Avec les Enfants de Don Quichotte, suite

15 mai, fin d’après-midi : nouvelle tentative de mobilisation lancée par les enfants de Don Quichotte. Ils y étaient encore à minuit. Des tentes sont installées le long des quais côté Tuileries. Sur les pavés, des personnes de tous âges venues soutenir Augustin Legrand, son action, les personnes sans-abri et mal logées, celles qui luttent pour garder leur logement et qui peuvent se retrouver sans toit du jour au lendemain. Ca peut aller tellement vite.

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Paris, 15 mai
(Nikon F90, films Ilford HP5Plus, 50 mm) © Virginie de Galzain

J’étais en train d’écouter Jean-Michel, 51 ans, qui a vécu 2,5 ans dans la rue avant de s’en sortir “grâce à eux” (je retranscrirai ses propos tels quels plus tard sur le blog), quand la police est descendue des deux côtés du quai. La nuit était tombée. Plusieurs canaux de la police fluviale était aussi là, c’est vrai qu’on ne sait jamais…

15mai004_virginiedegalzainParis, 15 mai (Nikon F90, films Ilford HP5Plus, 50 mm) © Virginie de Galzain

Une infraction est commise ce soir, nous devons intervenir ” précise le commissaire, alors que l’association avait la garantie de pouvoir rester la nuit. Forte d’une efficace technique de l’encerclement maximum pour mieux maîtriser et rabattre les personnes présentes, l’intervention est très ferme. Les forces de l’ordre avancent comme toujours en rangs serrés pour faire reculer tout le monde et empoignent ceux qui n’avancent pas ou résistent. Pas d’ordre sans force ?

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Paris, 15 mai
(Nikon F90, films Ilford HP5Plus, 50 mm) © Virginie de Galzain

Des images qu’on n’en finit plus de voir. Et quelques chutes – dont un homme sans-abri en situation de handicap, les journalistes qu’on empêche momentanément de faire leur travail et malmenés au passage  » pour notre sécurité  » (!), les tentes vidées et enlevées, des sans-abri parfois sortis de force ; révoltés, désarmés, certains se retrouvent sans affaires : ” On n’a rien, on est à la rue, et on nous prend le peu qu’on a. On a notre vie dans un sac, un duvet pour dormir, et c’est tout. On n’a nulle part où aller dignement, on n’existe pas, la société nous ignore et on nous chasse d’un abri de toile “.

Au pied de la passerelle Sedar Senghor, des toiles, des sacs de couchage amoncelés. Ce qui reste d’une mobilisation pour le droit au logement, pour le respect de la dignité humaine.

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Paris, 15 mai
(Nikon F90, films Ilford HP5Plus, 50 mm) © Virginie de Galzain

Laisser des personnes vivre dans la rue, en situation de précarité est une infraction tolérée à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il y a une semaine, un homme de 42 ans, un de plus, mourait des suites de la rue. L’espérance de vie quand on vit dehors est de 48 ans. Scandale. Honte. Indifférence. Inertie. Non assistance à personne en danger. Injustice. Inhumanité. Inégalité. Monsieur le Président : qu’attendez-vous ?

 » Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à 2 ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir, et d’y mourir de froid parce que le droit à l’hébergement, c’est une obligation humaine. (…) Parce que si on s’imagine que la politique ne peut rien faire, dans un pays comme la France, en 2007, pour empêcher les gens de mourir sur le trottoir, alors ce n’est pas la peine de faire de la politique « , disiez-vous ?

LIEN PHOTOS

À SUIVRE : www.lesenfantsdedonquichotte.com
À SIGNER : le manifeste des Enfants de Don Quichotte

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2 thoughts on “Avec les Enfants de Don Quichotte, suite

  1. enorme la photo des poulets!!!! je reve d’une serie oppressante genre « merci nicolas » et celle ci conviendrais parfaitement, tu me la donne…

    1. ben moi je rêve du jour où on ne verra plus de sans abri, parce qu’on en a les moyens ! et où on ne verra plus autant de policiers dans les rues qu »on en voit depuis quelques mois. Rien qu’hier en me baladant ils étaient partout sur les ponts de Paris, dans les stations, etc. Pourquoi ? Et plus que « merci Nicolas », je me pose surtout la question de « pourquoi on en est là aujourd’hui » ? Pourquoi est-ce que les politiques pensent que donner un toit, ou le laisser c’est le chemin de l’assistanat alors que tout le monde sait que sans toit tu ne peux rien et tu n’existes plus pour les autres ! Pourquoi est-ce que certains votent par choix, et d’autres faute de mieux ? Pourquoi on crée ce climat de peur, de conflit, d’instabilité pour mieux avoir de l’emprise sur les citoyens, ou mieux leur donner le sentiment que la présence d’un « ordre » apparent est nécessaire ?? C’est quoi l’ordre ? Quand il génère l’opposé de ce qu’il devrait générer ? Petite discussion à avoir à l’occase, if you’re ok globetrotter?!

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