La grippe A(nxiogène)

La grippe A : dernière psychose sanitaire contrôlée ? Je me pose la question. Ou plutôt je ne me la pose pas. Indépendamment des modes de contamination que nous connaissons déjà bien chaque hiver, et que seule une quarantaine généralisée pourrait singulièrement freiner. Et indépendamment des incertitudes et méconnaissances liées à tout virus en mutation. Les conséquences sur l’organisme variant selon l’individu, l’âge, l’état initial de santé et le niveau de vie, la zone géographique, les primordiales conditions d’accès aux soins et à l’information, les conditions sanitaires locales… Soyons lucides.

Loin de moi l’idée de minimiser les risques, réels. Mais en attendant, la grippe saisonnière provoque chaque année dans le monde 250 000 à 500 000 décès* (soit 684 à 1 369 personnes par jour, on en est loin) – dont plusieurs milliers en France, et touche en moyenne 3 et 5 millions de personnes sous des formes aggravées. Qui s’en soucie ? Je ne parle des nombreuses autres maladies qui font autant voire plus de ravages au quotidien.

Mais la grippe porcine elle, renommée grippe A pour les raisons que l’on sait, c’est une « vraie » épidémie dangereuse, qu’on nous localise jour après jour de façon anxiogène sur une carte. Et qui génère des angoisses visibles dès qu’un individu se met à tousser dans les transports en commun, par exemple. Un peu comme un sac abandonné qui pourrait contenir une mauvaise surprise. Bref. Principe de précaution : sans aucun doute ; conditionnement obsessionnel mondialisé malsain à la limite de la manipulation : non.

Et les labos dans tout cela ? Bonne pub pour LE (ou les futurs) détenteur(s) des « doses » salvatrices que je ne nommerai pas, qui ne se prive pas d’en rajouter une couche à renfort de bannières publicitaires sur Internet ces jours-ci. À la frontière de l’indécence.
L’occasion de se replonger dans cet excellent reportage – Maladies à vendre**paru dans le non moins excellent magazine XXI (dont je reparlerai plus tard) fondé par Patrick de Saint Exupery. On y lève le voile sur le lobby de l’industrie pharmaceutique, le subtil contrôle des prescriptions médicales. Ou comment certaines maladies seraient devenues des marchandises, dont le moteur essentiel serait la durée de vie du brevet des médicaments. Affaire À suivre.

*Source OMS (www.who.int/fr)

**À lire dans le n° Octobre/Novembre/Décembre 2008, Destins d’Afrique, toujours en vente dans les librairies et sur http://www.fnac.com entre autres.

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