L’urgence durable : de Rome à Copenhague

 » La crise silencieuse de la faim représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales. Nous devons de toute urgence dégager un large consensus sur l’éradication totale et rapide de la faim dans le monde ». Jacques Diouf, directeur général de la FAO (ONU pour l’alimentation et l’agriculture).

Alors que le sommet de Copenhague est médiatisé depuis des mois (ce qui n’empêche pas  une réelle méconnaissance de son ordre du jour), le prochain Sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre ce 16 novembre à Rome avec nettement moins d’enthousiasme politique. Les émeutes d’avril 2008 semblent d’ailleurs conjuguées au passé, alors qu’elles pourraient bien se reproduire.

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On néglige trop le poids de l’opinion publique

FAO_petition

Car aux côtés du développement durable, se trouve la faim durable. Un concept des plus concrets, dont les causes sont bien connues et les effets massivement visibles au jour le jour. Près d’un milliard de personnes souffrent en effet de la faim dans le monde – sur près de 6,8 milliards d’habitants. Et 15 000 enfants de – 10 ans meurent chaque jour des suites directes ou indirectes de la faim : soit plus de 450 000 par mois, 5,6 millions par an. Ce n’est pas du misérabilisme ; ce sont des faits bruts révoltants.

Pendant ce temps, dans la perspective du sommet de Copenhague, le Conseil européen reconnaît le besoin annuel de 100 milliards d’euros entre 2012 et 2020 (je cite) pour la lutte contre les changements climatiques au niveau mondial et réduire les émissions de gaz à effets de serre pour les pays développés de 80 à 95 % (qui peu le plus peut le moins  !) d’ici à 2050. Pendant ce temps aussi, le budget – en hausse régulière – consacré à l’armement dans le monde en 2007 était de plus de 1 400 milliards de dollars, dont la majorité pour les États-Unis. Pendant ce temps toujours, l’excès de consommation des personnes obèses dans le monde a des impacts chiffrés à 20 milliards de dollars : une somme minimale annuelle indispensable (mais non acquise), selon la FAO, pour relancer l’agriculture  et faire régresser la faim  (si on réfléchit au ratio, cela fait 20 dollars par an, par personne (!) en situation de besoin alimentaire).

Tout cela pour préciser que la focalisation massive de la notion de « développement durable » sur les questions environnementales en fait oublier sa définition initiale, pourtant simple en théorie : le développement durable est un développement, économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable. Il est respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, support de vie sur Terre, qui garantit l’efficacité économique, sans perdre de vue les finalités sociales du développement que sont la lutte contre la pauvreté, contre les inégalités, contre l’exclusion et la recherche de l’équité.

La durabilité de la planète certes, mais dans sa globalité :  quid du respect des droits fondamentaux, de la vie de l’être humain ?

Le site de la FAO
À propos du sommet de Copenhague

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3 thoughts on “L’urgence durable : de Rome à Copenhague

  1. On s’en fout, c’est pas chez nous, 6s pour écrire cette connerie et un gamin est mort!
    C’est pas beau la politique aujourd’hui! Nos grands élus mériteraient une fessée, mais…

  2. Bonjour,
    juste un petit mot pour vous dire que découvrir votre travail fait beaucoup de bien à la blogueuse un peu superficielle que je suis. Admiration: je mets donc votre blog en lien, à bientôt

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