Obésité vs santé

Depuis jeudi 1er mars 2007, des informations sanitaires doivent, je cite, « accompagner les messages publicitaires ou promotionnels en faveur de certains aliments et boissons ». Des messages écrits « qui doivent être présentés d’une manière aisément lisible ou audible » (ce qui est relatif) ciblés en fonction du type de produit, du type de média, sur des pubs à destination notamment des bébés et des enfants/autrement dit de leurs parents.

Pour en citer quelques-uns :
« Bouger, jouer est indispensable au développement de votre enfant »
« Pour bien grandir, ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé »
« Pour votre santé, bougez plus » / bougez plus que quoi, comment, pourquoi ???
avec « quand c’est possible« , un lien vers
www.mangerbouger.fr le site du PNNS (programme national nutrition et santé). Un site à consulter pourtant sans modération, qui se veut non pas un modèle dogmatique, mais « un cadre de référence ». Autrement dit : des bases à adapter le mieux possible en fonction du mode de vie et de la santé de chacun.

Rien de très révolutionnaire en somme, insuffisant et tardif au regard du nombre de personnes atteintes de surpoids et d’obésité en France et dans le monde (1,7 milliard). Bien insuffisant aussi au regard de toutes les maladies liées (diabète, insuffisances cardiaques…) et conséquences sur la vie quotidienne (que ce soit sur les plans personnel ou professionnel). Une mesure et des messages superficiels qui ne font que confirmer ce que certains savent et appliquent déjà.

Pour les autres, cela ne risque-t-il pas de rester au stade de message tant ils ont besoin d’aide ou d’encadrement médical pour en comprendre la nécessité ou simplement appliquer ces principes élémentaires d’équilibre au quotidien? Concrètement, manger « 5 fruits et légumes par jour », c’est bien mais il faut considérer l’alimentation dans son ensemble. « Bouger plus », oui, mais autant faut-il en avoir l’habitude ou la volonté. « Ne pas manger trop sucré, trop gras, trop salé » n’est pas synonyme de privation dans l’absolu, sauf si on consomme précisément au quotidien des aliments trop sucrés, gras, salés.

On entend déjà les réactions de personnes « rondes » contre ce qu’elles ressentent une fois de plus comme les dogmes de la minceur alors qu’il s’agit bel et bien de santé publique et pas d’esthétique, celles qui veulent perdre du poids révéler qu’elles n’ont pas toujours trouvé un médecin à leur écoute ni « à la hauteur », les personnes défavorisées rappeler que les produits de bonne qualité nutritionnelle sont parfois plus chers que les autres, nos voisins dire que les distributeurs sont remplis de paquets de chips et de barres chocolatées, les parents souligner que les livrets gratuits du PNNS ne sont pas distribués dans les écoles et pas toujours disponibles chez les généralistes, les détracteurs mettre en cause la valeur énergétique démesurée et les exhausteurs de goût qui favorisent une « dépendance » de certains produits industriels, etc, etc.

Je vous invite aussi à lire ci-dessous des réponses (ici synthétisées) qu’a bien voulu me livrer le Pr Hercberg, Professeur en nutrition (Paris XIII), directeur de recherche à l’INSERM, président du comité de pilotage du Programme national nutrition et santé.*

TROIS QUESTIONS A… Serge Hercberg
Pouvez-vous nous rappeler l’objectif du PNNS ?
La première version de ce programme était un cadre de référence en termes d’alimentation et de santé publique. Il devenait urgent de cadrer les gourous de la nutrition et de donner à tous des repères (et non des normes), de rappeler qu’il est indispensable de manger équilibré, tout en continuant à se faire plaisir. Ce, en fonction des besoins et possibilités de chacun.

Quelle est la principale difficulté de ce programme ? La condition absolue est de faire interagir tous les maillons de la chaîne. Depuis 2001, nous avons développé une action multimédias, édité pour les familles des guides gratuits*, impliqué le ministère de la Santé, les acteurs de l’industrie agro-alimentaire, l’Education nationale… Nous avons aussi formé le personnel médical aux dangers d’une mauvaise alimentation, à un dépistage systématique du surpoids et de l’obésité, et à la prise en charge des patients pour éviter la stigmatisation.

Quels sont vos recommandations pour le PNNS 2 ? Il faut maintenant du concret. Rendre plus accessibles les aliments essentiels à notre santé puisque la fracture socio-économique et la fracture nutritionnelle sont liées. Cela passe par la baisse de certains prix, mettre des fruits et légumes à disposition sur les lieux de vie, mobiliser les industries agro-alimentaires… Et plus que jamais informer et prévenir plutôt que guérir. »

Plus d’infos sur
www.mangerbouger.fr & http://www.legifrance.gouv.fr
A lire
L’obésité, de Jean-Michel BORYS, Ed. Le cavalier bleu / Idées reçues. 9€
https://vdegalzain.files.wordpress.com/2007/03/tocmag-obesite.pdf

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