Stanley Greene : à voir, à lire

ON DOIT PRENDRE DES PHOTOS AVEC LE CŒUR, PAS AVEC LA TÊTE.

Vient de paraître : Black passport*, du photojournaliste Stanley Greene (voir aussi ce lien). Le jeu de questions/réponses proposé par mail – et non de visu – ne me satisfaisant pas à cette échelle… et l’interview forcée un jour de dédicace parisienne n’étant pas dans mes habitudes, il faudra se contenter de mes mots avant de vous précipiter en librairie (!) au moins “ pour voir”.

Né en 1949, photographe dit “ de guerre ”, Stanley Greene est surtout un photographe de la vie. D’une certaine vie, qui un jour dérape pour sombrer, faire sombrer dans le chaos, la douleur, la violence, la domination, la soumission, la mort. Au-delà du pire scénario. Car là, c’est bien le monde réel qui s’affiche, un monde contemporain “ plus d’actualité que jamais ” selon la dérisoire formule consacrée : celui d’êtres humains déchainés de haine, de pouvoir, ou soumis à la barbarie la plus insupportable, la plus inimaginable. Ce monde rempli ici ou là d’atrocités, de celles qui deviennent paradoxalement, ironiquement historiques.

Membre de NOOR images, récompensé par de nombreuses distinctions photographiques, Stanley Greene couvre les conflits depuis plus de 15 ans, guidé par cette insatiable quête – “ Essayer de comprendre pourquoi les humains se comportent de cette façon (…), aller où c’est en train de se passer pour comprendre.”  – et cet état extatique dans lequel on se retrouve quand on sait que c’est là qu’on doit être. S’oublier, faire corps avec ce qui vous entoure, prendre des photos, vivre. Et garder vivant ce que d’autres aimeraient mieux cacher, oublier. Quitte à y perdre chaque fois un peu de soi-même. La vérité, quelle qu’elle soit, a toujours un prix.

Pour mieux comprendre justement, il faut regarder ses photographies en noir et blanc (pour la plupart), celles qui traversent Black Passport par exemple. Un très beau carnet de bord au format maniable, à la mise en page sobre, identitaire, efficace, avec en fil rouge les questionnements, les sentiments du photographe, et des repères personnels toujours intenses, perturbés ou perturbants, justes et honnêtes. Trente ans de vie en textes et en images traversée par ses débuts, la mode, San Francisco ; et surtout ces femmes lumineuses qui comptent et ces conflits qui marquent au fer rouge. Sud Soudan, Caroline, Zaïre, Tchétchénie, Asya, Moscou, Anna, Irak, Afghanistan… composent 26 scènes de vie, d’amour, de photographie. Parce que le photographe de guerre n’est pas un héros, mais avant tout un homme ; “ un papillon de nuit – je cite – qui se jette dans les flammes.

Enfin, si vous habitez/venez à Paris, faites un tour à la galerie Fait & cause où sont accrochés pour quelques semaines encore les sublimes (le mot est juste) tirages de l’exposition La route de l’enfer.
À lire aussi sur le blog Stanley Greene : l’enjeu photographique

L’EXPO
La route de l’enfer. Jusqu’au 30 janvier 2010. Galerie Fait & cause. 58 rue Quincampoix. Paris 4e. Mar-sam : 13h30-18h30. Entrée libre.

LES LIVRES
– Black Passport. Schilt Publishing (édition originale) & Textuel (version française). 170 x 225 mm. 288 p. 45 €.
– PhotoPoche 118. Centre national de la photographie éditions. 12,80 €.

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Un commentaire sur « Stanley Greene : à voir, à lire »

  1. Je l’ai demandé en cadeau de Noël, rien à redire et on en sait un peu plus sur l’envers du décors, le coté plus personnel.
    Je ne savais pas pour l’expo à la Galerie Fait & cause, merci de l’info ! :)

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