » Whatever you have to say, don’t just say it, say it forever « , quoique vous ayez envie d’exprimer, vous pouvez enfin le dire et pour toujours.

Que permet le site aujourd’hui ?
Le site offre aujourd’hui trois entrées principales à la fois ludiques et interactives : MyStar Sky qui permet de voir le ciel, de naviguer et de se situer dans l’espace, de localiser les étoiles existantes et leurs auteurs et de voter pour celle que vous préférez. Read the Stars qui permet d’accéder à tous les messages avec, déjà, des posts des quatre coins de la planète : Etats-Unis, mais aussi Italie, Espagne, France, Australie, etc.

Et Create your Star, pour acheter ou offrir une étoile. Reste à personnaliser son choix à l’aide d’un des nombreux modèles, rentrer son nom voire un lien (site Internet, blog), rédiger son message et choisir l’organisme caritatif auquel une partie du montant de l’achat va être reversé. Une fois rédigé, le message est mis en ligne, et restera sur le site – sauf cas de modération ou de demande exceptionnelle de retrait.

Vous avez décidé de reverser 20% du prix de vente à trois organisations connues pour leurs actions solidaires et humanitaires…
En effet, c’est un critère qui nous semblait important. Pour une étoile achetée au prix symbolique de 4,95 dollars (soit 3,50€ au cours d’aujourd’hui), 1 dollar est reversé à ONE (créé par Bono du groupe U2, ndlr) dont les fonds servent à lutter contre la pauvreté et le sida dans les pays pauvres ; ou à l’UNICEF pour les droits et la protection de l’enfant ; ou encore au WWF (World Wildlife Fund) pour la préservation des habitats et de la vie naturelle. Le paiement s’effectue en ligne de façon rapide et sécurisée grâce au système PayPal notamment.

Ainsi, chacun peut se faire plaisir tout en étant solidaire d’une action dont il se sent proche, et y participer activement. En ce sens, MyStarForever a non seulement une dimension universelle, mais aussi fédératrice.

Go to : www.mystarforever.com

*MyStarForever.com a été fondé par Maxime Berreby (également co-fondateur de Docteur Ordinateur.com) et Joël Bloch.

Amnesty international : le droit à la vie

En marge de la Journée mondiale des Réfugiés et dans le cadre de la sortie du rapport annuel d’Amnesty International, Geneviève Sevrin, présidente d’Amnesty International France fait le bilan.

√ En ouverture de votre bilan annuel, vous alertez sur un climat d’insécurité, et ce que vous appelez une politique de la peur, la peur de l’Autre notamment… Geneviève Sevrin : On ne peut en effet ignorer que notre monde est soumis à des éléments qui mettent en péril son devenir et celui de ses habitants. Terrorisme et attentats, pollution, dérèglements et catastrophes climatiques, pauvreté dominante et galopante, épuisement de l’eau, famines, conflits, maladies… Tout cela crée implicitement un contexte de peur.

Mais au-delà, les gouvernements jouent de plus en plus sur ce sentiment de peur exacerbé depuis LE  » 11 Septembre  » pour mettre en place voire imposer des mesures sécuritaires, des lois qui tendent vers la restriction et le contrôle des libertés individuelles (d’expression, d’association…), vers la violation des droits humains dans leur ensemble. Pour ne donner que quelques exemples, c’est l’Australie qui parque sur une île les boat people et renvoie les immigrés dans leur pays d’origine, ce sont les Etats-Unis avec le très dénoncé Patriot act, les abus de Guantanamo, les bavures en Irak.

En France*, l’assimilation entre les notions de flux migratoires et de demandeurs d’asile** restreint considérablement les possibilités d’entrer sur le territoire. Le possible passage de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) sous la tutelle du nouveau ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, nous fait craindre pour l’indépendance de cet organisme, chargé d’accorder ou non le statut de réfugié.

Concernant ce dernier point, on constate qu’un climat de peur de l’Autre se développe insidieusement, tendant à associer un étranger à un clandestin, à un envahisseur et donc à un danger potentiel. D’une part c’est hypocrite, particulièrement si l’on s’en tient au système d’une immigration choisie. D’autre part, c’est dangereux pour le principe d’égalité entre les êtres humains, dans un pays où la mixité culturelle et sociale est pourtant constitutive.

Enfin, il faut savoir qu’il existe un principe de non refoulement qui interdit l’expulsion d’une personne dans des Etats  »  sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Sous couvert de notion de  » pays sûr « , se met paradoxalement en place en régime fondé sur la défiance, la haine alors que les valeurs de confiance, de tolérance et de solidarité devraient en être les référants clés. Il convient de rappeler que le droit d’asile est souvent le seul droit qui reste à un être humain quand tous les autres sont violés.

√ D’un point de vue général, quelles sont les points forts de l’année 2006 dans la lutte pour le maintien des droits humains ? G.S : La situation reste globalement très critique et d’autant plus préoccupante que les violations des droits humains se mondialisent. Pour commencer par les points positifs, on remarque des avancées encourageantes en ce qui concerne la justice, les armes et l’abolition de la peine de mort. La mise en place de la Cour pénale Internationale qui comme vous le savez a pouvoir en matière de crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commence à porter ses fruits. Ainsi des enquêtes sont initiées en Ouganda, en RDC et au Darfour. La création d’un tribunal international pour juger les présumés assassins de Rafic Hariri est en cours au Liban, et à la Haye, le tribunal spécial pour la Sierra Léone a commencé à juger Charles Taylor. Hissène Habré devrait aussi être jugé prochainement. Tout ceci est la preuve d’une amorce de changement.

Une autre victoire des O.N.G est relative au vote en faveur d’un Traité international sur le contrôle des armes classiques fin 2006. Le principe de la création d’un tel traité a été adopté par 139 pays, et il est essentiel dans la lutte engagée contre la prolifération et l’utilisation des armes dites légères, lesquelles sont à l’origine du plus grand nombre de tués aujourd’hui lors de conflits et sont au cœur d’importants trafics.

Concernant la peine de mort enfin, une majorité d’Etats est aujourd’hui abolitionniste. De plus en plus d’Etats instaurent des moratoires, des mouvements abolitionnistes se développent notamment aux Etats-Unis et l’idée de l’abolition progresse aussi en Chine. L’approche évolue également, puisqu’on ne demande plus aujourd’hui aux ONG abolitionnistes de se justifier sur les motivations de leurs actions mais aux Etats de se justifier sur le pourquoi du maintien de la peine de mort au sein de leurs frontières. Notre objectif est l’abolition universelle mais la route est encore longue. En ce sens, il est indispensable que Ban Ki-moon poursuive l’action de Kofi Annan et ne fasse pas machine arrière (Ban Ki-moon avait en effet précisé que la peine capitale  » restait la décision de chacun des pays membres « ).

√ Vous mettez en avant le net recul du  » droit à la vie  » : G.S : Les droits les plus vitaux et les plus élémentaires continuent chaque jour d’être bafoués. Droits civils et politiques, humains, culturels et économiques (accès aux soins, à un logement…) y compris dans les pays occidentaux. La situation des femmes et des enfants est très alarmante. Ce sont les premières victimes des inégalités et de la discrimination, dans la vie de tous les jours comme lors des conflits armés.

Les femmes sont en effet très exposées dans les conflits (le viol est utilisé comme une arme de guerre) ; dans certains pays d’Asie, des crimes  » d’honneur  » sont commis par centaines de milliers. Les mariages forcés continuent à exister, de même que se poursuit la traite des êtres humains à des fins de prostitution (on se souvient des 20 000 femmes prostituées à l’occasion des J.O d’Athènes, et de celles  » offertes  » aux visiteurs lors de la coupe du Monde de football à Berlin en 2006). Sans oublier les violences domestiques, une des premières causes de décès et de handicap en Europe chez les 16-40 ans.

Il y a le problème des enfants soldats, embrigadés dès leur plus jeune âge pour combattre (Irak, Liban, Palestine, Tchad, Afghanistan, Colombie pour ne citer que ceux-là), parfois drogués. Leur vie est détruite tant sur les plans physiques (accidents, blessures à vie, prostitution, exposition aux MST…) que psychologiques (traumatisme, confusion des notions de Bien et de Mal, perte des repères), dans une concentration de haine, de frustration et de vengeance. L’utilisation de la torture et de sévices ne faiblit pas non plus.

Nous-mêmes devons être très vigilants face aux dérives qui visent à banaliser le recours à des traitements cruels, inhumains, ou dégradants, notamment par des démocraties ; quand des Etats se mettent à utiliser les mêmes armes que les groupes armés pour les combattre, ce sont ces derniers qui ont gagné…

√ Quel message souhaitez-vous faire passer ? G.S : Il est indispensable de considérer le monde dans son ensemble en raison de l’interdépendance de chaque acte. On ne peut privilégier une action au détriment d’une autre car c’est partout qu’il faut agir. Pour la dignité humaine. www.amnesty.fr *AVRIL 2007 la Cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour défaillances dans la procédure d’asile à la frontière. MAI 2007 Human Rights Watch (HRW) épingle la France estimant que sa politique d’expulsions en matière anti terroriste « ne présente pas de garanties suffisantes » en matière de droits de l’Homme. ** » (…) les migrants, réfugiés compris, représenteraient en 2005 près de 200 millions de personnes (9,2 millions de réfugiés), soit près de 3 % de la population mondiale  » (Source www.fidh.org)

Tous Fichés !

De source sûre… Merci Bruno ! Mardi 19 juin 2007, Arte propose à partir de 20h40 une soirée Théma spéciale « Tous Fichés », produite par NovaProd, à ne rater sous aucun prétexte ! (from http://investigation.blog.lemonde.fr  

Total Contrôle : un documentaire de 52 minutes de Bruno Fay, Xavier Muntz et Etienne Labroue  Depuis les attentats du 11 septembre, la lutte contre le terrorisme s’est imposée comme la priorité du monde occidental. Une dérive sécuritaire qui se traduit par la mise en œuvre de nouvelles technologies de surveillance. La traçabilité sur internet, le contrôle à distance, la biométrie, les puces RFID et la géolocalisation s’installent progressivement dans nos vies quotidiennes. Souvent sans le savoir, nous avons déjà sacrifié une partie de notre vie privée, de nos libertés individuelles. Demain, nous serons tous fichés, tracés, enregistrés, pucés… Mais s’il ne s’agissait finalement que d’une illusion sécuritaire ? Et si ces nouvelles technologies, au contraire de nous protéger, ne nous rendaient pas plus fragiles face au crime organisé et au terrorisme ? Notre volonté absolue de tout savoir, de tout contrôler, ne risque-t-elle pas de nous conduire vers un totalitarisme d’un nouveau genre ? Que se passerait-il si les armes que nous mettons en place se retournaient contre nous ? Grandeurs, doutes et paradoxes d’une fuite en avant technologique.

Résistants.com : un documentaire de 26 minutes de Bruno Fay, Stéphane Horel, Xavier Muntz et David Carr-Brown Des artistes, des collectifs, des fondations, des scientifiques émergent un peu partout sur le globe pour dénoncer les risques d’atteinte aux libertés individuelles. Ils forment un étrange univers composé d’altermondialistes, d’anarchistes rodés à la désobéissance civile, de jeunes hackers de génie fascinés par les défis technologiques, de paranos convaincus de l’existence d’un complot mondial… Unis dans un même front contre les moyens de traçage et de fichage, ils sont les nouveaux résistants. Ils se battent ensemble, contre un ennemi commun. Mais chacun avec ses méthodes, ses armes. L’Empire citoyen contre-attaque !

Big Brother City : un documentaire de 26 minutes de Bruno Fay, Xavier Muntz et David Carr-Brown Avec plus de 4 millions de caméras en activité, soit une pour quatorze habitants, la Grande-Bretagne est aujourd’hui le pays dont les citoyens sont le plus surveillés au monde. Duncan Campbell, journaliste indépendant et auteur d’un rapport sur le système d’écoute Echelon (élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour intercepter les communications), fait découvrir la dimension orwellienne de la capitale britannique, véritable laboratoire des technologies de contrôle.

Contact, source et dossier de presse, à diffuser absolument : http://investigation.blog.lemonde.fr 

Urgence Laos : les Hmongs en sursis

Depuis plus de 30 ans, des populations Hmongs sont persécutées, pourchassées sans relâche par l’armée de la République Démocratique Populaire Lao. Une extermination programmée qui met en péril à court terme la survie d’environ 15 000 membres de cette minorité ethnique restés au Laos, ainsi que plus de 8 500 Hmongs réfugiés en Thaïlande, menacés de rapatriement forcé.

Trois questions à Rémi Fritsch, co-fondateur et président de l’association Urgence Humanitaire Asie.

Qui sont les Hmongs et pourquoi certains d’entre eux sont-ils persécutés depuis plus de 30 ans ?
Rémi Fritsch
: C’est une ethnie de montagnards descendus du sud de la Chine au fil des siècles. Ils représentent 7% de la population du Laos, soit 400 000 personnes environ. Les Hmongs ont toujours voulu vivre libres, et la grande majorité d’entre eux n’ont jamais accepté la dictature communiste. C’est pourquoi ils se sont battus au côté des Français jusqu’en 1954, puis avec les Américains jusqu’en 1975, qui les ont armés et financés pour qu’ils sécurisent et contrôlent, au Laos, la zone frontalière avec le Vietnam.

Depuis 1975, après le retrait des Américains du Vietnam, les membres du Politburo du parti communiste Pathet Lao ont juré, écrit et organisé l’extermination des Hmongs et de leurs familles qui n’ont jamais accepté de se soumettre.

Le seul crime de ces enfants, ces femmes et ces hommes affamés, traumatisés, malades, à bout de force, errant sans fin dans la jungle pour échapper aux attaques incessantes des soldats, est d’avoir été – pour les rares anciens – les acteurs, ou d’être, pour les plus jeunes, les descendants des Hmongs ayant combattu le régime du pouvoir en place il y a plus de 30 ans !

Comment est née Urgence Humanitaire Asie et quel est son objectif ?
R.F : A la suite de la diffusion en juin 2005 du reportage de Grégoire Deniau et Cyril Payen « Guerre Secrète au Laos », Arnaud Berthe et moi-même avons pris la décision d’aller sur le terrain. UHA est née début 2006, d’une rencontre avec des étudiants motivés, et devant les réponses  » Langues de Bois  » ou les non-réponses officielles à nos questions, tant de la part des autorités françaises que laotiennes, alors que 15 000 Hmongs sont réfugiés en France depuis 1975.

UHA a choisi avec humilité de porter son action strictement sur le plan humanitaire, loin des polémiques politiciennes sans fin et stériles depuis plus de 30 ans. UHA étant une association régie par la loi de 1901, profondément laïque, non politique, reconnue d’intérêt général, elle n’a d’autres textes de référence que les Déclarations des Droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant. Ces droits étant violés de manière répétitive et irréfutable au nord du Laos, à l’encontre des Hmongs, UHA intervient car la réponse de la communauté internationale à ces crimes contre l’humanité est, à ce jour, un silence assourdissant, l’indifférence et l’inaction sur le terrain.

De plus, historiquement, les Hmongs sont les frères de coeur et de sang des Français : nous préférons tenter de nous rendre utiles concrètement, agir maintenant et faire connaître le sort des derniers survivants dans l’espoir de les sauver, plutôt que de ne rien faire et attendre qu’ils soient tous exterminés.

Comment votre action s’organise-t-elle ?
R.F : UHA intervient de la manière la plus transparente qui soit, uniquement basée sur l’action de bénévoles, en collectant des peluches pour les enfants, des fonds privés et une subvention locale de la municipalité de Clichy-La-Garenne, où siège l’association, nous assurant notre indépendance d’action.

Depuis l’été 2006, nous nous fixons l’objectif d’une mission tous les 6 mois environ, dans le nord de la Thaïlande. Nous nous sommes faits connaître des autorités locales qui nous ont renouvelé leur autorisation de pénétrer dans la zone de regroupement des réfugiés, près du village de Huay Nam Khao, à 50 km de la frontière laotienne. A chaque mission, nous acheminons ainsi chacun 20 kg de peluches depuis la France, nous achetons sur place, dans les provinces de Phitsanulok et Phetchabun, le riz ainsi que divers équipements et matériaux de construction pour l’école UHA Public School.

Les contacts privilégiés noués avec les réfugiés Hmongs nous ont amenés à recueillir des témoignages terribles et bouleversants, que nous sommes en train de traduire, pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Nous avons transmis une lettre d’appel à la communauté internationale à Jacques Chirac et Georges Bush, téléchargeables, comme nos vidéos, sur notre site www.uhasie.org.

N’attendons pas que les 15 000 Hmongs encore pourchassés au nord du Laos soient tous morts pour n’avoir plus qu’à faire notre « devoir de mémoire » !

* « Guerre Secrète au Laos » de Grégoire Deniau et Cyril Payen
http://www.uhasie.org/index.php?2007/05/03/17-video-hmong-test

Liberté de la presse : la France 35e ! bis

Au classement mondial de la liberté de la presse 2006, la France est au 35e rang, juste devant l’Italie (40e) et plus si loin des Etats-Unis (53e). Un résultat inquiétant publié par Reporters Sans Frontières*, qui rappelle en cette Journée mondiale de la liberté de la presse que la France a perdu 20 places en seulement 5 ans.

Perquisitions, agressions, mises en examen, condamnations, la presse est sous pression. “Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique” est un des devoirs du journaliste. Et la liberté d’expression et d’opinion, un droit pour chaque individu, mentionné, faut-il le rappeler, dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

Dernier événement en date, le retentissant procès de Charlie Hebdo qui a révélé, malgré une issue favorable, les failles et la fragilité de la démocratie et l’absolue nécessité du respect des fondamentaux des droits de l’Homme et des libertés.

Sans oublier le jugement prononcé à l’encontre du dessinateur de presse et de BD Placid, condamné en janvier 2007 pour “injures publiques envers une administration” pour la couverture du guide Vos papiers! (paru en 2001, et soutenu par le syndicat de la magistrature).
Ni la nouvelle mise en examen fin 2006 du journaliste et écrivain Denis Robert (http://www.ladominationdumonde.blogspot.com) dans l’affaire Clearstream. 
A qui le tour?!

* www.rsf.org  

Migrations & droits de l’Homme

Dans le cadre du 36e Congrès de la FIDH (Lisbonne 19-25 avril), s’est tenu le Forum Migrations et Droits de l’Homme. Son objectif :
– informer de la situation des migrants et des flux migratoires dans le monde.
– dénoncer les violations des droits de l’Homme et agir en faveur du respect de ces mêmes droits.

– alerter et impliquer les dirigeants, comme le grand public, sur la nécessité de mettre en place ou de renforcer une politique de protection des migrants dans les terres d’accueil.

Quelques données clés
Les flux ont augmenté de 50% en 25 ans mais concernent environ 3% de la population mondiale. Toutes les régions du monde sont concernées, avec des évolutions mixtes : une terre d’accueil peut se retrouver pays d’émigration ou de passage et inversement. Les principales zones d’accueil sont les Etats-Unis, l’Europe occidentale et l’Australie mais aussi les pays pétroliers, le Japon et les Quatre Dragons.

De plus, et parallèlement à ce qui est ancré dans les esprits, les migrations ne se limitent plus aux flux Nord-Sud. Le phénomène Sud-Sud s’amplifie, notamment en raison du durcissement des conditions d’entrée en Europe mais aussi des conflits locaux et des déplacements de populations.

Principaux motifs de migration
De façon très schématique. Plusieurs motifs peuvent en effet être implicitement liés : les pays en guerre et/ou dont le régime politique est dit « fort » sont aussi souvent ceux qui sont touchés par une situation économique plus que précaire, des phénomènes climatiques aggravants, la faim, la maladie…

– 40 % quittent leur pays pour trouver un emploi, principalement vers les grandes métropoles.
– 60 % pour des raisons politiques (conflits, régime en vigueur, persécutions), écoclimatiques (sécheresse, catastrophes naturelles), alimentaires et sanitaires (famine, épidémies) et une minorité – en hausse cependant – pour faire des études ou suivre sa famille.

Spécificités
Environ 50 % des migrants seraient des femmes, lesquelles se déplacent de plus en plus souvent seules. D’une part en raison de la possibilité d’accéder à des emplois considérés comme  » féminins  » (emplois dits domestiques et liés à la personne, au sexe…). D’autre part en lien avec la prise de conscience de leurs droits.

Conséquences
Encore et toujours la violation des droits de l’Homme, et ceux des migrants en particulier. Une situation illustrée notamment par la hausse de la traite des humains (qui concerne officiellement plus de 500 000 personnes par an, essentiellement des femmes et des enfants au sein ou en dehors du pays d’origine, et représente la 3e source de revenus illicites dans le monde) et d’une forme d’esclavage  » moderne  » qui n’a de moderne que l’époque. Par extansion, la violence, la discrimination et les inégalités.


Egalement, l’insécurité tant dans les pays d’accueil qui tendent parfois à diaboliser la notion même d’immigration et favorisent indirectement des attitudes xénophobes ou racistes, que dans les pays d’origine où se développe un commerce lié à l’émigration clandestine. Le syndrome de « l’immigration jetable » (ou que faire quand on a fini de combler les besoins d’une démographie déficiente ou d’une main d’oeuvre bon marché?). Les expulsions arbitraires mettant en danger les migrants forcés de retourner dans leur pays d’origine.

La question centrale est d’envergure internationale : le respect des droits de ces nouveaux arrivants dans une nation, conformément à la législation internationale en vigueur, et la mise en place d’un statut légal local.

A l’est d’Aden : les passeurs de la mort

Chaque jour dans le monde, des milliers de personnes tentent de fuir leur pays ravagé par la guerre, l’insécurité, la pauvreté, la famine, la sécheresse… vers un ailleurs promesse d’un monde meilleur. Un drame humanitaire, politique et économique dont profitent les passeurs.

Eldorado_infierno
L’UNHCR (Haut commissariat des Nations Unis pour les réfugiés) dénonce aujourd’hui la reprise du trafic mortel d’êtres humains entre la Somalie et le Yémen. Dernier exemple en date, celui de plus de 100 personnes portées disparues ou décédées dans des conditions effroyables dans le golfe d’Aden, lien maritime entre la Somalie, l’Ethiopie et le Yémen. Le Yémen qui voit arriver chaque jour sur ses terres des centaines de migrants en quête d’espoir.

Le commerce de l’horreur
Pas d’états d’âme pour ces passeurs, trafiquants criminels qui monnayent la traversée à prix d’or. Un voyage vers l’enfer pour des milliers, désespérés au point de confier leur sort à une mer parfois déchaînée et à des hommes qui leur font miroiter un espoir de liberté.

A l’arrivée, le récit des survivants, quand il y en a, dépasse les pires fictions. Réduits à l’état de marchandises sans aucune valeur, les passagers subissent toutes les abominations : absence d’eau et de nourriture, violences, viols, avant d’être jetés à l’eau. L’envers d’une liberté au visage inhumain, que beaucoup payent de leur vie.

LIENS
Un livre : Eldorado de Laurent Gaudé, Actes Sud. La tragédie d’émigrants clandestins africains vue, notamment, par Salvatore Piracci, commandant d’un navire d’interception. Celle de « ces hommes assoiffés d’Eldorado, qui ont la richesse de ceux qui ne renoncent pas, qui rêvent toujours plus loin, jusqu’au bout de leurs forces, jetés en pâture à la mer. »

Deux photographes :
Michel Lozano, qui travaille depuis plusieurs années sur l’immigration clandestine entre le Maroc et l’Espagne. Les naufragés de la nuit révèle la terrible réalité des candidats à « un monde meilleur »  www.michellozano.com et www.photographie.com/?pubid=103956&secid=3&rubid=1
Raphaël Blasselle avec Migrants, co-réalisé en Sicile avec Daniele Comberiati. www.raphaelblasselle.eu

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©Raphaël Blasselle

Sida(ction): les enfants aussi!

bd.jpgLe sida, c’est d’abord un bilan qui dépasse les pires prévisions : 25 millions de morts et 40 millions de malades en sursis dans le monde. En France, 150 000 personnes sont séropositives.
Dans les pays en développement, déjà touchés par la famine, les guerres, la pauvreté, le sida ruine toute perspective d’avenir. Les enfants et les femmes enceintes sont la première cible de la maladie.

3 questions à… Anne Fouchard*, responsable de la Communication et de l’Information UNICEF France. (©photo_Jean-Pascal Roux)

Fin 2005, l’UNICEF a lancé la campagne  » Unissons-nous POUR les enfants CONTRE le Sida  » définie autour de quatre grandes priorités. De quoi s’agit-il ?
Anne Fouchard : L’une de ces priorités est de prévenir les nouvelles infections chez les 15-24 ans. Pour être adaptée à chaque culture, la prévention est mise en place et faite par des locaux. Nous espérons pouvoir dépister 10 millions de jeunes d’ici à 2010, et accélérer ainsi la prise en charge des enfants malades.

Il s’agit également de prévenir la transmission de la mère à l’enfant. Aujourd’hui, 2000 bébés naissent infectés chaque jour. Le seul moyen de limiter les risques de transmission pendant la grossesse et l’allaitement est la prise d’ARV. En Europe où les femmes ont accès à ces traitements, 97% des enfants naissent sains. Dans les pays en développement, la seule molécule disponible protège l’enfant dans seulement 50 % des cas. Et peut en plus favoriser chez la mère une résistance du virus.

Cela pose aussi la question des traitements pour les enfants. Le problème majeur est l’intolérance – connue chez l’adulte – aux médicaments, qui n’existent pas en dosage pédiatrique. Notre espoir : réussir à produire dans les deux ans un médicament adapté (sirop, mini gélules) à partir des formules de tri thérapies existantes. Il faut aussi soigner les maladies qui, contractées en plus du sida, provoquent la mort (tuberculose, méningite…). Assurer une alimentation équilibrée. Détecter la maladie le plus tôt possible. Avoir de l’eau potable et un minimum d’hygiène. Avoir des coûts adaptés aux pays pauvres. Notre action doit prendre en compte tous ces paramètres pour être efficaces.

Enfin, n’oublions pas que des millions d’enfants sont orphelins. Pour les protéger et préparer leur avenir, il nous faut les maintenir dans un système éducatif, obtenir l’accès gratuit à l’école, éviter la discrimination. Il s’agit aussi d’impliquer les ministères sur place pour limiter certaines pratiques locales et assurer la prévention et l’accès aux soins.

Comment faire comprendre aux nations riches, elles-mêmes touchées par la maladie, qu’elles doivent s’investir dans la lutte contre le sida dans le monde ? L’accès aux soins est un droit pour tous les malades, un devoir pour les politiques…
A.F : Le devoir est politique dans tous les sens du terme en effet. Si nous ne faisons rien, les enfants malades seront les mendiants, les prostitués, les soldats de demain ce qui anéantirait des décennies d’efforts. Notre démarche consiste mobiliser les institutions et les laboratoires pour favoriser l’accès des pays pauvres aux médicaments. L’Ouganda, le Brésil ou la Thaïlande ont mené une politique volontariste (formation du personnel médical, production de génériques…) qui porte déjà ses fruits. C’est la preuve irréfutable que c’est possible.

Votre plus grand espoir ?
A.F : Depuis 2006, des progrès ont été faits concernant les traitements pour enfants avec notamment des ARV pédiatriques à 60 dollars par enfant et par an. Le challenge est donc aujourd’hui le réussir le passage à l’échelle nationale de ces programmes.

Il faut des traitements adaptés pour les enfants et des médicaments accessibles au plus grand nombre. Pour que les femmes ne transmettent plus la maladie à leur bébé, pour que les enfants puissent vivre et grandir avec leurs parents.

PLUS D’INFOS SUR LE SITE DE L’UNICEF www.unicef.fr
Interview de Christian Saout, président de l’association AIDES, & prévention
(TOC magazine mars 2006)
http://vdegalzain.files. wordpress.com/2007/03/toc-032006_sida.pdf

A consulter :
www.sidaction.org
DU 23 AU 25 MARS, le Sidaction appelle à réagir, dons au 110.

www.aides.org
www.sida-info-service.org

http://education.france5.fr/sida/

www.cfes.sante.fr

www.actupparis.org

√ de nombreux liens sur www.vih.org

*ET AUSSI : retrouver Anne Fouchard sur BLOGTROTTERS.FR
http://www.blogtrotters.fr/work-in-progress/la-crise-du-darfour-fait-tache-dhuile-en-centrafrique à propos de la crise du DARFOUR et ses incidences sur la vie des enfants.

Histoires d’eau_histoire d’hommes

Ressource naturelle vitale, l’eau s’épuise et se raréfie. Au coeur de la survie planétaire, l’or bleu sonne comme un défi de plus dont les enjeux, comme les contraintes sont à la fois humains, économiques et politiques. En cette Journée mondiale de l’Eau, l’UNESCO appelle à la prise de conscience.

Gaspillage, pollution, réchauffement climatique, pauvreté, conflits, accroissement de la population mondiale sont parmi les causes – ou conséquences- directes de la pénurie d’eau. Paradoxalement, bien que la Terre soit composée à près de 70% d’eau, à peine 0.5% (sur les 3% d’eau douce) est utilisable par l’homme. Il ne s’agit donc pas tant de quantité que de répartition et de qualité exploitable. Une donnée essentielle pour comprendre l’urgence de la situation et son importance sur la durabilité de notre environnement et de notre développement.

Un enjeu vital
Aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau potable, causant chaque année près de 7 millions de décès dont celui de 2 millions d’enfants. Au problème de l’accès inégal à l’eau potable d’une partie du monde à l’autre, s’ajoute celui de la quantité d’eau disponible par habitant. Selon les derniers rapports, celle-ci devrait diminuer de moitié d’ici à 2050.
Dans les pays les plus pauvres, principalement en Afrique et en Asie, le manque de moyens et/ou de volonté ne permet pas de mettre en place les aménagements nécessaires et suffisants pour rendre l’eau accessible, la traiter et la purifier. D’où la prolifération exponentielle des maladies et épidémies liées (diarrhées, paludisme, choléra), la famine… Une prolifération qui peut aussi être provoquée ou accentuée par des variations climatiques ou des catastrophes naturelles, fréquentes dans les zones concernées.

Une crise planétaire
Les états récurrents ou persistants de sécheresse, l’exploitation excessive de l’eau – notamment pour l’irrigation- favorisent la réduction des niveaux d’eau. Parallèlement, la pollution liée notamment aux rejets de produits industriels détériorent la qualité de l’eau et de l’environnement.
Dans certains pays, des jardins luxuriants et piscines sont un luxe provocateur insupportable à quelques mètres parfois de logements insalubres et autres bidonvilles. Les habitants de ces derniers n’ont pas accès à l’eau courante et se voient alors contraints d’avoir recours à des services privés de distribution coûtant jusqu’à 10 fois plus cher que ceux des services publics.
Autant de raisons qui doivent engager les Etats et les responsables des réseaux de distribution à garantir et faciliter l’accès à une eau douce, assainie et potable pour tous, unis dans une politique responsable locale et nationale.

Le pouvoir et l’interdépendance
Le manque d’eau a des conséquences sur le développement économique, l’accès à une activité rémunérée (notamment pour les femmes auxquelles incombent dans certains pays, l’approvisionnement en eau et le soin des enfants malades), les inégalités, l’autonomie des populations.
Des enjeux qui prennent des visages forcément politiques dans la mesure où de nombreuses ressources d’eau traversent plusieurs pays, les rendant de facto interdépendants. Elles peuvent donc constituer de multiples occasions de divisions et de tensions liées à la gestion de l’eau de part et d’autre des frontières, voire devenir un dangereux moyen de pression. Chaque action dans un des états ayant des implications parfois irréversibles chez son voisin tant sur le plan humain que sur les plans agricole, industriel, énergétique, domestique et environnemental.

L’urgence à long terme
Faciliter un accès à l’eau potable pour tous, négocier et pérenniser des accords transfrontaliers pour garantir la sécurité, le développement et la survie des peuples, consommer et utiliser moins et mieux, mettre en place des moyens de préserver la qualité et la quantité de nos ressources – notamment en eaux souterraines, et anticiper sur les risques climatiques sont des conditions sine qua non pour assurer notre avenir. Eau, pauvreté, développement, santé, paix, sécurité, durabilité: tout est lié.

24 heures pour la vie des femmes

Le site du quotidien espagnol El Pais livre aujourd’hui un tour du monde en images des actions menées pour l’obtention et le maintien des droits de la femme et des enfants de sexe féminin. Une lutte qui concerne chaque pays, toutes classes sociales confondues. http://www.elpais.com/fotogaleria/Dia/Internacional/Mujer/Trabajadora/3527-10/elpgal/

L’histoire se déroule encore au XXIe siècle. Du déséquilibre hommes/femmes – adultes ou enfants – à la violation des droits de l’Homme, une liste  » brute « , dans sa plus odieuse réalité.
Violences physiques, violences conjugales, discrimination, exploitation sexuelle, viol, infanticide et avortement sélectif, déséquilibre démographique, trafic humain et enlèvement (prostitution, vente d’organes, achat d’épouse ou de domestique), mutilation sexuelle, esclavage, pauvreté, inégalités en matière d’éducation, de scolarisation, tradition patriarcale, mariage forcé, mariage précoce. Surmortalité infantile, mortalité maternelle (à l’accouchement), privation de soins, surexposition à certaines maladies (MST, dont le sida). Inégalités aussi concernant l’accès à l’emploi, à un salaire équitable, à des fonctions de politiques ou de décisionnaires, à la justice…

Cela se passe 365j/365, et c’est aux quatre coins du monde. http://www.unicef.fr/mediastore/FCKeditor/ViolencesFemmes.pdf?kmt=4adf94fefd092aa2aa713525d0ba3578

Liberté de la presse : la France 35e !

 Au classement mondial de la liberté de la presse 2006, la France est au 35e rang, juste devant l’Italie (40e) et plus si loin des Etats-Unis (53e). Un résultat inquiétant publié par Reporters Sans Frontières*, qui confirme à cette occasion que la France a perdu 20 places en seulement 5 ans.

Perquisitions, agressions, mises en examen, condamnations, la presse est sous pression. « Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique » est un des devoirs du journaliste. Et la liberté d’expression et d’opinion, un droit pour chaque individu, mentionné, faut-il le rappeler, dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

Dernier événement en date, le retentissant procès de Charlie Hebdo (qui devait initialement avoir lieu au 2e trimestre) les 7 et 8 février derniers, dont le jugement est mis en délibéré au 15 mars. Quelle que soit son issue, il révèle les failles et la fragilité de la démocratie et l’absolue nécessité du respect des fondamentaux des droits de l’Homme et des libertés.

Sans oublier le jugement prononcé à l’encontre du dessinateur de presse et de BD Placid, condamné en janvier 2007 pour « injures publiques envers une administration » pour la couverture du guide Vos papiers! (paru en 2001, et soutenu par le syndicat de la magistrature).
Ni la mise en examen fin 2006 du journaliste et écrivain Denis Robert (http://www.ladominationdumonde.blogspot.com) dans l’affaire Clearstream. Denis Robert qui a par ailleurs été condamné le 4 décembre 2006 à verser des dommages et intérêts à Clearstream pour des propos qu’il n’a pas tenus dans le cadre d’une interview parue dans VSD le 24 mai 2006. A qui le tour?! 
*www.rsf.org