Zoom sur… Slumdog Millionaire

Huit Oscars, dont celui du meilleur film, du meilleur scénario adapté et du meilleur réalisateur. Si vous n’avez pas encore vu le dernier film de Danny Boyle, Slumdog Millionaire, il est encore temps ! L’histoire de Jamal Malik, enfant des bidonvilles accusé de tricherie alors qu’il est sur le point de devenir richissime à 18 ans grâce à l’émission « Qui veut gagner des millions ? » Présenté tour à tour comme un « conte de fée » ou une « comédie sociale » — j’avoue que ce n’est pas ce qui m’est venu à l’esprit en sortant de la salle  ! — le film est aussi l’illustration d’une enfance de la rue et de la débrouille, et le miroir de certaines facettes contradictoires de l’Inde contemporaine.

Pas de temps morts, un va-et-vient entre la vie de Jamal et ses connexions avec les réponses du jeu télévisé, Slumdog Millionaire se déroule dès les premières minutes au gré d’images fortes voire choc, filmé de façon dynamique, loin d’un décor édulcoré et lisse à l’exception de quelques clichés. Par touches, le film met en exergue les conflits de castes et de communautés, la violence du quotidien, l’exploitation de la misère (trafic d’organes, prostitution, travail des enfants, corruption, etc.), le mépris et la discrimination des plus pauvres, Dharavi, gigantesque bidonville en passe d’être rasé au profit de quartiers d’affaires, etc., dans une Inde grouillante, fascinante, vivante et très dure. Une nation au coeur d’enjeux économiques et politiques mondiaux stratégiques peuplée d’1,1 milliard d’habitants, dont plus de 700 millions vivent dans une extrême pauvreté.


Tel est, rapidement, ce « conte de fée » moderne décalé sur fond de réalité, de misère, de criminalité et de romance bollywoodienne tragico-sucrée, interprété par des acteurs plutôt crédibles au rythme d’une excellente bande-originale. Un rêve suspendu à une émission de télévision à succès. Tous les ingrédients d’un film populaire énergique dans le bon sens du terme (à petit budget qui plus est, et qui a failli passer directement à la case DVD en raison de la faillite de la société de distribution initiale) qui rencontre un succès international mérité.

En Inde en revanche, il continue de susciter de vives réactions. Le titre du film (littéralement : « chien des bidonvilles »), jugé insultant, mais aussi son contenu, considéré comme un reflet réducteur d’une Inde « noire », ont notamment conduit le président d’une association d’habitants d’un bidonville d’un des États les plus démunis (le Bihar) à porter plainte pour atteinte à la dignité humaine des pauvres. En outre, il précise que les participants profitent d’un contexte pour « se faire de l’argent sur leur dos ».  Une autre histoire, bien réelle celle-ci.

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