Photo : défiance, indépendance, confiance

Ce post est à l’attention de ceux que j’ai croisés/abordés ces derniers temps dans le cadre d’un nouveau photoreportage indépendant que j’espère mener avec eux SI… Seule je ne peux rien. Ils ont ma carte, ils se reconnaîtront s’ils passent sur ce blog.

▪ Un photoreportage indépendant est un projet pensé et initié de façon personnelle, sans commande, sans influences autres que ses propres repères, analyses, connaissances, ignorances, questionnements. La première motivation est l’intérêt pour le sujet et toutes les richesses mais aussi toutes les difficultés qu’il comporte. La seconde est le soucis d’informer – cela n’engage que moi -, d’aller au-delà d’une étiquette derrière laquelle on peut à la fois tout et rien mettre puisque l’on ne sait pas, concrètement, de quoi l’on parle. Par « concrètement », j’entends « vivre les choses » de la façon dont les autres les vivent ou du moins les approcher. On ne peut se mettre à la place de chacun ; on peut en revanche saisir ce que l’on vous donne pour mieux le relayer : en photographies illustratrices ou évocatrices et en recueil de témoignages.

▪ Pourquoi est-ce important ? Parce que la société a globalement les moyens matériels de s’exprimer, mais l’individu ne peut le faire ouvertement. Peur du regard des autres, manque de soutien ou de liens, conditionnement/contexte éducatif ou social, pression financière ou professionnelle : l’hypocrisie est totale et influe sur les libertés et la sensibilisation aux dysfonctionnements. Résultat ? La matérialisation, la conceptualisation des situations participent à les rendre abstraites car elles se substituent aux hommes. On ne touche personne avec de l’abstraction : on risque en revanche d’anesthésier, de travestir voire de manipuler et de l’être (manipulé).

▪ Aller au cœur des réalités pour mieux les comprendre, les retranscrire, les relayer est ce qui me fait avancer, ce qui me passionne aussi. En un mot : humaniser. Ce qui implique du temps, des mois mais aussi un engagement mutuel, un respect et une confiance réciproque. Les doutes font partie du parcours car on se demande tous à un moment donné « ce qu’on fait là » et « pourquoi on le fait », si « cela a du sens » ! Pour arriver à cette conclusion que « oui cela a une raison d’être, sinon nous ferions autre chose » !

▪ La diffusion prendra le temps qu’elle prendra, par des modes qui privilégient le long terme (exposition, diaporama…) et surtout la place nécessaire pour que chacun s’y retrouve : autant de formats qui permettent à ceux qui les découvrent de se poser au lieu de subir une image, des mots. D’être face aux autres, avec leurs préoccupations, leurs parcours de vie, leurs projections. D’être face à soi aussi puisqu’il y aura toujours un détail, une situation, une image qui fera écho à quelque chose de vécu, de vu et qui induira une proximité inattendue. Cette diffusion est mesurée, choisie, particulièrement au regard du temps passé et des implications humaines inhérentes ou consécutives.

En attendant, la priorité est avant tout de « faire », de pouvoir commencer :
cela dépend de vous, j’attends de vos nouvelles.

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